L'Epître aux romains

Notes – Réflexions – Etude - Impressions

 

Introduction

 

- PAUL : Paulos : le petit – SAUL : Saulos : l'efféminé – se qualifie lui-même d'AVORTON (1 Cor. 15,8). Une écharde dans la chair (2 Cor. 12,6-8)). Peut-on parler, à son propos, du complexe du "petit" ?…

 

- L’expérience première de PAUL : la rencontre du chemin de Damas : Actes 9 – Sa vie bascule en quelques millièmes de seconde.

 

-          Il est pharisien, donc observateur scrupuleux de la Loi. Il réalise d’un seul coup :

o        Qu’il a été choisi par grâce, indépendamment de son observance de la Loi 

o        Que Jésus est bien l’Envoyé de Dieu 

o        Que le Salut est pour tous, et non pour le seul Israël

o        Que Jésus est la Communauté des Chrétiens ne font qu’un. 

 

-          Il quittera tout pour annoncer cette découverte, et tout son enseignement reposera sur ces quatre piliers :

o        Seigneurie universelle du Christ, Jésus (Philippiens 2, 5/11) – (Galates 4,4)

o        Salut pour toutes les Nations (1 Timothée 2,4) – (Colossiens 1,15 sq)

o        Primat de la Foi sur la Loi (Epître

o        EGLISE : Corps du Christ (1 Corinthiens 12-13)

 

- Comment il se présente lui-même : 

 

- circoncis dès le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux; quant à la Loi, un Pharisien;  quant au zèle, un persécuteur de l'Eglise; quant à la justice que peut donner la Loi, un homme irréprochable. (Philippiens 3,5-6)

 

-  Sachez-le, en effet, mes frères, l'Evangile que j'ai annoncé n'est pas à mesure humaine:  ce n'est pas non plus d'un homme que je l'ai reçu ou appris, mais par une révélation de Jésus Christ.  Vous avez certes entendu parler de ma conduite jadis dans le judaïsme, de la persécution effrénée que je menais contre l'Eglise de Dieu et des ravages que je lui causais,  et de mes progrès dans le Judaïsme, où je surpassais bien des compatriotes de mon âge, en partisan acharné des traditions de mes pères.  Mais quand Celui qui dès le sein maternel m'a mis à part et appelé par sa grâce daigna  révéler en moi son Fils pour que je l'annonce parmi les païens, aussitôt, sans consulter la chair et le sang,  sans monter à Jérusalem trouver les apôtres mes prédécesseurs, je m'en allai en Arabie, puis je revins encore à Damas.

 

 Ensuite, après trois ans, je montai à Jérusalem rendre visite à Képhas et demeurai auprès de lui quinze jours: je n'ai pas vu d'autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur:  et quand je vous écris cela, j'atteste devant Dieu que je ne mens point.  Ensuite je suis allé en Syrie et en Cilicie,  mais j'étais personnellement inconnu des Eglises de Judée qui sont dans le Christ;  on y entendait seulement dire que le persécuteur de naguère annonçait maintenant la foi qu'alors il voulait détruire;  et elles glorifiaient Dieu à mon sujet.

 

            Ensuite, au bout de quatorze ans, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabé et Tite que je pris avec moi.  J'y montai à la suite d'une révélation; et je leur exposai l'Evangile que je prêche parmi les païens --  mais séparément aux notables, de peur de courir ou d'avoir couru pour rien.  Eh bien! de Tite lui-même, mon compagnon qui était grec, on n'exigea pas qu'il se fît circoncire.  Mais à cause des intrus, ces faux frères qui se sont glissés pour espionner la liberté que nous avons dans le Christ Jésus, afin de nous réduire en servitude,  gens auxquels nous refusâmes de céder, fût-ce un moment, par déférence, afin de sauvegarder pour vous la vérité de l'Evangile...  Et de la part de ceux qu'on tenait pour des notables --  peu m'importe ce qu'alors ils pouvaient être; Dieu ne fait point acception des personnes -- , à mon Evangile, en tout cas, les notables n'ont rien ajouté.  Au contraire, voyant que l'évangélisation des incirconcis m'était confiée comme à Pierre celle des circoncis -- car Celui qui avait agi en Pierre pour faire de lui un apôtre des circoncis, avait pareillement agi en moi en faveur des païens --  et reconnaissant la grâce qui m'avait été départie, Jacques, Céphas et Jean, ces notables, ces colonnes, nous tendirent la main, à moi et à Barnabé, en signe de communion: nous irions, nous aux païens, eux à la Circoncision;  nous devions seulement songer aux pauvres, ce que précisément j'ai eu à coeur de faire.

 

 Mais quand Képhas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il s'était donné tort.  En effet, avant l'arrivée de certaines gens de l'entourage de Jacques, il prenait ses repas avec les païens; mais quand ces gens arrivèrent, on le vit se dérober et se tenir à l'écart, par peur des circoncis.  Et les autres Juifs l'imitèrent dans sa dissimulation, au point d'entraîner Barnabé lui-même à dissimuler avec eux.  Mais quand je vis qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Evangile, je dis à Képhas devant tout le monde: "Si toi qui es Juif, tu vis comme les païens, et non à la juive, comment peux-tu contraindre les païens à judaïser?  "Nous sommes, nous, des Juifs de naissance et non de ces pécheurs de païens;  et cependant, sachant que l'homme n'est pas justifié par la pratique de la loi, mais seulement par la foi en Jésus Christ, nous avons cru, nous aussi, au Christ Jésus, afin d'obtenir la justification par la foi au

Christ et non par la pratique de la loi, puisque par la pratique de la loi personne ne sera justifié.  Or si, recherchant notre justification dans le Christ, il s'est trouvé que nous sommes des pécheurs comme les autres, serait-ce que le Christ est au service du péché? Certes non! (Galates 2, 11-17)

 

- Les Occurrences et les Concepts antagonistes :

 

GRACE

24

vs/

PECHE

48

FOI    (CROIRE)

53

vs/

LOI

50

JUSTIFI(ER –CATION)

17 

vs/

JUGEMENT (Juge-Juger)

20

GLOIRE (Glorifier…)

31

vs/

CONDAMNATION (Condamner)

5

JUSTICE

32

vs/

MORT          

48

ESPRIT-SPIRITUEL

33

vs/

CHAIR (CHARNEL)

21

INCIRCONCIS-ION

6

vs/

CIRCONCIS-ION

12

 

L'Evangile de JEAN est lui aussi construit autour de concepts antagonistes : LUMIERE/TENEBRES – JOUR/NUIT – FOI (CONFIANCE)/CONDAMNATION -

 

- Quelques définitions

 

-          CHARIS  : La Grâce – CHARISMA : La mise en œuvre de la Grâce  – EUCHARISTIE : l'action de rendre grâce

 

-          FIDES et FOEDUS :

o        FIDES (pistis) : la CONFIANCE – Pisteuw: Je fais confiance - Avoir la foi : non pas CROIRE, au sens intellectuel, mais FAIRE CONFIANCE

o        FOEDUS : le traité d’Alliance : le Baptême donne la Foi, i.e introduit dans l’Alliance réalisée par le Christ

 

-          JUSTICE (dikaiosunh) : le fait d’être A-JUSTE à Dieu -  JUSTIFICATION : le fait de se laisser A-JUSTER à Dieu. Cf. concept de SAINTETE (qui n'est pas Perfection : Jésus est saint, il n'est pas parfait).

 

- 1 ° RAPPEL : L’importance du thème de la Justification chez Martin LUTHER.

 

- 2° RAPPEL : Problématique du DON et de la DETTE : Ce que j'ai, je le considère comme un DU, à cause de mes MERITES; ou je le reçois comme un DON, une GRACE, une marque de CONFIANCE. (cf Pharisien et Publicain… et d'autres paraboles, notamment celle des Ouvriers de la onzième heure…).

 

Pourquoi la LETTRE aux ROMAINS ?

 

- Sa propre expérience de Pharisien : on ne parvient jamais à une juste observance de la Loi – la Justification est impossible par le seul respect de la Loi.

