L'Epître aux romains
Notes –
Réflexions – Etude - Impressions
Introduction
- PAUL : Paulos : le
petit – SAUL : Saulos : l'efféminé – se qualifie
lui-même d'AVORTON (1 Cor. 15,8). Une écharde dans la chair (2 Cor. 12,6-8)). Peut-on
parler, à son propos, du complexe du "petit" ?…
- L’expérience première de PAUL : la rencontre
du chemin de Damas : Actes 9 – Sa vie bascule en quelques millièmes de
seconde.
-
Il est pharisien, donc observateur scrupuleux de la Loi.
Il réalise d’un seul coup :
o
Qu’il a été choisi par grâce, indépendamment de son
observance de la Loi
o
Que Jésus est bien l’Envoyé de Dieu
o
Que le Salut est pour tous, et non pour le seul Israël
o
Que Jésus est la Communauté des Chrétiens ne font
qu’un.
- Il quittera tout pour annoncer cette découverte, et tout son enseignement reposera sur ces quatre piliers :
o Seigneurie universelle du Christ, Jésus (Philippiens 2, 5/11) – (Galates 4,4)
o Salut pour toutes les Nations (1 Timothée 2,4) – (Colossiens 1,15 sq)
o Primat de la Foi sur la Loi (Epître
o EGLISE : Corps du Christ (1 Corinthiens 12-13)
- Comment il se présente lui-même :
- circoncis dès le huitième jour, de la race d'Israël, de la
tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux; quant à la Loi, un Pharisien; quant au zèle, un persécuteur de l'Eglise;
quant à la justice que peut donner la Loi, un homme irréprochable.
(Philippiens 3,5-6)
-
Sachez-le, en effet, mes frères, l'Evangile que j'ai annoncé n'est pas à
mesure humaine: ce n'est pas non plus
d'un homme que je l'ai reçu ou appris, mais par une révélation de Jésus
Christ. Vous avez certes entendu parler
de ma conduite jadis dans le judaïsme, de la persécution effrénée que je menais
contre l'Eglise de Dieu et des ravages que je lui causais, et de mes progrès dans le Judaïsme, où je
surpassais bien des compatriotes de mon âge, en partisan acharné des traditions
de mes pères. Mais quand Celui qui dès
le sein maternel m'a mis à part et appelé par sa grâce daigna révéler en moi son Fils pour que je l'annonce
parmi les païens, aussitôt, sans consulter la chair et le sang, sans monter à Jérusalem trouver les apôtres
mes prédécesseurs, je m'en allai en Arabie, puis je revins encore à Damas.
Ensuite,
après trois ans, je montai à Jérusalem rendre visite à Képhas et demeurai
auprès de lui quinze jours: je n'ai pas vu d'autre apôtre, mais seulement
Jacques, le frère du Seigneur: et quand
je vous écris cela, j'atteste devant Dieu que je ne mens point. Ensuite je suis allé en Syrie et en
Cilicie, mais j'étais personnellement
inconnu des Eglises de Judée qui sont dans le Christ; on y entendait seulement dire que le persécuteur de naguère
annonçait maintenant la foi qu'alors il voulait détruire; et elles glorifiaient Dieu à mon sujet.
Ensuite,
au bout de quatorze ans, je montai de nouveau à Jérusalem avec Barnabé et Tite
que je pris avec moi. J'y montai à la
suite d'une révélation; et je leur exposai l'Evangile que je prêche parmi les
païens -- mais séparément aux notables,
de peur de courir ou d'avoir couru pour rien.
Eh bien! de Tite lui-même, mon compagnon qui était grec, on n'exigea pas
qu'il se fît circoncire. Mais à cause
des intrus, ces faux frères qui se sont glissés pour espionner la liberté que
nous avons dans le Christ Jésus, afin de nous réduire en servitude, gens auxquels nous refusâmes de céder,
fût-ce un moment, par déférence, afin de sauvegarder pour vous la vérité de
l'Evangile... Et de la part de ceux
qu'on tenait pour des notables -- peu
m'importe ce qu'alors ils pouvaient être; Dieu ne fait point acception des
personnes -- , à mon Evangile, en tout cas, les notables n'ont rien
ajouté. Au contraire, voyant que
l'évangélisation des incirconcis m'était confiée comme à Pierre celle des
circoncis -- car Celui qui avait agi en Pierre pour faire de lui un apôtre des
circoncis, avait pareillement agi en moi en faveur des païens -- et reconnaissant la grâce qui m'avait été
départie, Jacques, Céphas et Jean, ces notables, ces colonnes, nous tendirent
la main, à moi et à Barnabé, en signe de communion: nous irions, nous aux
païens, eux à la Circoncision; nous
devions seulement songer aux pauvres, ce que précisément j'ai eu à coeur de
faire.
Mais quand
Képhas vint à Antioche, je lui résistai en face, parce qu'il s'était donné
tort. En effet, avant l'arrivée de
certaines gens de l'entourage de Jacques, il prenait ses repas avec les païens;
mais quand ces gens arrivèrent, on le vit se dérober et se tenir à l'écart, par
peur des circoncis. Et les autres Juifs
l'imitèrent dans sa dissimulation, au point d'entraîner Barnabé lui-même à
dissimuler avec eux. Mais quand je vis
qu'ils ne marchaient pas droit selon la vérité de l'Evangile, je dis à Képhas
devant tout le monde: "Si toi qui es Juif, tu vis comme les païens, et non
à la juive, comment peux-tu contraindre les païens à judaïser? "Nous sommes, nous, des Juifs de
naissance et non de ces pécheurs de païens;
et cependant, sachant que l'homme n'est pas justifié par la pratique de
la loi, mais seulement par la foi en Jésus Christ, nous avons cru, nous aussi,
au Christ Jésus, afin d'obtenir la justification par la foi au
Christ et non par la pratique de la loi, puisque
par la pratique de la loi personne ne sera justifié. Or si, recherchant notre justification dans le Christ, il s'est
trouvé que nous sommes des pécheurs comme les autres, serait-ce que le Christ
est au service du péché? Certes non! (Galates 2, 11-17)
- Les Occurrences et les Concepts antagonistes :
|
GRACE |
24 |
vs/ |
PECHE |
48 |
|
FOI (CROIRE) |
53 |
vs/ |
LOI |
50 |
|
JUSTIFI(ER
–CATION) |
17 |
vs/ |
JUGEMENT
(Juge-Juger) |
20 |
|
GLOIRE
(Glorifier…) |
31 |
vs/ |
CONDAMNATION
(Condamner) |
5 |
|
JUSTICE |
32 |
vs/ |
MORT |
48 |
|
ESPRIT-SPIRITUEL |
33 |
vs/ |
CHAIR
(CHARNEL) |
21 |
|
INCIRCONCIS-ION |
6 |
vs/ |
CIRCONCIS-ION |
12 |
L'Evangile de JEAN est lui aussi construit autour de
concepts antagonistes : LUMIERE/TENEBRES – JOUR/NUIT – FOI
(CONFIANCE)/CONDAMNATION -
- Quelques définitions
-
CHARIS : La Grâce
– CHARISMA : La mise en œuvre de la Grâce
– EUCHARISTIE : l'action de rendre grâce
-
FIDES et FOEDUS :
o
FIDES (pistis) : la
CONFIANCE – Pisteuw: Je fais confiance - Avoir la foi : non pas
CROIRE, au sens intellectuel, mais FAIRE CONFIANCE
o
FOEDUS : le traité d’Alliance : le Baptême donne
la Foi, i.e introduit dans l’Alliance réalisée par le Christ
-
JUSTICE (dikaiosunh) : le
fait d’être A-JUSTE à Dieu -
JUSTIFICATION : le fait de se laisser A-JUSTER à Dieu. Cf. concept
de SAINTETE (qui n'est pas Perfection : Jésus est saint, il n'est pas parfait).
