L'évangile de Jean
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avec des études sur l'évangile de Jean
L'EVANGILE
de JEAN et l'APOCALYPSE :
Plan septénaire de
l'évangile de Jean
Plan septénaire de
l'Apocalypse
REDACTION de l'EVANGILE
de JEAN
Le
PROLOGUE de l'Evangile de JEAN ( Jean 1, 1-18 )
L'
ENTRETIEN AVEC LA SAMARITAINE
Une Homélie : CROIRE
pour VOIR
LE
"DISCOURS SUR LE PAIN DE VIE"
1 - LA VIE ETERNELLE
PAR LA FOI AU FILS DE DIEU
2 - LA VIE ETERNELLE
PAR LA CHAIR ET LE SANG
L'Histoire
de (LAZARE) (MARTHE)
L'Histoire de (LAZARE)
(MARTHE)
NOTES sur le RECIT de
(LAZARE) (MARTHE) (Jean 11)
STRUCTURE du RECIT de
l'Histoire de (LAZARE) (MARTHE). 47
Du
SAVOIR au CROIRE – du CROIRE au VOIR
SAINT AUGUSTIN
QUARANTE-NEUVIÈME TRAITÉ: (Chap. XI, 1-54.)
2- L'EMEUTE de la PAQUE à JERUSALEM
COMMENTAIRE du
RECIT de la PASSION dans l'EVANGILE de JEAN
La PASSION : DIFFERENCES entre les REDACTEURS
La PASSION dans les quatre RECITS évangéliques
LE "DISCOURS SUR LE PAIN DE VIE"
1 - LA VIE ETERNELLE PAR LA FOI AU
FILS DE DIEU
2 - LA VIE ETERNELLE PAR LA CHAIR
ET LE SANG
|
De qui est-il
question dans cet Evangile? |
Excepté le chapitre 21 qui est postérieur à tous les autres,
les acteurs dominants de cet évangile ne sont pas ceux des évangiles
synoptiques. Pour Jean, les proches de Jésus vont et viennent, les femmes
autant que les hommes, et si certains ont une place privilégiée, ce sont ceux
qui, amis du Maître, intuitivement et affectivement le comprennent le mieux
et sont en plus grande proximité de cœur. Les plus proches de Jésus sont -39 le disciple que Jésus aimait
(Jean ou un autre), -40 Marie de Magdala, -41 Thomas, (le jumeau …) Les spécialistes s'accordent à reconnaître que le quatrième évangile
et le gnosticisme chrétien ont tous les deux leur origine dans la région
d'Ephèse. Des traditions, il est vrai moins fiables, veulent que le disciple
Jean se soit retiré à Ephèse, mais aussi Marie, mère de Jésus, et Marie de
Magdala. |
|
De qui n'y est-il
pas question? |
D'abord, il ne s'y trouve nulle trace de l'institution d'un cercle
privilégié de douze autour de Jésus. Les plus proches n'y sont pas Pierre et Marie, mère de Jésus. |
|
De quoi est-il
question dans cet Evangile ? |
• Cet évangile parle de nouvelle naissance • On nous y parle de vie éternelle, comme d'une
vie qui est déjà donnée. Elle concerne le
présent et le futur. • On nous y parle des disciples de Jésus, des Douze, mais pas
d'apôtres • De même, nulle part la place de l'amour ou de l'éthique n'est
aussi fortement attestée que dans les chapitres 13 et 15 de cet évangile. • Jean est le seul à décrire le "lavement des pieds". |
|
De quoi n'y est-il
pas question? |
Jean ne parle pas de repentance ou de conversion. Il ne parle pas non plus de Royaume de Dieu. On ne trouve pas davantage dans son évangile le terme d'église. Les trois autres récits évangéliques décrivent le dernier repas
de Jésus. Jean n'en parle pas : il a, en revanche, un long discours sur
le "pain de vie". |
|
Quelle forme de
genre littéraire trouve-t-on dans les trois autres Evangiles que nous ne
trouvons pas dans l'Evangile de JEAN ? |
Les trois autres récits évangéliques se veulent narratifs, suivant
une chronologie propre à chacun des auteurs. De même ils sont fondés sur le mode parabolique, qui se suffit à
lui-même : les auditeurs (lecteurs) découvrent eux-mêmes l'enseignement
contenu dans la parabole. |
|
Quelle forme de
genre littéraire ne trouve-t-on pas dans les trois autres Evangiles que nous
trouvons dans l'Evangile de JEAN ? |
Cet évangile ne se veut nullement narratif. La plupart des chapitres
commencent par une guérison, un événement ou une parabole qui tient lieu
d'introït à un enseignement du Maître. Le style de cet évangile est toujours symbolique ou parabolique.
Ses propos ont toujours plusieurs niveaux de compréhension. Il est
résolument mystique puisqu'il invite à des niveaux progressifs de
spiritualité. Le mode d'expression est hellénistique et gnostique. Les termes
y sont suggestifs plus que descriptifs. La langue est duelle : -42 le monde d'en haut s'oppose au monde d'en bas, -43 la lumière aux ténèbres, -44 la chair à l'esprit, -45 Dieu au Prince de ce monde. |
|
Dans quel but JEAN
a-t-il écrit son Evangile ? |
Jésus a fait sous les yeux de ses disciples
encore beaucoup d'autres signes, qui ne sont pas écrits dans ce livre. Ceux-là ont été mis par écrit, pour que
vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en
croyant vous ayez la vie en son nom.
(Jn 20,
30-31) |
Deux plans septénaires d'après un article de
Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sept semaines (esquissées) de sept jours (sept tend vers huit).
Ce plan s'inspire de celui suggéré par la Bible de Jérusalem, tout en
le modifiant et le complétant.
Sommaire
1 -- Prologue: 1,1-18
2 -- I. Semaine inaugurale: 1,19 --- 2,12
3 -- II. 1ère Pâque à Jérusalem: 2,13 --- 4,54
4 -- III. 2e Fête à Jérusalem: 5,1-47
5 -- IV. Pâque du Pain de Vie: 6,1-71
6 -- V. Fête des Tentes à Jérusalem: 7,1 --- 10,21
7 -- VI. Fête de la Dédicace à Jérusalem: 10,22 --- 11,54
8 -- VII. Dernière Pâque à Jérusalem: 11,55 --- 20,31
9 -- Appendice: 21,1-25
10 -- Nota bene
[Prologue: 1,1-18 : Le Logos
[I. Semaine inaugurale: 1,19 --- 2,12 : Choix des premiers disciples.
(Miracle de l'eau changée en vin, à Cana)
1.jour: 1,19-28
2.jour: 1,29-34
3.jour: 1,35-39
4.jour: 1,40-42
5.jour: 1,43-51
6.7.jr.: 2,1-12
II. 1ère Pâque à Jérusalem: 2,13 --- 4,54 ; Il faut renaître d'eau et
d'Esprit.
(Guérison, à Cana, du fils d'un fonctionnaire royal)
1.jour: 2,13-25
2.jour: 3,1-21
3.jour: 3,22 --- 4,3
4.jour: 4,4-40a
5.6.jr.: 4,40b-42
7.jour: 4,43-50
8.jour: 4,51-54
III. 2e Fête à Jérusalem: 5,1-47
Le témoignage du Père.; (Guérison d'un infirme à la piscine de
Bézatha)
1.jour: 5,1-47
IV. Pâque du Pain de Vie: 6,1-71
: Je suis le Pain de Vie. (Miracle de la multiplication des pains,
suivi de la marche sur les eaux)
1.jour: 6,1-21
2.jour: 6,22-71
[
V. Fête des Tentes à Jérusalem: 7,1 --- 10,21 Je suis la lumière du monde. (Guérison
d'un aveugle-né)
1.jour: 7,1-9
2.jour: 7,10-13
4.jour: 7,14-36
7.jour: 7,37 --- 8,1
8.jour: 8,2 --- 10,21
VI. Fête de la Dédicace à Jérusalem: 10,22 --- 11,54 Je suis la
Résurrection et la Vie.
(Résurrection de Lazare
1.jour:10,22-39
2.3.4j:10,40-42
5.6..jr:11,1-16
7.jour:11,17-46
8.jour:11,45-54
VII. Dernière Pâque à Jérusalem: 11,55 --- 20,31 Aimez-vous comme je
vous ai aimés.
(Résurrection du Christ)
1.jour:12,1-11
2.jour:12,12-50
3.jour:13,1 --- 17,26
4.jour:18,1 --- 19,3
5.jour:19,4-16a
6.7..jr:19,16b-42
8.jour:20,1-25
15. jr:20,26-29
Appendice: 21,1-25
Choix de Pierre comme berger.
(Pêche miraculeuse)
1.jour: 21,1-25
Nota bene :
Comme l'écrivait la Bible de Jérusalem dans son édition originale
(1956), pour établir le plan du IVe évangile: "Le mieux est de se
laisser guider par les indications les plus nettes données par l'évangile
lui-même. D'une part, il est clair qu'il insiste sur l'importance des fêtes
liturgiques juives."
C'est ce qui est fait ici scrupuleusement (peut-être un peu trop
systématiquement?).
Mais bien des exégètes, par ailleurs, ont souligné l'importance des
journées dans le IVe évangile. C'est ce qui ressort ici avec une particulière
évidence.
D'autre part il semble bien que dans l'évangile de Jean il y ait
seulement sept semaines ou fêtes juives, comme il y a sept miracles (un,
justement, par semaine ou fête) dans le corps de l'évangile (plus un pour
l'appendice ajouté après coup).
Comme l'Apocalypse, cet évangile est bâti sur un plan volontairement
septénaire correspondant, comme on vient de le dire, aux fêtes liturgiques
juives.
