
(Jean 11)
L'Histoire de (LAZARE)
(MARTHE)
NOTES sur le RECIT de
(LAZARE) (MARTHE) (Jean 11)
STRUCTURE du RECIT de
l'Histoire de (LAZARE) (MARTHE)
Du SAVOIR au
CROIRE – du CROIRE au VOIR
SAINT AUGUSTIN
QUARANTE-NEUVIÈME TRAITÉ: (Chap. XI, 1-54.)
dans le
chapitre 11 de l'évangile de JEAN.
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1- quelle transformation s'opère
entre le début et la fin du chapitre ? |
11,1 - Il y avait
un malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe…
Alors Jésus leur dit ouvertement : Lazare est mort 11,50 - Or cela,
il ne le dit pas de lui-même, mais, étant grand-prêtre cette année-là, il
prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation, et non pas pour la nation
seulement, mais encore afin de rassembler dans l'unité‚ les enfants de Dieu
dispersés. Dès ce jour-là, donc, ils résolurent de le tuer |
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2- quelles
invraisemblances relevez-vous dans ce récit ? |
11,2 - Jean ne racontera cette scène qu'au chapitre
suivant (12,1-2) 11,6 - Jésus reste sur place alors qu'il sait que Lazare
est mal en point. 11,10 - On attendrait de lire : s'il marche la nuit, il
bute, parce qu'il ne voit pas clair… 11,44 - Comment un mort peut-il sortir ainsi enveloppé
et aveuglé ? |
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3- quel en est le moment central ? |
11,25 - Jésus lui
dit: "Je
suis la résurrection. Qui croit en
moi, même s'il meurt, vivra; et
quiconque vit et croit en moi ne
mourra jamais. Le crois-tu ?" Elle lui dit: "Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils
de Dieu, qui vient dans le monde." |
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4- y repérez-vous un leitmotiv ? |
11,19 - Beaucoup
d'entre les Juifs… 11,31 - Quand les
Juifs qui étaient avec Marie… 11,45 - Beaucoup
d'entre les Juifs… 11,55 - Or la Pâque des Juifs… |
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5- que peut-on dire de la
"résurrection" de Lazare ? |
On a du mal à croire, ou bien à la ré-animation
du cadavre de Lazare, ou bien à une résurrection analogue à celle que nous
croyons être survenue pour Jésus. Car que gagnerait Lazare à être réanimé
puisqu'il devra mourir de nouveau ?... |
L’histoire est digne des « Contes et légendes »... mais
que signifie-t-elle ? Que Jésus peut faire revivre des morts comme il l’a fait
pour Lazare ?
Comment Jésus est-il arrivé à remettre en vie son ami
Lazare ? Il est difficile de le dire, bien entendu, puisque nous ne
connaissons pas la maladie de Lazare, ni les conditions de son décès, de son
ensevelissement, nous ne savons pas s'il était tout à fait mort ou simplement
dans un coma profond... Mais qu'importe.
De toute façon, il est impropre de dire que Jésus a
« ressuscité » Lazare ce jour-là. Il l'aurait plutôt réanimé. La
résurrection c'est le passage dans la Vie éternelle. On parle plutôt de
réanimation quand quelqu'un revient à la vie en ce monde après avoir été mort
physiquement ou proche de la mort physique. C'est pourquoi les hôpitaux ont un
service de réanimation qui n'est pas confondu avec l'équipe d'aumônerie qui
serait plutôt le service de résurrection.
Après cet épisode fantastique raconté ici, Lazare va
mieux, il a l'air en pleine santé, mais il faudra quand même qu'un jour son
corps finisse de vivre. Dans l'au-delà, nous n'avons plus de corps fait de
matière, nous dit l'apôtre Paul, mais un
corps spirituel (1 Corinthiens 15,44). Lazare n'est donc pas plus
ressuscité qu'avant. Et pourtant, il est sans arrêt question de résurrection
dans ce texte. C'est même le fond de la discussion entre Jésus et Marthe: Jésus lui dit: Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi
vivra, même s'il meurt; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais.
Crois-tu cela ?, (v. 25-26) Où donc se trouve la résurrection, et qui donc
ressuscite, s'il ne s'agit pas de Lazare ?
BETHANIE : La Maison du pauvre
JESUS :
DIEU libère (ou libéré par Dieu)
LAZARE (EL-EAZAR) :
DIEU sauve (ou sauvé par Dieu) cf Luc 19,12-31
MARIE (MYRIAM) :
Celle qui élève (prénom donné après coup à la sœur de MOISE, qui éleva l'enfant
à la cour de Pharaon)- Le nom
de la femme d'Amram était Jokébed…
elle enfanta à Amram : Aaron, Moïse, et Miryam, leur soeur. (Nombres 26, 59).