- 1 ° RAPPEL : L’importance du thème de
la Justification chez Martin LUTHER.
- 2° RAPPEL : Problématique du DON et de la DETTE :
Ce que j'ai, je le considère comme un DU, à cause de mes MERITES; ou je le
reçois comme un DON, une GRACE, une marque de CONFIANCE. (cf Pharisien et
Publicain… et d'autres paraboles, notamment celle des Ouvriers de la onzième
heure…).
Pourquoi la LETTRE aux ROMAINS ?
- Sa propre expérience de
Pharisien : on ne parvient jamais à une juste observance de la Loi – la
Justification est impossible par le seul respect de la Loi.
- Constat de PAUL :
-
Le Peuple juif, dans son ensemble, a rejeté le message de
Dieu transmis par Jésus-Christ.
-
des non-juifs
l'ont entendu et accueilli.
- D'où : Questions :
-
Pourquoi le Peuple de la Promesse est-il infidèle ?
-
La Promesse faite à Abraham, à Moïse, et à l'ensemble du
Peuple serait-elle destinée à l'ensemble des Peuples ? Abraham est le
personnage central de la Lettre.
-
N.B : PROMESSE de la Terre, du Royaume, du rassemblement
final.
- Elément de réponse : Thème
central : L'Evangile, c'est l'annonce de l'obéissance de la Foi.
|
INTRODUCTION
de la LETTRE (Romains 1,1-7) Paul, serviteur du
Christ Jésus, apôtre par appel, mis à part pour annoncer l'Evangile de
Dieu, que d'avance il avait promis
par ses prophètes dans les saintes Ecritures, concernant son Fils, issu de la lignée de David selon la
chair, établi Fils de Dieu avec
puissance selon l'Esprit de sainteté, par sa résurrection des morts, Jésus
Christ notre Seigneur, par qui nous avons reçu grâce et apostolat pour
prêcher, à l'honneur de son nom, l'obéissance de la foi parmi tous les
païens, dont vous faites partie,
vous aussi, appelés de Jésus Christ, à tous les bien-aimés de Dieu qui sont à Rome, aux saints par vocation, à vous grâce et paix de par Dieu notre Père et le Seigneur Jésus Christ. |
|
FINALE de la LETTRE
(Romains 16,24-26) A Celui qui a le pouvoir de vous affermir conformément à l'Evangile que
j'annonce en prêchant Jésus Christ, révélation d'un mystère enveloppé de silence aux siècles
éternels, mais aujourd'hui manifesté, et par des Ecritures qui le
prédisent selon l'ordre du Dieu éternel
porté à la connaissance de toutes les
nations pour les amener à
l'obéissance de la foi; à Dieu qui seul est sage, par Jésus Christ à Lui
soit la gloire aux siècles des siècles. Amen |
Le CONTEXTE
De qui ? D'où ? Quand ?
Paul écrit de Cenchrées (port de
Corinthe) ou d'un lieu proche, car il recommande aux destinataires Phébée,
diaconesse de
cette ville (16, 1-2). Il envoie les salutations de Gaius, qui est son hôte et celui de «l'Église entière» d'où il écrit; or il y
avait un Gaius éminent à Corinthe (16,23; 1 Co l, 14). Paul, au moment
où il écrit, se prépare à porter le fruit d'une collecte
à Jérusalem (Rm 15,26-33). L'apôtre passa l'hiver 57/58 (chronologie traditionnelle) à Corinthe, et ensuite (Ac 20, 2-21, 15)
retourna par la Macédoine, l'Asie et Césarée vers Jérusalem, où il fut arrêté.
Il y a donc pratiquement unanimité des exégètes sur le fait que Paul écrivit
aux Romains depuis Corinthe (en 57/58).
A Qui ? Où ?
Aux ROMAINS : Pas à tous les
habitants de ROME bien évidemment, mais aux Juifs demeurant à ROME. Il y avait
probablement quarante mille à cinquante mille juifs à Rome au 1er siècle de
notre ère4; et à partir des indices dont nous disposons, qui
remontent au II° siècle, beaucoup y étaient venus de la région Palestine/Syrie
comme marchands, immigrants ou captifs. Des liens politiques étroits se poursuivirent
pendant deux siècles, car Rome surveillait de près les royaumes vassaux de
Palestine, et les princes hérodiens étaient envoyés à Rome pour y être éduqués.
Après la chute de Jérusalem en 70, l'historien juif Josèphe passa sa vie à Rome
comme protégé des empereurs Flaviens; et dans les années 70 le futur empereur
Titus ramena à Rome le roi juif Agrippa n, dont la sœur Bérénice devint la
maîtresse.
Cette histoire de la présence
juive explique qu'il ne se passa pas longtemps avant que les juifs qui
croyaient en Jésus et faisaient des convertis dans d'autres villes de l'empire, comme Damas et
Antioche, se fraient un chemin vers un champ missionnaire aussi
fertile. Quand la première parole au sujet du Christ atteignit-elle Rome ?
Revenons en arrière pour répondre à cette question. On voit dans le récit par
Tacite de la persécution de Néron après l'incendie de 64 (Annales 15,44) qu'il
était possible à Rome de faire la distinction entre les chrétiens (crestianoi) et les
juifs. Les chrétiens étaient nombreux; et cette «détestable superstition [chrétienne]»était
née en Judée - ce qui laisse supposer que le christianisme était arrivé à Rome
en venant de Judée. La lettre de Paul, en 57/58, implique que la communauté chrétienne
existait depuis longtemps, puisqu'il dit souhaiter «depuis des années» lui
rendre visite (15, 23). De plus, il dit aux Romains: «On publie votre foi dans
le monde entier» (1, 8), flatterie qui n'aurait pas grand sens si Paul écrivait
à un groupe minuscule récemment fondé. Il semble donc que la communauté
chrétienne de Rome devait exister déjà au début des années 50. Ac 18, 1-3
rapporte que quand Paul vint à Corinthe (vers 50) il trouva à se loger chez
Aquilas et Priscille (=Prisca), couple juif récemment arrivé
d'Italie «à la suite d'un édit de
Claude qui ordonnait à tous les juifs de s'éloigner de Rome ». Comme il n'est
jamais mentionné que c'est Paul qui les convertit, ces juifs arrivaient de Rome
croyant déjà à Jésus. Suétone (Claudius 25, 4) déclare que Claude «expulsa les
juifs de Rome à cause des troubles constants suscités par Chrestus [impulsore
Chresto]». Comme nous l'avons vu au chapitre 16 ci-dessus, n. 24, cette
expulsion peut signifier que vers 49 la mission chrétienne était à Rome depuis
assez longtemps pour créer de sérieuses
frictions dans les synagogues. Nous n'avons pas d'indice substantiel avant cela 5, mais le
christianisme avait très probablement atteint Rome dès le début des années 40.
- Importance de la Lettre
aux ROMAINS :
La Lettre aux Romains est devenue
un texte phare de la culture occidentale. Au cours d'une longue histoire de
l'interprétation, elle inspiré des
tournants théologiques ou philosophiques d'envergure, qui ont marqué nos
représentations culturelles :
-
Augustin d'Hippone (354-430) fait de la lecture de
la Lettre aux Romains un élément clé de sa conversion dans ses Confessions (Rm
13,13.14), puis en tire sa théologie du péché originel (Rm 5);
-
Martin Luther (1483-1546) y lit la justification par
la foi, qui ébranle la chrétienté (Rm 1,17);
-
le concile Vatican 1 (1869-1870) y trouve les
assises pour étayer l'idée d'une connaissance naturelle de Dieu (Rm 1.18-27)
-
le concile Vatican II (1962-1965) se tourne vers
elle pour fonder, après la Shoah, le premier discours chrétien positif envers
Israël (Rm 9-11) ;
-
l'équipe de la Traduction œcuménique de la Bible en
fait le test de la possibilité de son entreprise (1968);
-
en Afrique du Sud, tenants et opposants du régime de
l'apartheid s'y réfèrent pour définir leur rapport à l'autorité (Rm 13);
… Mais la
grande difficulté de ce texte demeure la logique de sa composition. D'une part,
curieusement, il s'agit d'une longue instruction apostolique (1,16-15,13)
insérée au beau milieu d'une lettre véritable (1,1-15 et 15,14-16,22), avec une
sorte de post-scriptum récapitulatif (16,25-27). D'autre part, l'instruction
proprement dite est une argumentation trépidante, composée de plusieurs blocs
rédactionnels relativement autonomes mais sans rupture de continuité évidente.