Prologue (1,1-3)
Partie 1 : Les sept lettres aux sept Églises. (1,4 à 3,22)
Adresse. (1,4-8) (Jean aux sept Églises)
Vision liminaire. (1,9-20) (Moi, Jean)
1.Lettre à l'Église d'Éphèse. (2,1-7) (à l'ange)
2.Lettre à l'Église de Smyrne. (2,8-11) (à l'ange)
3.Lettre à l'Église de Pergame. (2,12-17) (à l'ange)
4.Lettre à l'Église de Thyatire. (2,18-29) (à l'ange)
5.Lettre à l'Église de Sardes. (3,1-6) (à l'ange)
6.Lettre à l'Église de Philadelphie. (3,7-13) (à l'ange)
7.Lettre à l'Église de Laodicée. (3,14-22) (à l'ange)
Partie 2 : Les sept sceaux. (4,1 à 8,1)
Vision liminaire. (4,1 à 5,14) (Après cela, je vis)
1.Le premier sceau. (6,1-2) (premier)
2.Le deuxième sceau. (6,3-4) (deuxième)
3.Le troisième sceau. (6,5-6) (troisième)
4.Le quatrième sceau. (6,7-8) (quatrième)
5.Le cinquième sceau. (6,9-11) (cinquième)
6.Le sixième sceau. (6,12-17) (sixième)
Vision intermédiaire. (7,1-17) (après cela je vis)
7.Le septième sceau. (8,1) (septième)
Partie 3 : Les sept trompettes. (8,2 à 11,19)
Vision liminaire. (8,2-5) (Et je vis)
1.La première trompette. (8,6-7) (première)
2.La deuxième trompette. (8,8-9) (deuxième)
3.La troisième trompette. (8,10-11) (troisième)
4.La quatrième trompette. (8,12-13) (quatrième)
5.La cinquième trompette et le 1er malheur. (9,1-12) (cinquième)
6.La sixième trompette et le 2e malheur. (9,13-21) (sixième)
Excursus 1: Les sept tonnerres. (10,1-7) (et je vis)
Excursus 2: Le petit livre. (10,8-11) (et la voix)
Excursus 3: Les deux témoins. (11,1-14) (et il me fut donné)
7.La septième trompette et le 3e malheur. (11,15-19) (septième)
Partie 4 : Sept visions de la Femme et de son combat avec le Dragon.
(12,1 à 14,20)
1.Vision de la Femme. (12,1-2) (Et un grand signe apparut)
2.Vision du Dragon. (12,3-17) (et apparut)
3.Vision de la Bête. (12,18 à 13,10) (et je vis)
4.Vision de l'autre Bête. (13,11-18) (et je vis)
5.Vision de l'Agneau. (14,1-5) (et je vis)
6.Vision des trois anges. (14,6-13) (et je vis)
7.Vision du Fils de l'homme et la moisson par trois autres anges.
(14,14-20) (et je vis)
Partie 5 : Les sept fléaux des sept coupes. (15,1 à 16,21)
Vision liminaire. (15,1-8) (Et je vis)
1.La première coupe. (16,1-2) (première)
2.La deuxième coupe. (16,3) (deuxième)
3.La troisième coupe. (16,4-7) (troisième)
4.La quatrième coupe. (16,8-9) (quatrième)
5.La cinquième coupe. (16,10-11) (cinquième)
6.La sixième coupe. (16,12-16) (sixième)
7.La septième coupe. (16,17-21) (septième)
Partie 6 : Sept tableaux sur le châtiment de Rome. (17,1 à 19,10)
1.Vision de Rome. (17,1-18) (Et je vis)
2.Vision de l'ange annonçant la chute de Rome. (18,1-3) (après
cela, je vis)
3.Recommandations au peuple de Dieu dans Rome. (18,4-8) (et
j'entendis une autre voix)
4.Lamentations sur Rome. (18,9-19) (et ils pleureront)
5.Allégresse dans le ciel. (18,20) (réjouis-toi)
6.Chute de Rome. (18,21-24) (et il prit)
7.Triomphe au ciel. (19,1-10) (après cela, j'entendis)
Partie 7 : Sept visions finales de l'avenir. (19,11 à 22,5)
1.Vision du ciel ouvert et du Verbe de Dieu. (19,11-16) (Et je vis)
2.Vision de l'ange exterminateur. (19,17-18) (et je vis)
3.Vision de la Bête et de sa défaite. (19,19-21) (et je vis)
4.Vision du règne de mille ans. (20,1-3) (et je vis)
5.Vision de la 1ère résurrection. Le second et dernier combat
eschatologique. (20,4-10) (et je vis)
6.Vision du jugement des nations. (20,11-15) (et je vis)
7.Vision de la Jérusalem céleste. (21,1 à 22,5) (et je vis)
(dans les siècles des siècles)
Épilogue (22,6-21) Recommandations finales. (22,6-21) (Et il me dit)
D'après cette pensée :
L'Apocalypse aurait été écrite à l'apogée du principat de Néron (cf.
Ap 13,18: 666 = César Néron et Ap 17,10: Néron le sixième César ou empereur),
vers 66-67.
Le chapitre 10 serait une anticipation du IVe évangile. Les sept
tonnerres (ou révélations) représentent alors les sept futurs chapitres de ce
petit livre, médité mais non encore confié à l'écriture. Voir aussi le Plan
septénaire de l'évangile de Jean.
Le chapitre 11 (v. 1 à 13) ferait référence au martyre récent des
apôtres Pierre et Paul.
L'Apocalypse n'évoquerait pas la fin du monde seulement, mais dans un
langage symbolique toute l'histoire humaine: le présent: 1,9 à 3,22; le passé
(éloigné ou immédiat): 4,1 à 13,18; le futur (proche ou lointain): 14,1 à 22,5.
La conclusion de cette thèse, c'est que l'Apocalypse est une prophétie
contre Rome et l'empire romain persécuteur, en faveur de l’Église de l'Agneau
et des douze apôtres, destinée à le supplanter.
(M.E BOISMARD – L'Evangile de
Jean – tome 3)
L'évangile de Jean se serait développé en quatre
étapes successives, mais à l'intérieur
d'une même «école johannique».
1- La rédaction la plus ancienne (Jean I)
constituait déjà un évangile complet allant du ministère du Baptiste jusqu'aux
récits d'apparition du
Christ ressuscité. Il
ne comportait aucun des grands
«discours» de Jésus et ne racontait que cinq miracles, ou «signes», accomplis par Jésus. Écrit en Palestine, il était fortement influencé par la
pensée samaritaine. Utilisé par Luc et, dans une moindre mesure, par Marc, il
correspond à ce que nous avons appelé le Document C dans le tome II de la
Synopse ; c'est sous ce nom que nous continuerons à l'appeler (et non sous
celui de Jean I).
2- Ce Document fut repris et amplifié par un
auteur que nous nommerons Jean II et qui composa sa première rédaction
évangélique (Jean II-A) également en Palestine. Il conserva l'ordre des
actions du Document C, mais y ajouta, entre autres : le
récit de la vocation d'André
et de Pierre, deux
miracles repris de la tradition synoptique, quelques «discours»
de Jésus.
3- Étant venu s'établir en Asie Mineure,
probablement à Éphèse, ce Jean II se trouva confronté à des problèmes nouveaux,
spécialement à l'hostilité de certains milieux judéo-chrétiens, comme l'avait
été Paul. Il résolut donc d'écrire une deuxième rédaction évangélique (Jean
II-B). Il reprit, en les transformant ou en les glosant, les matériaux de sa
première rédaction et y ajouta des matériaux en provenance des évangiles
synoptiques. C'est lui qui introduisit le cadre ces fêtes juives dans lequel se
déroule la vie de Jésus, donnant la primauté à la fête de Pâque au détriment de
celle des Tentes, la seule qui était mentionnée dans le Document C ; il
fut alors forcé de bouleverser dans
une assez large mesure l'ordre les sections en provenance de
Jean II-A (et donc aussi du Document C). Dans cette nouvelle rédaction, Jean II
subit l'influence des lettres de Paul, des écrits de Luc (évangile et Actes),
des textes de Qumrân ; la parenté avec les épîtres johanniques est évidente.
4- Un troisième auteur (Jean III) inséra dans le
texte de Jean II-B les passages parallèles du texte de Jean II-A et quelques
logia en provenance d'un recueil johannique. C'est lui qui inversa l'ordre des
chapitres 5 et 6. Il introduisit un certain nombre de gloses dont
certaines eurent pour but de reprendre l'eschatologie héritée de Daniel.
Il s'efforça d'atténuer les tendances
anti-judaïsantes de Jean II-A
et surtout de
Jean II-B.
Nous étions partis au
lever du jour, pour nous éviter le poids de la chaleur et l'intensité de la
circulation. Car nous devions emprunter les voies à grande circulation, afin de
pas faire de trop longs détours à travers champs et forêts. Nos sacs pesaient
lourd, mais nous étions enfin en vacances, et en ce temps-là nous étions
jeunes. La jeunesse en effet n'a peur de rien. A chacune des périodes de
vacances, les petites comme les grandes, nous partions ainsi pour découvrir la
nature et nous retrouver entre copains. Ce jour-là, la marche sur la route fut
assez pénible, mais les propos échangés et la bonne humeur qui régnait dans
notre groupe nous le firent oublier. Il nous arriva même, pour le simple
plaisir, de bifurquer sur un sentier de grande randonnée. Lorsque nous
arrivâmes, fourbus mais contents, midi rayonnait.
I- Nous étions partis
au lever du jour, pour nous éviter le poids de la chaleur et l'intensité de la
circulation. 2- Car nous devions emprunter les voies à grande circulation, afin
de pas faire de trop longs détours à travers champs et forêts. 3- Nos sacs
pesaient lourd, mais nous étions enfin en vacances, et en ce temps-là nous
étions jeunes. 4- La jeunesse en effet n'a peur de rien. 5- A chacune des
périodes de vacances, les petites comme les grandes, nous partions ainsi pour
découvrir la nature et nous retrouver entre copains. 6- Ce jour-là, la marche
sur la route fut assez pénible, mais les propos échangés et la bonne humeur qui
règnait dans notre groupe nous le firent oublier. Il nous arriva même, pour le
simple plaisir, de bifurquer sur un sentier de grande randonnée. 7- Lorsque
nous arrivâmes, fourbus mais contents, midi rayonnait.
I- Nous étions partis au lever du jour, pour nous éviter le poids de
la chaleur et l'intensité de la circulation
2- Car nous devions emprunter les voies à grande circulation, afin de
pas faire de trop longs détours à travers champs et forêts
3- Nos sacs pesaient lourd, mais nous étions enfin en vacances, et en
ce temps-là nous étions jeunes
4- La jeunesse en effet n'a
peur de rien.
