La PASSION de JESUS
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L'objectif poursuivi par les quatre rédacteurs
des Evangiles, lorsqu'ils rapportèrent chacun longuement la Passion de Jésus,
n'était pas de faire un compte-rendu exact des événements tels qu'ils
s'étaient déroulés plusieurs années auparavant[1].
Ils avaient pour objectif de montrer que, malgré toutes les apparences,
contraires à ce qu’on espérait, mais conformément aux Ecritures, Jésus était
bien le Messie, "l'homme de la fin du temps"; et comment, par cette
Passion et cette mort librement acceptées, Jésus s'était véritablement
manifesté comme le "Fils du Père", le "Serviteur
souffrant" annoncé par le prophète Isaïe, et non pas comme le Messie
triomphant attendu par certains Juifs. Il est cependant possible, en recoupant ces
récits, et bien que ce n'ait pas été l'intention première des auteurs, de
recomposer le processus purement humain, c'est-à-dire socio-politico-religieux,
qui a mené Jésus à la mort sur une croix. Il se trouve que le rédacteur qui, de toute
évidence, «colle» au plus près des évènements de la Passion de Jésus, est
Jean. Cela peut sembler paradoxal, en ce sens que tout, dans son évangile,
est symbolique, c’est-à-dire que les évènements rapportés par lui ont été
relus, revus et réécrits «pour que vous croyez que Jésus est le Fils de
Dieu, et qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom », alors que la
Passion et la résurrection semblent être un compte-rendu fidèle de ce qui
s’est déroulé. En réalité, puisque Jean est absolument convaincu que Jésus a
été re-suscité à la vie après sa mort, il fallait, pour convaincre ses
lecteurs, qu’il rapportât avec un soin scrupuleux les diverses étapes qui menèrent Jésus de la vie à la vie en
passant par la mort. D'autre part, nous savons que Jean est le seul des Onze
à avoir suivi Jésus jusqu'au Calvaire, et donc à avoir été témoin de
l'ensemble du processus. J’aborderai donc la passion de Jésus en posant
quelques questions troublantes, à partir des non-dits des récits
évangéliques : 1- Que s'est-il réellement passé à JERUSALEM le
jour que nous nommons "des Rameaux" ? 2- Pourquoi JEAN, chaque fois qu'il nomme JUDAS,
ajoute-t-il « celui qui devait le livrer » ? 3- Pourquoi JUDAS n'a-t-il reçu que trente pièces
d'argent (une misère !) pour prix du service rendu aux Grands-Prêtres ? 4- Pourquoi le Sanhédrin, Tribunal juif, remet-il
Jésus à Pilate, gouverneur romain, alors qu'il aurait pu le condamner à mort
par lapidation, pour violation de la Loi ou pour blasphème ? 5- Pourquoi PILATE ne prononce-t-il aucune
condamnation, mais remet-il simplement JESUS aux Juifs pour qu'ils le
crucifient ? 6- Pourquoi PILATE n'accepte-t-il pas de modifier
l'inscription au-dessus de la Croix ? 7- Pourquoi JUDAS, comme PIERRE, n'a-t-il pas
demandé pardon à JESUS, et s'est-il pendu ? Quelques jours avant l'arrestation de Jésus, une
émeute a eu lieu à Jérusalem. Il s'agit là d'un des rares événements de la
vie de JESUS rapportés par les quatre Evangélistes, sans aucun doute à cause
de son importance déterminante, d'abord pour comprendre la Passion qui allait
suivre, mais surtout parce que cet évènement, relu après coup, à la lumière
de la Résurrection, apparaissait comme l'acclamation au Messie-souffrant-triomphant[2].
Par qui fut fomentée cette émeute ? Aucun des Evangélistes ne le dit.
Matthieu affirmera plus loin dans le récit de la Passion qu'un certain Jésus-Barabbas est dans la prison de Pilate au moment du
procès de Jésus. Luc, avec MARC, précise que son arrestation a eu lieu "au
cours de l'émeute" (celle-ci ou une autre ? à mon avis, celle-ci car
c'est la seule dont il vient de parler). La foule (ameutée par qui ? composée
de qui ? sous la pression de qui? aucun des Evangélistes ne le dit) a acclamé
Jésus comme Messie-Roi (celui qu'espéraient les Zélotes) et a voulu le porter
à sa tête. Ce jour-là Jésus n'a pas formellement refusé, comme les autres
fois, quand la foule voulait le faire roi. Bien plus, à la suite de cette
émeute, il est entré dans le Temple, et en a chassé les vendeurs et les
changeurs, accomplissant ainsi le geste du Messie attendu par les Zélotes[3].