MARTHE (martia) : La Belliqueuse – La
Guerrière
THOMAS :
le Double (le Jumeau)
Ephèse – fin du premier siècle. La tradition nous
dit que c’est dans cette ville que Jean aurait écrit son évangile.
Ephèse était une grande ville à l’époque, célèbre par le Temple d’Artémis
qui, chaque année attirait des dizaines de milliers de pèlerins. Une communauté
de croyants à Jésus, Christ ressuscité, y avait été créée par Paul, dans les
années 50. Cette communauté s’était développée, et, comme beaucoup d’autres, avait
été atteinte de plein fouet,une première fois, par la
persécution déclenchée par Néron dans les années 65-70; et une autre fois par
celle de Dioclétien dans les années 80-90[1].
Si bien que, lorsque Jean rédige son témoignage, nombre de familles chrétiennes
se posent de graves questions, auxquelles il se doit de répondre, et
notamment celle-ci : Si Jésus est ressuscité, aucun problème ; mais
si ce qu’on nous a dit n’est pas vrai, nos parents qui ont donné leur vie pour
lui, sont morts pour rien. Et que faire
de nos frères qui ont renié leur foi au Christ sous la menace de la mort ?
Faut-il les laisser dans les ténèbres du péché, hors de l’Eglise ?
Les membres des communautés chrétiennes pour
lesquelles Jean écrit sont d’anciens Juifs (bien qu’étant de culture grecque).
Ils connaissent ce que connaissent tous les Juifs, concernant les morts :
après la mort, le principe vital de l’être humain va au séjour des morts, le
Shéol, où il attend, dans une espèce de léthargie, la résurrection finale, à la
fin du temps. Mais ces braves gens qui ont accepté de croire que Jésus est le
Messie, qu’il a été mis à mort puis re-suscité à la vie par Dieu son Père, se
disent que, si Jésus était vraiment l’Envoyé de Dieu, le Fils de Dieu, il
aurait dû empêcher les persécutions, et établir son règne universel. Or il ne
l’a pas fait. De même qu’il aurait dû, puisqu’il l’avait promis
(« L’Esprit vous dictera ce que vous aurez à dire… ») affermir les frères tentés par le reniement. Alors ?
C'est ainsi que Jean, à l'attention de ses amis
d'Ephèse, frappés par la persécution, et atteints par le doute, rapporte cette
résurrection.
Jean est le seul des quatre évangélistes à rapporter ce
récit, qu'on nomme habituellement : la "résurrection" de Lazare. En
Matthieu 26,6, le complot des Grands-Prêtres contre
Jésus, que Jean situe après le récit de Lazare, est rapporté après le discours
sur le "jugement dernier" ("J'avais faim…"). En Marc 14,3
et Luc 22,1, ce complot est rapporté
après la Parabole du figuier.
Il y a donc fort à penser que ce récit est lui aussi
symbolique…
Il reste à trouver de quoi …
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Texte
de l'Evangile de JEAN chapitre 11 |
INVRAISEMBLANCES, EXPLICATIONS et QUESTIONS |
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Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie,
le village de Marie et de sa soeur Marthe.
Marie était celle
qui oignit le
Seigneur de parfum et lui essuya les pieds avec ses cheveux; c'était son
frère Lazare qui était malade. Les
deux soeurs envoyèrent donc dire à Jésus : "Seigneur, celui que tu aimes est malade." A cette nouvelle, Jésus dit: "Cette maladie ne mène
pas à la mort, elle est pour la gloire
de Dieu: afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle." Or Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare. Quand il apprit
que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore dans le lieu où il se
trouvait; alors seulement, il dit aux disciples: "Allons de nouveau en
Judée." Ses disciples lui dirent: "Rabbi, tout récemment les Juifs cherchaient à te lapider, et tu
retournes là-bas!" Jésus
répondit: "N'y a-t-il
pas douze heures de jour? Si quelqu'un
marche le jour, il ne bute pas, parce qu'il voit
la lumière de ce monde; mais s'il marche
la nuit, il bute, parce que la
lumière n'est pas en lui." Il dit cela, et
ensuite: "Notre ami Lazare repose, leur dit-il; mais je vais aller le
réveiller." Les disciples lui
dirent: "Seigneur, s'il repose, il sera sauvé." Jésus avait parlé
de sa mort, mais eux pensèrent qu'il parlait du repos du sommeil. Alors Jésus leur dit ouvertement:
"Lazare est mort, et je me
réjouis pour vous de n'avoir pas été là-bas, afin que vous croyiez. Mais
allons auprès de lui!" Alors
Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : "Allons, nous aussi, pour mourir avec lui!" A son arrivée, Jésus trouva Lazare dans le tombeau
depuis quatre jours déjà. Béthanie était près de Jérusalem, distant d'environ
quinze stades. Beaucoup d'entre
les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie pour les consoler au
sujet de leur frère. Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa
rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison. Marthe dit à Jésus: "Seigneur, si tu
avais été ici, mon frère ne serait pas mort.