5- A chacune des périodes de vacances, les petites comme les grandes,
nous partions ainsi pour découvrir la nature et nous retrouver entre copains
6- Ce jour-là, la marche sur la route fut assez pénible, mais les
propos échangés et la bonne humeur qui régnait dans notre groupe nous le firent
oublier. Il nous arriva même, pour le simple plaisir, de bifurquer sur un
sentier de grande randonnée
7 - Lorsque nous arrivâmes, fourbus mais contents, midi rayonnait
|
Ἐν ἀρχῇ ἦν ὁ λόγος, καὶ ὁ λόγος ἦν πρὸς τὸν θεόν, καὶ θεὸς ἦν ὁ λόγος. οὗτος ἦν ἐν ἀρχῇ πρὸς τὸν θεόν. |
1 2 |
Au commencement était la
Parole, et la Parole était avec
Dieu, et la Parole était Dieu Elle était au commencement
avec Dieu. |
|
πάντα δι’ αὐτοῦ ἐγένετο, καὶ χωρὶς αὐτοῦ ἐγένετο οὐδὲ ἕν. ὃ γέγονεν |
3 |
Toutes choses ont été
faites par elle, et rien de ce qui a été
fait n'a été fait sans elle. |
|
ἐν αὐτῷ ζωὴ ἦν, καὶ ἡ ζωὴ ἦν τὸ φῶς τῶν ἀνθρώπων· καὶ τὸ φῶς ἐν τῇ σκοτίᾳ φαίνει, καὶ ἡ σκοτία αὐτὸ οὐ κατέλαβεν. |
4 5 |
En elle était la vie, et la vie était la lumière
des hommes. La lumière luit dans les
ténèbres, et les ténèbres ne l'ont
point reçue |
|
Ἐγένετο ἄνθρωπος ἀπεσταλμένος παρὰ θεοῦ, ὄνομα αὐτῷ Ἰωάννης· |
6 |
Il y eut un homme envoyé de Dieu : son nom était Jean. |
|
οὗτος ἦλθεν εἰς μαρτυρίαν, ἵνα μαρτυρήσῃ περὶ τοῦ φωτός, ἵνα πάντες πιστεύσωσιν δι’ αὐτοῦ. |
7 |
Il vint pour servir de
témoin, pour rendre témoignage à la
lumière, afin que tous crussent par
lui. |
|
οὐκ ἦν ἐκεῖνος τὸ φῶς, ἀλλ’ ἵνα μαρτυρήσῃ περὶ τοῦ φωτός. |
8 |
Il n'était pas la lumière, mais il parut pour rendre
témoignage à la lumière. |
|
Ἦν τὸ φῶς τὸ ἀληθινόν, ὃ φωτίζει πάντα ἄνθρωπον, ἐρχόμενον εἰς τὸν κόσμον. |
9 |
Cette lumière était la
véritable lumière, qui, en venant dans le
monde, éclaire tout homme. |
|
ἐν τῷ κόσμῳ ἦν, καὶ ὁ κόσμος δι’ αὐτοῦ ἐγένετο, καὶ ὁ κόσμος αὐτὸν οὐκ ἔγνω. |
10 |
Elle était dans le monde, et le monde a été fait par
elle, et le monde ne l'a point
connue. |
|
εἰςτὰἴδιαἦλθεν καὶοἱἴδιοιαὐτὸνοὐπαρέλαβον ὅσοιδὲἔλαβοναὐτόν ἔδωκεναὐτοῖςἐξουσίαντέκναθεοῦγενέσθαι τοῖςπιστεύουσινεἰςτὸὄνομααὐτοῦ |
11 |
|
|
12 |
||
|
οἳ οὐκ ἐξ αἱμάτων οὐδὲ ἐκ θελήματος σαρκὸς οὐδὲ ἐκ θελήματος ἀνδρὸς ἀλλ’ ἐκ θεοῦ ἐγεννήθησαν. |
13 |
lesquels sont nés, non du
sang, ni de la volonté de la
chair, ni de la volonté de
l'homme, mais de Dieu. |
|
Καὶ ὁ λόγος σὰρξ ἐγένετο καὶ ἐσκήνωσεν ἐν ἡμῖν, καὶ ἐθεασάμεθα τὴν δόξαν αὐτοῦ, δόξαν ὡς μονογενοῦς παρὰ πατρός, πλήρης χάριτος καὶ ἀληθείας. |
14 |
Et la parole a été faite
chair, et elle a habité parmi
nous, pleine de grâce et de
vérité ; et nous avons contemplé sa
gloire, une gloire comme la gloire
du Fils unique venu du Père. |
|
Ἰωάννης μαρτυρεῖ περὶ αὐτοῦ καὶ κέκραγεν λέγων, Οὗτος ἦν ὃν εἶπον, Ὁ ὀπίσω μου ἐρχόμενος ἔμπροσθέν μου γέγονεν, ὅτι πρῶτός μου ἦν. 16 |
15 |
Jean lui a rendu
témoignage, et s'est écrié : C'est celui dont j'ai dit : Celui qui vient après moi
m'a précédé, car il était avant moi. |
|
ὅτι ἐκ τοῦ πληρ17ώματος αὐτοῦ ἡμεῖς πάντες ἐλά18βομεν, καὶ χάριν ἀντὶ χάριτος· |
16 |
Et nous avons tous reçu de
sa plénitude, et grâce pour grâce ; |
|
ὅτι ὁ νόμος διὰ Μωϋσέως ἐδόθη, ἡ χάρις καὶ ἡ ἀλήθεια διὰ Ἰησοῦ Χριστοῦ ἐγένετο. |
17 |
car la loi a été donnée par
Moïse, la grâce et la vérité sont
venues par Jésus Christ. |
|
θεὸν οὐδεὶς ἑώρακεν πώποτε· μονογενὴς θεὸς ὁ ὢν εἰς τὸν κόλπον τοῦ πατρὸς ἐκεῖνος ἐξηγήσατο. |
18 |
Personne n'a jamais vu Dieu
; le Fils unique, qui est
dans le sein du Père, est celui qui l'a fait
connaître |
Le Verbe auprès de Dieu, inconnaissable par nature
Au commencement était le Verbe et le Verbe était avec Dieu et le Verbe
était Dieu.
Il était au commencement avec Dieu. Tout
fut par lui,et sans lui rien ne fut.
Ce qui fut en lui était la vie, et la vie
était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres et les
ténèbres ne l'ont pas saisie.
Apparition de Jean-Baptiste, le révélateur
Il y eut un homme envoyé de Dieu. Son nom
était Jean.
Il vint pour témoigner, pour rendre
témoignage à la lumière, afin que tous crussent par lui.
Celui-là n'était pas la lumière, mais il
avait à rendre témoignage à la lumière.
Le Verbe n'a pas été reconnu par le monde
Le Verbe était la lumière véritable, qui
éclaire tout homme; il venait dans le monde.
Il était dans le monde, et le monde fut
par lui, et le monde ne l'a pas reconnu.
Il est venu chez lui, et les siens ne
l'ont pas accueilli.
Mais à tous ceux qui l'ont
accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en
son nom, lui qui ne fut engendré ni du sang, ni d'un vouloir de chair, ni d'un
vouloir d'homme, mais de Dieu.
Le Verbe émerveille ceux qui ont reconnu sa présence
Et le Verbe s'est fait chair et il a
habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire,
gloire qu'il tient de son Père comme Fils
unique, plein de grâce et de vérité.
Effacement de Jean-Baptiste devant le Verbe présent
Jean lui rend témoignage et il clame:
"C'est de lui que j'ai dit: Celui qui vient derrière moi,
le voilà passé devant moi, parce qu'avant
moi il était."
Jésus-Christ, Verbe de Dieu, nous fait connaître le Père
Oui, de sa plénitude nous avons tous
reçu, et grâce pour grâce.
Car la Loi fut donnée par Moïse; la grâce
et la vérité sont venues par Jésus Christ.
Nul n'a jamais vu Dieu; le Fils unique,
qui est tourné vers le sein du Père, lui, l'a fait connaître.
Périégèse, 6, 26
Θέατρον δὲ ἀρχαῖον, μεταξὺ τῆς ἀγορᾶς καὶ τοῦ
Μηνίου τὸ θέατρόν τε καὶ ἱερόν ἐστι Διονύσου· τέχνη
τὸ ἄγαλμα Πραξιτέλους, θεῶν δὲ ἐν τοῖς μάλιστα
Διόνυσον σέβουσιν ᾿Ηλεῖοι καὶ τὸν θεόν σφισιν
ἐπιφοιτᾶν ἐς τῶν Θυίων τὴν ἑορτὴν λέγουσιν.
Ἀπέχει μέν γε τῆς πόλεως ὅσον τε ὀκτὼ στάδια ἔνθα τὴν ἑορτὴν ἄγουσι Θυῖα ὀνομάζοντες· λέβητας δὲ ἀριθμὸν τρεῖς ἐς οἴκημα ἐσκομίσαντες οἱ ἱερεῖς κατατίθενται κενούς, παρόντων καὶ τῶν ἀστῶν καὶ ξένων, εἰ τύχοιεν ἐπιδημοῦντες· σφραγῖδας δὲ αὐτοί τε οἱ ἱερεῖς καὶ τῶν ἄλλων ὅσοις ἂν κατὰ γνώμην ᾖ ταῖς θύραις τοῦ οἰκήματος ἐπιβάλλουσιν, ἐς δὲ τὴν ἐπιοῦσαν τά τε
σημεῖα ἐπιγνῶναι πάρεστί σφισι καὶ ἐσελθόντες ἐς τὸ οἴκημα εὑρίσκουσιν οἴνου πεπλησμένους τοὺς λέβητας. Tαῦτα ᾿Ηλείων τε οἱ δοκιμώτατοι ἄνδρες, σὺν αὐτοῖς δὲ καὶ ξένοι κατώμνυντο ἔχειν κατὰ τὰ εἰρημένα, ἐπεὶ αὐτός γε οὐκ ἐς καιρὸν ἀφικόμην τῆς ἑορτῆς· λέγουσι δὲ καὶ ῎Ανδριοι παρὰ ἔτος σφίσιν ἐς τοῦ Διονύσου τὴν ἑορτὴν ῥεῖν οἶνον αὐτόματον ἐκ τοῦ ἱεροῦ. <Εἰ> πιστεύειν χρὴ ταῦτα ῞Ελλησιν, εἰ ἀποδέχοιτο ἄν τις τῷ λόγῳ γε τῷ αὐτῷ καὶ ὅσα Αἰθίοπες οἱ ὑπὲρ Συήνης ἐς τοῦ ἡλίου τὴν τράπεζαν λέγουσιν.