-  Constat de PAUL :            

-          Le Peuple juif, dans son ensemble, a rejeté le message de Dieu transmis par Jésus-Christ.

-           des non-juifs l'ont entendu et accueilli.

 

- D'où : Questions :

-          Pourquoi le Peuple de la Promesse est-il infidèle ?

-          La Promesse faite à Abraham, à Moïse, et à l'ensemble du Peuple serait-elle destinée à l'ensemble des Peuples ? Abraham est le personnage central de la Lettre.

-          N.B : PROMESSE de la Terre, du Royaume, du rassemblement final.        

 

- Elément de réponse : Thème central : L'Evangile, c'est l'annonce de l'obéissance de la Foi.

 

INTRODUCTION de la LETTRE  (Romains 1,1-7)

 

Paul, serviteur du Christ Jésus, apôtre par appel, mis à part pour annoncer l'Evangile de Dieu,  que d'avance il avait promis par ses prophètes dans les saintes Ecritures,  concernant son Fils, issu de la lignée de David selon la chair,  établi Fils de Dieu avec puissance selon l'Esprit de sainteté, par sa résurrection des morts, Jésus Christ notre Seigneur, 

par qui nous avons reçu grâce et apostolat pour prêcher, à l'honneur de son nom, l'obéissance de la foi parmi tous les païens,  dont vous faites partie, vous aussi, appelés de Jésus Christ, 

 

à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, aux saints par vocation,  à vous grâce et paix   de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus Christ.

 

FINALE de la LETTRE (Romains 16,24-26)

A Celui qui a le pouvoir de vous affermir   conformément à l'Evangile que j'annonce en prêchant Jésus Christ, révélation d'un mystère   enveloppé de silence aux siècles éternels, mais aujourd'hui manifesté, et par des Ecritures qui le prédisent selon l'ordre du Dieu éternel  

 

porté à la connaissance de toutes les nations   pour les amener à l'obéissance de la foi;

 

 

à Dieu qui seul est sage, par Jésus Christ à Lui soit la gloire aux siècles des siècles. Amen

 

 

 

INTRODUCTION

 

Le CONTEXTE

 

De qui ? D'où ? Quand ?

 

Paul écrit de Cenchrées (port de Corinthe) ou d'un lieu proche, car il recommande aux destinataires Phébée, diaco­nesse de cette ville (16, 1-2). Il envoie les salutations de Gaius, qui est son hôte et celui de «l'Église entière» d'où il écrit; or il y avait un Gaius éminent à Corinthe (16,23; 1 Co l, 14). Paul, au moment où il écrit, se prépare à porter le fruit d'une collecte à Jérusalem (Rm 15,26-33). L'apôtre passa l'hiver 57/58 (chronologie tra­ditionnelle) à Corinthe, et ensuite (Ac 20, 2-21, 15) retourna par la Macédoine, l'Asie et Césarée vers Jérusalem, où il fut arrêté. Il y a donc pratiquement unani­mité des exégètes sur le fait que Paul écrivit aux Romains depuis Corinthe (en 57/58).

 

A Qui ? Où ?

 

Aux ROMAINS : Pas à tous les habitants de ROME bien évidemment, mais aux Juifs demeurant à ROME. Il y avait probablement quarante mille à cinquante mille juifs à Rome au 1er siècle de notre ère4; et à partir des indices dont nous disposons, qui remontent au II° siècle, beaucoup y étaient venus de la région Palestine/Syrie comme marchands, immigrants ou captifs. Des liens politiques étroits se poursui­virent pendant deux siècles, car Rome surveillait de près les royaumes vassaux de Palestine, et les princes hérodiens étaient envoyés à Rome pour y être éduqués. Après la chute de Jérusalem en 70, l'historien juif Josèphe passa sa vie à Rome comme protégé des empereurs Flaviens; et dans les années 70 le futur empereur Titus ramena à Rome le roi juif Agrippa n, dont la sœur Bérénice devint la maîtresse.

 

Cette histoire de la présence juive explique qu'il ne se passa pas longtemps avant que les juifs qui croyaient en Jésus et faisaient des convertis dans d'autres villes de l'empire, comme Damas et Antioche, se fraient un chemin vers un champ missionnaire aussi fertile. Quand la première parole au sujet du Christ atteignit-elle Rome ? Revenons en arrière pour répondre à cette question. On voit dans le récit par Tacite de la persécution de Néron après l'incendie de 64 (Annales 15,44) qu'il était possible à Rome de faire la distinction entre les chrétiens (crestianoi) et les juifs. Les chrétiens étaient nombreux; et cette «détestable superstition [chré­tienne]»était née en Judée - ce qui laisse supposer que le christianisme était arrivé à Rome en venant de Judée. La lettre de Paul, en 57/58, implique que la commu­nauté chrétienne existait depuis longtemps, puisqu'il dit souhaiter «depuis des années» lui rendre visite (15, 23). De plus, il dit aux Romains: «On publie votre foi dans le monde entier» (1, 8), flatterie qui n'aurait pas grand sens si Paul écri­vait à un groupe minuscule récemment fondé. Il semble donc que la communauté chrétienne de Rome devait exister déjà au début des années 50. Ac 18, 1-3 rapporte que quand Paul vint à Corinthe (vers 50) il trouva à se loger chez Aquilas et Priscille (=Prisca), couple juif récemment arrivé d'Italie «à la suite d'un édit de Claude qui ordonnait à tous les juifs de s'éloigner de Rome ». Comme il n'est jamais mentionné que c'est Paul qui les convertit, ces juifs arrivaient de Rome croyant déjà à Jésus. Suétone (Claudius 25, 4) déclare que Claude «expulsa les juifs de Rome à cause des troubles constants suscités par Chrestus [impulsore Chresto]». Comme nous l'avons vu au chapitre 16 ci-dessus, n. 24, cette expulsion peut signifier que vers 49 la mission chrétienne était à Rome depuis assez long­temps pour créer de sérieuses frictions dans les synagogues. Nous n'avons pas d'indice substantiel avant cela 5, mais le christianisme avait très probablement atteint Rome dès le début des années 40.

 

- Importance de la Lettre aux ROMAINS :

 

La Lettre aux Romains est devenue un texte phare de la culture occidentale. Au cours d'une longue histoire de l'interprétation, elle  ins­piré des tournants théologiques ou philosophiques d'envergure, qui ont marqué nos représentations culturelles :

-          Augustin d'Hippone (354-430) fait de la lecture de la Lettre aux Romains un élément clé de sa conversion dans ses Confessions (Rm 13,13.14), puis en tire sa théologie du péché originel (Rm 5);

-          Martin Luther (1483-1546) y lit la justification par la foi, qui ébranle la chrétienté (Rm 1,17);

-          le concile Vatican 1 (1869-1870) y trouve les assises pour étayer l'idée d'une connaissance naturelle de Dieu (Rm 1.18-27)

-          le concile Vatican II (1962-1965) se tourne vers elle pour fonder, après la Shoah, le premier discours chrétien positif envers Israël (Rm 9-11) ;

-          l'équipe de la Traduction œcuménique de la Bible en fait le test de la possibilité de son entreprise (1968);

-          en Afrique du Sud, tenants et opposants du régime de l'apartheid s'y réfèrent pour définir leur rapport à l'autorité (Rm 13);

 

Mais la grande difficulté de ce texte demeure la logique de sa composition. D'une part, curieusement, il s'agit d'une longue instruction apostolique (1,16-15,13) insérée au beau milieu d'une lettre véritable (1,1-15 et 15,14-16,22), avec une sorte de post-scriptum récapitulatif (16,25-27). D'autre part, l'instruc­tion proprement dite est une argumentation trépidante, composée de plusieurs blocs rédactionnels relativement autonomes mais sans rupture de continuité évidente. Pourtant, l'articulation de ces blocs entre eux n'est pas toujours claire. On imagine Paul et son secrétaire Tertius composant, parfois à quelques jours d'intervalle, des unités argumentatives destinées à s'insérer dans une trame plus vaste. Ces unités utilisent peut-être du matériel pour la prédication peaufiné au cours des années. Elles ont comme pivot une citation scripturaire, un person­nage, un thème, une métaphore, voire un mot clé. Elles cherchent chacune à démontrer la pertinence de certaines propositions, dont l'addition appuie la thèse principale, énoncée en Rm 1,16.17.