Pourtant, l'articulation de ces blocs entre eux n'est pas toujours claire. On
imagine Paul et son secrétaire Tertius composant, parfois à quelques jours
d'intervalle, des unités argumentatives destinées à s'insérer dans une trame
plus vaste. Ces unités utilisent peut-être du matériel pour la prédication
peaufiné au cours des années. Elles ont comme pivot une citation scripturaire,
un personnage, un thème, une métaphore, voire un mot clé. Elles cherchent
chacune à démontrer la pertinence de certaines propositions, dont l'addition
appuie la thèse principale, énoncée en Rm 1,16.17.
C'est pourquoi il est pratiquement impossible de définir un plan de la Lettre aux Romains. La logique de PAUL
n'est pas linéaire, comme la nôtre, où les raisonnements s'enchaînent les uns
aux autres. La logique de PAUL est circulaire : il aborde un point, puis un
autre, et un troisième, puis revient sur le deuxième, sur la troisième, en
enchaîne un autre, revient au premier…. Ainsi les thèmes de la Loi, de
la justification, de la justice de Dieu, de l'honneur, de l'obéissance à la foi
ou du rapport entre juifs et gentils… ne s'enchaînent pas l'un après l'autre,
mais s'interpénètrent mutuellement.
Chapitre 1
V1- serviteur
(doulos) = esclave – cf. 1 Corinthiens 7,22 : Car celui qui était esclave lors de son appel dans le
Seigneur est un affranchi du Seigneur; pareillement celui qui était libre lors
de son appel est un esclave du Christ.
appelé (klhtos) – cf.
Ecclesia (Ekklhsia) : la communauté des appelés.
En référence à l'Assemblée des hommes libres, appelés à Athènes, au temps de la
Démocratie (5°-3° siècle), à se réunir sur l'Agora ou la Pnyx pour voter les
Lois.
Apôtre (apostolos) – envoyé
Evangile
(euaggellion) : Bonne nouvelle – Amnistie à l'occasion de la
naissance du fils du roi ou de l'avènement du roi.
V2- promis : cf. thème de la Promesse toujours en relation avec une
Alliance : - à Adam – à Abraham – à Moïse –
Révélation
apportée par Jésus : aboutissement et réalisation de ce qui avait été annoncé
par les Prophètes bibliques.
V3- 4 Chair / Esprit :
V4- JESUS : Homme par
sa naissance
Fils de Dieu – Christ – Seigneur par
sa résurrection
V5-
GRACE et FOI
V6- appelés : vph
V7-
agaphtois
qeou klhtois agiois - thème de
l'agapê, de l'appel, de la sainteté.
V8-
GRACE reçue, transmise (v 11), rendue.
Caris - Carisma - Eucaristia
V12sq Ministère de
Paul : annoncer Jésus ressuscité à tous, Juifs et non-juifs.
V17 cf. nombre des citations de la Bible dans Romains. (53) / Elles nous révèlent :
-
ce qu'est l'exégèse pharisienne : l'explication d'un
événement, ou d'une citation, par le report à une citation ou à un événement
antérieur.
-
Que PAUL est pétri de culture biblique
-
Qu'il lit la Bible a la lumière de la résurrection de
Jésus
-
Qu'il interprète la résurrection de Jésus en termes de
Promesse divine.
Annonce du thème de la Lettre, et la Révélation qu'il désire faire aux Romains : La JUSTIFICATION par la FOI.
"
Celui qui est juste vivra par la foi" : dans Habacuc 2,4 : "Un
juste vit grâce à la fidélité".
V18 : "la colère de
Dieu" : le terme revient 8 fois dans la Lettre
V1sq Le péché est à l'œuvre, aussi bien dans les Juifs, qui connaissent
la Loi, que dans les non-Juifs, qui n'en ont aucune connaissance. Bien plus,
pour PAUL, qui fait appel à sa propre expérience, plus on s'efforce d'obéir à
la Loi, plus on s'enfonce dans le péché (Romains 7,15-17).
V21 apparition du thème de la Justification par la Foi,
indépendamment des œuvres de la Loi. C'est toute la différence entre PAUL et
JACQUES :
-
pour PAUL : c'est par la FOI seule que l'Homme est
justifié par Dieu (v 20)
-
pour JACQUES : la FOI sans l'AGIR n'a aucun sens.
V22 la Justice de Dieu a été manifestée : s.e : par Jésus le Christ,
qui est l'instrument de la Justice de Dieu. Il est celui qui était
véritablement "a-justé" à Dieu. Cf. Colossiens 1,12 sq.
V23 Faire confiance
à la parole de Jésus = Entendre directement la Parole de Dieu. La Loi (10
commandements – nombre symbolique de la parole divine) était porteuse de la
Parole de Dieu. La Parole du Christ est Parole de Dieu. Se laisser a-juster au
Christ = se laisser a-juster à Dieu.
V24 Délivrance – Libération - Rédemption (apolutrwsis
: rachat d'un captif contre rançon) : renvoie à :
-
la libération d'Egypte : Dt 7,8 – 15,15
-
la libération de l'Exil à Babylone : Esdras 41,14 – 43,1
-
la libération du péché : Psaume 130,8
V25 : Expiation = Propitiatoire
(ilasthrion) – Propitiatoire : dans le Sanctuaire du Temple, c'est
une table en or, placée au-dessus de l'Arche d'Alliance, où sont enfermées les
Tables de la Loi, entre les deux Keroubim.
cf Lévitique 16,1-16 : Rite de
KIPPOUR
Yahvé parla à Moïse après la mort des deux fils
d'Aaron qui périrent en présentant devant Yahvé un feu irrégulier. Yahvé dit à
Moïse:Parle à Aaron ton frère: qu'il n'entre pas à n'importe quel moment dans
le sanctuaire derrière le voile, en face du propitiatoire qui se trouve sur l'arche.
Il pourrait mourir, car j'apparais au-dessus du propitiatoire dans une nuée.
Voici comment il pénétrera dans le sanctuaire: avec un taureau destiné à un
sacrifice pour le péché et un bélier pour un holocauste. Il revêtira une tunique de lin consacrée, il
portera à même le corps un caleçon de lin, il se ceindra d'une ceinture de lin,
il s'enroulera sur la tête un turban de lin. Ce sont des vêtements sacrés qu'il
revêtira après s'être lavé à l'eau. Il recevra de la communauté des enfants
d'Israël deux boucs destinés à un sacrifice pour le péché et un bélier pour un
holocauste. Après avoir offert le taureau du sacrifice pour son propre péché et
fait le rite d'expiation pour lui et pour sa maison, Aaron prendra ces deux
boucs et les placera devant Yahvé à l'entrée de la Tente du Rendez-vous. Il
tirera les sorts pour les deux boucs, attribuant un sort à Yahvé et l'autre à
Azazel. Aaron offrira le bouc sur lequel est tombé le sort "A Yahvé"
et en fera un sacrifice pour le péché.
Quant au bouc sur lequel est tombé le sort "A Azazel", on le
placera vivant devant Yahvé pour faire sur lui le rite d'expiation, pour
l'envoyer à Azazel dans le désert.