Entre l'Agora et le Ménion, il y a un ancien théâtre et un temple de
Dionysos :
sa statue est l'oeuvre de Praxitèle. Les Eléens honorent
particulièrement Dionysos parmi les dieux et ils affirment que le dieu en
personne assiste à la fête des Thyia.
Le lieu dans lequel on célèbre les fêtes appelées Thyia est distant de
la ville d'à peu près huit stades. Les prêtres apportent dans le bâtiment des
vases au nombre de trois et les déposent vides, en présence des citoyens ainsi
que d'étrangers s'ils se trouvent en déplacement dans cette contrée ; les
portes du bâtiment sont scellées par les prêtres eux-mêmes et par ceux des
autres participants qui le veulent. Le lendemain, il est possible d'examiner
les sceaux et quand ils rentrent dans le bâtiment ils trouvent les vases
remplis de vin. Les plus sages des Eléens et avec eux les étrangers jurent que
les choses sont comme elles ont été dites : moi, je ne suis pas venu au moment
de la fête. Les habitants d'Andros disent aussi que chaque année le vin coule
tout seul du temple lors de la fête de Dionysos. Faut-il faire confiance aux
Grecs en cette matière ? On pourrait comparer à cette affirmation ce que les
Éthiopiens de la région de Syène disent à propos de la "table du
Soleil".(1)
Traduction M. Tichit
______
Note :
(1) cf. Pausanias I, 33,
4
(essai de décryptage)
- Gen
41, 55 : Tout le Pays d'Egypte
fut affamé, et le peuple réclama
à grands cris du pain à Pharaon. JESUS,nouveau JOSEPH
A tous les Egyptiens, Pharaon répondit :
Allez trouver Joseph,
faites tout ce qu'il vous dira !
-
Exode 4, 8-9 : Le Seigneur dit :
S'ils ne croient pas à la vue JESUS,
nouveai MOISE
du premier signe,
ils croiront au second signe.
- 1
Rois 17, 7-24 : ... la cruche
de farine ne tarit pas,
et le jarre d'huile ne désemplit pas, JESUS, nouvel ELIE
selon la prole que le Seigneur
avait dite par l'intermédiaire d'Elie.
- 2
Rois 4, 1-37 : ... les serviteurs
lui présentaient les vases JESUS,
nouvel ELISEE
et elle versait. Quand les vases
furent remplis... l'huile cessa de couler...
JESUS est le PROPHETE attendu pour la FIN des TEMPS
= Il est le MESSIE
- NOCES .................................….. ALLIANCE
-
vin ………………………………… enseignement
- vin
du début ………………………………… enseignement
de l'Ancienne ALLIANCE
- six jarres .........................………… nombre de l'imparfait (purification
imparfaite)
-
Heure …………............... J ...........Croix et
Glorification
- eau
de purification …………............... E ...........BAPTEME (purification parfaite)
-
Femme - Mère …………............... S ........... EGLISE
-
Servants du vin …………............... U
...........Ministres de la Parole
- vin de la fin (meilleur qu'au début)........... S
........... nouvelle ALLIANCE ( " en mon Sang " )
Par le BAPTEME en sa mort et sa glorification,
nous avons acces au BANQUET de l'EUCHARISTIE,
signe et anticipation
du BANQUET ETERNEL
Fr. Jacques MARTIN op
Echange autour d'un texte,
animé par
le frère Jacques Martin
TEXTE : Jean II, 1-12
1 Or le troisième jour il y
eut une noce à Cana de Galilée et la mère de Jésus était là.
2 Jésus lui aussi fut invité
à la noce ainsi que ses disciples.
3 Or il n'y avait plus de
vin, car le vin des noces était épuisé.
La mère de Jésus lui dit : "Ils n'ont plus de vin."
4 Mais Jésus lui
répondit : "Que me veux-tu, femme ? Mon heure n'est pas encore
venue."
5 Sa mère dit aux servants :
"Quoi qu'il vous dise, faites-le."
6 Il y avait là six jarres de
pierre destinées aux purifications des Juifs ;
elles contenaient chacune de
deux à trois mesures.
7 Jésus dit aux
servants : "Remplissez d'eau ces jarres" ; et ils les
emplirent jusqu'au bord.
8 Jésus leur dit :
"Maintenant puisez et portez-en au maître du repas." Ils lui en
portèrent
9 et il goûta l'eau
devenue vin - il ne savait pas d'où il venait,
à la différence des servants
qui avaient puisé l'eau - aussi il s'adresse au marié
10 et lui dit : "
Tout le monde offre d'abord le bon vin et, lorsque les convives sont gris,
on fait servir le moins
bon ; mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant !"
11 Tel fut, à Cana de
Galilée, le commencement des signes de Jésus.
Il manifesta sa gloire et ses
disciples crurent en lui.
12 Après quoi, il descendit à
Capharnaüm avec sa mère, ses frères et ses disciples :
mais ils n'y restèrent que
peu de jours.
Jean 2
_____
Le récit des "noces de Cana"
rapporte-t-il un tour de prestidigitation, un fait-divers merveilleux, à vrai
dire peu crédible et dépourvu d'intérêt pour nos existences difficiles ?
Les chrétiens auraient-ils inventé cet épisode
pour faire pièce aux croyances païennes relatives à la fête de DIONYSOS qui se
célébrait jadis le 6 janvier ? On assurait que ce jour-là les fontaines du
temple consacré au dieu de l'ivresse laissaient couler du vin au lieu de l'eau
habituelle ; et que les jarres vides déposées dans le parvis étaient
trouvées le lendemain emplies ras-bord du meilleur cru...
Ne serions-nous pas plutôt en présence d'un fonds
"poétique" commun à diverses religions, mais qui prendrait dans
l'univers biblique judéo-chrétien une signification tout à fait particulière
qu'il nous appartiendrait de découvrir ?
Plusieurs indices tendent de fait à le
montrer :
- Dans l'Ancien Testament, le prophète ÉLIE
effectue successivement deux prouesses éloquentes en faveur de la veuve de
Sarepta (1 R 17,7-24) : la misérable cruche d'huile possédée par cette
femme ne se videra pas avant le retour fécondant de la pluie ; et le fils
décédé de la veuve sera rendu à sa mère.
Élisée, héritier de l'esprit d'Élie, emplit tous
les récipients de la maisonnée avec le seul petit flacon d'huile d'une autre
veuve, puis il redonne vie à l'enfant unique et tardif de cette Shunamite, mort
brusquement d'insolation : Oh ! ma tête ! ma tête !
(2 R 2,9 ; 4,1-37)
Jésus, intervenant à Cana, (tout près de Shunem)
pour remédier à la pénurie de vin et guérir ensuite le fils du fonctionnaire
royal, n'est-il pas présenté comme le nouvel Élie dont le retour en ce monde
était impatiemment attendu (Jn 4,46 ; 1,25) ?
- Bien mieux, pour surmonter l'incrédulité des
Hébreux face à sa mission, MOÏSE reçoit de Dieu le pouvoir d'accomplir trois
signes explicitement dénombrés (Ex 4,8), dont le troisième consiste à répandre
de l'eau puisée au fleuve Nil et qui se change en sang sur la terre sèche (Ex
4,9).
Or Jésus réalise trois signes soigneusement
numérotés, dont on peut montrer qu'ils se suivaient sans discontinuité, au début
de sa prédication, dans une première version du quatrième évangile (cf Jn
2,11 ; 4,54... et en 21,14 la pêche miraculeuse, liée à l'appel des
disciples en Jn 1,35 s. mais actuellement déplacée 1 et située après la
résurrection : cf Lc 5,11) ! Le nouveau Moïse ne se fait-il pas
reconnaître de la sorte comme l'Envoyé du Dieu vivant ? En effet, les
signes sont ici destinés à provoquer la foi (Jn 2,11), alors que
dans les synoptiques ils en seront au contraire, le plus souvent, la
conséquence (Mt 8 13)...
*
Engagés que nous sommes sur la voie d'une lecture
"biblique" des noces de Cana, nous devenons attentifs à quelques
notations insolites par lesquelles le texte suggère lui-même son interprétation
symbolique.
- D'abord LE TROISIÈME JOUR. Apportée au v.1,
cette précision répartit sur une semaine les événements par lesquels s'inaugure
le ministère de Jésus. L'adverbe le lendemain scande la séquence (Jn
1,29.35.43), tandis qu'en Jn 1,39 la mention de la dixième heure et du séjour
des disciples du Baptiste auprès de Jésus ce jour-là renvoie au
quatrième matin l'appel de Simon (Jn 1,40-42). Il s'agit de manifester,
par cette division en sept jours, que la nouvelle création est l'œuvre de la
Parole faite chair et qu'elle s'accomplit en Jésus. C'est pourquoi l'évangile
débute par l'expression Au commencement (Jn 1,1), tout comme le livre de
la Genèse qui répartit en sept journées successives le travail de la création
primordiale (Gn 1,1 et 2,2) 2. Si le sixième jour n'est pas mentionné
dans notre texte, c'est afin de situer les noces au troisième jour après la
promesse à Nathanaël (Jn 1,51 ; cf Gn 28,12-18), en évoquant le
thème de la résurrection (Lc 24,7), selon la symbolique du prophète
Osée : Après deux jours il nous fera revivre, le troisième jour il nous
relèvera et nous vivrons en sa présence (Os 6,2). La création nouvelle
prend ainsi, au septième jour, sa forme définitive par la résurrection de Jésus
prémices de la résurrection universelle (Gn 2,2).
- Ensuite LE THÈME DU VIN. Cette boisson qui réjouit
le coeur de l'homme (Ps 104,14) est appelée par la Bible le SANG de la
grappe qui fermente (Dt 32,14). Signe de la prospérité du peuple (Dt 7,13),
le vin est lié au respect de l'Alliance et à la possession de la Terre promise
(Dt 28,51), à la promesse de restauration et de retour d'exil : Ce
jour-là, les montagnes dégoutteront de vin nouveau et les collines
ruisselleront de lait, annonce le prophète Joël (4,18 ; 2,24 ; cf
Is 25,6 ; 55,1 ; Os 14,8). Déjà (et toujours), au livre de la Genèse,
les bénédictions de Jacob mourant promettaient à Juda un descendant qui lierait
son ânon au cep de vigne, laverait son vêtement dans le vin, son habit dans
le sang des raisins, et dont les yeux seraient troublés de vin
(Gn 49,11-12, cf Is 63,3).