Mais maintenant encore, je sais
que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera." Jésus lui dit: "Ton frère
ressuscitera" -"Je sais,
dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour." Jésus lui dit: "Je suis la
résurrection. Qui croit en
moi, même s'il meurt, vivra; et quiconque vit
et croit en moi ne mourra
jamais. Le crois-tu ?" Elle lui dit:
"Oui, Seigneur, je crois que
tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde." Ayant dit cela,
elle s'en alla appeler sa soeur Marie, lui disant en secret: "Le Maître
est là et il t'appelle."
Celle-ci, à cette nouvelle, se leva bien vite et alla vers lui. Jésus n'était pas encore arrivé au village,
mais il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe était venue à sa
rencontre. Quand les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et la consolaient
la virent se lever bien vite et sortir, ils la suivirent, pensant qu'elle
allait au tombeau pour y pleurer. Arrivée là où était Jésus, Marie, en le voyant, tomba à
ses pieds et lui dit: "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne
serait pas mort!" Lorsqu'il la
vit pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus
frémit en son esprit et se troubla. Il
dit: "Où l'avez-vous mis?" Ils lui dirent: "Seigneur, viens et
vois." Jésus pleura. Les Juifs dirent alors: "Voyez comme il
l'aimait!" Mais quelques-uns
d'entre eux dirent: "Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de
l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas?" Alors Jésus, frémissant à nouveau en
lui-même, se rend au tombeau. C'était une grotte, avec une pierre placée
par-dessus. Jésus dit: "Enlevez
la pierre!" Marthe, la soeur du mort, lui dit: "Seigneur, il sent
déjà: c'est le quatrième jour."
Jésus lui dit: "Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?" On enleva donc la pierre. Jésus leva les
yeux en haut et dit: "Père, je
te rends grâces de m'avoir écouté. Je savais que tu
m'écoutes toujours; mais c'est à cause
de la foule qui m'entoure que j'ai
parlé, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé." Cela dit, il
s'écria d'une voix forte: "Lazare, viens dehors!" Le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage était enveloppé d'un suaire.
Jésus leur dit: "Déliez-le et laissez-le aller." Beaucoup d'entre les Juifs qui
étaient venus auprès de Marie et avaient vu ce qu'il avait fait, crurent en
lui. Mais certains s'en furent trouver
les Pharisiens et leur dirent ce qu'avait fait Jésus. Les grands prêtres et les Pharisiens
réunirent alors un conseil: "Que faisons-nous? Disaient-ils, cet homme
fait beaucoup de signes. Si nous le laissons ainsi, tous croiront en lui, et
les Romains viendront et ils
supprimeront notre Lieu saint et notre nation." Mais l'un d'entre eux,
Caïphe, étant grand prêtre cette année-là, leur dit: "Vous n'y entendez
rien. Vous ne songez même pas qu'il est de votre intérêt qu'un seul homme
meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière." Or cela, il ne le dit pas de lui-même;
mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait
mourir pour la nation - et non pas pour la nation seulement, mais encore afin
de rassembler dans l'unité les
enfants de Dieu dispersés. Dès ce jour-là donc, ils résolurent de le tuer. Aussi Jésus cessa de circuler en public
parmi les Juifs; il se retira dans la région voisine du désert, dans une
ville appelée Ephraïm, et il y séjournait avec ses disciples. Or la Pâque des Juifs était proche et beaucoup de
gens montèrent de la campagne à Jérusalem, avant la Pâque, pour se purifier.