 

C'est pourquoi il est pratiquement impossible de définir un plan de  la Lettre aux Romains. La logique de PAUL n'est pas linéaire, comme la nôtre, où les raisonnements s'enchaînent les uns aux autres. La logique de PAUL est circulaire : il aborde un point, puis un autre, et un troisième, puis revient sur le deuxième, sur la troisième, en enchaîne un autre, revient au premier…. Ainsi les thèmes de la Loi, de la justification, de la justice de Dieu, de l'honneur, de l'obéissance à la foi ou du rapport entre juifs et gentils… ne s'enchaînent pas l'un après l'autre, mais s'interpénètrent mutuellement.

 

 

Chapitre 1 

 

V1-      serviteur (doulos) = esclave – cf. 1 Corinthiens 7,22 :  Car celui qui était esclave lors de son appel dans le Seigneur est un affranchi du Seigneur; pareillement celui qui était libre lors de son appel est un esclave du Christ.

appelé (klhtos) – cf. Ecclesia (Ekklhsia) : la communauté des appelés. En référence à l'Assemblée des hommes libres, appelés à Athènes, au temps de la Démocratie (5°-3° siècle), à se réunir sur l'Agora ou la Pnyx pour voter les Lois.

            Apôtre (apostolos) – envoyé

            Evangile (euaggellion) : Bonne nouvelle – Amnistie à l'occasion de la naissance du fils du roi ou de l'avènement du roi.

 

V2-      promis : cf. thème de la Promesse toujours en relation avec une Alliance : - à Adam – à Abraham – à Moïse –

Révélation apportée par Jésus : aboutissement et réalisation de ce qui avait été annoncé par les Prophètes bibliques.

 

V3- 4   Chair / Esprit :

 

V4-      JESUS :          Homme                                             par sa naissance

Fils de Dieu – Christ – Seigneur      par sa résurrection

 

V5-     GRACE et FOI

 

V6-     appelés : vph

 

V7-     agaphtois qeou klhtois agiois - thème de l'agapê, de l'appel, de la sainteté.

 

V8-     GRACE reçue, transmise (v 11), rendue.            Caris - Carisma - Eucaristia

V12sq  Ministère de Paul : annoncer Jésus ressuscité à tous, Juifs et non-juifs.

 

V17      cf. nombre des citations de la           Bible dans Romains. (53) / Elles nous révèlent :

-          ce qu'est l'exégèse pharisienne : l'explication d'un événement, ou d'une citation, par le report à une citation ou à un événement antérieur.

-          Que PAUL est pétri de culture biblique

-          Qu'il lit la Bible a la lumière de la résurrection de Jésus

-          Qu'il interprète la résurrection de Jésus en termes de Promesse divine.

           

Annonce du thème de la Lettre, et la Révélation qu'il désire faire aux Romains : La JUSTIFICATION par la FOI.

 

            " Celui qui est juste vivra par la foi" : dans Habacuc 2,4 : "Un juste vit grâce à la fidélité".

 

V18 : "la colère de Dieu" : le terme revient 8 fois dans la Lettre

 

V20     cf. rapports entre théologie et raison.

 

V24 sq "Dieu les a livrés" : à l'impureté – à des passions avilissantes – à leur intelligence sans jugement – thème de la mort spirituelle (qui n'a rien à voir avec l'enfer…).

 

Chapitre 2

 

V1-v16 : concernent ensemble les Juifs et les non-juifs : primat de la conscience individuelle, et non de la Loi.

 

V17-29 : concernent uniquement les Juifs, mais bien plutôt les Pharisiens, les anciens frères de PAUL, qui, sans doute, n'ont pas manqué de le persécuter, depuis sa conversion.

Chapitre 3

 

V1sq    Le péché est à l'œuvre, aussi bien dans les Juifs, qui connaissent la Loi, que dans les non-Juifs, qui n'en ont aucune connaissance. Bien plus, pour PAUL, qui fait appel à sa propre expérience, plus on s'efforce d'obéir à la Loi, plus on s'enfonce dans le péché (Romains 7,15-17).

 

V21      apparition du thème de la Justification par la Foi, indépendamment des œuvres de la Loi. C'est toute la différence entre PAUL et JACQUES :

-          pour PAUL : c'est par la FOI seule que l'Homme est justifié par Dieu (v 20)

-          pour JACQUES : la FOI sans l'AGIR n'a aucun sens.

 

V22     la Justice de Dieu a été manifestée : s.e : par Jésus le Christ, qui est l'instrument de la Justice de Dieu. Il est celui qui était véritablement "a-justé" à Dieu. Cf. Colossiens 1,12 sq.

 

V23     Faire confiance à la parole de Jésus = Entendre directement la Parole de Dieu. La Loi (10 commandements – nombre symbolique de la parole divine) était porteuse de la Parole de Dieu. La Parole du Christ est Parole de Dieu. Se laisser a-juster au Christ = se laisser a-juster à Dieu.

 

V24     Délivrance – Libération - Rédemption (apolutrwsis : rachat d'un captif contre rançon) : renvoie à :

-          la libération d'Egypte : Dt 7,8 – 15,15

-          la libération de l'Exil à Babylone : Esdras 41,14 – 43,1

-          la libération du péché : Psaume 130,8

 

V25 : Expiation = Propitiatoire (ilasthrion) – Propitiatoire : dans le Sanctuaire du Temple, c'est une table en or, placée au-dessus de l'Arche d'Alliance, où sont enfermées les Tables de la Loi, entre les deux Keroubim.

 

cf Lévitique 16,1-16 : Rite de KIPPOUR

 

Yahvé parla à Moïse après la mort des deux fils d'Aaron qui périrent en présentant devant Yahvé un feu irrégulier. Yahvé dit à Moïse:Parle à Aaron ton frère: qu'il n'entre pas à n'importe quel moment dans le sanctuaire derrière le voile, en face du propitiatoire qui se trouve sur l'arche. Il pourrait mourir, car j'apparais au-dessus du propitiatoire dans une nuée. Voici comment il pénétrera dans le sanctuaire: avec un taureau destiné à un sacrifice pour le péché et un bélier pour un holocauste.  Il revêtira une tunique de lin consacrée, il portera à même le corps un caleçon de lin, il se ceindra d'une ceinture de lin, il s'enroulera sur la tête un turban de lin. Ce sont des vêtements sacrés qu'il revêtira après s'être lavé à l'eau. Il recevra de la communauté des enfants d'Israël deux boucs destinés à un sacrifice pour le péché et un bélier pour un holocauste. Après avoir offert le taureau du sacrifice pour son propre péché et fait le rite d'expiation pour lui et pour sa maison, Aaron prendra ces deux boucs et les placera devant Yahvé à l'entrée de la Tente du Rendez-vous. Il tirera les sorts pour les deux boucs, attribuant un sort à Yahvé et l'autre à Azazel. Aaron offrira le bouc sur lequel est tombé le sort "A Yahvé" et en fera un sacrifice pour le péché.  Quant au bouc sur lequel est tombé le sort "A Azazel", on le placera vivant devant Yahvé pour faire sur lui le rite d'expiation, pour l'envoyer à Azazel dans le désert.  Aaron offrira le taureau du sacrifice pour son propre péché, puis il fera le rite d'expiation pour lui et pour sa maison et immolera ce taureau.  Il remplira alors un encensoir avec des charbons ardents pris sur l'autel, de devant Yahvé, et il prendra deux pleines poignées d'encens fin aromatique. Il portera le tout derrière le rideau,  et déposera l'encens sur le feu devant Yahvé; il recouvrira d'un nuage d'encens le propitiatoire qui est sur le Témoignage, et ne mourra pas.  Puis il prendra du sang du taureau et en aspergera avec le doigt le côté oriental du propitiatoire; devant le propitiatoire il fera de ce sang sept aspersions avec le doigt.  Il immolera alors le bouc destiné au sacrifice pour le péché du peuple et il en portera le sang derrière le rideau. Il procédera avec ce sang comme avec celui du taureau, en faisant des aspersions sur le propitiatoire et devant celui-ci.  Il fera ainsi le rite d'expiation sur le sanctuaire pour les impuretés des Israélites, pour leurs transgressions et pour tous leurs péchés.