De fait, dans l'Ancien Testament, le vin
symbolise la PAROLE DE DIEU, la révélation faite aux hommes par la Loi de Moïse
et par la Sagesse. Ainsi que nous le chantons, la Sagesse en personne, ayant
dressé sa table et mélangé son vin, interpelle les gens enfermés dans leurs
calculs à courte vue : Venez manger de mon pain et boire le vin que
j'ai préparé pour vous ! Quittez votre stupidité (vulgairement :
arrêtez votre connerie) et vivez enfin intelligemment ! (Pr 9 6). Vous
tous qui avez soif, venez acheter sans argent, recevez gratuitement le vin et
le lait... prêtez l'oreille et vous vivrez ! (Is 55,1-3)
Le vin (souvent associé au pain et au lait)
représente donc l'enseignement que procure la Sagesse de Dieu et que l'homme
est invité à "écouter" afin de vivre pleinement.
Or Marie déclarera bientôt : Faites tout
ce qu'il vous dira, et le premier chapitre de Jean, relatif à
l'appel des disciples, est sous-tendu par ce thème de la Sagesse, - qui doit
être cherchée et trouvée (Pr 8,17), aux portes de laquelle l'homme est invité à
veiller (Pr 8,34), qui convoque les gens à recevoir son enseignement et à se
mettre à son école. Jésus y est appelé Maître et demande Qui
cherchez-vous ? (Jn 1,38) ; ceux qui le trouvent demeurent
chez lui (Jn 1,39, cf Si 6,36 ; Jn 14,1-3). Tout cela revient à indiquer
que Jésus est LA SAGESSE INCARNÉE, qui va conduire les disciples jusqu'au
banquet où il leur versera le vin nouveau de la Parole de vie. Il faut d'abord
voir dans le vin de Cana la révélation apportée par le Christ, Logos
fait chair, Sagesse supérieure à celle qu'offrait déjà la Loi juive. LE MANQUE
signifie l'absence de prophète, le tarissement de la Parole dans le judaïsme
contemporain de Jésus (cf Ps 73,9). Àcette carence, succède l'abondance
messianique. Le Logos, dit Philon d'Alexandrie, est " échanson et maître
de festin ". Jésus achève et accomplit l'Alliance ancienne. La Loi fut
donnée par Moïse, la grâce et la vérité le sont par Jésus Christ (Jn 1,17).
Or si la Loi était bonne, l'Évangile - quoique dispensé à la fin - est encore
meilleur (Jn 2,10). Le vin nouveau est ici paradoxalement supérieur au vin
vieux. (Mais parce qu'il bouleverse bien des comportements et manières de
penser, il n'est pas du goût des adversaires de Jésus qui refusent obstinément
de le boire et affirment contre toute évidence (Lc 5,39) : C'est le
vieux qui est bon !)
*
- LES JARRES destinées aux purifications des
Juifs symbolisent bien l'ancienne Alliance et son imperfection. Elles sont en
effet au nombre de six, chiffre de l'inaccompli, du manque, de la faiblesse.
C'est à la sixième heure que Jésus est fatigué (Jn 4,6), livré à Pilate
(Jn 19,14). C'est en son humanité qu'il est vulnérable : la formule Cet
homme revient six fois dans l'évangile : Jn 7,46 ; 9,16.24 ;
11,47 ; 18,17.29. En Jn,5 31-47, le manque de foi des Juifs est exprimé
par l'utilisation du verbe croire à six reprises (5,38.44.46.46.47.47),
alors que le verbe rendre témoignage reviendra sept fois, chiffre
parfait (5 31.32.32.33.36.37.39). La vie de Jésus est scandée par six
fêtes juives (Jn 2,13 ; 6,4 ; 11,55 ; 12,51 ; 7,2 ;
10,22), auxquelles s'opposeront sept mentions de la Pâque du Christ (11 55
(2) ; 12,1 ; 13,1 ; 18,28.39 ; 19,14) - Les jarres, symbole
du manque et de l'inachèvement, doivent donc être sinon remplacées du moins
transposées dans une Réalité plénière 3.
Remarquons également que les jarres évoquent
l'ancienne Alliance sous son aspect cultuel. Si le vin représente la Parole,
l'allusion à la purification, par sa résonance liturgique, suggère de surcroît
une interprétation sacramentelle (baptême et eucharistie), dans la ligne
de Jn 15 et 19,34s, - surtout si l'on se souvient que le quatrième évangile ne
comporte pas de récit de la Cène et que le discours eucharistique se situe au
chapitre 6°, en rapport avec la multiplication des pains... (On notera de plus
que le mot VIN figure à six reprises dans notre texte pour intervenir une
septième fois au v.46 du chapitre 4° qui "résume" le signe de Cana 4.
Le caractère eucharistique de ce "vin de perfection" est d'autant
moins douteux que le chapitre 6° suivait immédiatement le 4° à l'étape de
rédaction qui nous intéresse...) - Symboles des sacrements de l'Église, l'eau
et le sang couleront bientôt du côté ouvert de Jésus crucifié. Et désormais
l'eau baptismale - qui relaie les ablutions juives et appelle le sang
eucharistique purificateur - dispense sans mesure l'Esprit capiteux parmi le
peuple des croyants...
*
Car nous devons aussi rechercher avec soin la
signification de L'HEURE de JÉSUS. Il s'agit sans doute et d'abord de l'Heure
de la MANIFESTATION (l'épiphanie) du Messie. Pour les Juifs, ce dernier devait
demeurer caché avant de commencer son ministère, soit parce qu'il préexistait
auprès de Dieu, soit parce qu'il avait été placé, après sa naissance, en un
endroit tenu secret (cf Ap 12,6). Son règne devait s'inaugurer par une
manifestation de gloire, une démonstration visible de puissance, se produisant
"à son heure", au temps fixé. Or ce thème du Messie caché est présent
en Jn 1,26.31 où le Baptiste déclare : Au milieu de vous se tient
quelqu'un que ni vous ni moi ne connaissons. À Cana, cet Inconnu se
manifeste et entreprend de remplir sa mission : Jn 2,11. (La
traduction la plus correcte de la réponse de Jésus à sa mère comporte en effet
l'interrogation : Mon heure n'est-elle pas (encore) venue ? En
ce sens, le Christ reproche à Marie d'oublier que l'heure a sonné où il doit se
manifester comme Messie parfaitement capable de remédier au manque de vin...)
Mais en d'autres passages (issus probablement
d'un auteur différent) l'Heure de Jésus est celle de sa croix, du MYSTÈRE
PASCAL, qui est la véritable "glorification"
(cf Jn 7,30 ; 8,20 ; 12,23 ; 13,1 ; 17,1). (On
traduit alors simplement, comme la T.O.B. : Mon heure n'est pas encore
venue).
Les deux interprétations ne s'excluent pas, dans
la mesure où l'une est la figure de l'autre et où la mère, présente à Cana, le
sera également au pied de la croix (Jn 19,25).
LE DIALOGUE AVEC MARIE a fait couler beaucoup...
d'encre ! On est en général sensible à la résistance de Jésus qui paraît
traduire son angoisse, sa panique au moment de naître à la vie publique, de
passer du silence à la parole (cf en Jn 12,27 l'agonie, le combat de Jésus qui
souhaite à la fois être sauvé de son Heure et l'accepter comme accomplissement
de sa mission). Semblable à la femme qui est sur le point d'accoucher, Marie
sait que l'heure est venue (Jn 16,21) et ses propos atteignent son fils au plus
profond, comme si par elle le Père ordonnait à l'Envoyé de manifester le
pouvoir de la Parole créatrice. La mère parle à son fils sur le plan d'une
constatation naturelle, Ils n'ont plus de vin, mais Jésus entend et
réagit à un autre niveau, il est comme suscité par le constat du manque qui
menace les invités. S'étonnant de la résonance que trouvent en lui les paroles
de Marie, il répond par une question : Qu'y a-t-il entre toi et
moi ? 5
Selon Françoise Dolto, cette interrogation est
analogue à celle que le fœtus adresse à sa mère à l'instant où se déclenchent
les premières contractions annonçant à la parturiente que l'heure de la naissance
est enfin échue. Dans une mystérieuse connivence, la mère et l'enfant sont
accordés pour qu'une nouveauté advienne. Jésus va naître à sa mission et Marie
est initiatrice de ses premiers pas. Intervenant auprès des servants, elle
pousse Jésus au dehors, elle le met au monde des hommes. La Femme, à ce moment,
devient véritablement Mère de Dieu. Sans doute faut-il voir ici l'équivalent du
récit de la Nativité (Lc 2,7) qui, on le sait, ne figure pas dans le quatrième
évangile 6. Du même coup et par voie de conséquence, Marie donne
naissance à la Communauté fraternelle que va réjouir le Vin messianique 7.
C'est pourquoi une scène symétrique se déroule au
pied de la croix, lorsque Jésus mourant s'adresse à nouveau à Marie pour lui
confier le Disciple par excellence, celui qu'il aimait : Femme, voici
ton fils ! (Jn 19,26). Il est frappant de constater qu'en cette
dernière occurrence et tout comme à Cana, Jésus utilise, pour interpeller
Marie, le curieux vocatif de FEMME. Ce terme nullement péjoratif (cf Mt 15,28 ;
Lc 13,12 ; Jn 4,21 ; 20,13) confère une portée très large à la
maternité de celle qu'il désigne. Car "Femme" est en Gn 2,23 la
compagne d'Adam, qui va l'appeler ÈVE ou MÈRE DES VIVANTS (Gn 3,20). Or Jn
19,28, expliquant par l'accomplissement des Écritures l'épisode où Jésus confie
Marie au disciple bien-aimé, renvoie très certainement à Gn 3,15, à la
malédiction du serpent par le Créateur au lendemain de la chute : Je
mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il
t'écrasera la tête et tu l'atteindras au talon. Il y a combat ouvert entre
"les Juifs", ennemis du Christ, postérité de Satan (Vous avez pour
père le diable..., homicide et père du mensonge, Jn 8,44, cf Jn 6,70 ;
13,2.27) et Jésus, véritable postérité d'Abraham, fils de Marie Ève nouvelle,
sorti de Dieu, Parole de vérité (Jn 8,23.37.46.58). Cette lutte, qui se déroule
tout au long de la vie et du procès du Fils de l'homme, s'achève à l'Heure de
la croix. Maintenant le prince de ce monde va être jeté dehors et moi,
élevé de terre j'attirerai tous les hommes à moi (Jn 12,31.32). À
l'Heure de la glorification, le Crucifié, premier-né de la multitude des
frères, écrase véritablement la tête de l'ancien serpent. Et comme la première
Femme avait été associée à l'œuvre de mort, Marie la nouvelle Ève se trouve
associée à l'œuvre de la Vie. Sa maternité acquiert de la sorte une neuve
dimension. Jésus donne à la Femme le disciple pour fils, et à dater de ce jour
celui-ci la prend chez lui (Jn 19,26.27). "Chez lui",
c'est à dire non pas dans ses meubles mais bien dans ces biens propres qui le
constituent disciple : l'héritage de Jésus, la foi, l'amour, tout l'espace
de l'Esprit dans lequel habite véritablement le Christ. Il est venu chez les
siens et les siens ne l'ont pas accueilli. A ceux qui l'ont accueilli, il a
donné pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son Nom (Jn
1,11-12). Devenue mère des croyants, de ceux qui reçoivent la Vie
par Jésus, Marie est au cœur de l'Église et elle en constitue le symbole (cf Jn
2,12). De même que Marie a mis Jésus au monde en consentant à la passion, la
Communauté-Église enfante le Christ total, le peuple messianique (Jn
16,21-22 ; Ap 12). L'œuvre de Jésus se poursuit désormais dans celle de la
Femme, de l'Église ; recevoir Jésus ou recevoir la Mère de Jésus,
l'Église, est équivalemment le même acte de foi 8.