Ils cherchaient Jésus et se disaient les uns aux autres, en se tenant dans le
Temple: "Qu'en pensez-vous? Qu'il ne viendra pas à la fête?" Les grands prêtres et les Pharisiens
avaient donné des ordres: si quelqu'un savait où il était, il devait
l'indiquer, afin qu'on le saisît. |
- à ne pas
confondre avec le lieu du baptême de
Jésus – la maison de Marthe et de Marie paraît connue. - Jean
ne racontera cette scène qu'au chapitre suivant (12,1-2) - la seule fois,
dans un récit évangélique, où il est dit de Jésus qu'il aime (verbe grec filein, qui désigne l'amour qui vient de
l'homme, et non agapein, qui désigne
l'amour du père pour ses enfants). - cf Jn 9,3 : (à propos de
l'aveugle-né): Jésus répondit: "Ni lui ni ses parents n'ont péché, mais c'est afin que soient manifestées en lui les
oeuvres de Dieu". - ici le verbe
grec agapein - Jésus reste sur place alors qu'il sait que Lazare est mal
en point. On
attendrait de lire : s'il marche la nuit, il bute, parce qu'il ne voit pas
clair… - Thomas :(Didumos) le Jumeau ? de qui…
? Plutôt le double…double sens… - "avec
lui" (double sens): avec Jésus, non pas avec Lazare. - On croyait que
l'âme quittait définitivement le corps le troisième jour. "le quatrième
jour" signifie donc qu'il est bien mort. - Un stade : 185
m. à Athènes - 15 stades = 2775 m. - Elle sait que
Jésus, en mettant en œuvre les dons de guérisseur qu'il tient de Dieu, aurait
pu sauver son frère. - Cette réflexion
de Jésus ne concerne pas la vie de Lazare, qui est mort, mais celle de Marthe, qui est vivante. - Jean met ici
dans la bouche de Marthe la profession de foi qu'on retrouvera en Jean 20,31. - la seule fois
dans un récit évangélique, où il est dit que Jésus pleure. - verbe grec filein - lorsqu'il sera
question de la résurrection de Jésus, la pierre sera déjà roulée. -
Comment un mort peut-il sortir ainsi enveloppé et aveuglé ? Ephésiens
1,9-10 : Il
nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant qu'Il avait formé en lui par avance, pour
le réaliser quand les temps seraient accomplis : ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ, les êtres
célestes comme les terrestres. |
Pour qu'il y ait récit, il faut :
1- ![]()
un état initial 2- une transformation 3- un état final
Le récit, dit de la "résurrection de Lazare",
est composé de quatre étapes, délimitées chacune par un déplacement. Nous
accompagnerons chacune de ces étapes du "carré sémiotique" de
GREIMAS.
1- Première étape :
"au-delà du Jourdain"
1- Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, le village
de Marie et de sa soeur Marthe. Marie
était celle qui oignit le Seigneur de parfum et lui essuya les pieds avec ses
cheveux; c'était son frère Lazare qui était malade. Les deux soeurs envoyèrent donc dire à Jésus
: "Seigneur, celui que tu aimes est malade." A cette nouvelle, Jésus dit: "Cette
maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu: afin que le Fils
de Dieu soit glorifié par elle."Or Jésus aimait Marthe et sa soeur et
Lazare.
2- Quand il apprit
que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore dans le lieu où il se
trouvait; alors seulement, il dit aux disciples: "Allons de nouveau en
Judée." Ses disciples lui dirent: "Rabbi, tout récemment les
Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas!" Jésus répondit: "N'y a-t-il pas douze heures de
jour? Si quelqu'un marche le jour, il ne
bute pas, parce qu'il voit la lumière de
ce monde; mais s'il marche la nuit, il
bute, parce que la lumière n'est pas en
lui." Il dit cela, et ensuite: "Notre ami Lazare repose, leur dit-il;
mais je vais aller le réveiller."
Les disciples lui dirent: "Seigneur, s'il repose, il sera sauvé."
Jésus avait parlé de sa mort, mais eux pensèrent qu'il parlait du repos du
sommeil. Alors Jésus leur dit
ouvertement: "Lazare est mort, et
je me réjouis pour vous de n'avoir pas été là-bas, afin que vous croyiez. Mais
allons auprès de lui!" Alors
Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples :
"Allons, nous aussi, pour mourir avec lui!"
3- A son arrivée, Jésus trouva
Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà. Béthanie était près de
Jérusalem, distant d'environ quinze stades.
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Jésus |
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menaces |
2- Deuxième étape :
arrivée à BETHANIE
1- Beaucoup d'entre les Juifs étaient venus auprès de
Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère. Quand Marthe
apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait
assise à la maison. Marthe dit à Jésus:
"Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je sais que tout ce
que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera." Jésus lui dit: "Ton frère
ressuscitera" -"Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera à la
résurrection, au dernier jour."