  

Le sang de Jésus, reconnu comme Christ et Envoyé de Dieu, a remplacé le sang du taureau. Il n'y a donc plus besoin de répéter le rite, puisqu'il a été accompli une fois pour toutes, par celui qui est à la fois "l'autel, le sacrificateur et la victime" : Quand il livre son corps sur la croix, tous les sacrifices de l'Ancienne Alliance parviennent à leur achèvement.  Et quand il s'offre pour notre salut, il est à lui seul, l'autel, le prêtre et la victime. (Préface pascale 5). Cf aussi l'ensemble de l'Epître aux Hébreux, qui met en parallèle le rituel du Kippour et le sacrifice de la croix.

 

V29     Universalité du salut. Dieu est le même pour tous, Juifs et non-Juifs. Il justifie celui qui fait confiance à la Parole de son Envoyé, qu'il soit juif ( = circoncis) ou non-juif (= incirconcis). Le non-juif qui fait confiance à cette Parole est justifié, tout autant que le juif qui lui fait confiance. Le juif qui ne fait pas confiance à la parole du Christ est comme le non-juif…  La pratique de la Loi n' y est pour rien. Elle n'est là que pour entériner la justification par la Foi.

 

Chapitre 4 : A titre d'illustration : ABRAHAM

 

- Pour les croyants, ABRAHAM est le type même du Juste. Et pourtant, il ne connaissait pas la Loi. Il n'a donc pu être justifié que par la confiance absolue qu'il a mise en Dieu.

 

- ABRAHAM est donc l'ancêtre des circoncis et des incirconcis. Il fait confiance à la Parole de Dieu avant même d'être circoncis : le départ d'OUR, l'annonce de la grossesse de SARA (Genèse 17,26). Solidarité de tous, par l'ancêtre commun, dans la Justification par la Confiance en Dieu.

 

- Rappel de l'histoire d'ABRAHAM  : Genèse 12 sq.

 

Chapitre 5 : Autre illustration : ADAM et JESUS

 

V12      Rappel : Dans la Genèse, ADAM n'est pas un nom propre, mais un nom commun, qui n'apparaît qu'au chapitre 3,17 (TOB) ou 4,25 (B.J)  :  le "terreux", celui qui a été fabriqué avec la glaise… C'est donc un nom générique.

 

V12-21 : C'est ce passage qui  est à l'origine de la théologie du "PECHE ORIGINEL" : Ici, Paul affirme la solidarité de tous, par l'ancêtre commun, dans le péché : les êtres humains, parce qu'humains, naissent marqués par la faute de leur ancêtre commun. Ils ne naissent pas PECHEURS, car le péché suppose une décision personnelle suivie d'un acte. Les êtres humains naissent PECCABLES, capables de pécher.

 

Dans ces verstes 12 à 21, l'argumentation de PAUL vise à faire comprendre que la LOI a été donnée à des hommes peccables, mais qu'elle n'a pas pu les libérer de leur tendance à pécher. Bien au contraire. Alors que la confiance faite à la Parole de Dieu qu'est le Christ, et l'entrée dans l'Alliance conclue par la mort-résurrection du Christ (CONFIANCE et ALLIANCE = FOI) est seule en mesure de libérer l'être humain du péché, s'il accepte de devenir "l'esclave" de Dieu.

 

PAUL met en parallèle le péché et la Loi d'une part, et d'autre part la grâce et la Justification; le péché et l'homme à l'origine d'une part, la justification et Jésus Christ d'autre part. L'homme de l'origine, le péché, la Loi, la mort spirituelle. Jésus, la Justification, la Grâce, la vie éternelle.  Cela nous donne une idée de la lecture que faisait PAUL, et les Pharisiens de son époque, du chapitre 2 de la Genèse.

 

Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort,

parce que tous ont péché…

Jusqu'à la Loi, le péché était dans le monde.

Mais il n'en va pas du don de grâce comme de la faute.

la mort a frappé la multitude des hommes par la faute d'un seul

la grâce de Dieu a comblé la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ

pour la faute d'un seul, le jugement a conduit à la condamnation

pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification

à cause d'un seul homme, par la faute d'un seul homme, la mort a régné

à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en plénitude le don de la grâce qui les rend justes.

la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation

l'accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie

tous sont devenus pécheurs parce qu'un seul homme a désobéi

tous deviendront justes parce qu'un seul homme a obéi

la loi de Moïse est intervenue pour que se multiplie la faute

là où le péché s'était multiplié, la grâce a surabondé.

 

le péché a établi son règne de mort

la grâce, source de justice, devait établir son règne pour donner la vie éternelle par Jésus Christ notre Seigneur

 

Le chapitre 2 de la Genèse, auquel PAUL fait référence, a pu être rédigé :

 

-  soit au 7°- 6° siècle av. J.C, au moment de la réforme du roi Josias. Lequel, attribuant les menaces qui pèsent sur la Nation à un abandon de la Loi de Dieu, décide d'y revenir.

 

- soit au retour d'Exil, i.e après le 6° siècle avant J.C. Les Juifs sont revenus sur leur Terre, mais, dans un premier temps, ils délaissent la pratique de leur religion. Vers les années –410, Esdras, prêtre juif, obtient du roi Artaxerxés mission de tout réorganiser autour de la Loi. Représentant officiel du Roi de Perse, il est appelé "Secrétaire de la Loi du Dieu du ciel" (Esdras 7,12-26) [1]. La Torah prend une grande importance : il n'y a plus ni Roi ni Temple, il ne reste que la Loi…

 

 "Artaxerxés, le roi des rois, au prêtre Esdras, Secrétaire de la Loi du Dieu du ciel, paix parfaite.

   Maintenant donc, j'ai donné l'ordre que quiconque en mon royaume fait partie du peuple d'Israël, de ses prêtres ou de ses lévites et est volontaire pour aller à Jérusalem, peut partir avec toi, puisque tu es envoyé par le roi et ses sept conseillers pour inspecter Juda et Jérusalem d'après la Loi de ton Dieu, que tu as en mains, et pour porter l'argent et l'or que le roi et ses conseillers ont offerts par dévotion au Dieu d'Israël qui réside à Jérusalem, ainsi que tout l'argent et l'or que tu auras reçus dans toute la province de Babylone, avec les offrandes de dévotion que le peuple et les prêtres auront faites pour le Temple de leur Dieu à Jérusalem…. C'est moi-même, le roi Artaxerxés, qui donne cet ordre à tous les trésoriers de Transeuphratène: Tout ce que vous demandera le prêtre Esdras, Secrétaire de la Loi du Dieu du ciel, qu'on y fasse ponctuellement droit… Tout ce qu'ordonne le Dieu du ciel doit être exécuté avec zèle pour le Temple du Dieu du ciel, de peur que la Colère ne se lève sur le royaume du roi et de ses fils…  Quant à toi, Esdras, en vertu de la sagesse de ton Dieu, que tu as en mains, établis des scribes et des juges qui exercent la justice pour tout le peuple de Transeuphratène, c'est-à-dire tous ceux qui connaissent la Loi de ton Dieu. Qui ne la connaît pas, vous devrez l'en instruire. Quiconque n'observerait pas la Loi de ton Dieu - qui est la Loi du roi -, qu'une rigoureuse justice lui soit appliquée: mort, bannissement, amende ou emprisonnement.

 

L'objectif poursuivi par le rédacteur de Genèse 2 consiste à situer la Loi, parole de Vie de l'Eternel, au centre de l'existence d'Israël : "au milieu du jardin, l'arbre de vie, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal" (Gen. 2,9). Ce qui, soit dit en passant, suppose que le bien et le mal préexistent à l'homme… Dans cette perspective, le fruit (= l'effet) de la connaissance du bien et du mal ne peut être que la connaissance de… la Liberté… aussi paradoxal que cela puisse nous paraître aujourd'hui.