Aaron offrira le taureau du sacrifice pour son propre péché, puis il
fera le rite d'expiation pour lui et pour sa maison et immolera ce
taureau. Il remplira alors un encensoir
avec des charbons ardents pris sur l'autel, de devant Yahvé, et il prendra deux
pleines poignées d'encens fin aromatique. Il portera le tout derrière le rideau, et déposera l'encens sur le feu devant
Yahvé; il recouvrira d'un nuage d'encens le propitiatoire qui est sur le
Témoignage, et ne mourra pas. Puis il
prendra du sang du taureau et en aspergera avec le doigt le côté oriental du
propitiatoire; devant le propitiatoire il fera de ce sang sept aspersions avec
le doigt. Il immolera alors le bouc
destiné au sacrifice pour le péché du peuple et il en portera le sang derrière
le rideau. Il procédera avec ce sang comme avec celui du taureau, en faisant
des aspersions sur le propitiatoire et devant celui-ci. Il fera ainsi le rite d'expiation sur le
sanctuaire pour les impuretés des Israélites, pour leurs transgressions et pour
tous leurs péchés.
Le sang de Jésus, reconnu comme Christ et Envoyé de Dieu, a remplacé le sang du taureau. Il n'y a donc plus besoin de répéter le rite, puisqu'il a été accompli une fois pour toutes, par celui qui est à la fois "l'autel, le sacrificateur et la victime" : Quand il livre son corps sur la croix, tous les sacrifices de l'Ancienne Alliance parviennent à leur achèvement. Et quand il s'offre pour notre salut, il est à lui seul, l'autel, le prêtre et la victime. (Préface pascale 5). Cf aussi l'ensemble de l'Epître aux Hébreux, qui met en parallèle le rituel du Kippour et le sacrifice de la croix.
V29 Universalité du
salut. Dieu est le même pour tous, Juifs et non-Juifs. Il justifie celui qui
fait confiance à la Parole de son Envoyé, qu'il soit juif ( = circoncis) ou
non-juif (= incirconcis). Le non-juif qui fait confiance à cette Parole est
justifié, tout autant que le juif qui lui fait confiance. Le juif qui ne fait
pas confiance à la parole du Christ est comme le non-juif… La pratique de la Loi n' y est pour rien.
Elle n'est là que pour entériner la justification par la Foi.
Chapitre 4 : A titre
d'illustration : ABRAHAM
- Pour les croyants, ABRAHAM est
le type même du Juste. Et pourtant, il ne connaissait pas la Loi. Il n'a donc
pu être justifié que par la confiance absolue qu'il a mise en Dieu.
- ABRAHAM est donc l'ancêtre des
circoncis et des incirconcis. Il fait confiance à la Parole de Dieu avant même
d'être circoncis : le départ d'OUR, l'annonce de la grossesse de SARA (Genèse
17,26). Solidarité de tous, par l'ancêtre commun, dans la Justification par la
Confiance en Dieu.
- Rappel de l'histoire
d'ABRAHAM : Genèse 12 sq.
Chapitre 5 : Autre illustration
: ADAM et JESUS
V12 Rappel : Dans la Genèse, ADAM n'est pas un nom propre, mais un
nom commun, qui n'apparaît qu'au chapitre 3,17 (TOB) ou 4,25 (B.J) : le
"terreux", celui qui a été fabriqué avec la glaise… C'est donc un nom
générique.
Dans ces verstes 12 à 21, l'argumentation de PAUL vise à
faire comprendre que la LOI a été donnée à des hommes peccables, mais qu'elle
n'a pas pu les libérer de leur tendance à pécher. Bien au contraire. Alors que
la confiance faite à la Parole de Dieu qu'est le Christ, et l'entrée dans
l'Alliance conclue par la mort-résurrection du Christ (CONFIANCE et ALLIANCE =
FOI) est seule en mesure de libérer l'être humain du péché, s'il accepte de
devenir "l'esclave" de Dieu.
PAUL met en parallèle le péché
et la Loi d'une part, et d'autre part la grâce et la Justification; le péché et
l'homme à l'origine d'une part, la justification et Jésus Christ d'autre part.
L'homme de l'origine, le péché, la Loi, la mort spirituelle. Jésus, la
Justification, la Grâce, la vie éternelle.
Cela nous donne une idée de la lecture que faisait PAUL, et les
Pharisiens de son époque, du chapitre 2 de la Genèse.
|
Par un
seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la
mort, parce
que tous ont péché… |
|
|
Jusqu'à la Loi, le péché était
dans le monde. |
Mais il n'en va pas du don de
grâce comme de la faute. |
|
la mort a frappé la multitude
des hommes par la faute d'un seul |
la grâce de Dieu a comblé la
multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ |
|
pour la faute d'un seul, le
jugement a conduit à la condamnation |
pour une multitude de fautes, le
don gratuit de Dieu conduit à la justification |
|
à cause d'un seul homme, par
la faute d'un seul homme, la mort a régné |
à cause de Jésus Christ et de
lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en
plénitude le don de la grâce qui les rend justes. |
|
la faute commise par un seul a
conduit tous les hommes à la condamnation |
l'accomplissement de la
justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui
donne la vie |
|
tous sont devenus pécheurs parce
qu'un seul homme a désobéi |
tous deviendront justes parce
qu'un seul homme a obéi |
|
la loi de Moïse est intervenue
pour que se multiplie la faute |
là où le péché s'était
multiplié, la grâce a surabondé. |
|
le péché a établi son règne de
mort |
la grâce, source de justice,
devait établir son règne pour donner la vie éternelle par Jésus Christ notre
Seigneur |
Le chapitre 2 de la Genèse, auquel PAUL fait référence, a pu
être rédigé :
- soit au 7°- 6°
siècle av. J.C, au moment de la réforme du roi Josias. Lequel, attribuant les
menaces qui pèsent sur la Nation à un abandon de la Loi de Dieu, décide d'y
revenir.
- soit au retour d'Exil, i.e après le 6° siècle avant J.C.
Les Juifs sont revenus sur leur Terre, mais, dans un premier temps, ils
délaissent la pratique de leur religion. Vers les années –410, Esdras, prêtre
juif, obtient du roi Artaxerxés mission de tout réorganiser autour de la Loi.
Représentant officiel du Roi de Perse, il est appelé "Secrétaire de la Loi
du Dieu du ciel" (Esdras 7,12-26) [1].
La Torah prend une grande importance : il n'y a plus ni Roi ni Temple, il ne
reste que la Loi…
"Artaxerxés, le roi des
rois, au prêtre Esdras, Secrétaire de la Loi du Dieu du ciel, paix parfaite.
Maintenant donc, j'ai donné l'ordre que quiconque en mon royaume fait
partie du peuple d'Israël, de ses prêtres ou de ses lévites et est volontaire
pour aller à Jérusalem, peut partir avec toi, puisque tu es envoyé par le roi
et ses sept conseillers pour inspecter Juda et Jérusalem d'après la Loi de ton
Dieu, que tu as en mains, et pour porter l'argent et l'or que le roi et ses
conseillers ont offerts par dévotion au Dieu d'Israël qui réside à Jérusalem,
ainsi que tout l'argent et l'or que tu auras reçus dans toute la province de
Babylone, avec les offrandes de dévotion que le peuple et les prêtres auront
faites pour le Temple de leur Dieu à Jérusalem…. C'est moi-même, le roi
Artaxerxés, qui donne cet ordre à tous les trésoriers de Transeuphratène: Tout
ce que vous demandera le prêtre Esdras, Secrétaire de la Loi du Dieu du ciel,
qu'on y fasse ponctuellement droit… Tout ce qu'ordonne le Dieu du ciel doit être
exécuté avec zèle pour le Temple du Dieu du ciel, de peur que la Colère ne se
lève sur le royaume du roi et de ses fils… Quant à
toi, Esdras, en vertu de la sagesse de ton Dieu, que tu as en mains, établis
des scribes et des juges qui exercent la justice pour tout le peuple de
Transeuphratène, c'est-à-dire tous ceux qui connaissent la Loi de ton Dieu. Qui
ne la connaît pas, vous devrez l'en instruire. Quiconque n'observerait pas la
Loi de ton Dieu - qui est la Loi du roi -, qu'une rigoureuse justice lui soit
appliquée: mort, bannissement, amende ou emprisonnement.