Précisons toutefois que JEAN ne place pas la "purification" du
Temple à ce moment, mais au début de la prédication de Jésus, après les Noces
de Cana[4]
. Aucun des rédacteurs des Evangiles ne donnant
d'explication de cette émeute, je tenterai celle-ci, inspirée de Jean 11,45 -
12,19, et des passages parallèles chez les autres Evangélistes : Les Pharisiens et l'Aristocratie sacerdotale, majoritaires
au Sanhédrin[5], et
pour une fois d'accord entre eux, avec l'appui ou du moins la promesse
d'appui des autorités d'occupation, désirent donner un coup d'arrêt aux
mouvements qui se produisent parmi le Peuple à cause de Jésus, et d'autres
agitateurs (cf. Jésus Barabbas). Aidés par des provocateurs à leur solde, Ils
montent de toutes pièces une émeute "spontanée", dont JESUS sera le
centre et le prétexte, afin d'avoir un motif politique de se livrer à une
répression brutale, d'arrêter un certain nombre d'opposants et éventuellement
de l'éliminer : "Il vaut mieux qu'un seul homme périsse plutôt que la
Nation tout entière !", a déjà déclaré le Grand-Prêtre CAIPHE. JUDAS
est l'un de ces provocateurs : Et Satan (= l'Adversaire) entra
en Judas appelé Iscariote, qui était du nombre des Douze, et il alla
s'entretenir avec les Grands-prêtres et les Chefs des gardes, sur la manière
de le leur livrer. Les slogans de la manifestation diffèrent selon les
Evangélistes : Sauve-nous Fils de David ! (Hosanna !) - Béni soit au nom
du Seigneur celui qui vient ! - Béni
soit le Règne qui vient, le règne de David notre Père - Béni soit celui qui vient, le roi, au nom
du Seigneur - Béni soit au nom du Seigneur, celui qui vient, le roi d'Israël
, mais les différences entre eux sont minimes, et ils sont tous dans la ligne
de l'idéologie Zélote. Les responsables religieux, notamment ceux qui sont
proches du Peuple, Pharisiens et Scribes, se rendent compte à cette occasion
de la popularité de Jésus : Cependant, la foule de ceux qui étaient avec
lui lorsqu'il avait appelé Lazare hors du tombeau et qu'il l'avait relevé
d'entre les morts, lui rendait témoignage. C'était bien, en effet, parce
qu'elle avait appris qu'il avait opéré ce signe qu'elle se portait à sa
rencontre. Les Pharisiens se dirent alors les uns aux autres : Vous le voyez,
vous n'arriverez à rien; voilà que le monde se met à sa suite. Ils
amènent donc les Grands-Prêtres à modifier leur manière d'opérer, par crainte
d'une véritable révolution, qui serait pire que le statu quo, puisque les
Romains seraient alors dans l'obligation d'intervenir et de rétablir l'ordre,
prenant ainsi le contrôle direct de l'appareil religieux. L'Aristocratie
sacerdotale et les Romains changent donc de tactique, et décident de
l'interpeller sans bruit, afin de l'éliminer. Ils font venir JUDAS : " Le moment est
venu, lui disent-ils, trouve un moyen indolore pour la sécurité
nationale de nous le livrer; nous lui donnerons une leçon, et nous le
laisserons aller ". Et ils lui donnent une petite somme, trente
pièces d'argent, presque une aumône, le dixième du prix du flacon de parfum
versé par une femme sur les pieds de Jésus à Béthanie, ou encore l'équivalent
de deux mois du salaire d'un journalier. C'est la preuve que le risque est
minime, et que JUDAS est entièrement à la merci des autorités, sinon, et s'il
avait su que le projet était de le tuer, il aurait certainement exigé
davantage ! Pourquoi ont-ils besoin de JUDAS pour arrêter
JESUS ? Depuis quelques temps, JESUS se cache avec ses disciples du côté
d'Ephraïm. JUDAS connaît l'endroit où JESUS et les Douze se réunissent
quelquefois : au Jardin des Oliviers. Il s'y rend avec quelques hommes de
main fournis par les Grands-Prêtres. Il leur donne un signe de
reconnaissance, car ou bien ils ne connaissent pas JESUS, ou bien ils ne
pourraient pas le reconnaître en pleine nuit : JESUS, c'est celui à qui il