2- Jésus lui dit: "Je suis la résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt,
vivra; et quiconque vit et croit en
moi ne mourra jamais. Le crois-tu ?" Elle lui dit: "Oui,
Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le
monde." Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa soeur Marie, lui disant
en secret: "Le Maître est là et il t'appelle."
3- Celle-ci, à cette nouvelle, se leva bien vite et alla
vers lui. Jésus n'était pas encore
arrivé au village, mais il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe était
venue à sa rencontre. Quand les Juifs
qui étaient avec Marie dans la maison et la consolaient la virent se lever bien
vite et sortir, ils la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y
pleurer.
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Marthe |
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Savoir |
3- Troisième étape :
déplacement de Marie
1- Arrivée là où était Jésus, Marie, en le voyant, tomba à
ses pieds et lui dit: "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait
pas mort!" Lorsqu'il la vit
pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus frémit en
son esprit et se troubla. Il dit:
"Où l'avez-vous mis?" Ils lui dirent: "Seigneur, viens et
vois." Jésus pleura. Les Juifs dirent alors: "Voyez comme il
l'aimait!" Mais quelques-uns
d'entre eux dirent: "Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de
l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas?"
2- Alors Jésus, frémissant à nouveau en lui-même, se rend
au tombeau. C'était une grotte, avec une pierre placée par-dessus. Jésus dit: "Enlevez la pierre!"
Marthe, la soeur du mort, lui dit: "Seigneur, il sent déjà: c'est le
quatrième jour." Jésus lui dit:
"Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de
Dieu?" On enleva donc la pierre.
Jésus leva les yeux en haut et dit: "Père, je te rends grâces de
m'avoir écouté. Je savais que tu
m'écoutes toujours; mais c'est à cause
de la foule qui m'entoure que j'ai parlé, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé."
Cela dit, il s'écria d'une voix forte: "Lazare, viens dehors!"
3- Le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage était enveloppé d'un
suaire. Jésus leur dit: "Déliez-le et laissez-le aller." Beaucoup
d'entre les Juifs qui étaient venus auprès de Marie et avaient vu ce qu'il
avait fait, crurent en lui. Mais
certains s'en furent trouver les Pharisiens et leur dirent ce qu'avait fait
Jésus
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Lazare |
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Quelques Juifs |
4- Quatrième étape :
à JERUSALEM, au Sanhédrin.
1- Les grands prêtres et les Pharisiens réunirent alors un
conseil: "Que faisons-nous? Disaient-ils, cet homme fait beaucoup de
signes. Si nous le laissons ainsi, tous croiront en lui, et
les Romains viendront et ils
supprimeront notre Lieu saint et notre nation."
2- Mais l'un d'entre eux, Caïphe, étant grand prêtre cette
année-là, leur dit: "Vous n'y entendez rien. Vous ne songez même pas qu'il
est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse
pas tout entière." Or cela, il ne
le dit pas de lui-même; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa
que Jésus allait mourir pour la nation - et non pas pour la nation seulement,
mais encore afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés.
3- Dès ce jour-là donc, ils résolurent de le tuer. Aussi Jésus cessa de circuler en public parmi
les Juifs; il se retira dans la région voisine du désert, dans une ville
appelée Ephraïm, et il y séjournait avec ses disciples.
Or la Pâque des
Juifs était proche et beaucoup de gens montèrent de la campagne à Jérusalem,
avant la Pâque, pour se purifier. Ils cherchaient Jésus et se disaient les uns
aux autres, en se tenant dans le Temple: "Qu'en pensez-vous? Qu'il ne
viendra pas à la fête?" Les grands
prêtres et les Pharisiens avaient donné des ordres: si quelqu'un savait où il
était, il devait l'indiquer, afin qu'on le saisît.
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Jésus |
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Grands-prêtres et
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Jésus se cache |
Le carré sémiotique correspondant
à cette étape fait apparaître que Jésus
va être mis à mort, par les Grands-Prêtres et les
Pharisiens, au nom de leur conception de Dieu. Apparemment, c'est la négation
de la conception de Dieu selon Jésus… La résurrection mettra les pendules à l'heure…
Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, le village de
Marie et de sa soeur Marthe
Marie était celle qui oignit le
Seigneur de parfum et lui essuya les pieds avec ses cheveux; c'était son frère
Lazare qui était malade.
Les deux soeurs envoyèrent donc
dire à Jésus : Seigneur, celui que tu aimes est malade.
A cette nouvelle, Jésus dit :
cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu afin que
le Fils de Dieu soit glorifié par elle. Or Jésus aimait Marthe et sa soeur et
Lazare.