L'objectif poursuivi par le rédacteur de Genèse 2 consiste à situer la Loi, parole de Vie de l'Eternel, au centre de l'existence d'Israël : "au milieu du jardin, l'arbre de vie, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal" (Gen. 2,9). Ce qui, soit dit en passant, suppose que le bien et le mal préexistent à l'homme… Dans cette perspective, le fruit (= l'effet) de la connaissance du bien et du mal ne peut être que la connaissance de… la Liberté… aussi paradoxal que cela puisse nous paraître aujourd'hui.
L'accession à la Liberté serait donc la conséquence du péché… A Babylone, les Juifs ont été en contact avec de multiples cultes rendus à de multiples dieux. Dans cette mythologie, comme dans toutes les mythologies, chaque élément du monde, chaque événement est en relation avec sa divinité particulière. Le destin du monde, et de chaque être humain est entre les mains d'une multitude de divinités. Il n'y a pas de liberté individuelle. Notons que c'est dans ce pays qu'a pris naissance l'Astrologie : cette "science" qui prétend que les astres règlent le destin de chaque être humain, de sa naissance à sa mort.
La Bible, quant à elle, place au-dessus de tout, et au-delà de tout, un seul dieu, l'Eternel. Et les astres ne sont que des créatures (Gen 1, 14 sq.). Face à l'Eternel, un être humain qui se révolte contre le don de la grâce que lui a accordée cet Eternel. Et qui, se révoltant, devenant pécheur, découvre la Liberté. La découverte de la Liberté est peut-être liée au péché, mais c'est un énorme progrès par rapport à toutes les mythologies. Mieux vaut un homme pécheur et capable de se révolter, qu'une marionnette docile et passive entre les mains d'un Dieu, qui en tirerait les ficelles.
La Loi, donnant à l'être humain la connaissance du bien et du mal, lui permet donc d'accéder à la Liberté, et par voie de conséquence au péché. L'être humain biblique, le Juif, le Pharisien, tenu d'observer tous les préceptes de la Loi, devient véritablement esclave de la Loi, donc, paradoxalement, esclave de la Liberté…! Par ses propres forces, il ne peut donc se libérer de cet esclavage… sauf s'il s'en remet totalement à la grâce de Dieu, dans l'acte de Foi, devenant volontairement esclave de Dieu. Pour accéder à la Justification, il doit paradoxalement "se libérer de sa liberté"…
Cette théorie, apparemment paradoxale, rejoint le paradoxe de base du "CONTRAT SOCIAL" de Jean-Jacques ROUSSEAU : Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout.[i]
D'où ces deux premières questions posées au catéchumène, au début de son cheminement vers le Baptême :
- Que demandez-vous à l'Eglise de Dieu ? - La Foi
- Que vous procure la Foi ? - La vie éternelle.
Dans son "Traité du Libre arbitre", saint AUGUSTIN écrit :
54. Si l'on appelle péché le mal
que fait l'homme par ignorance où par impuissance, c'est parce que c'est la
conséquence méritée par ce premier et libre péché d'origine. Le mot langue
désigne, non-seulement ce membre qu'en parlant nous faisons mouvoir dans la
bouche, mais encore ce que produit ce mouvement, je veux dire là forme et la
contexture des paroles; nous disons dans ce sens: la langue grecque est
différente de la langue latine. Ainsi nous appelons péché, non-seulement ce qui
l'est à proprement parler, l'acte commis avec connaissance et liberté, mais
encore ce qui est la conséquence nécessaire du châtiment du péché. Dans le même
sens encore nous nommons nature ce qui est proprement la nature humaine, la
nature où l'homme fut créé d'abord dans l'innocence; nous appelons aussi nature
celle où par suite du châtiment infligé au premier homme devenu coupable, nous
naissons sous l'empire de la mort, dans l'ignorance et soumis à la chair. C'est
ainsi que l'Apôtre dit lui-même: «Nous avons été, comme les autres, enfants de
colère par nature.»
Romains 6, 1-14 : Péché
et Mort
Importance du Baptême. A partir du rite symbolique que les croyants connaissent bien, et que certains ont expérimenté (plongée du croyant dans l'eau), PAUL lance un développement sur la réalité produite par le Baptême : plongée dans la mort au péché avec le Christ, pour en ressortir re-suscité à la vie avec Lui. Développement également sur les conséquences morales du Baptême dans la vie de celui qui a été plongé.
A partir de l'état d'esclave que les croyants connaissent,
soit parce qu'ils ont été esclaves, soit parce qu'ils ont des esclaves à leur
service, PAUL lance un nouveau développement sur le péché considéré comme un
esclavage, source de malheur pour celui qui le subit; en parallèle avec
l'esclavage volontaire de Dieu, paradoxale source de liberté.
|
Ne
savez-vous pas qu'en vous mettant au service de quelqu'un comme esclaves pour
lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez ? |
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Esclaves
du péché qui conduit à la mort |
Esclaves de l'obéissance qui
conduit à la justice |
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Rendons
grâces à Dieu |
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Vous étiez esclaves du péché |
Vous avez obéi à
l'enseignement commun |
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Libérés du péché |
Vous êtes devenus esclaves de
la justice |
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Vous aviez mis vos membres
comme esclaves au service de l'impureté pour la révolte contre Dieu |
Mettez-les comme esclaves au
service de la justice pour la sanctification |
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Lorsque vous étiez esclaves du
péché |
Vous étiez libres à l'égard de
la justice |
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Libérés du péché |
Devenus esclaves de Dieu |
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Vous
portez les fruits qui conduisent à la sanctification, et leur aboutissement, c'est
la vie éternelle |
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Le salaire du péché c'est la
mort |
Le don gratuit de Dieu, c'est
la vie éternelle en Jésus, le Christ, notre Seigneur. |
La
fonction de la LOI : Avant
la venue de la foi, nous étions enfermés sous la garde de la Loi, réservés à la
foi qui devait se révéler. Ainsi la
Loi nous servit-elle de pédagogue jusqu'au Christ, pour que nous
obtenions de la foi notre justification.
Mais la foi venue, nous ne sommes plus sous un pédagogue. Car vous êtes tous fils de Dieu, par la foi,
dans Christ Jésus. Vous tous en effet,
baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ: il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclave ni homme libre, il
n'y a ni homme ni femme; car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus. Mais si vous appartenez au Christ, vous êtes
donc la descendance d'Abraham, héritiers selon la promesse. (Galates 3, 23-29 – lettre écrite vers 57).
Paid-agwgos :
esclave chargé de conduire l' enfant vers le Maître.
La Loi-Pédagogue : comme
l'esclave, sa fonction, selon Paul, était de conduire le Juif vers le Christ.
Les Pharisiens l'ont dévoyée en en faisant un maître. La Loi était comme un
esclave au service du Juif; les Pharisiens ont fait du Juif l'esclave de la
Loi. C'est pourquoi la confiance accordée à la Parole de Dieu révélée (en)(par)
Jésus le Christ est seule susceptible d'affranchir de l'esclavage de la Loi.
1- Ambiguïté du concept de
"péché".
Sous la plume de PAUL, le concept de péché est ambigu
: tantôt il désigne la peccabilité de chaque être humain, tantôt il désigne le
péché personnel d'un être humain.
On peut comprendre ainsi le raisonnement de PAUL :
naturellement, je suis peccable, mais c'est la connaissance de la Loi qui peut
me rendre pécheur.