 

L'accession à la Liberté serait donc la conséquence du péché… A Babylone, les Juifs ont été en contact avec de multiples cultes rendus à de multiples dieux. Dans cette mythologie, comme dans toutes les mythologies, chaque élément du monde, chaque événement est en relation avec sa divinité particulière. Le destin du monde, et de chaque être humain est entre les mains d'une multitude de divinités. Il n'y a pas de liberté individuelle. Notons que c'est dans ce pays qu'a pris naissance l'Astrologie : cette "science" qui prétend que les astres règlent le destin de chaque être humain, de sa naissance à sa mort.

 

La Bible, quant à elle, place au-dessus de tout, et au-delà de tout, un seul dieu, l'Eternel. Et les astres ne sont que des créatures (Gen 1, 14 sq.). Face à l'Eternel, un être humain qui se révolte contre le don de la grâce que lui a accordée cet Eternel. Et qui, se révoltant, devenant pécheur, découvre la Liberté. La découverte de la Liberté est peut-être liée au péché, mais c'est un énorme progrès par rapport à toutes les mythologies. Mieux vaut un homme pécheur et capable de se révolter, qu'une marionnette docile et passive entre les mains d'un Dieu, qui en tirerait les ficelles.

 

La Loi, donnant à l'être humain la connaissance du bien et du mal, lui permet donc d'accéder à la Liberté, et par voie de conséquence au péché. L'être humain biblique, le Juif, le Pharisien, tenu d'observer tous les préceptes de la Loi, devient véritablement esclave de la Loi, donc, paradoxalement, esclave de la Liberté…! Par ses propres forces, il ne peut donc se libérer de cet esclavage… sauf s'il s'en remet totalement à la grâce de Dieu, dans l'acte de Foi, devenant volontairement esclave de Dieu. Pour accéder à la Justification, il doit paradoxalement "se libérer de sa liberté"…

 

Cette théorie, apparemment paradoxale, rejoint le paradoxe de base du "CONTRAT SOCIAL" de Jean-Jacques ROUSSEAU : Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout.[i]

 

D'où ces deux premières questions posées au catéchumène, au début de son cheminement vers le Baptême :

- Que demandez-vous à l'Eglise de Dieu ?              - La Foi

- Que vous procure la Foi ?                                     - La vie éternelle.

 

Ce qui signifie : Je demande qu'on m'apprenne à mettre ma confiance en Dieu, et à faire alliance avec Lui, afin d'entrer dans Sa vie.

 

Dans son "Traité du Libre arbitre", saint AUGUSTIN écrit :

 

54. Si l'on appelle péché le mal que fait l'homme par ignorance où par impuissance, c'est parce que c'est la conséquence méritée par ce premier et libre péché d'origine. Le mot langue désigne, non-seulement ce membre qu'en parlant nous faisons mouvoir dans la bouche, mais encore ce que produit ce mouvement, je veux dire là forme et la contexture des paroles; nous disons dans ce sens: la langue grecque est différente de la langue latine. Ainsi nous appelons péché, non-seulement ce qui l'est à proprement parler, l'acte commis avec connaissance et liberté, mais encore ce qui est la conséquence nécessaire du châtiment du péché. Dans le même sens encore nous nommons nature ce qui est proprement la nature humaine, la nature où l'homme fut créé d'abord dans l'innocence; nous appelons aussi nature celle où par suite du châtiment infligé au premier homme devenu coupable, nous naissons sous l'empire de la mort, dans l'ignorance et soumis à la chair. C'est ainsi que l'Apôtre dit lui-même: «Nous avons été, comme les autres, enfants de colère par nature.»

 

Chapitre 6

 

Romains 6, 1-14 : Péché et Mort

 

Importance du Baptême. A partir du rite symbolique que les croyants connaissent bien, et que certains ont expérimenté (plongée du croyant dans l'eau), PAUL  lance un développement sur la réalité produite par le Baptême : plongée dans la mort au péché avec le Christ, pour en ressortir re-suscité à la vie avec Lui. Développement également sur les conséquences morales du Baptême dans la vie de celui qui a été plongé.

 

Romains 6, 15-23 : Péché et Esclavage

 

A partir de l'état d'esclave que les croyants connaissent, soit parce qu'ils ont été esclaves, soit parce qu'ils ont des esclaves à leur service, PAUL lance un nouveau développement sur le péché considéré comme un esclavage, source de malheur pour celui qui le subit; en parallèle avec l'esclavage volontaire de Dieu, paradoxale source de liberté.

 

Ne savez-vous pas qu'en vous mettant au service de quelqu'un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez ?

Esclaves du péché qui conduit à la mort

Esclaves de l'obéissance qui conduit à la justice

Rendons grâces à Dieu

Vous étiez esclaves du péché

Vous avez obéi à l'enseignement commun

Libérés du péché

Vous êtes devenus esclaves de la justice

Vous aviez mis vos membres comme esclaves au service de l'impureté pour la révolte contre Dieu

Mettez-les comme esclaves au service de la justice pour la sanctification

Lorsque vous étiez esclaves du péché

Vous étiez libres à l'égard de la justice

Libérés du péché

Devenus esclaves de Dieu

Vous portez les fruits qui conduisent à la sanctification, et leur aboutissement,

c'est la vie éternelle

Le salaire du péché c'est la mort

Le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle en Jésus, le Christ, notre Seigneur.

 

La fonction de la LOI :  Avant la venue de la foi, nous étions enfermés sous la garde de la Loi, réservés à la foi qui devait se révéler.  Ainsi la Loi nous servit-elle de pédagogue jusqu'au Christ, pour que nous obtenions de la foi notre justification.  Mais la foi venue, nous ne sommes plus sous un pédagogue.  Car vous êtes tous fils de Dieu, par la foi, dans Christ Jésus.  Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ:   il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclave ni homme libre, il n'y a ni homme ni femme; car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus.  Mais si vous appartenez au Christ, vous êtes donc la descendance d'Abraham, héritiers selon la promesse.  (Galates 3, 23-29 – lettre écrite vers 57).

 

Paid-agwgos : esclave chargé de conduire l' enfant vers le Maître.

La Loi-Pédagogue : comme l'esclave, sa fonction, selon Paul, était de conduire le Juif vers le Christ. Les Pharisiens l'ont dévoyée en en faisant un maître. La Loi était comme un esclave au service du Juif; les Pharisiens ont fait du Juif l'esclave de la Loi. C'est pourquoi la confiance accordée à la Parole de Dieu révélée (en)(par) Jésus le Christ est seule susceptible d'affranchir de l'esclavage de la Loi.

 

Chapitre 7 - La LOI et le PECHE

 

1- Ambiguïté du concept de "péché".

 

Sous la plume de PAUL, le concept de péché est ambigu : tantôt il désigne la peccabilité de chaque être humain, tantôt il désigne le péché personnel d'un être humain.

On peut comprendre ainsi le raisonnement de PAUL : naturellement, je suis peccable, mais c'est la connaissance de la Loi qui peut me rendre pécheur.

 

2 – Le Texte :

 

Qu'est-ce à dire ? Que la Loi est péché ? Certes non! Seulement je n'ai connu le péché que par la Loi. Et, de fait, j'aurais ignoré la convoitise si la Loi n'avait dit: Tu ne convoiteras pas !  Mais, saisissant l'occasion, le péché par le moyen du précepte produisit en moi toute espèce de convoitise: car sans la Loi le péché n'est qu'un mort.  Ah ! je vivais jadis sans la Loi; mais quand le précepte est survenu, le péché a pris vie  tandis que moi je suis mort, et il s'est trouvé que le précepte fait pour la vie me conduisit à la mort.  Car le péché saisit l'occasion et, utilisant le précepte, me séduisit et par son moyen me tua.  La Loi, elle, est donc sainte, et saint le précepte, et juste et bon.  Une chose bonne serait-elle donc devenue mort pour moi ? Certes non ! Mais c'est le péché, lui, qui, afin de paraître péché, se servit d'une chose bonne pour me procurer la mort, afin que le péché exerçât toute sa puissance de péché par le moyen du précepte.