Quand il apprit que celui-ci était
malade, il demeura deux jours encore dans le lieu où il se trouvait; alors
seulement il dit aux disciples : Allons de nouveau en Judée.
Ses disciples lui dirent : Rabbi,
tout récemment, les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas !
Jésus répondit : N'y a-t-il pas douze heures dans le jour ?
Si quelqu'un marche le jour, il ne bute pas, parce qu'il voit la lumière de ce
monde; mais s'il marche la nuit, il bute, parce que la lumière n'est pas en
lui.
Il dit cela, et ensuite : notre
ami Lazare repose, leur dit-il, mais je vais aller le réveiller. Les disciples
lui dirent : Seigneur, s'il repose, il sera sauvé.
Jésus avait parlé de sa mort, mais
eux pensèrent qu'il parlait du repos du sommeil.
Alors Jésus leur dit ouvertement :
Lazare est mort, et je me réjouis de n'avoir pas été là-bas, afin que vous
croyiez. Mais allons auprès de lui.
Alors Thomas, appelé Didyme, dit
aux autres disciples : Allons nous aussi, et mourons avec lui.
A son arrivée, Jésus trouva Lazare
dans le tombeau depuis quatre jours déjà.
Béthanie était près de Jérusalem, distant d'environ quinze
stades.
Beaucoup d'entre les Juifs étaient venus auprès de Marthe
et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère.
Quand Marthe apprit que Jésus
arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la
maison.
Marthe dit à Jésus : Seigneur, si
tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je sais
que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera.
Jésus lui dit : Ton frère
ressuscitera. Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au
dernier jour.
Jésus lui dit : Je suis la Résurrection. Qui croit en moi,
même s'il meurt, vivra. Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le
crois-tu ?
Elle lui dit : Oui Seigneur, je
crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde.
Ayant dit cela, elle s'en alla
appeler sa soeur Marie, lui disant en secret : Le Maître est là et il
t'appelle. Celle-ci, à cette nouvelle, se leva bien vite et alla vers lui.
Jésus n'était pas encore arrivé au
village, mais il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe était venue à sa
rencontre.
Quand les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et
la consolaient la virent se lever bien vite et sortir, ils la suivirent,
pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer.
Arrivée là où était Jésus, Marie,
en le voyant, tomba à ses pieds et lui dit : Seigneur, si tu avais été ici, mon
frère ne serait pas mort. Lorsqu'il la vit pleurer, et aussi les Juifs qui
l'avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla. Il dit: Où
l'avez-vous mis ?
Ils lui dirent : Seigneur, viens
et vois. Jésus pleura. Les Juifs dirent alors : Voyez comme il l'aimait ! Mais
quelques-uns d'entre eux dirent : Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux
de l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas ?
Alors Jésus, frémissant à nouveau
en lui-même, se rend au tombeau. C'était une grotte, une pierre placée par-dessus. Alors Jésus dit
: Enlevez la pierre ! Marthe, la soeur du mort, dit : Seigneur, il sent déjà,
c'est le quatrième jour.
Jésus lui dit : Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu
verras la gloire de Dieu ?
On enleva donc la pierre.
Jésus leva les yeux en haut et dit
: Père je te rends grâce de m'avoir écouté. Je savais que tu m'écoutes
toujours; mais c'est à cause de la foule qui m'entoure que j'ai parlé, afin
qu'ils croient que tu m'as envoyé.
Cela dit, il cria d'une voix forte
: Lazare, viens dehors. Le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage enveloppé d'un suaire.
Jésus leur dit : Déliez-le et laissez-le aller.
Beaucoup d'entre les Juifs qui étaient venus auprès de
Marie et avaient vu ce qu'il avait fait crurent en lui. Mais certains s'en furent trouver les Pharisiens et leur
dirent ce qu'avait fait Jésus.
Les grands-prêtres et les Pharisiens réunirent alors un
conseil : Que faisons-nous ? disaient-ils, cet homme
fait beaucoup de signes.
Si nous le laissons ainsi, tous
croiront en lui, et les Romains viendront, et ils supprimeront notre Lieu Saint
et notre nation.
Mais l'un d'entre eux, Caïphe,
étant grand-prêtre cette année-là, leur dit : Vous n'y entendez rien, vous ne
songez même pas qu'il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le
peuple, et que la nation ne périsse pas tout entière.
Or cela, il ne le dit pas de lui-même, mais, étant
grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la
nation, et non pas pour la nation seulement, mais encore afin de rassembler
dans l'unité‚ les enfants de Dieu dispersés.