2 – Le Texte :
Qu'est-ce à dire ? Que la Loi est péché ? Certes
non! Seulement je n'ai connu le péché que par la Loi. Et, de fait, j'aurais
ignoré la convoitise si la Loi n'avait dit: Tu ne convoiteras pas ! Mais, saisissant l'occasion, le péché par le
moyen du précepte produisit en moi toute espèce de convoitise: car sans la Loi
le péché n'est qu'un mort. Ah ! je
vivais jadis sans la Loi; mais quand le précepte est survenu, le péché a pris
vie tandis que moi je suis mort, et il
s'est trouvé que le précepte fait pour la vie me conduisit à la mort. Car le péché saisit l'occasion et, utilisant
le précepte, me séduisit et par son moyen me tua. La Loi, elle, est donc sainte, et saint le précepte, et juste et
bon. Une chose bonne serait-elle donc
devenue mort pour moi ? Certes non ! Mais c'est le péché, lui, qui, afin de
paraître péché, se servit d'une chose bonne pour me procurer la mort, afin que
le péché exerçât toute sa puissance de péché par le moyen du précepte.
En effet, nous savons que la Loi est spirituelle;
mais moi je suis un être de chair, vendu au pouvoir du péché. Vraiment ce que je fais je ne le comprends
pas: car je ne fais pas ce que je veux, mais je fais ce que je hais. Or si je
fais ce que je ne veux pas, je reconnais, d'accord avec la Loi, qu'elle est
bonne; en réalité ce n'est plus moi qui
accomplis l'action, mais le péché qui habite en moi. Car je sais que nul bien n'habite en moi, je veux dire dans ma
chair; en effet, vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l'accomplir: puisque je ne fais pas le bien que je veux
et commets le mal que je ne veux pas.
Or si je fais ce que je ne veux pas, ce n'est plus moi qui accomplis
l'action, mais le péché qui habite en moi.
Je trouve donc une loi s'imposant à moi, quand je veux faire le bien; le
mal seul se présente à moi. Car je me
complais dans la loi de Dieu du point de vue de l'homme intérieur; mais j'aperçois une autre loi dans mes
membres qui lutte contre la loi de ma raison et m'enchaîne à la loi du péché
qui est dans mes membres. Malheureux
homme que je suis ! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à la mort ? (Romains 7, 7-24)
Première alliance : Moïse mit par écrit toutes les paroles de l'Eternel puis, se levant de bon matin, il bâtit un autel au bas de la montagne, et douze stèles pour les douze tribus d'Israël. Puis il envoya de jeunes Israélites offrir des holocaustes et immoler à l'Eternel de jeunes taureaux en sacrifice de communion. Moïse prit la moitié du sang et la mit dans des bassins, et l'autre moitié du sang, il la répandit sur l'autel. Il prit le livre de l'Alliance et il en fit la lecture au peuple qui déclara: "Tout ce que l'Eternel a dit, nous le ferons et nous y obéirons." Moïse, ayant pris le sang, le répandit sur le peuple et dit: "Ceci est le sang de l'Alliance que l'Eternel a conclue avec vous moyennant toutes ces clauses." (Exode 24, 4-8)
- le signe : le sang
- la réalité : le don de la Loi
Nouvelle Alliance : Pour
moi, en effet, j'ai reçu du Seigneur ce qu'à mon tour je vous ai transmis: le
Seigneur Jésus, la nuit où il était livré, prit du pain et, après avoir rendu grâce, le rompit et
dit: "Ceci est mon corps, qui est pour vous; faites ceci en mémoire de
moi." De même, après le repas, il
prit la coupe, en disant: "Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon
sang; chaque fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi." (1
Corinthiens 11,23-25)
-
le signe : le sang
-
la réalité : le don de la Grâce (par la Foi)
ESSAI
d'ANALYSE SEMANTIQUE
de l'EPITRE aux ROMAINS
1-Algirdas
Julian Greimas et le schéma
actantiel
En regroupant les fonctions
définies par Wladimir Propp (Morphologie du conte - 1928) selon certaines
"sphères d'action" de ceux qui les accomplissent, A.J. Greimas (
Sémantique structurale, Paris, Larousse, 1966) propose
un schéma qui valide la place de chaque actant dans le
cours du récit, et qui permet de déterminer comment le sens circule à
l'intérieur du récit, autrement dit comment le récit produit du sens, et quel
sens :
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LES FONCTIONS des ACTANTS |
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LE
DESTINATEUR
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ce(lui)
qui détermine
la tâche du sujet, lui propose l'objet à transmettre ou à atteindre. |
LE
DESTINATAIRE
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celui qui reçoit l'objet et sanctionne le résultat
de l'action. |
LE
SUJET
|
celui qui transmet l'objet,
accomplit l'action, poursuit un but. |
L'OBJET
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ce qui est à transmettre, le
but de l'action, ce que vise le sujet. |
L'ADJUVANT
|
ce qui aide le sujet dans son
action de transmission. |
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L'OPPOSANT |
ce qui fait obstacle à
l'action de transmission du sujet au destinataire. |
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Axe de
la Communication |
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Axe du
Vouloir |
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Axe du
Pouvoir |
"Les rôles de destinateur
et de destinataire, qui
établissent le contrat avec le héros, correspondent à un axe de la communication et du
savoir (communication de l'objet de valeur que le héros doit précisément replacer
dans la sphère de l'échange). Aux rôles de sujet et d'objet,
correspond l'axe de la quête, axe du vouloir. Enfin,
à l'adjuvant et à l'opposant,
correspond l'axe de la lutte ou du pouvoir."
(Le texte narratif, J.M. Adam, Nathan, 1994).
Dans le cas du "Petit Chaperon Rouge [ii]", selon la
version de Perrault (voir plus loin), si on lit le conte littéralement, un peu
au « ras des pâquerettes», on peut proposer ce système des relations :
1° partie du conte :
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DESTINATEUR OBJET DESTINATAIRE |
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ADJUVANT SUJET
OPPOSANT |
- 2° partie du conte :
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DESTINATEUR OBJET DESTINATAIRE |
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ADJUVANT |
SUJET |
OPPOSANT |
Cette lecture a une cohérence à dominante historique
: dans la société traditionnelle d'Ancien Régime, il n'y a pas de retraite ni d'assistance
sociale ; le devoir des enfants (ici la mère) est de subvenir aux besoins
fondamentaux des anciens qui ne peuvent plus travailler comme la grand-mère.
2-
Essai d'APPLICATION à PAUL et à l'EPITRE aux ROMAINS
Il est bien sûr évident que la structure de l'Epître aux Romains n'est pas celle d'un conte. Mais on peut néanmoins l'analyser avec les mêmes outils.
Tout part de la personne de PAUL et de sa propre expérience sur la route de DAMAS à JERUSALEM. Ce jour-là en effet, à cet instant-là, il a eu la conviction très vive que le destinateur-Dieu désirait transmettre à lui PAUL-destinataire, l'objet-Justification. Et le sujet de cette transmission fut le Christ-re-suscité à la vie qui lui apparut, malgré son statut d'opposant-Pharisien, mais avec l'appui de l'adjuvant-grâce de Dieu.
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DESTINATEUR OBJET
DESTINATAIRE |
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ADJUVANT SUJET OPPOSANT |
Son expérience de libération, il l'applique à tout croyant : Le Destinateur-Dieu, désire transmettre l'objet-Justification au destinataire-croyant. Pour ce faire, il envoie le sujet-Christ. Et il met à sa disposition l'adjuvant-Esprit. Mais la transmission de l'objet-Justification va se trouver en butte à l'opposant-péché.
Le thème général de l'Epître aux Romains : le croyant est justifié par la Foi, se déroule selon le schéma suivant :
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DESTINATEUR
OBJET DESTINATAIRE |
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ADJUVANT
SUJET OPPOSANT |
Tel est le thème général de l'Epître.