*
Aussi bien Marie, à Cana, donnait-elle aux
SERVITEURS le conseil définitif : Tout ce qu'il vous dira,
faites-le ! Cette invitation pressante reprend presque littéralement
une injonction qui se lit dans l'histoire de JOSEPH le patriarche, en Gn
41,55 : Tout le pays d'Égypte souffrit de la faim et le peuple demanda
à grands cris du pain à Pharaon ; mais Pharaon dit à tous les
Égyptiens : Allez à Joseph, et ce qu'il vous dira, faites-le.
De même que Joseph, d'abord vendu par ses frères
mais reconnu et justifié par Pharaon (Où trouver un homme comme celui-ci, en
qui soit l'Esprit de Dieu ? Gn 41,38, cf Jn 1,32-33) procure le pain
aux affamés, Jésus rempli de l'Esprit de résurrection procure en abondance le
vin nouveau (chaque jarre contient environ une centaine de litres !) Il se
montre en cela véritablement "fils de Joseph" (comme il est aussi
"fils de David") ainsi que le signale en Jn 1,45 une intentionnelle
ambiguïté.
Mais il est également possible de rapprocher le
conseil donné par Marie d'une autre formule quasi "technique" de
l'ancien Testament. Il s'agit de la réponse fréquemment fournie par le peuple à
un médiateur et par laquelle on s'engage à observer fidèlement L'ALLIANCE
proposée par Dieu : Tout ce que dit le Seigneur, nous
l'accomplirons ! (Ex 19,8 ; 24,3-7 ; Dt 5,27 ;
Jos 24,24 ; Esd 10,12 ; Ne 5,12). Jean mettrait de la sorte sur
les lèvres de Marie la profession de foi prononcée jadis par les Israëlites au
pied du Sinaï. La mère demande aux servants d'adopter vis à vis de Jésus
l'attitude de l'Alliance, celle de l'obéissance parfaite, d'ailleurs aussitôt
manifestée aux v.7 & 8 : Remplissez... ils emplirent ;
portez-en... ils portèrent...
Remarquons du coup que les "serviteurs"
("ministres" et non "esclaves") qui distribuent à la ronde
le vin de la Sagesse (cf Jn 6,12-13, pour le pain), symbolisent les
disciples, les prêcheurs, devenus "serviteurs de la Parole" (Lc 1,2).
Après l'enlèvement de Jésus, les apôtres connaissent pertinemment la provenance
de l'enseignement qu'ils proclament, eux qui furent ses compagnons (cf Jn
17,7). Il faut donc faire confiance à ceux qui, au matin de la Pentecôte,
s'engagent sur les chemins du monde pour annoncer l'Évangile avec une telle
conviction que certains "spectateurs" déclarent en se moquant : Ils
sont pleins de VIN doux ! (Ac 2 13 ; Jn 15,15)
*
Ces considérations ecclésiales nous conduisent à
pousser plus avant l'exploration du récit. L'importance biblique du THÈME GÉNÉRAL
DES NOCES est en effet considérable. La triple répétition du mot noces
dans les trois premiers versets (version longue du texte) suffirait à nous le
rappeler si nous l'avions oublié ! Quelques étrangetés s'imposent de
surcroît.
Il faut d'abord noter que l'on n'aperçoit point
ici de mariée. Toute la compassion de Jésus se porte vers la Communauté des
invités (comprenant les disciples et frères de Jésus, v.2 et v.12), rassemblée
pour la fête et menacée de dispersion faute de boisson forte. De plus, la mère
de Jésus (qui n'est pas désignée par son prénom dans le 4° évangile !)
semble bien s'exprimer au nom de ces convives, se faire en quelque sorte leur
porte-parole (v.3°). C'est que, dans sa maternité physique, la Femme résume et
représente le peuple d'Israël dont Jésus est issu (Jn 4,22 ; 16,21).
Fille de Sion, elle est figure de la Synagogue et personnifie la
communauté messianique (Is 49,20-22 ; 54,1 ; 66,7-11 etc). À ce
titre, (elle) est là (v.1). Mais elle symbolise simultanément le nouvel
Israël, dont elle exprime l'être profond par le conseil de fidélité à
l'Évangile qu'elle prodigue aux serviteurs (cf Mc 3,24 ; Lc 11,8 et
Note 6).
Par ailleurs, la parole du v.10 est subitement
adressée par le maître d'hôtel à un marié dont on a jusqu'alors ignoré la
présence. La facture duelle du récit est tout à coup rompue par la mention de
"l'appel" adressé à ce tiers-époux. L'action accomplie par Jésus lui
est attribuée par la remarque qui le situe d'emblée hors du commun, le
distingue du reste des gens : Tout le monde... Toi, tu... Qui peut
donc être cet ÉPOUX, tenu comme à distance mais qui mène l'action, sans qui les
noces n'auraient point lieu, qui est-il sinon le Dieu vivant lui-même dont
Jésus, simple invité mais véritable fournisseur du bon vin, semble exécuter les
desseins ?
Dès lors, les noces de Cana représentent
l'aboutissement de la grande symbolique biblique de l'Alliance nuptiale entre Dieu
et son peuple (Os 1-3 ; Ez 16 ; Is 50,1 ; 54,4-8 ;
62,4-5 ; Jr 2,1-2 ; 3,1.6.12 ; Ct ; Ps 44 etc). Dans un jeu
de substitutions très subtiles, Jésus et Marie figurent les Partenaires
réels, ils agissent comme les personnages principaux du récit, le signe
résulte de leur collaboration. Par leurs gestes et leur dialogue, ils
supplantent les mariés et apparaissent finalement comme L'ÉPOUX ET L'ÉPOUSE
spirituels du banquet messianique.
Aussi bien, au chapitre suivant, Jean-Baptiste
désignera-t-il clairement comme l'Époux ce Jésus dont il se déclare
précurseur : Qui a l'épouse est l'époux, mais l'ami de l'époux qui se
tient là et qui l'entend est ravi de joie à la voix de l'époux
(Jn 3,29 ; cf Mt 9,14 et // ; Mt 22,1s). Les noces
humano-divines, longuement et dramatiquement préparées par toute l'histoire
biblique, sont signifiées à Cana par l'Épiphanie du Messie 9. Jésus s'y
fait connaître comme l'Époux divin de la nouvelle Communauté, personnalisée par
la Femme, avec laquelle il veut conclure une Alliance nouvelle et définitive.
Il manifeste une gloire qui, d'après l'Écriture, n'appartient qu'à Dieu
et qui est donc l'affirmation de sa propre transcendance lorsqu'il se révèle à
ce moment comme l'Époux-messie (v.11) .
Mais l'Alliance nouvelle s'accomplira vraiment
par le mystère pascal, sur la croix de Jésus, dans le don de la vie et
l'effusion de l'Esprit. L'Église Épouse, Ève nouvelle, y naît sacramentellement
du flanc transpercé du second Adam endormi dans la mort (Jn 9,30.34 ;
Gn 2,21-23 ; Ep 5,25-28). Marie est donc ici figure de l'Église, non
seulement en tant que mère des disciples, comme nous l'avons dit, mais comme
ÉPOUSE DE DIEU EN JÉSUS CHRIST. Sa maternité spirituelle, dont nous parlions
également plus haut, implique cette condition. Ce que le livre de la Genèse
prophétise du rapport de l'homme et de la femme s'applique désormais au Christ
et à la Communauté (Ep 5,29-33) et ce Mystère de conjugalité sera pleinement
manifesté dans le Royaume, au dernier jour (Ap 19,7.9 ; 21,2).
LE COUPLE CHRÉTIEN est donc le symbole vivant de
cette Réalité-là. Les époux en témoignent par leur vie évangélique et la parole
qui l'interprète. Si l'historicité stricte de l'épisode de Cana peut sembler
quelque peu douteuse, le SIGNE de ces noces se réalise visiblement parmi nous
en chaque couple croyant. Le SACREMENT de mariage est tout simplement ce que
devient l'union de l'homme et de la femme lorsqu'elle se conclut dans le
Seigneur (1 Co 7,39 ; Col 3,18) - et non pas devant Dieu !
- dans la Pâque du Christ Parole d'amour donnée sans retour... Fruit de
l'Esprit, don de la foi, l'Amour dispensé par le Christ, l'agapè, peut seul
conduire le couple à son épanouissement, lui permettre de surmonter l'usure des
jours. Parce qu'il s'abreuve du vin des noces (v.3), cet amour-là ne
passe pas. Il a déjà franchi la mort et sa portée "mystique" ne
saurait être minimisée (cf 1 Co 13,8-13)... Car le meilleur est pour la fin,
contrairement à l'idée reçue qui placerait dans les premiers émois les joies
d'un amour auquel on ne reconnaîtrait ensuite que les perspectives de l'ennui,
du désenchantement, du divorce...