 

En effet, nous savons que la Loi est spirituelle; mais moi je suis un être de chair, vendu au pouvoir du péché.  Vraiment ce que je fais je ne le comprends pas: car je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je hais. Or si je fais ce que je ne veux pas, je reconnais, d'accord avec la Loi, qu'elle est bonne;  en réalité ce n'est plus moi qui accomplis l'action, mais le péché qui habite en moi.  Car je sais que nul bien n'habite en moi, je veux dire dans ma chair; en effet, vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l'accomplir:  puisque je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas.  Or si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui accomplis l'action, mais le péché qui habite en moi.  Je trouve donc une loi s'imposant à moi, quand je veux faire le bien; le mal seul se présente à moi.  Car je me complais dans la loi de Dieu du point de vue de l'homme intérieur;  mais j'aperçois une autre loi dans mes membres qui lutte contre la loi de ma raison et m'enchaîne à la loi du péché qui est dans mes membres.  Malheureux homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort ?  (Romains 7, 7-24)

 

ALLIANCE

 

Première alliance : Moïse mit par écrit toutes les paroles de l'Eternel puis, se levant de bon matin, il bâtit un autel au bas de la montagne, et douze stèles pour les douze tribus d'Israël.  Puis il envoya de jeunes Israélites offrir des holocaustes et immoler à l'Eternel de jeunes taureaux en sacrifice de communion.  Moïse prit la moitié du sang et la mit dans des bassins, et l'autre moitié du sang, il la répandit sur l'autel.  Il prit le livre de l'Alliance et il en fit la lecture au peuple qui déclara: "Tout ce que l'Eternel a dit, nous le ferons et nous y obéirons." Moïse, ayant pris le sang, le répandit sur le peuple et dit: "Ceci est le sang de l'Alliance que l'Eternel a conclue avec vous moyennant toutes ces clauses."  (Exode 24, 4-8)

 

-          le signe : le sang

-          la réalité : le don de la Loi

 

Nouvelle Alliance : Pour moi, en effet, j'ai reçu du Seigneur ce qu'à mon tour je vous ai transmis: le Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain  et, après avoir rendu grâce, le rompit et dit: "Ceci est mon corps, qui est pour vous; faites ceci en mémoire de moi."  De même, après le repas, il prit la coupe, en disant: "Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang; chaque fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi." (1 Corinthiens 11,23-25)

 

-          le signe : le sang

-          la réalité : le don de la Grâce (par la Foi)

 


ESSAI d'ANALYSE SEMANTIQUE

de l'EPITRE aux ROMAINS

 

 

1-Algirdas Julian Greimas et le schéma actantiel

 

En regroupant les fonctions définies par Wladimir Propp (Morphologie du conte - 1928) selon certaines "sphères d'action" de ceux qui les accomplissent, A.J. Greimas ( Sémantique structurale, Paris, Larousse, 1966) propose un schéma qui valide la place de chaque actant dans le cours du récit, et qui permet de déterminer comment le sens circule à l'intérieur du récit, autrement dit comment le récit produit du sens, et quel sens :

 

LES FONCTIONS des ACTANTS

 

LE DESTINATEUR

ce(lui) qui détermine la tâche du sujet, lui propose l'objet à transmettre ou à atteindre.

LE DESTINATAIRE

celui qui reçoit l'objet et sanctionne le résultat de l'action.

LE SUJET

celui qui transmet l'objet, accomplit l'action, poursuit un but.

L'OBJET

ce qui est à transmettre, le but de l'action, ce que vise le sujet.

L'ADJUVANT

ce qui aide le sujet dans son action de transmission.

L'OPPOSANT

ce qui fait obstacle à l'action de transmission du sujet au destinataire.

 

Axe de la Communication

DESTINATEUR                                    OBJET                                         DESTINATAIRE

Axe du Vouloir

 

ADJUVANT                                        SUJET                                             OPPOSANT

Axe du Pouvoir

 

"Les rôles de destinateur et de destinataire, qui établissent le contrat avec le héros, correspondent à un axe de la communication et du savoir (communication de l'objet de valeur que le héros doit précisément replacer dans la sphère de l'échange). Aux rôles de sujet et d'objet, correspond l'axe de la quête, axe du vouloir. Enfin, à l'adjuvant et à l'opposant, correspond l'axe de la lutte ou du pouvoir."

(Le texte narratif, J.M. Adam, Nathan, 1994).

 

Dans le cas du "Petit Chaperon Rouge [ii]", selon la version de Perrault (voir plus loin), si on lit le conte littéralement, un peu au « ras des pâquerettes», on peut proposer ce système des relations :

 

1° partie du conte :

 

DESTINATEUR                                     OBJET                                          DESTINATAIRE

Mère                                     galette et petit pot de beurre                                    mère-grand

 

 

bûcherons (au début)                            petite fille au chaperon rouge                             Loup

ADJUVANT                                                SUJET                                             OPPOSANT

 

- 2° partie du conte :

 

DESTINATEUR                                        OBJET                                         DESTINATAIRE

Mère                                            petit chaperon rouge                                             loup

 

amour pour sa grand'mère                         loup                                                             peur

ADJUVANT

SUJET

OPPOSANT

Cette lecture a une cohérence à dominante historique : dans la société traditionnelle d'Ancien Régime, il n'y a pas de retraite ni d'assistance sociale ; le devoir des enfants (ici la mère) est de subvenir aux besoins fondamentaux des anciens qui ne peuvent plus travailler comme la grand-mère.

 

2- Essai d'APPLICATION à PAUL et à l'EPITRE aux ROMAINS

 

Il est bien sûr évident que la structure de l'Epître aux Romains  n'est pas celle d'un conte. Mais on peut néanmoins l'analyser avec les mêmes outils.

 

Tout part de la personne de PAUL et de sa propre expérience sur la route de DAMAS à JERUSALEM. Ce jour-là en effet, à cet instant-là, il a eu la conviction très vive que le destinateur-Dieu désirait transmettre à lui PAUL-destinataire, l'objet-Justification. Et le sujet de cette transmission fut le Christ-re-suscité à la vie qui lui apparut, malgré son statut d'opposant-Pharisien, mais avec l'appui de l'adjuvant-grâce de Dieu.

 

DESTINATEUR                                     OBJET                                                DESTINATAIRE

Dieu                                      Justification Libération                                              PAUL

 

Esprit                                                Christ re-suscité                          Son état de Pharisien persécuteur

                     ADJUVANT                                    SUJET                                                 OPPOSANT

 

Son expérience de libération, il l'applique à tout croyant : Le Destinateur-Dieu, désire transmettre l'objet-Justification au destinataire-croyant. Pour ce faire, il envoie le sujet-Christ. Et il met à sa disposition l'adjuvant-Esprit. Mais la transmission de l'objet-Justification va se trouver en butte à l'opposant-péché. 

 

Le thème général de l'Epître aux Romains : le croyant est justifié par la Foi, se déroule selon le schéma suivant :

 

DESTINATEUR                                            OBJET                                          DESTINATAIRE

Dieu                                              Justification Libération                                Croyant

 

 

Esprit Foi                                              Christ re-suscité                                       Péché Loi

ADJUVANT                                                   SUJET                                                   OPPOSANT

 

Tel est le thème général de l'Epître.

 

Au chapitre 7,9 sq. deux schémas s'opposent :

 

1- Péché-Loi :   Ah! je vivais jadis sans la Loi; mais quand le précepte est survenu, le péché a pris vie  tandis que moi je suis mort, et il s'est trouvé que le précepte fait pour la vie me conduisit à la mort.  Car le péché saisit l'occasion et, utilisant le précepte, me séduisit et par son moyen me tua.  La Loi, elle, est donc sainte, et saint le précepte, et juste et bon.  Une chose bonne serait-elle donc devenue mort pour moi? Certes non! Mais c'est le péché, lui, qui, afin de paraître péché, se servit d'une chose bonne pour me procurer la mort, afin que le péché exerçât toute sa puissance de péché par le moyen du précepte. En effet, nous savons que la Loi est spirituelle; mais moi je suis un être de chair, vendu au pouvoir du péché.  Vraiment ce que je fais je ne le comprends pas: car je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je hais.  Car je sais que nul bien n'habite en moi, je veux dire dans ma chair; en effet, vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l'accomplir:  puisque je ne fais pas le bien que je veux et commets le mal que je ne veux pas. (Romains 7 ,9-18)

 

 

 

.DESTINATEUR                                OBJET                                   DESTINATAIRE

Loi                                                    mort                                                  moi

 

Le péché qui est en moi                        Préceptes                                                               Esprit de la Loi

ADJUVANT                                     SUJET                                          OPPOSANT

 

2- Foi-Libération :  Je trouve donc une loi s'imposant à moi, quand je veux faire le bien; le mal seul se présente à moi. Car je me complais dans la loi de Dieu du point de vue de l'homme intérieur;  mais j'aperçois une autre loi dans mes membres qui lutte contre la loi de ma raison et m'enchaîne à la loi du péché qui est dans mes membres.  Malheureux homme que je suis! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort ? (Romains 7,21-24)

 

On passe du processus de l'asservissement au processus de la Liberté.