donnera un baiser. Et Jésus est arrêté. Mais pourquoi donc Judas est-il dans l’obligation
de livrer Jésus ? Les rédacteurs des Evangiles, parlant de JUDAS,
précisent presque toujours : "Judas l'Iscariote, celui qui devait le
livrer " (Math 10,4 - Marc 3,9 - 1410 - Luc 6,16 - 22,3 - Jean 6,71
- 12,4 - 13,2 - 13,26). Iscariote : un certain nombre d'exégètes s'accordent
pour dire que ce terme semble être la transcription en hébreu du terme latin
: Sicarius, le terroriste ( du
latin : sica : poignard ). Dans ce cas, JUDAS
serait ou aurait été un membre du Groupe ultra-nationaliste Zélote, qui avait
pour objectif de débarrasser le pays de l'occupant romain en pratiquant des
actes de terrorisme, pour restaurer l'ancien Royaume de David. Notons qu' il y avait un autre Zélote dans la Bande à Jésus :
SIMON, dit " le Cananéen " ou " le Zélote " qui, lui,
semble bien avoir abandonné toute relation avec l'Organisation terroriste, de
même que Mathieu avait abandonné sa charge de percepteur des impôts romains,
et que Pierre, André, Jacques et Jean avaient abandonné leurs barques de
pêcheurs. En était-il de même de JUDAS, ainsi que devait le penser Jésus, au
moment où il l'avait appelé à le suivre ? Mais nul rédacteur évangélique ne
nous dit à aucun endroit que Jésus a appelé Judas… " En vérité, je vous le dis, l'un d'entre
vous va me livrer " : cette indication de JEAN laisse à
penser que JESUS, au moment où va se jouer sa vie, sait qu'il y a un traître,
autrement dit un indicateur, un espion parmi les Douze; il en a la certitude,
et il le connaît : c'est JUDAS car, dit-il : " c'est celui qui plonge
avec moi la main dans le même plat " . Reste à découvrir pourquoi un
Zélote, actif ou repenti, trahit JESUS et le livre. Hugues COUSIN, dans son ouvrage "Le Prophète
assassiné", avance l'hypothèse que JUDAS après avoir espéré que JESUS
prendrait la tête de l'Organisation Zélote, avait acquis la certitude qu'il
avait fait fausse route. Pour se justifier lui-même auprès des autorités, il
aurait alors décidé de livrer son Maître. Mon hypothèse est différente. A mon
avis, mais sans autre preuve que celle du mode de fonctionnement habituel de
toutes les Polices et de tous les Services de Renseignements du monde, il
n'est pas impossible que JUDAS ait été repéré comme Zélote par les autorités
juives et romaines, qui l'avaient arrêté puis relâché, avec promesse de la
vie sauve, à condition de rendre "quelques petits services".
Infiltré dans la Bande à Jésus, afin d'en contrôler de l'intérieur les buts
et les moyens, JUDAS serait alors une "taupe", un indicateur mis à
cette place avec mission de fournir de temps en temps quelques
renseignements, et qui est "activée" le moment venu. LUC nous dit
par ailleurs que les Grands-Prêtres avaient leurs indicateurs, puisqu'ils les
ont envoyés à Jésus pour avoir son avis sur l'impôt à payer à l'Empereur.
Aucun des rédacteurs des textes évangéliques ne nous dit que Jésus ait appelé
JUDAS à la suivre, comme il avait appelé les autres. Il est donc plus que probable que JUDAS
avait été repéré par les proches de JESUS comme indicateur à la solde des
autorités d'occupation[6].
JESUS, "sachant que son heure était
venue, l'heure de passer de ce monde à son Père", s'attendait bien à
être arrêté : ses violations graves et fréquentes de la Loi juive (lois de
pureté rituelle, respect du Shabbat, son action spectaculaire de
"purification" du Temple, les bruits qu'on faisait courir à son
sujet prétendant qu'il était le Messie) lui méritaient une comparution en
bonne et due forme devant le Tribunal juif, le Sanhédrin, et une condamnation
à mort par lapidation, comme tous les profanateurs et les blasphémateurs .
Comment expliquer que JESUS ait été remis aux Romains et crucifié ? Car la
crucifixion était un supplice que les Romains réservaient aux esclaves
fugitifs et aux terroristes[7].