Dès ce jour-là, donc, ils
résolurent de le tuer. Aussi Jésus cessa de circuler en public parmi les Juifs;
il se retira dans la région voisine du désert, dans une ville appel‚e Ephraïm,
et il y séjournait avec ses disciples.
Or la Pâque des Juifs était proche
et beaucoup de gens montèrent de la campagne à Jérusalem, avant la Pâque, pour
se purifier. Ils cherchaient Jésus et se disaient les uns aux autres, en se
tenant dans le Temple : Qu'en pensez-vous ? Qu'il ne viendra pas à la fête ?
Les grands-prêtres et les Pharisiens avaient donné des ordres,
si quelqu'un savait où il était, il devait l'indiquer, afin qu'on le saisît.
DEPUIS L'ENDROIT OÙ
IL EST DIT: «OR IL Y AVAIT UN MALADE NOMMÉ LAZARE»,
JUSQU'À: «IL S'EN
ALLA DANS LE PAYS QUI EST PRÈS DU DÉSERT,
DANS LA VILLE QUI
EST APPELÉE EPHREM,
ET LÀ IL DEMEURAIT
AVEC SES DISCIPLES».
(Chap. XI, 1-54.)
2.
Nous lisons crans l'Evangile que trois morts ont été ressuscités par le
Seigneur, et ce n'est assurément pas sans raison; car les oeuvres du Seigneur
ne sont pas seulement des actions, elles sont aussi des signes. Si donc elles
sont des signes, outre qu'elles ont un côté admirable, elles nous indiquent
certainement aussi quelque chose de caché à nos yeux. Mais trouver ce que
signifient ces actions offre parfois plus de difficulté que de les lire ou de
les entendre. Nous écoutions avec admiration, comme en présence d'un grand
miracle étalé à nos regards, lorsqu'on nous lisait dans l'Évangile de quelle
manière Lazare a été ressuscité. Si nous
y réfléchissons, par une opération bien plus admirable de Jésus-Christ, tout
homme qui croit ressuscite: et si nous reportons notre attention sur tous ceux
qui meurent, et si nous pensons au genre de mort le plus lamentable, celui qui
pèche se fait mourir. La mort du corps, tout homme la craint, et la mort de
l'âme, bien peu la redoutent. Pour la mort du corps, qui, sans aucun doute,
doit arriver un jour, tous cherchent à l'empêcher de venir: c'est là tout leur
travail. Il travaille à ne pas mourir, l'homme qui doit mourir, et l'homme qui
doit vivre éternellement, ne travaille pas à ne point pécher, et lorsqu'il
travaille à ne pas mourir, il s'occupe inutilement: car ce qu'il fait ne peut
servir qu'à différer l'heure de la mort et non à l'éloigner tout à fait. Si, au
contraire, il voulait ne pas pécher, il n'aurait pas tant de peine et il
vivrait éternellement. Oh! si nous pouvions exciter
les hommes et nous exciter nous-mêmes avec eux à aimer la vie permanente autant
qu'ils aiment cette vie fugitive! Que ne fait pas l'homme tombé en danger de
mort? En voyant le glaive suspendu sur leur tête, plusieurs ont livré ce qu'ils
avaient en réserve pour assurer leur vie. Quel est celui qui n'aurait pas tout
donné pour n'être pas frappé? Et après cet abandon peut-être a-t-il été frappé.
Quel est celui qui, pour vivre, ne consentirait pas à l'instant à perdre ce qui
le faisait vivre, préférant une vie de mendiant à une prompte mort? Quel est
celui à qui l'on a dit: Embarque-toi, si tu ne veux pas mourir, et qui a hésité?
Quel est celui à qui l'on a dit: Travaille, si tu ne veux pas mourir, et qui a
été paresseux ? Ils sont bien légers les ordres que Dieu nous donne pour nous
faire obtenir une vie éternelle, et nous négligeons de lui obéir! Dieu ne te
dit pas: Sacrifie tout ce que tu as, pour vivre pendant un temps bien court, et
accablé de soucis; mais il dit: Donne aux pauvres une partie de ce que tu as,
si tu veux vivre toujours et à l'abri de toute peine. Ils sont notre
condamnation, les amateurs de cette vie temporelle qu'ils n'ont ni quand ils
veulent, ni aussi longtemps qu'ils le veulent, et nous ne nous condamnons pas
nous-mêmes, nous qui nous montrons si paresseux, si lâches à ne quérir la vie
éternelle, que nous aurons si nous le voulons, et que nous ne perdions jamais
quand nous l'aurons. Et cette mort que nous craignons tant, nous la subirons
malgré nous.