 

Le schéma de l'asservissement peut se définir ainsi :

 

DESTINATEUR                                OBJET                                 DESTINATAIRE

Péché                                          Mort                                                   Moi

 

Loi du péché                                         Corps                                                Loi de Dieu

ADJUVANT                                   SUJET                                       OPPOSANT

 

Mais que vient faire ici le corps. Pourquoi PAUL parle-t-il tout à coup de ce corps qui l'entraîne au péché?… Quels problèmes a-t-il donc avec son corps ?… Il ne nous le dit pas.

 

Le schéma de la Libération peut, quant à lui, se définir ainsi :

 

DESTINATEUR                                       OBJET                                  DESTINATAIRE

Dieu                                                 Libération                                                 moi

 

L'Esprit                                            Christ                                                     Chair

ADJUVANT                                        SUJET                                        OPPOSANT

 

Se souvenir de la distinction des Grecs entre sarx (la chair), soma (le corps) et psuch (l'esprit), les trois composantes de la personne humaine, selon eux : sarx : la personnalité – soma : la matérialité – psuchè : la partie spirituelle. Noter que PAUL, dans ses lettres emploie parfois sarx à la place de soma, et vice-versa.

 

Le CARRE SEMIOTIQUE de GREIMAS

 

Le carré sémiotique, outil sémantique imaginé par A.J.GREIMAS, représente visuellement l'articulation logique d'une partie d'un discours, en intégrant les valeurs de contrariété, de contradiction et de complémentarité. Il peut être pertinent de le mettre en oeuvre, lui aussi, afin de faire apparaître du non-dit dans le discours, un élément de sens caché.

 

S1

 

S2

axe des CONTRAIRES

 

 

Zone de Texte: Axe des complémentairesZone de Texte: Axe des complémentairesaxes des contradictoires                  

 

 

axe des CONTRAIRES

non S1

 

Non S2

APPLICATION à la LETTRE aux ROMAINS

 

- Le processus de la JUSTIFICATION : "Le Juste vivra par la Foi" (= Confiance)

 

Confiance en Jésus-Christ Parole de Dieu

 

Méfiance à l'égard de Jésus-Christ comme Envoyé de Dieu

 

 

 

Courage/Audace

 

Peur

 

Ce qui semblerait signifier qu'à l'époque où PAUL écrit, et pour les Romains auxquels il écrit, manifester sa Foi en Jésus Christ nécessite du courage (face aux persécutions possibles ).

 

Le PARADOXE de l'ESCLAVAGE : Romains 6, 15 sq

 

Esclave de la Loi des Pharisiens

 

Esclave de Dieu

 

 

 

 

Pécheur

 

Libre par rapport

à la Loi des Pharisiens

 

Il s'agit bien de la Liberté "par rapport à la Loi des Pharisiens, et non pas d'une espèce de mépris de la Loi de Moïse (se souvenir de la parole de Jésus : pas un iota ne disparaîtra de la Loi…".

 

Le  PARADOXE de la LOI : Romains 7

 

Loi des Pharisiens

 

Grâce/Amour

 

 

 

Peur

 

Confiance

 

 

NOTE sur la JUSTIFICATION

 

Arrivés à ce point du discours de PAUL, il est possible de définir ainsi le processus de la JUSTIFICATION, comme le passage de l'esclavage à la Liberté, de l'asservissement passif à la Loi, telle que la définissent les Pharisiens, à l'asservissement actif à la Parole de Dieu révélée par Jésus le Christ. Ce que PAUL annonçait dans l'introduction de sa lettre : "prêcher, à l'honneur de son nom, l'obéissance de la foi parmi tous les païens,  dont vous faites partie, vous aussi, appelés de Jésus Christ…"  Egalement comme le passage de la peur  de la condamnation à la confiance dans l'amour.

 

NOTE sur le PECHE

 

En lisant le chapitre 7 de l'Epître aux Romains, il me semble qu'on peut définir le péché comme le fait pour l'être humain d'être devenu esclave de la Loi, alors que la Loi avait pour but unique de le libérer en le faisant esclave de Dieu. On pourrait également dire que le péché est assimilé à un dévoiement de la Liberté. C'est, selon Paul, qui ne les cite pas nommément, mais qui les connaissait bien, puisqu'il était des leurs, le péché des Pharisiens. Ils se sont définis eux-mêmes, durant les deux derniers siècles, comme les "Gardiens de la Loi". Ils ont enfermé leurs compatriotes dans un réseau inextricable d'obligations et d'interdits, oubliant que la Loi avait été donnée au Peuple comme signe de sa Libération.  Deutéronome 4,37-40) : Parce qu'il a aimé tes pères et qu'après eux il a élu leur postérité, il t'a fait sortir d'Egypte en manifestant sa présence et sa grande force,  il a dépossédé devant toi des nations plus grandes et plus puissantes que toi, il t'a fait entrer dans leur pays et te l'a donné en héritage, comme il le reste encore aujourd'hui. Sache-le donc aujourd'hui et médite-le dans ton cœur: c'est l'Eternel qui est Dieu, là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre, lui et nul autre. Garde ses lois et ses commandements que je te prescris aujourd'hui, afin d'avoir, toi et tes fils après toi, bonheur et longue vie sur la terre que Yahvé ton Dieu te donne pour toujours.

 

Ainsi ont-ils transformé un peuple libre en peuple esclave.

 

REFLEXION PERSONNELLE

 

On pourrait faire la même réflexion à propos de l'Eglise catholique romaine, et de la manière dont, entre le 13° et le 20° siècle, elle a gouverné par la peur… Peur du péché…Peur de la chair… Peur de l'enfer… Peur de la violence… Peut-être est-ce encore la cas aujourd'hui en de certains lieux…  Je me reporte ici à l'introduction de l'ouvrage de Jean DELUMEAU : Le Péché et la Peur XIII°-XVIII° siècle – Fayard 1983, dont voici un extrait :

 

Un almanach de 1573 donnait l'avertissement suivant, placé dans la bouche même de Dieu pour qu'il soit mieux entendu: " Si vous méprisez mes ordonnances [sic] et commandements, je mettray ma face contre vous et [vous] tomberez devant vos enne­mis... Je vous enverrai la pestilence au milieu de vous. Je vous ren­dray vostre ciel comme fer, et vostre terre comme airain et la terre ne donnera pas son fruict. Vous mangerez la chair de vos fils et de vos filles."

 

Dans un autre almanach de 1578 on lit: "[Dieu] prépare plus que jamais de lascher la bonde de son ire contre noz vices, nous affligeant quotidiennement par guerres, effusions de sang, extor. sions, pilleries, volleries et oppressions: voire par pestilence et ma­ladies incognues."

 

Un almanach de 1593 reprend le même thème: "Ce sont certai­nement nos exécrables pechez et nostre desplorée et désesperée obstination en toutes sortes de mechancetez, par laquelle nous avons irrité nostre bon Dieu de plus en plus contre nous".