Mais surtout comment expliquer que PILATE refuse de condamner JESUS et "le
leur livre pour être crucifié". L'impression dominante, à la lecture de cette
non-condamnation, est que personne ne veut prendre la responsabilité de la
mort : JUDAS a livré JESUS aux Grands-Prêtres, qui l'ont livré à PILATE, qui
l'a livré aux Grands-Prêtres. Sans doute est-on allé trop loin, et chacun
sait bien qu'il n'y a pas de véritable motif juridique de condamner à mort et
d'exécuter JESUS. Le Sanhédrin a pris prétexte qu'il s'était prétendu le
Messie, mais sans preuve, et surtout sans témoins pour affirmer que JESUS
l'ait déclaré en public, ce qui a pour conséquence que JESUS peut, ou bien
affirmer qu'il l'est , ou bien ne pas répondre à la
question ( selon Luc 22, 67 ), le Sanhédrin n'a pas de motif juridique
valable pour le condamner à la lapidation, alors qu'il en avait certainement
la possibilité légale. C'est pourquoi, ne désirant courir aucun risque pour
son propre pouvoir, il l'a transmis à PILATE sous prétexte que, puisqu'on dit
qu'il est le Messie, c'est qu'il se veut Roi des Juifs, donc rival de
l'Empereur. Devant PILATE, Jésus ne dit rien : celui-ci n'a donc pas plus de
motif juridique valable de le gracier que de le condamner à la croix. Mais
les divers groupes en présence : autorités religieuses et autorités
d'occupation, sont liés par le contrat qu'ils ont passé de ramener l'ordre dans
le pays, même au risque de quelques bavures, et, en fin de compte, c'est le
Sanhédrin Juif qui va crucifier JESUS, avec "l'appui technique" des
Romains. PILATE refuse de retirer l'inscription
"JESUS DE NAZARETH ROI DES JUIFS", car, pour lui, c'est le seul
motif légal de crucifiement. Ce que le Sanhédrin désire inscrire "Cet
homme a dit qu'il était le Roi des Juif ", ne pourrait en effet
qu'attirer des ennuis à PILATE, car on n'a pas le droit de condamner
quelqu'un sans avoir établi les preuves formelles de sa culpabilité, et on
n'exécute pas un fou sous prétexte qu'il prétend être Napoléon ![8] Luc est le seul des quatre rédacteurs d'évangile
à ajouter que Pilate envoya Jésus à Hérode. Que le fait soit avéré ou non, il
n'a pas grande importance. Il est vrai que Jésus est Galiléen, et que Pilate
n'exerce pas de juridiction en Galilée, puisque cela revient à Hérode. Mais
Jésus a été arrêté en Judée, là où s'exerce la juridiction de Pilate;
celui-ci n'a pas besoin du feu vert d'Hérode pour le juger. Et Jésus est cloué sur la croix. Sur ce supplice,
lisez la note 6, à la fin de ce document. Au terme de cette étude, nous voici en mesure de
répondre à la dernière question posée au début : Pourquoi JUDAS n'a-t-il donc
pas demandé le pardon de JESUS, comme PIERRE ? Pour moi, il n'y a qu'une
réponse possible, c'est parce qu'il ne POUVAIT pas le faire. Il avait été
floué : 1- Jésus n'était pas le Messie que les Zélotes espéraient, 2- il
avait donc trompé le Grand-Prêtre et les Romains, car tout le monde savait maintenant
qu'on avait mis à mort un innocent... et tout cela pour trente pièces
d'argent ! Non seulement JUDAS avait trahi un ami, mais surtout, il avait
commis une erreur, il s'était laissé manipuler, il se sentait
"brûlé", tant aux yeux de Jésus que de ses
"commanditaires". Et en plus, il avait menti au Grand-Prêtre, dont
la personne était sacrée. C'est pourquoi, désespéré, il rapporte l'argent et
se donne la mort de tous les désespérés : par pendaison. Voilà pourquoi, à la
fin de la Passion, lorsque "tout est accompli", il y a deux morts :
JUDAS et JESUS, tous deux victimes de magouilles politico-religieuses ourdies
par des gens qui n'ont qu'un désir : garder leur pouvoir et leurs privilèges.