Au chapitre 7,9 sq. deux schémas s'opposent :
1- Péché-Loi :
Ah! je vivais jadis sans la Loi; mais quand le précepte est survenu,
le péché a pris vie tandis que moi je
suis mort, et il s'est trouvé que le précepte fait pour la vie me conduisit à
la mort. Car le péché saisit l'occasion
et, utilisant le précepte, me séduisit et par son moyen me tua. La Loi, elle, est donc sainte, et saint le
précepte, et juste et bon. Une chose
bonne serait-elle donc devenue mort pour moi? Certes non! Mais c'est le péché,
lui, qui, afin de paraître péché, se servit d'une chose bonne pour me procurer
la mort, afin que le péché exerçât toute sa puissance de péché par le moyen du
précepte. En effet, nous savons que la Loi est spirituelle; mais moi je suis un
être de chair, vendu au pouvoir du péché.
Vraiment ce que je fais je ne le comprends pas: car je ne fais pas ce
que je veux, mais je fais ce que je hais. Car je
sais que nul bien n'habite en moi, je veux dire dans ma chair; en effet,
vouloir le bien est à ma portée, mais non pas l'accomplir: puisque je ne fais pas le bien que je veux
et commets le mal que je ne veux pas. (Romains 7 ,9-18)
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.DESTINATEUR OBJET DESTINATAIRE |
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ADJUVANT SUJET
OPPOSANT |
2- Foi-Libération : Je
trouve donc une loi s'imposant à moi, quand je veux faire le bien; le mal seul
se présente à moi. Car je me complais dans la loi de Dieu du point de vue de
l'homme intérieur; mais j'aperçois une
autre loi dans mes membres qui lutte contre la loi de ma raison et m'enchaîne à
la loi du péché qui est dans mes membres.
Malheureux homme que je suis! Qui me délivrera de ce corps qui me voue à
la mort ? (Romains 7,21-24)
On passe du processus de l'asservissement au processus de la Liberté.
Le schéma de l'asservissement peut se définir ainsi :
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DESTINATEUR OBJET DESTINATAIRE |
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Loi du
péché
Corps
Loi de Dieu |
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Mais que vient faire ici le corps. Pourquoi PAUL parle-t-il tout à coup de ce corps qui l'entraîne au péché?… Quels problèmes a-t-il donc avec son corps ?… Il ne nous le dit pas.
Le schéma de la Libération peut, quant à lui, se définir ainsi :
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DESTINATEUR OBJET
DESTINATAIRE |
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ADJUVANT SUJET
OPPOSANT |
Se souvenir de la distinction des Grecs entre sarx (la chair), soma (le corps) et psuch (l'esprit), les trois composantes de la personne humaine, selon eux : sarx : la personnalité – soma : la matérialité – psuchè : la partie spirituelle. Noter que PAUL, dans ses lettres emploie parfois sarx à la place de soma, et vice-versa.
Le CARRE SEMIOTIQUE de
GREIMAS
Le carré sémiotique, outil sémantique imaginé par A.J.GREIMAS, représente visuellement l'articulation logique d'une partie d'un discours, en intégrant les valeurs de contrariété, de contradiction et de complémentarité. Il peut être pertinent de le mettre en oeuvre, lui aussi, afin de faire apparaître du non-dit dans le discours, un élément de sens caché.
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S2 |
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axe des
CONTRAIRES |
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Non S2 |
- Le processus de la JUSTIFICATION :
"Le Juste vivra par la Foi" (= Confiance)
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Méfiance
à l'égard de Jésus-Christ comme Envoyé de Dieu |
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Peur |
Ce qui semblerait signifier qu'à l'époque où PAUL écrit, et
pour les Romains auxquels il écrit, manifester sa Foi en Jésus Christ nécessite
du courage (face aux persécutions possibles ).
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Esclave
de Dieu |
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Libre
par rapport à la
Loi des Pharisiens |
Il s'agit bien de la Liberté "par rapport à la Loi des
Pharisiens, et non pas d'une espèce de mépris de la Loi de Moïse (se souvenir
de la parole de Jésus : pas un iota ne disparaîtra de la Loi…".
Le PARADOXE de la LOI
: Romains 7
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Grâce/Amour |
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Confiance |
NOTE
sur la JUSTIFICATION
Arrivés à ce point du discours de PAUL, il est
possible de définir ainsi le processus de la JUSTIFICATION, comme le passage de
l'esclavage à la Liberté, de l'asservissement passif à la Loi, telle que la
définissent les Pharisiens, à l'asservissement actif à la Parole de Dieu
révélée par Jésus le Christ. Ce que PAUL annonçait dans l'introduction de sa
lettre : "prêcher, à l'honneur de son nom, l'obéissance de la foi
parmi tous les païens, dont vous
faites partie, vous aussi, appelés de Jésus Christ…" Egalement comme le passage de la peur de la condamnation à la confiance dans
l'amour.
NOTE sur le PECHE
En lisant le chapitre 7 de
l'Epître aux Romains, il me semble qu'on peut définir le péché comme le fait
pour l'être humain d'être devenu esclave de la Loi, alors que la Loi avait pour
but unique de le libérer en le faisant esclave de Dieu. On pourrait également
dire que le péché est assimilé à un dévoiement de la Liberté. C'est, selon
Paul, qui ne les cite pas nommément, mais qui les connaissait bien, puisqu'il
était des leurs, le péché des Pharisiens. Ils se sont définis eux-mêmes, durant
les deux derniers siècles, comme les "Gardiens de la Loi". Ils ont
enfermé leurs compatriotes dans un réseau inextricable d'obligations et
d'interdits, oubliant que la Loi avait été donnée au Peuple comme signe de sa
Libération. Deutéronome 4,37-40) : Parce
qu'il a aimé tes pères et qu'après eux il a élu leur postérité, il t'a fait
sortir d'Egypte en manifestant sa présence et sa grande force, il a dépossédé devant toi des nations plus
grandes et plus puissantes que toi, il t'a fait entrer dans leur pays et te l'a
donné en héritage, comme il le reste encore aujourd'hui. Sache-le donc
aujourd'hui et médite-le dans ton cœur: c'est l'Eternel qui est Dieu, là-haut
dans le ciel comme ici-bas sur la terre, lui et nul autre. Garde ses lois et
ses commandements que je te prescris aujourd'hui, afin d'avoir, toi et tes fils
après toi, bonheur et longue vie sur la terre que Yahvé ton Dieu te donne pour
toujours.
Ainsi ont-ils transformé un peuple libre en peuple esclave.
REFLEXION
PERSONNELLE
On pourrait faire la même réflexion à propos de l'Eglise catholique romaine, et de la manière dont, entre le 13° et le 20° siècle, elle a gouverné par la peur… Peur du péché…Peur de la chair… Peur de l'enfer… Peur de la violence… Peut-être est-ce encore la cas aujourd'hui en de certains lieux… Je me reporte ici à l'introduction de l'ouvrage de Jean DELUMEAU : Le Péché et la Peur XIII°-XVIII° siècle – Fayard 1983, dont voici un extrait :
Un
almanach de 1573 donnait l'avertissement suivant, placé dans la bouche même de
Dieu pour qu'il soit mieux entendu: " Si vous méprisez mes ordonnances
[sic] et commandements, je mettray ma face contre vous et
[vous] tomberez devant vos ennemis... Je vous enverrai la pestilence au milieu
de vous. Je vous rendray vostre ciel comme fer, et vostre terre comme airain
et la terre ne donnera pas son fruict. Vous mangerez la chair de vos fils et de
vos filles."
Dans un autre almanach de 1578 on
lit: "[Dieu] prépare plus que jamais de lascher la bonde
de son ire contre noz vices, nous affligeant quotidiennement par guerres,
effusions de sang, extor. sions, pilleries, volleries et oppressions: voire par
pestilence et maladies incognues."