 

Ces menaces constituaient d'incessants appels à la conversion et à la pénitence. Et elles ne pouvaient que renforcer cette seconde décla­ration de l'Eglise selon laquelle Satan est partout, donc aussi dans le cœur de chacun. Depuis la faute originelle, et si la grâce n'intervient pas, nous faisons nous-mêmes partie de l'empire démoniaque. Révéla­trices à cet égard, et tout de même stupéfiantes, ces déclarations de sainte Catherine de Gênes (+ 1510) relatives à la fois à l'homme en général et à elle en particulier: "Qu'est-ce que l'homme de lui-même et abstraction faite de la grâce ? C'est un être plus mauvais que le démon; car le démon est un esprit sans corps et l'homme sans la grâce est un démon revêtu d'un corps... Il me semblait que si Dieu me retirait sa grâce, je serais capable de tous les crimes que commet le démon; et alors je me jugeais plus mauvaise que lui et plus détestable et me vis dans ce moment comme un démon incarné. En ce moment encore cela me paraît si vrai que si tous les anges venaient me dire qu'il y a en moi quelque chose de bon je ne pourrais me résoudre à le croire, parce que j'aperçois clairement que tout bien réside en Dieu seul et qu'il n'y a que vice en moi "

 

Ainsi raisonnait une sainte veuve qui se consacrait aux pauvres et bénéficiait de visions. Elle se méprisait au point d'éviter de prononcer son nom. Attitude théâtrale ? Ne l'affirmons pas trop vite. Agrippa d'Aubigné avouait : "Ma teste a bien moins de cheveux que d'offen­ses", et encore: "Mes transgressions effroyables m'espouvantent... grondent à mes oreilles, la nuict sifflent comme serpens, se présentent sans cesse à mes yeux comme un spectre effroyable et avec lui la laide image de la mort : le pis est que ce ne sont pas de vaines fumées de songe, mais vifs tableaux de mes actions". Son contemporain saint François de Sales lui faisait écho en écrivant à Mme de Charmoisy: "Vos coulpes sont en plus grand nombre que les cheveux de vostre teste, voyre que le sable de la mer".

 

Mais cette disproportion a pesé lourd. Pierre de Boisdeffre fait dire à un Goethe du XX" siècle: « La Rédemption aurait dû libérer l'homme 1 de l'angoisse, mais l'Eglise continue à imposer un examen de conscience  que l'approche de la mort rend insupportable. Il y aurait tant d'appe­lés et si peu d'élus, n'est-ce pas ? Un "infiniment petit nombre" dit votre Julien Green. La succession des générations n'aurait fait qu'ag­graver les conséquences du péché originel. Dieu ne serait là que pour condamner et pour punir! Quelle affreuse interprétation du rôle du Père! L'enfer, le purgatoire... pourquoi tous ces supplices infligés au nom de l'amour ? Qui a aimé, fût-ce une seule fois dans sa vie, n'est pas digne d'être aimé pour l'éternité 16 ?» Une telle image de Dieu a effectivement existé... pendant des siècles. D'où la nécessité de distin­guer entre crainte filiale et révérencielle de Dieu et peur de Dieu. Mon livre ne traitera que de cette dernière et ne remet pas en cause les sentences judéo-chrétiennes les plus authentiques: «Heureux celui qui craint le Seigneur» (Ps. 128); « La miséricorde de Dieu s'étend sur ceux qui le craignent» (Magnificat). En revanche, les pages qu'on va lire montreront la dérive qui s'est produite de la crainte de Dieu à la peur de Dieu.

 

- La troisième considération annoncée est celle-ci: nous, les hom­mes du xxe siècle finissant, avons toutes les raisons d'être modestes lorsque nous sommes tentés de « culpabiliser» les culpabilisateurs ecclé­siastiques d'autrefois. Notre époque parle constamment de «déculpa­bilisation» sans s'apercevoir que jamais dans l'histoire la culpabilisa­tion de l'autre n'a été aussi forte qu'aujourd'hui. Dans un pays pourtant démocratique comme la France, droite et gauche s'accusent réciproque­ment des plus lourds péchés politiques. Et, dans les Etats soumis au joug totalitaire, la dénonciation de l'adversaire - capitaliste ou socia­liste, réactionnaire ou progressiste - légitime la torture et a conduit à mettre à mort des millions et des millions d'hommes. En matière de surculpabilisation nous avons, hélas, dépassé nos ancêtres, et de loin.

 


ZIGGOURAT… TEMPLE … EGLISE…

Genèse 1… le monde créé en 7 jours… 

La Ziggourat de BabyloneLLC'est la tour que les Juifs avaient sous les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536).

 

7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?) en 7 jours..

 

a Ziggourat de Babylone

 

C'est la tour que les Juifs avaient sous les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536).

 

7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?) en 7 jours..

 

a Ziggourat de BabyloneL

C'est la tour que les Juifs avaient sous les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536).

 

7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?) en 7 jours..

 

a Ziggourat de Babylone

 

C'est la tour que les Juifs avaient sous les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536).

 

7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?) en 7 jours..

 
 


 

Le Temple de JérusalemLLC'est le temple qu'a connu Jésus, construit par Hérode, et détruit en 70.

7 lieux :

1-      le parvis

2-      la cour des femmes

3-      la cour des hommes

4-      la cour des sacrificateurs

5-      le vestibule

6-      le sanctuaire

7-     le Saint des Saints où seul entrait le grand-prêtre au jour des Expiations.

 

e Temple de Jérusalem

 

C'est le temple qu'a connu Jésus, construit par Hérode, et détruit en 70.

7 lieux :

8-      le parvis

9-      la cour des femmes

10-  la cour des hommes

11-   la cour des sacrificateurs

12-  le vestibule

13-  le sanctuaire

14-  le Saint des Saints où seul entrait le grand-prêtre au jour des Expiations.

 

e Temple de JérusalemL

C'est le temple qu'a connu Jésus, construit par Hérode, et détruit en 70.

7 lieux :

15-  le parvis

16-  la cour des femmes

17-  la cour des hommes

18-  la cour des sacrificateurs

19-  le vestibule

20- le sanctuaire

21-  le Saint des Saints où seul entrait le grand-prêtre au jour des Expiations.

 

e Temple de Jérusalem

 

C'est le temple qu'a connu Jésus, construit par Hérode, et détruit en 70.

7 lieux :

22-  le parvis

23-  la cour des femmes

24-  la cour des hommes

25-  la cour des sacrificateurs

26-  le vestibule

27- le sanctuaire

28-  le Saint des Saints où seul entrait le grand-prêtre au jour des Expiations.

 

 

Zone de Texte: Axe des complémentairesZone de Texte: Axe des complémentaires

La Ziggourat de BabyloneLLC'est la tour que les Juifs avaient sous les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536).

 

7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?) en 7 jours..

 

a Ziggourat de Babylone

 

C'est la tour que les Juifs avaient sous les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536).

 

7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?) en 7 jours..

 

a Ziggourat de BabyloneL

C'est la tour que les Juifs avaient sous les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536).

 

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a Ziggourat de Babylone

 

C'est la tour que les Juifs avaient sous les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536).

 

7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?) en 7 jours..

 

Le Temple de JérusalemLLC'est le temple qu'a connu Jésus, construit par Hérode, et détruit en 70.

7 lieux :

1-      le parvis

2-      la cour des femmes

3-      la cour des hommes

4-      la cour des sacrificateurs

5-      le vestibule

6-      le sanctuaire

7-     le Saint des Saints où seul entrait le grand-prêtre au jour des Expiations.

 

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C'est le temple qu'a connu Jésus, construit par Hérode, et détruit en 70.

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9-      la cour des femmes

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11-   la cour des sacrificateurs

12-  le vestibule

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14-  le Saint des Saints où seul entrait le grand-prêtre au jour des Expiations.

 

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C'est le temple qu'a connu Jésus, construit par Hérode, et détruit en 70.

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16-  la cour des femmes

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20- le sanctuaire

21-  le Saint des Saints où seul entrait le grand-prêtre au jour des Expiations.

 

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C'est le temple qu'a connu Jésus, construit par Hérode, et détruit en 70.

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23-  la cour des femmes

24-  la cour des hommes

25-  la cour des sacrificateurs

26-  le vestibule

27- le sanctuaire

28-  le Saint des Saints où seul entrait le grand-prêtre au jour des Expiations.