Histoire sordide archi-connue ! On appelle cela : la raison d'Etat ! Mais JESUS a choisi
lui-même le moment de se livrer. Ce qui retire à JUDAS jusqu'à la
responsabilité propre de son acte ! Jean-Paul BOULAND |
Luc 24,27 Jean 20,31 Jean 20, 8 Matthieu 27,16 Luc 23,19 Marc 15,7 Math.21,12, Marc11,15 - Luc 19,45 Jean 2,13-22 Matthieu 26,1-5; Marc 14, 1-2 Luc 22, 1-2 Jean 11, 50 Luc 22, 3 Matthieu 21, 9 Marc 11, 10 Luc 19, 38 Jean 12, 13 Jean 12, 17-19 Matthieu 26, 14 Marc 14, 10 Luc 22, 4 Marc 14, 5 Jean 11, 54 Jean 18, 2-3 Luc 6,15 - Actes 1,13 Jean 13, 21 Marc 14,20 Matthieu 26,23 Luc 20, 20 Jean 13, 1 Lévitique 24, 16 Matthieu 27, 26; Marc 15, 15; Luc 23, 25;
Jean 19, 16 Matthieu 26, 64 et Marc 14, 62 Marc 14, 64 - cf
l'épisode de la femme
surprise en flagrant délit d'adultère Jean 8 Jean 19, 19-22 |
Annexe 1
Pouvoir
romain
![]()
Jésus


PONCE
PILATE (Judée-Samarie)
![]()

HERODE (Galilée)
Journaliers et commerçants

![]()
![]()
Zélotes
Prêtres
et lévites
Pauvres et exclus
note
sur le PAYS de JESUS
Les
récits de la vie de JESUS ont été écrits longtemps après sa vie, sa mort et sa
résurrection : donc ils portent la marque des évènements contemporains de la
rédaction, notamment la destruction du Temple intervenue en 70 ap.JC.
-
Un PAYS : 3 Provinces : JUDEE, SAMARIE, GALILEE
-
cadre juridique et politique :
occupation romaine
- avant 4 av JC : -
pour les trois provinces : un seul Roi: HERODE,
- après 4 ( à cause des émeutes réitérées) :
- en JUDEE-SAMARIE
: PONCE-PILATE, Procurateur (gouverne sous l'autorité directe de l'Empereur)
- en GALILEE : Hérode-Antipas, Pseudo-roi.
- cadre religieux :
Pour les Juifs, la JUDEE, Pays du Peuple de Dieu, est considérée comme le
centre du monde, JERUSALEM est la Capitale de ce Peuple, le Temple est le
centre de cette Ville, le Saint des Saints est le centre du Temple, lieu de la
demeure de Dieu. C'est pourquoi les Romains ont été obligés de laisser au
Peuple juif son autonomie religieuse : Religio
licita (avec les conséquences après 70).
-
Des HABITANTS :
-
Personnes et Groupes influents :
- Pouvoir romain :
Hérode, au temps de la naissance de JESUS, a un revenu annuel de 1000 talents :
34 tonnes d'or !
- Pouvoir religieux :
Grand Prêtre
- Groupes influents :
-
SADDUCEENS : les descendants du Grand Prêtre SADOQ, qui ont de la fortune,
qui sont regroupés en Parti, et qui siègent au SANHEDRIN (Tribunal chargé de
juger les causes religieuses et les différents entre Juifs),
- PRETRES et LEVITES
: 18000 en JUDEE à l'époque du Ministère de JESUS.
- L'Aristocratie
sacerdotale : les familles des anciens Grands Prêtres.
- PHARISIENS et
SCRIBES : environ 5000.
- ZELOTES
- Groupes de moindre influence :
- ESSENIENS (à part du Peuple, dans le désert).
- Commerçants
-
Sans influence :
- Journaliers : payés 1 denier par jour (il faut 14000 deniers
pour faire un talent...)
- Les mendiants
- métiers méprisés ( ceux qui sentent mauvais, où l'on manie du sang ou de
l'argent).
- esclaves juifs et
étrangers
- les exclus : lépreux
entre autres).
-
Des INSTITUTIONS :
-
Le TEMPLE :
- en construction
jusqu'en 40 ap JC, détruit en 70.
- seul lieu du culte
juif dans le monde : chaque Juif est tenu d'y accomplir le pélerinage
annuel et d'y dépenser le dixième de ses revenus.
- richesse considérable
: or.
- importance
stratégique : commerce avec l'ensemble du Bassin méditerranéen.
-
Les obligations religieuses :
- SHABBAT (origine : libération du Peuple, puis en Exil,
signe du repos de l'Eternel après son acte créateur). Jour de repos absolu.
- Les obligations de
pureté : 365 préceptes positifs, 268 préceptes négatifs - à respecter
absolument.
- La taxe
d'occupation : 600 talents d'or (un talent = 34 kgs
d'or), collectée par les "Publicains.