Les impasses de la vie conjugale dont nous sommes
chaque jour témoins attristés manifestent cruellement la gravité du manque
éprouvé à Cana. Simultanément, l'état du monde autour de nous (violence,
chômage, disparités croissantes...) ressemble trop souvent à la description
qu'en donnait déjà le Prophète :
Le vin nouveau est en deuil,
la vigne s'étiole,
ils gémissent, ceux qui avaient le coeur en fête ;
le son allègre des tambourins s'est tu,
les fêtes bruyantes ont pris fin,
le son joyeux du kinnor ne se fait plus entendre.
On ne boit plus de vin en chantant,
la boisson est amère à ceux qui la boivent.
Elle est en ruines la cité du néant,
toute maison est fermée, on ne peut entrer.
On crie dans les rues pour avoir du vin,
toute joie a disparu,
l'allégresse a été bannie du pays.
Dans la ville on ne voit que décombres,
la porte s'est effondrée en ruines...
(Is 24,7-13)
Face à cette situation, la mission de l'Eglise
dont Marie constitue l'icône indépassable, est assurément d'intercéder auprès
du Dieu fait homme, d'agir évangéliquement, de proclamer avec force la Parole
de Vie, - de proposer le Vin nouveau : celui qui monte aux têtes et fait
bondir les coeurs, qui relance la Fête et lui donne son sens.
En chaque eucharistie nous redisons cela, quand
nous anticipons le grand banquet nuptial, en appelant l'Époux de tout notre
désir (1 Co 11,27 ; Ap 22,17).
« OR LES EAUX COMMENCÈRENT À
RECEVOIR LA FORCE,
À PRENDRE DE LA COULEUR,
À RÉPANDRE UNE BONNE ODEUR,
À ACQUÉRIR DU GOÛT
ET À CHANGER ENTIÈREMENT »
___
1 Dans cette antique version de l'évangile, Jésus
accomplissait sept signes au cours de sa vie publique. Le rédacteur suivant,
sensible à la symbolique des nombres, a retranché une unité et transformé
l'épisode de la pêche en récit d'apparition pascale. Ne conservant de la sorte
que six signes, l'auteur faisait de la résurrection de Jésus le septième, le
"signe" par excellence...
2 Par ailleurs, le v.11 peut être littéralement
traduit : Cela (ce qui précède) fut le commencement des signes de Jésus.
Il s'agit moins ici du premier acte d'une série que de la mise en marche d'une
réalité se poursuivant jusqu'à la fin. Cana nous est ainsi présenté comme
l'archétype des signes qui suivront ; il faut y voir la clé permettant de
lire et de comprendre tout le déroulement du quatrième évangile en son actualité
persistante.
(Noter dans le même sens, au v.8, la pertinence
du mot maintenant, non requis par le contexte).
3 On précise au v.6 qu'il s'agit de jarres de
pierre, matière résistante et durable ! Les synoptiques parleront d'outres
que le vin nouveau fait au contraire éclater (Mc 2,22, noter le
contexte) : autre manière de signaler l'imperfection, sans recourir à la
symbolique des nombres...
4 . Du coup, le nom de Cana figure trois fois
dans l'évangile (Jn 2,1.11 ; 4.46), comme pour souligner l'importance centrale
- et pascale - de l'épisode.
5 Qu'y a-t-il entre toi et moi ? signifie
parfois : " Quel contentieux antérieur nous oppose-t-il, que t'ai-je
fait pour que tu me veuilles ce mal ? " cf Jg 11,12 ; 2 Ch 35,1 ; 1 R 17,18. Mais
également, et c'est le cas ici : " Qu'y a-t-il de commun entre
toi et moi ? " ou " Quelle est la relation qui nous unit ?
" Remarque qui revient alors à déplorer :" Nous ne sommes pas
sur le même plan, nous ne jugeons pas de la même manière... " (Ou si
l'on veut : " Occupe-toi de ce qui te regarde ! " La
traduction Que me veux-tu ? ne rend pas correctement ces nuances).
6 Il existe un curieux parallèlisme entre la
réponse apparemment dilatoire de Jésus à Cana, suivie de l'accomplissement du
signe, et l'épisode du chapitre 7° où Jésus refuse à sa famille de monter à
Jérusalem car il n'est pas encore temps (v.8), puis s'y rend cependant
(v.10)... Le Maître reparaît enseignant dans le Temple et, menacé
d'arrestation, prononce des paroles relatives à la proximité de son départ et
au thème "chercher-trouver" (Jn 7,14.33). Tout ceci rappelle
étrangement l'épisode du Recouvrement dans l'évangile de Luc 2,41-50...
(Cf également Jn 2,13-23 et Lc 2, 22-39)
7 De ce point de vue, certains se disent
provoqués par l'attitude de Marie envers Jésus, qui leur paraît
particulièrement exemplaire en un temps où la "famille" et
l'éducation, dans leur recherche de modalités nouvelles, nous posent de
nombreux problèmes.
On observe que Marie ne donne aucun ordre,
n'intime aucun commandement. Elle se contente d'attirer l'attention de son fils
sur la situation et de faire confiance aux potentialités cachées de Jésus, aux
virtualités dont il est porteur et qu'elle a pressenties. Cette qualité
d'affection va pousser le jeune homme à l'action, lui révéler la force d'amour
qui l'habite lui-même et qu'il ignore peut-être encore... - Sitôt réalisé le
passage du Fils à la vie publique, la mère entre dans le silence et accepte la
"distance" que Jésus ne cessera de marquer à l'égard de son
entourage, tout tendu qu'il est vers la fraternité universelle et constamment
attentif à ne pas se laisser "récupérer" par sa famille : Qui
est ma mère et qui sont mes frères ?... Celui qui écoute la Parole de Dieu
et la garde, celui-là est mon frère et ma sœur et ma mère... (Mc 3,21.31-35 ;
Lc 11,27-28). Que de drames seraient évités dans les rapports familiaux si nous
devenions capables de tels comportements !...
8 On voit donc que les scènes de Cana et du
calvaire s'appellent mutuellement et s'interprètent l'une par l'autre. Entre
ces deux moments (qui réalisent ce que l'on appelle une inclusion) Marie ne
figure plus dans le quatrième évangile. Ces épisodes demeurent le fondement de
la relation mariale authentique. Notre foi en effet doit conquérir sans cesse
la mesure juste entre les errements de la piété sentimentale et envahissante et
la non moins affligeante désaffection en laquelle beaucoup semblent être tombés
à l'égard de la Mère de Jésus...
9 L'Ancien Testament n'attribue pas au Messie le
titre d'Époux d'Israël, ce que fera le Nouveau en raison de la divinité de
Jésus et de son rôle envers l'Église. (Remarquons que le nom de Jésus figure
sept fois dans notre texte !)
( la forme PARABOLIQUE )
|
( avant l'Heure
) |
La CROIX |
L' EGLISE
et le ROYAUME ( l' ETERNITE ) |
|
le commencement des SIGNES |
" Tout est achevé!
" |
Les Temps nouveaux |
|
le Vin |
le Sang ... |
Eucharistie |
|
l'Eau pour la Purification
des Juifs |
... et l'Eau |
le Baptême |
|
"Ils n'ont pas de vin
" |
" J'ai soif ! " |
tous ceux qui ont soif |
|
Les disciples |
le disciple et les deux
femmes |
l'Eglise |
|
la Mère de Jésus |
la Mère de Jean |
la Mère de l'Eglise |
|
Cana |
le Calvaire |
le Royaume |
|
les Noces |
la Croix |
les Noces éternelles |
4 Quand
Jésus apprit que les Pharisiens avaient entendu dire qu'il faisait plus de
disciples et en baptisait plus que Jean --
bien qu'à vrai dire Jésus lui-même ne baptisât pas, mais ses disciples
-- , il quitta la Judée et s'en
retourna en Galilée. Or il lui fallait
traverser la Samarie. Il arrive donc à
une ville de Samarie appelée Sychar, près de la terre que Jacob avait donnée à
son fils Joseph. Là se trouvait le
puits de Jacob. Jésus, fatigué par la marche, se tenait donc assis près du
puits. C'était environ la sixième heure.
Une femme de Samarie
vient pour puiser de l'eau. Jésus lui dit: "Donne-moi à boire." Ses disciples en effet s'en étaient allés à
la ville pour acheter de quoi manger.
La femme samaritaine lui dit: "Comment! toi qui es Juif, tu me
demandes à boire à moi qui suis une femme samaritaine?" (Les Juifs en
effet n'ont pas de relations avec les Samaritains.) Jésus lui répondit:
"Si
tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit:
Donne-moi
à boire,
c'est
toi qui l'aurais prié et il t'aurait donné de l'eau vive."
Elle lui dit:
"Seigneur, tu n'as rien pour puiser, et le puits est profond. D'où l'as-tu
donc, l'eau vive? Serais-tu plus grand
que notre père Jacob, qui nous a donné ce puits et y a bu lui-même, ainsi que
ses fils et ses bêtes?" Jésus lui
répondit:
"Quiconque
boit de cette eau aura soif à nouveau;
mais
qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif;
l'eau
que je lui donnerai deviendra en lui source d'eau jaillissant en vie
éternelle."
La femme lui dit:
"Seigneur, donne-moi cette eau, afin que je n'aie plus soif et ne vienne
plus ici pour puiser." Il lui dit:
"Va, appelle ton mari et reviens ici." La femme lui répondit: "Je n'ai pas de mari." Jésus lui
dit: "Tu as bien fait de dire: Je n'ai pas de mari, car tu as eu cinq maris et celui que tu as
maintenant n'est pas ton mari; en cela tu dis vrai." La femme lui dit: "Seigneur, je vois
que tu es un prophète... Nos pères ont
adoré sur cette montagne et vous, vous dites: C'est à Jérusalem qu'est le lieu
où il faut adorer." Jésus lui dit:
Crois-moi,
femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem
que
vous adorerez le Père.
Vous,
vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous
connaissons,
car
le salut vient des Juifs.
Mais
l'heure vient -- et c'est maintenant -- où les véritables adorateurs
adoreront
le Père dans l'esprit et la vérité,
car
tels sont les adorateurs que cherche le Père.
Dieu
est esprit, et ceux qui adorent, c'est dans l'esprit et la vérité qu'ils
doivent adorer."
La femme lui dit:
"Je sais que le Messie doit venir, celui qu'on appelle Christ. Quand il
viendra, il nous expliquera tout."
Jésus lui dit: "Je le suis, moi qui te parle."
