Le poids
d'amour
que tu mets au monde
À quoi sert
d'être là ?
Dites-moi :
À quoi sert
la fleur qui naît et meurt cachée sous les fougères ?
À quoi sert le
musicien qui joue seul dans sa chambre fermée ?
À quoi sert
l'aveugle puisqu'il ne voit pas,
le sourd
puisqu'il n'entend pas,
le paralysé
puisqu'il ne marche pas ?
À quoi sert
d'être là quand est là pour rien,
à côté d'un
autre qui est là ?
Si la note
disait : ce n'est pas une note qui fait la musique,
II n'y aurait
pas de symphonie.
Si la pierre
disait :
ce n'est pas la
pierre qui peut monter un mur,
II n'y aurait
pas de maison.
Si l'homme
disait :
ce n'est pas un
geste d'amour qui peut sauver l'humanité,
II n'y aurait
jamais de justice et de paix,
de dignité et de
bonheur sur la terre des hommes.
Comme la
symphonie a besoin de chaque note,
comme la maison a
besoin de chaque pierre,
l'humanité tout entière
a besoin de toi,
là où tu es,
unique et donc irremplaçable.
Le poids
d'amour que tu mets au monde,
même si tu n'en
vois pas l'utilité,
redonne un sang
nouveau au corps exsangue de l'humanité.
Nous avons
besoin de voir au milieu de nous des hommes
et des femmes
qui ne servent d'abord à rien, si ce n'est à aimer.
PRIÈRE des étudiants de Blida
in Semaine religieuse d'Alger,
n°l