Annexe 3
Versets du psaume
|
Citation au cours du
récit de la Passion |
|
1 Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi
m'as-tu abandonné, Et
t'éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes? 2 Mon
Dieu! je crie le jour, et tu ne réponds pas; La
nuit, et je n'ai point de repos. 3 Pourtant
tu es le Saint, Tu sièges au milieu des louanges d'Israël. 4 En
toi se confiaient nos pères; Ils se confiaient, et tu les délivrais. 5 Ils
criaient à toi, et ils étaient sauvés; Ils se confiaient en toi, et ils n'étaient point confus. 6 Et
moi, je suis un ver et non un homme, L'opprobre des hommes et le méprisé du
peuple. 7 Tous ceux qui me voient se moquent
de moi, Ils ouvrent la bouche, secouent la tête: 8 Recommande-toi à l'Eternel! L'Eternel le sauvera, Il le
délivrera, puisqu'il l'aime! - 9 Oui,
tu m'as fait sortir du sein maternel, Tu m'as mis en sûreté sur les mamelles
de ma mère; 10 Dès
le sein maternel j'ai été sous ta garde, Dès le ventre de ma mère tu as été
mon Dieu. 11 Ne
t'éloigne pas de moi quand la détresse est proche, Quand personne ne vient à
mon secours! 12 Ils
ouvrent contre moi leur gueule, Semblables au lion qui déchire et rugit. 14 Je
suis comme de l'eau qui s'écoule, Et tous mes os se séparent; Mon coeur est
comme de la cire, Il se fond dans mes entrailles. 15 Ma
force se dessèche comme l'argile, Et ma langue s'attache à mon palais; Tu me
réduis à la poussière de la mort. 16 Car
des chiens m'environnent, Une bande de scélérats rôdent autour de moi, Ils
ont percé mes mains et mes pieds. 17 Je
pourrais compter tous mes os. Eux, ils observent, ils me regardent; 18 Ils
se partagent mes vêtements, Ils tirent au sort ma tunique. 19 Et
toi, Eternel, ne t'éloigne pas! Toi qui es ma force, viens en hâte à mon
secours! 20 Protège
mon âme contre le glaive, Ma vie contre le pouvoir des chiens! 21 Sauve-moi
de la gueule du lion, Délivre-moi des cornes du buffle! 22 Je publierai ton nom parmi mes frères,
Je te célébrerai au milieu de l'assemblée. 23 Vous
qui craignez l'Eternel, louez-le! Vous tous, postérité de Jacob,
glorifiez-le! Tremblez devant lui, vous tous, postérité d'Israël! 24 Car
il n'a ni mépris ni dédain pour les peines du misérable, Et il ne lui cache
point sa face; Mais il l'écoute quand il crie à lui. 25 Tu seras dans la grande assemblée
l'objet de mes louanges; J'accomplirai mes voeux en présence de ceux qui te
craignent. 26 Les
malheureux mangeront et se rassasieront, Ceux qui cherchent l'Eternel le
célébreront. Que votre coeur vive à toujours! 27 Toutes
les extrémités de la terre penseront à l'Eternel et se tourneront vers lui;
Toutes les familles des nations se prosterneront devant ta face. 28 Car
à l'Eternel appartient le règne: Il domine sur les nations. 29 Tous
les puissants de la terre mangeront et se prosterneront aussi; Devant lui
s'inclineront tous ceux qui descendent dans la poussière, Ceux qui ne peuvent
conserver leur vie. 30 La
postérité le servira; On parlera du Seigneur à la génération future. Quand
elle viendra, elle annoncera sa justice, Elle annoncera son oeuvre au peuple
nouveau-né. |
Matthieu 27,46 Marc 15,29 Jean 19,23-24 Luc 23, 34-35 |
[1] On date habituellement l'évangile
de MARC des années 70, celui de LUC et de MATTHIEU des années 80, et celui de
JEAN de la fin du premier siècle.
[2] L'acclamation "Hosanna"
signifie : "Sauve, je te prie". C'est cette acclamation, appliquée au
Christ célébré dans l'Eucharistie que les croyants chantent : Sauve-nous (en
nous prenant avec toi) dans les cieux !
[3] Au premier siècle, les Zélotes
forment un groupe armé, dont les membres, "zélés" pour l'observance
de la Loi mosaïque et la fidélité aux coutumes ancestrales, sont souvent de
redoutables fanatiques ultra-nationalistes… Ils s'insurgent contre la
domination romaine et s'attaquent aux notables et aux fonctionnaires suspects de collaboration avec l'occupant…
Ils seront les instigateurs de la désastreuse révolte juive des années 66-73,
qui aboutit au sac de la Ville sainte et à l'holocauste de Massada.(A.M. GERARD
– Dictionnaire de la Bible – R. LAFFONT-coll.Bouquins)
[4] Répétons que, pour ce qui concerne
les évènements de la vie de Jésus, Jean ne s’intéresse pas tant à leur réalité,
qu’à leur caractère symbolique.