Là-dessus arrivèrent
ses disciples, et ils s'étonnaient qu'il parlât à une femme. Pourtant pas un ne dit: "Que
cherches-tu?" Ou: "De quoi lui parles-tu?" La femme alors laissa là sa cruche, courut à
la ville et dit aux gens: "Venez
voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait. Ne serait-il pas le
Christ?" Ils sortirent de la ville
et ils se dirigeaient vers lui.
Entre-temps, les
disciples le priaient, en disant: "Rabbi, mange." Mais il leur dit: "J'ai à manger un
aliment que vous ne connaissez pas."
Les disciples se disaient entre eux: "Quelqu'un lui aurait-il
apporté à manger?" Jésus leur dit:
"Ma
nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et de mener son
oeuvre à bonne fin.
Ne
dites-vous pas: Encore quatre mois et vient la moisson?
Eh bien! je vous dis: Levez
les yeux et regardez les champs, ils sont blancs pour la moisson.
Déjà le moissonneur reçoit son salaire et récolte
du fruit pour la vie éternelle,
en
sorte que le semeur se réjouit avec le moissonneur.
Car
ici se vérifie le dicton: autre est le semeur, autre le moissonneur:
je
vous ai envoyés moissonner là où vous ne vous êtes pas fatigués;
d'autres
se sont fatigués et vous, vous héritez de leurs fatigues."
Un bon nombre de Samaritains de cette ville
crurent en lui à cause de la parole de la femme, qui attestait: "Il m'a
dit tout ce que j'ai fait." Quand
donc ils furent arrivés près de lui, les Samaritains le prièrent de demeurer
chez eux. Il y demeura deux jours et
ils furent bien plus nombreux à croire, à cause de sa parole, et ils disaient à la femme: "Ce n'est
plus sur tes dires que nous croyons; nous l'avons nous-mêmes entendu et nous
savons que c'est vraiment lui le sauveur du monde."
Après ces deux jours,
il partit de là pour la Galilée. Jésus
avait en effet témoigné lui-même qu'un prophète n'est pas honoré dans sa propre
patrie. Quand donc il vint en Galilée,
les Galiléens l'accueillirent, ayant vu tout ce qu'il avait fait à Jérusalem
lors de la fête; car eux aussi étaient venus à la fête.
Il retourna alors à
Cana de Galilée, où il avait changé l'eau en vin. Et il y avait un
fonctionnaire royal, dont le fils était malade à Capharnaüm. Apprenant que Jésus était arrivé de Judée en
Galilée, il s'en vint le trouver et il le priait de descendre guérir son fils,
car il allait mourir. Jésus lui dit:
"Si vous ne voyez des signes et des prodiges, vous ne croirez
pas!" Le fonctionnaire royal lui
dit: "Seigneur, descends avant que ne meure mon petit enfant." Jésus lui dit: "Va, ton fils vit."
L'homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il se mit en route. Déjà il descendait, quand ses serviteurs,
venant à sa rencontre, lui dirent que son enfant était vivant. Il s'informa auprès d'eux de l'heure à
laquelle il s'était trouvé mieux. Ils lui dirent: "C'est hier, à la
septième heure, que la fièvre l'a quitté." Le père reconnut que c'était l'heure où Jésus lui avait dit:
"Ton fils vit", et il crut, lui avec sa maison tout entière.
Ce nouveau signe, le
second, Jésus le fit à son retour de Judée en Galilée.
En ce
jour-là, une violente persécution se déchaîna contre l'Eglise de Jérusalem. Tous, à l'exception des apôtres, se
dispersèrent dans les campagnes de
Judée et de Samarie. Cependant
des hommes dévots ensevelirent Etienne et firent sur lui de grandes
lamentations. Quant à Saul, il
ravageait l'Eglise; allant de maison en maison, il en arrachait hommes et
femmes et les jetait en prison.
Ceux-là donc qui avaient été dispersés s'en
allèrent de lieu en lieu en annonçant la parole de la Bonne Nouvelle. C'est ainsi que Philippe, qui était descendu
dans une ville de la Samarie, y proclamait le Christ. Les foules unanimes s'attachaient à ses enseignements, car tous
entendaient parler des signes qu'il opérait, ou les voyaient. De beaucoup de possédés, en effet, les
esprits impurs sortaient en poussant de grands cris. Nombre de paralytiques et
d'impotents furent également guéris. Et
la joie fut vive en cette ville. Or il
y avait déjà auparavant dans la ville un homme appelé Simon, qui exerçait la
magie et jetait le peuple de Samarie dans l'émerveillement. Il se disait
quelqu'un de grand, et tous, du plus
petit au plus grand, s'attachaient à lui. "Cet homme, disait-on, est la
Puissance de Dieu, celle qu'on appelle la Grande." Ils s'attachaient donc à lui, parce qu'il y
avait longtemps qu'il les tenait émerveillés par ses sortilèges. Mais quand ils eurent cru à Philippe qui
leur annonçait la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et du nom de Jésus Christ,
ils se firent baptiser, hommes et femmes.
Simon lui-même crut à son tour; ayant reçu le baptême, il ne lâchait
plus Philippe, et il était dans l'émerveillement à la vue des signes et des
grands miracles qui s'opéraient sous ses yeux.
Apprenant
que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu, les apôtres qui étaient à
Jérusalem y envoyèrent Pierre et Jean.
Ceux-ci descendirent donc chez les Samaritains et prièrent pour eux,
afin que l'Esprit Saint leur fût donné.
Car il n'était encore tombé sur aucun d'eux; ils avaient seulement été
baptisés au nom du Seigneur Jésus.
Alors Pierre et Jean se mirent à leur imposer les mains, et ils
recevaient l'Esprit Saint.
Mais
quand Simon vit que l'Esprit Saint était donné par l'imposition des mains des
apôtres, il leur offrit de l'argent.
"Donnez-moi, dit-il, ce pouvoir à moi aussi: que celui à qui
j'imposerai les mains reçoive l'Esprit Saint." Mais Pierre lui répliqua: "Périsse ton argent, et toi avec
lui, puisque tu as cru acheter le don de Dieu à prix d'argent! Dans cette affaire il n'y a pour toi ni part
ni héritage, car ton coeur n'est pas droit devant Dieu. Repens-toi donc de ton mauvais dessein et
prie le Seigneur: peut-être cette pensée de ton coeur te sera-t-elle pardonnée; car tu es, je le vois, dans l'amertume du
fiel et les liens de l'iniquité."
Simon répondit: "Intercédez vous-mêmes pour moi auprès du Seigneur,
afin que rien ne m'arrive de ce que vous venez de dire." Pour eux, après avoir rendu témoignage et
annoncé la parole du Seigneur, ils retournèrent à Jérusalem en évangélisant de
nombreux villages samaritains.
Ce passage des Actes des Apôtres vient à la suite
de la lapidation d'Etienne, l'un des Sept, rapportée au chapitre précédent.
Avant son exécution, Etienne a
tenté de justifier sa prédication. Il s'est appuyé sur deux textes :
-
l'un du prophète Amos : Vous avez porté la tente
de Moloch et l'étoile du dieu Remphan, ces images que vous avez faites pour les
adorer! Aussi vous transporterai-je au delà de Babylone. (Actes 7/43). Ce texte est librement
cité d'après la version grecque de la Bible des Septante, dans lequel l'Eternel
reproche d'abord à son peuple, par la bouche du prophète, de ne lui avoir pas
offert des victimes et des sacrifices, durant la traversée du désert, lui
rappelant ce tabernacle de Moloch[1]
qu'il portait à sa suite, et cette étoile du dieu Rephan, images ou idoles
qu'il avait faites pour les adorer. Or, la traduction des Septante n'est pas
considérée comme "canonique" par les Juifs.
- Etienne a ensuite ajouté, concernant le
Temple, et s'appuyant sur une citation d' Isaïe 66,1-2 : Ce fut Salomon toutefois qui lui bâtit
une maison. Mais le Très-Haut n'habite
pas dans des demeures faites de main d'homme; ainsi le dit le prophète : Le
ciel est mon trône et la terre l'escabeau de mes pieds: quelle maison me
bâtirez-vous, dit le Seigneur, et quel
sera le lieu de mon repos? N'est-ce pas
ma main qui a fait tout cela ? C'est une exégèse typiquement samaritaine,
et qui va autoriser le Sanhédrin à ordonner la lapidation d'Etienne.
15°
Traité sur saint JEAN
Cet extrait du Traité de saint
AUGUSTIN (354-430) sur saint JEAN, nous permet de comprendre qu'à son époque,
on lisait cet évangile, non comme une suite de récits, mais comme des
paraboles, dont il fallait, avant d'en comprendre la signification, déchiffrer
les clés de lecture.
§ 1 :
-
Jésus, baptisant par lui-même ou par ses disciples
plus que Jean, et sachant que les Pharisiens prendraient de là occasion de le
persécuter, s'en alla en Galilée et passa par Samarie.
-
A six heures, il se trouva près d'un puits, et la
fatigue du voyage l'y fit asseoir.
-
Ce voyage figurait son Incarnation;
-
sa fatigue, la faiblesse où il s'est réduit pour
nous rendre forts;
-
l'heure
indiquait le sixième âge du monde,
-
et le puits marquait la profondeur de nos misères.
-
Une femme, image de l'Eglise des Gentils, vint
puiser de l'eau et le rencontra.
-
Après lui avoir demandé un peu d'eau pour se
rafraîchir, le Sauveur offrit à cette femme une eau qui étancherait sa soif
pour toujours;
-
mais, avec des idées toutes charnelles, elle ne
pensait qu'à un breuvage ordinaire, signe trop fidèle des voluptés mondaines,
et non à cette boisson spirituelle qui est la vérité.
-
Alors le Christ lui dit d'appeler son mari,
c'est-à-dire d'employer toute son intelligence à l'écouter.
-
Je n'en ai point. C'est vrai, car tu en as cinq, et
celui que tu as n'est pas le tien; en d'autres termes, tu as eu pour guides tes
sens corporels, et rien, sinon l'erreur, n'est venu les remplacer.
-
Appelle donc ton intelligence à ton aide.
-
Et elle l'appela, et elle comprit qu'à la venue du
Messie tonte séparation cesserait entre les Juifs et les Samaritains ou
Gentils,
-
et elle reconnut le Messie dans celui qui lui
parlait,
-
et elle crut en lui,
-
et elle devint l'apôtre des Samaritains dont
plusieurs crurent à ses paroles.