Un
almanach de 1593 reprend le même thème: "Ce sont certainement nos
exécrables pechez et nostre desplorée et désesperée obstination en toutes
sortes de mechancetez, par laquelle nous avons irrité nostre bon Dieu de plus
en plus contre nous".
Ces menaces constituaient d'incessants appels à la
conversion et à la pénitence. Et elles ne pouvaient que renforcer cette seconde
déclaration de l'Eglise selon laquelle Satan est partout, donc aussi dans le
cœur de chacun. Depuis la faute originelle, et si la grâce n'intervient pas,
nous faisons nous-mêmes partie de l'empire démoniaque. Révélatrices à cet
égard, et tout de même stupéfiantes, ces déclarations de sainte Catherine de
Gênes (+ 1510) relatives à la fois à l'homme en général et à elle en
particulier: "Qu'est-ce que l'homme de lui-même et abstraction faite de
la grâce ? C'est un être plus mauvais que le démon; car le démon est un esprit
sans corps et l'homme sans la grâce est un démon revêtu d'un corps... Il me
semblait que si Dieu me retirait sa grâce, je serais capable de tous les crimes
que commet le démon; et alors je me jugeais plus mauvaise que lui et plus
détestable et me vis dans ce moment comme un démon incarné. En ce moment encore
cela me paraît si vrai que si tous les anges venaient me dire qu'il y a en moi
quelque chose de bon je ne pourrais me résoudre à le croire, parce que
j'aperçois clairement que tout bien réside en Dieu seul et qu'il n'y a que vice
en moi "
Ainsi raisonnait une sainte veuve qui se consacrait aux pauvres et
bénéficiait de visions. Elle se méprisait au point d'éviter de prononcer son
nom. Attitude théâtrale ? Ne l'affirmons pas trop vite. Agrippa d'Aubigné
avouait : "Ma teste a bien moins de cheveux que d'offenses", et
encore: "Mes transgressions effroyables m'espouvantent... grondent à mes
oreilles, la nuict sifflent comme serpens, se présentent sans cesse à mes yeux
comme un spectre effroyable et avec lui la laide image de la mort : le pis est
que ce ne sont pas de vaines fumées de songe, mais vifs tableaux de mes
actions". Son contemporain saint François de Sales lui faisait écho en
écrivant à Mme de Charmoisy: "Vos coulpes sont en plus grand nombre que
les cheveux de vostre teste, voyre que le sable de la mer".
…
Mais cette disproportion a pesé lourd. Pierre de
Boisdeffre fait dire à
un Goethe du XX" siècle: « La Rédemption aurait dû libérer
l'homme 1 de l'angoisse, mais l'Eglise continue à imposer un examen de
conscience que l'approche de
la mort rend insupportable. Il y aurait tant d'appelés et si peu d'élus,
n'est-ce pas ? Un "infiniment petit nombre" dit votre Julien Green.
La succession des générations n'aurait fait qu'aggraver les conséquences du
péché originel. Dieu ne serait là que pour condamner et pour punir! Quelle
affreuse interprétation du rôle du Père! L'enfer, le purgatoire... pourquoi
tous ces supplices infligés au nom de l'amour ? Qui a aimé, fût-ce une seule
fois dans sa vie, n'est pas digne d'être aimé pour l'éternité 16 ?» Une
telle image de Dieu a effectivement existé... pendant des siècles. D'où la
nécessité de distinguer entre crainte filiale et révérencielle de Dieu et peur
de Dieu. Mon livre ne traitera que de cette dernière et ne remet pas en cause
les sentences judéo-chrétiennes les plus authentiques: «Heureux celui qui
craint le Seigneur» (Ps. 128); « La miséricorde de Dieu s'étend sur ceux qui le
craignent» (Magnificat). En revanche, les pages qu'on va lire montreront la
dérive qui s'est produite de la crainte de Dieu à la peur de Dieu.
- La troisième considération annoncée est celle-ci:
nous, les hommes du xxe siècle finissant, avons toutes les raisons d'être
modestes lorsque nous
sommes tentés de « culpabiliser» les culpabilisateurs ecclésiastiques
d'autrefois. Notre époque parle constamment de «déculpabilisation» sans
s'apercevoir que jamais dans l'histoire la culpabilisation de l'autre n'a été
aussi forte qu'aujourd'hui. Dans un pays pourtant démocratique
comme la France, droite et gauche s'accusent réciproquement des plus lourds
péchés politiques. Et, dans les Etats soumis au joug totalitaire, la
dénonciation de l'adversaire - capitaliste ou socialiste, réactionnaire ou
progressiste - légitime la torture et a conduit à mettre à mort
des millions et des millions d'hommes. En matière de surculpabilisation nous
avons, hélas, dépassé nos ancêtres, et de loin.
ZIGGOURAT… TEMPLE … EGLISE…
Genèse
1… le monde créé en 7 jours…
La Ziggourat de BabyloneLLC'est la tour que les
Juifs avaient sous les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587
–536). 7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de
Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la
ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée
à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?)
en 7 jours.. C'est la tour que les Juifs avaient sous
les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536). 7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de
Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la
ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée
à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?)
en 7 jours.. a Ziggourat de
BabyloneL C'est la tour que les Juifs avaient sous
les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536). 7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de
Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la
ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée
à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?)
en 7 jours.. C'est la tour que les Juifs avaient sous
les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536). 7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de
Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la
ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée
à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?)
en 7 jours..
a Ziggourat de Babylone
a Ziggourat de Babylone
La Ziggourat de BabyloneLLC'est la tour que les
Juifs avaient sous les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587
–536). 7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de
Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la
ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée
à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?)
en 7 jours.. C'est la tour que les Juifs avaient sous
les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536). 7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de
Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la
ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée
à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?)
en 7 jours.. a Ziggourat de
BabyloneL C'est la tour que les Juifs avaient sous
les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536). 7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de
Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la
ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée
à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?)
en 7 jours.. C'est la tour que les Juifs avaient sous
les yeux, durant tout leur séjour à Babylone (-587 –536). 7 étages – Tous n'ont pas accès à tous les étages. Seul le prêtre de
Mardouk, dieu de la cité, accède au sanctuaire, situé au sommet de la
ziggourat. C'est certainement la structure de cette tour qui a donné l'idée
à des prêtres d'écrire une histoire de la Création (du monde ? du Peuple ?)
en 7 jours.. Le Temple de JérusalemLLC'est
le temple qu'a connu Jésus, construit par Hérode, et détruit en 70. 7 lieux : 1- le
parvis 2- la
cour des femmes 3- la
cour des hommes 4- la
cour des sacrificateurs 5- le
vestibule 6- le
sanctuaire 7- le
Saint des Saints où seul entrait le grand-prêtre au jour des Expiations. C'est le temple qu'a connu
Jésus, construit par Hérode, et détruit en 70. 7 lieux : 8- le
parvis 9- la
cour des femmes 10- la
cour des hommes 11- la
cour des sacrificateurs 12- le
vestibule 13- le
sanctuaire 14- le Saint
des Saints où seul entrait le grand-prêtre au jour des Expiations. e Temple de
JérusalemL C'est le temple qu'a connu
Jésus, construit par Hérode, et détruit en 70. 7 lieux : 15- le
parvis 16- la
cour des femmes 17- la
cour des hommes 18- la
cour des sacrificateurs 19- le
vestibule 20- le
sanctuaire 21- le
Saint des Saints où seul entrait le grand-prêtre au jour des Expiations. C'est le temple qu'a connu
Jésus, construit par Hérode, et détruit en 70. 7 lieux : 22- le
parvis 23- la
cour des femmes 24- la cour
des hommes 25- la
cour des sacrificateurs 26- le
vestibule 27- le
sanctuaire 28- le
Saint des Saints où seul entrait le grand-prêtre au jour des Expiations.
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a Ziggourat de Babylone
a Ziggourat de Babylone
e Temple de Jérusalem
e Temple de Jérusalem