[5] Cf. Tableau page 7
[6] Je me
souviens avoir rencontré, en 1990, c'est-à-dire après la chute du rideau de
fer, le Président du Club des Intellectuels catholiques de CRACOVIE en POLOGNE.
Parlant des réunions qui avaient lieu pendant les années noires, il me disait :
"Nous savions que notre Club était infiltré par la Police du Régime.
L'essentiel pour nous était de repérer qui était cet agent infiltré. Lorsque
nous l'avions repéré, il n'y avait plus de problème !"…
[7] Du
grec Stauros, la croix a été un instrument de
supplice en usage dans le monde romain antique sur lequel on attachait les
criminels pour les faire mourir. C'était selon Cicéron, le supplice romain le
plus cruel et le plus honteux appliqué aux esclaves et aux non-citoyens en cas
de révolte, de vol ou de meurtre, et aux citoyens en cas de haute trahison.
Cette croix était constituée d'un pieu auquel on ajoutait pour le crucifiement ,une poutre transversale qui pouvait être
appliquée au sommet du poteau formant la lettre T ou plus bas, dans une encoche
formant le signe T. Selon Xavier Léon-Dufour dans son dictionnaire du nouveau
testament (P. 191), le condamné devait porter la croix lui-même au lieu du
supplice, après avoir subi la flagellation obligatoire. Le condamné était
attaché avec des cordes à la croix, par les mains et les pieds, ou plus souvent
cloué sur elle
[8] " À la fin du ier
siècle av. J.-C., les Romains adoptèrent la crucifixion comme punition
officielle pour les non-Romains, punition limitée à certaines transgressions.
Au départ, ce n’était pas une méthode d’exécution, mais seulement une punition.
De plus, seuls les esclaves convaincus de certains crimes étaient punis de
crucifixion. Durant cette première période, une poutre de bois, connue comme la
furca ou le patibulum,
était placée sur la nuque de l’esclave et liée à ses bras.
" […] Lorsque la
procession arrivait sur le lieu d’exécution, un poteau vertical était planté
dans le sol. Parfois la victime était simplement attachée à la croix avec des
cordes. Dans ce cas, le patibulum ou barre
transversale — auquel les bras de la victime étaient déjà attachés — était
simplement fixé au poteau vertical ; les pieds du condamné étaient ensuite
attachés au poteau par quelques tours de corde.
" Si la victime était
fixée par des clous, on l’étendait sur le sol, les épaules sur la barre
transversale. Ses bras étaient tendus et cloués aux deux extrémités de cette
barre, qui était ensuite élevée et fixée au sommet du poteau vertical. Les
pieds de la victime étaient ensuite cloués au poteau vertical.
" Afin de prolonger
l’agonie, les bourreaux Romains avaient imaginé deux instruments pour garder la
victime vivante sur la croix pendant une assez longue période de temps. L’un
deux, le sedile, était une sorte de petit siège fixé
sur le devant de la croix, à peu près à mi-hauteur. Il permettait de soutenir
le corps du supplicié et peut expliquer l’expression ‘ s’asseoir sur la croix ’,
utilisée par les Romains. Irénée et Justin le Martyr décrivent tous deux la
croix de Jésus avec cinq extrémités au lieu de quatre. La cinquième était
probablement le sedile. " (pp. 48, 49)
Dans un article ultérieur sur cette
découverte archéologique, article paru dans le numéro de novembre/décembre de
BAR, on lit ceci :
" Selon les source
littéraires [romaines], ceux qui étaient condamnés à la crucifixion ne
portaient jamais la croix entière, bien que tout le monde croie le contraire et
en dépit des reconstitutions modernes du chemin de croix de Jésus. Seule la
barre transversale était portée, tandis que le poteau vertical restait planté
en permanence sur le lieu d’exécution, où il servait pour chaque mise à mort.