3. Si
donc le Seigneur par sa grâce et sa miséricorde infinie ressuscite nos âmes
pour nous garantir de la mort éternelle, nous devons bien le comprendre, ces
trois morts qu'il ressuscita dans leurs corps signifient quelque chose, et ils
figurent la résurrection des âmes qui se fait par la foi. Il a ressuscité
la fille du chef de la synagogue lorsqu'elle était encore étendue dans sa
demeure (1); il a ressuscité le jeune fils de la veuve qu'on portait déjà hors
de la ville (2); il a ressuscité Lazare enseveli depuis quatre jours. Que
chacun examine l'état de son âme: si elle pèche, elle meurt; le péché, c'est la
mort de l'âme. Mais quelquefois on pèche en pensée. Ce qui est mal t'a causé du
plaisir. Tu as consenti, tu as péché. Ce péché t'a donné le coup de la mort;
mais la mort est à l'intérieur, parce que la mauvaise pensée ne s'est pas
réduite en acte. Voulant montrer qu'il ressusciterait cette âme, le Seigneur
ressuscita cette jeune fille qui n'avait pas encore été portée dehors, mais qui
gisait sans vie dans sa demeure, indiquant par là un péché caché. Toutefois, si
tu ne t'es pas borné à consentir à la mauvaise pensée, mais qu'en outre tu aies
fait le mal, tu as transporté le mort en dehors des portes; tu es dehors, et tu
es emporté mort. Cependant le Seigneur ressuscita aussi ce mort et le rendit à
sa mère qui était veuve. Si tu as péché, fais pénitence; et le Seigneur te
ressuscitera et te rendra à l'Église, ta mère. Le troisième mort est Lazare. Il
y a un genre de mort bien cruel: on l'appelle la mauvaise habitude; car autre
chose est de pécher, autre chose est de contracter l'habitude du péché. Celui
qui pèche et qui se corrige aussitôt, revient bien vite à la vie; comme il
n'est pas encore enlacé par l'habitude, il n'est pas encore enseveli. Mais
celui qui a l'habitude de pécher est enseveli, et l'on dit de lui avec raison:
Il sent mauvais. Car il commence à avoir une mauvaise réputation, qui se répand
autour de lui comme une odeur insupportable. Tels sont tous ceux qui
s'accoutument aux crimes, qui sont perdus de moeurs. Tu lui dis: N'agis pas
ainsi; est-ce qu'il t'entend, celui que la terre étouffe, que la corruption a
déjà gagné et qui est écrasé sous le poids de l'habitude? Et cependant, même ce
dernier, Jésus-Christ est assez puissant pour le ressusciter. Nous avons connu,
nous avons vu, et nous voyons tous les jours des hommes qui, renonçant à une
habitude criminelle, vivent ensuite beaucoup mieux que ceux qui les
reprenaient. De tels hommes peut-être te faisaient horreur. Vois la soeur même
de Lazare (si toutefois c'est elle qui couvrit de parfums les pieds du
Seigneur, et les essuya avec ses cheveux après les avoir arrosés de ses
larmes), cette soeur de Lazare fut plus avantageusement ressuscitée que son
frère. Elle fut délivrée du poids énorme de ses habitudes criminelles. C'était
en effet une pécheresse célèbre, et d'elle il a été dit: «Beaucoup de péchés
lui sont remis, parce qu'elle a aimé beaucoup (1)». Nous en voyons beaucoup,
nous en avons connu beaucoup qui ont été ainsi ressuscités; que personne ne
désespère, ruais que personne ne se laisse aller à la présomption. Si le
désespoir est un mal, la présomption en est aussi un. Evite le désespoir et ne
choisis point ce qui pourrait te donner de la présomption.
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[1] La tradition chrétienne présente
Domitien (empereur de 81 à 96) comme le deuxième empereur qui persécuta
l'Église. Ce n'est pas tout à fait exact.
Les historiens Dion Cassius et Suétone rapportent que Domitien fit
rechercher les citoyens "qui
vivaient comme des Juifs".
À ce moment - nous ne sommes que moins de vingt ans après l'écrasement
de la révolte juive de Menahem, et son écrasement à
Massada), il s'agissait sans doute plus
de rechercher des activistes juifs (sympathisants zélotes), infiltrés au plus
haut niveau de l'administration ou de la magistrature que de "persécuter
une religion", une notion par ailleurs fort étrangère au droit romain.
http://www.empereurs-romains.net/emp12.htm