Comme l’a fait remarquer Josèphe, l’historien Juif du premier siècle, le bois
était si rare à Jérusalem au cours du ier
siècle ap. J.-C. que les Romains furent forcés
d’aller à dix milles [env. 16 km ; N.d.T.] de
Jérusalem pour chercher le bois nécessaire à la fabrication de leurs engins de
siège. " (p. 21)
On trouve des détails semblables
dans le New International Dictionary of New Testament
Theology, à l’entrée
" Croix " :
" Nous sommes seulement
certains que les Romains pratiquaient ce genre d’exécution. Mais il est très
probable que le stauros avait une barre transversale
pour former une croix. Les sources profanes ne permettent pas de tirer des
conclusions quant à la forme précise de la croix, pour savoir s’il s’agissait
d’une crux immissa (†) ou
d’une crux commissa (T).
" Il y avait deux manières
possibles de dresser le stauros. Le condamné pouvait
être attaché à la croix posée à terre sur le lieu d’exécution, qui était
ensuite dressée. D’un autre côté, il était probablement habituel de planter le
poteau dans le sol avant l’exécution. La victime était attachée à la barre
transversale, puis était hissé avec cette dernière et fixé au poteau vertical.
Comme il s’agissait là de la manière la plus simple d’ériger la croix, et que
le fait de devoir porter la barre transversale (patibulum)
avait probablement un rapport avec la punition des esclaves, on peut considérer
que l’exécution sur la crux commissa
était la pratique normale. Ainsi, la croix ne devait pas avoir une hauteur
supérieure à celle d’un homme. "
M. Tzaferis
revue Biblical Archaeology Review
janvier/février
1985
Voici
une description médicale des souffrances physiques de Jésus sur la croix, selon
le docteur Gérald H. Bradley.
Aucune autre mort ne pouvait être
plus cruelle pour un humain. Jésus a dû se supporter lui-même afin de
parvenir à respirer. La douleur cuisante provoquée par les clous qui
frottaient contre les nerfs de ses poignets se propageait jusque dans ses bras,
son cerveau et sa colonne vertébrale. Les clous enfoncés dans ses pieds
frottaient contre ses os métatarsiens et faisaient raidir tout son corps.
En réaction, les muscles de ses jambes se contractaient en entraînant toujours
plus son corps vers le bas.
Jésus pouvait inspirer, mais il
était incapable d'expirer tant que le gaz carbonique de ses poumons et de son
système sanguin n'avait pas atteint un niveau qui forcerait sa respiration à
reprendre et à dissiper ses crampes.
L'épuisement, l'état de choc, la
déshydratation et la paralysie contribuaient tous à la mort d'un
crucifié.
Le cœur de la victime pouvait à
peine pomper son sang épais à mesure que mouraient, l'une après l'autre, ses
milliards de globules.
Mais, juste avant sa mort, malgré
toute son agonie, Jésus avait la pleine maîtrise de son esprit. C'est
pourquoi, il a pu, à haute voix, demander à son Père céleste de pardonner à ses
bourreaux, car ceux-ci ne savaient pas quelle était la grandeur de leur crime
(voir Luc 23 :34). C'est pour chaque individu en particulier que l'agneau
de Dieu s'est offert en sacrifice.
Au moment où Jésus est mort, son
sang s'est coagulé et de lui est sorti de l'eau (sérum sanguin).
Description médicale (2)
Ce que le Dr Barbet a écrit après avoir étudié le mécanisme de la crucifixion:
"...La position d'un homme cloué ou attaché sur la croix est celle d'un
homme dont la poitrine est comprimée par la traction que le poids de son corps
exerce sur les muscles de ses bras.
Dans cette position, pour pouvoir
faire entrer de l'air dans ses poumons, le supplicié doit se soulever en tirant
sur ses bras. Au bout d'un certain laps de temps, qui dépend de la force de ses
muscles et de la valeur de sa résistance nerveuse, le malheureux n'a plus la
force de se soulever et ne peut plus respirer. Il commence alors à donner les
signes classiques de l'asphyxie et il meurt.
Le mécanisme de la crucifixion
fonctionne sur ce principe mais de façon beaucoup plus cruelle parce que les
pieds du condamné, cloués sur la barre de la croix, lui fournissent un point
d'appui qui lui permet de se soulever régulièrement pour respirer. De cette
façon, au lieu de mourir en quelques minutes, le crucifié, s'il a beaucoup de
courage et de force, peut mourir en vingt-quatre heures. C'est un mécanisme
diabolique. Chaque fois qu'il se soulève pour combattre l'asphyxie menaçante, le
condamné tire sur ses chairs où les clous sont plantés. Il cherche donc à
respirer le moins souvent possible, il règle lui-même l'horreur de son agonie
et la fréquence de ses douleurs. En somme, il rythme la souffrance de
l'asphyxie avec la souffrance que causent les plaies de ses poignets ou de ses
pieds..."