L'Histoire de (LAZARE) (MARTHE)

(Jean 11)

 

 

 

 

 

 

 

QUESTIONS et INVRAISEMBLANCES. 2

INTRODUCTION.. 3

SYMBOLISME des NOMS. 3

L'Histoire de (LAZARE) (MARTHE) 4

NOTES sur le RECIT de (LAZARE) (MARTHE) (Jean 11) 8

STRUCTURE du RECIT de l'Histoire de (LAZARE) (MARTHE) 10

La MARCHE vers (le) (la) MORT. 10

Du SAVOIR au CROIRE – du CROIRE au VOIR.. 11

PROGRAMMATION d'une MORT. 12

SAINT AUGUSTIN QUARANTE-NEUVIÈME TRAITÉ: (Chap. XI, 1-54.) 13

LAZAROS. 15

 

 

 


QUESTIONS et INVRAISEMBLANCES

dans le chapitre 11 de l'évangile de JEAN.

 

 

 

 

1- quelle transformation s'opère entre le début et la fin du chapitre ?

 

11,1 - Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe… Alors Jésus leur dit ouvertement : Lazare est mort

11,50 - Or cela, il ne le dit pas de lui-même, mais, étant grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation, et non pas pour la nation seulement, mais encore afin de rassembler dans l'unité‚ les enfants de Dieu dispersés. Dès ce jour-là, donc, ils résolurent de le tuer

 

2- quelles invraisemblances relevez-vous dans ce récit ?

 

11,2 - Jean ne racontera cette scène qu'au chapitre suivant (12,1-2)

11,6 - Jésus reste sur place alors qu'il sait que Lazare est mal en point.

11,10 - On attendrait de lire : s'il marche la nuit, il bute, parce qu'il ne voit pas clair…

11,44 - Comment un mort peut-il sortir ainsi enveloppé et aveuglé ?

 

3- quel en est le moment central ?

 

11,25 - Jésus lui dit:  "Je suis la résurrection.  Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra;  et quiconque vit et croit en moi  ne mourra jamais.  Le crois-tu ?"

 Elle lui dit: "Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde."

 

4- y repérez-vous un leitmotiv ?

 

11,19 - Beaucoup d'entre les Juifs…

11,31 - Quand les Juifs qui étaient avec Marie…

11,45 - Beaucoup d'entre les Juifs…

11,55 - Or la Pâque des Juifs…

 

5- que peut-on dire de la "résurrection"  de Lazare ?

 

On a du mal à croire, ou bien à la ré-animation du cadavre de Lazare, ou bien à une résurrection analogue à celle que nous croyons être survenue pour Jésus. Car que gagnerait Lazare à être réanimé puisqu'il devra mourir de nouveau ?...

 

 


INTRODUCTION

 

L’histoire est digne des « Contes et légendes »... mais que signifie-t-elle ? Que Jésus peut faire revivre des morts comme il l’a fait pour Lazare ?

 

Comment Jésus est-il arrivé à remettre en vie son ami Lazare ? Il est difficile de le dire, bien entendu, puisque nous ne connaissons pas la maladie de Lazare, ni les conditions de son décès, de son ensevelissement, nous ne savons pas s'il était tout à fait mort ou simplement dans un coma profond... Mais qu'importe.

 

De toute façon, il est impropre de dire que Jésus a « ressuscité » Lazare ce jour-là. Il l'aurait plutôt réanimé. La résurrection c'est le passage dans la Vie éternelle. On parle plutôt de réanimation quand quelqu'un revient à la vie en ce monde après avoir été mort physiquement ou proche de la mort physique. C'est pourquoi les hôpitaux ont un service de réanimation qui n'est pas confondu avec l'équipe d'aumônerie qui serait plutôt le service de résurrection.

 

Après cet épisode fantastique raconté ici, Lazare va mieux, il a l'air en pleine santé, mais il faudra quand même qu'un jour son corps finisse de vivre. Dans l'au-delà, nous n'avons plus de corps fait de matière, nous dit l'apôtre Paul, mais un corps spirituel (1 Corinthiens 15,44). Lazare n'est donc pas plus ressuscité qu'avant. Et pourtant, il est sans arrêt question de résurrection dans ce texte. C'est même le fond de la discussion entre Jésus et Marthe:  Jésus lui dit: Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s'il meurt; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ?, (v. 25-26) Où donc se trouve la résurrection, et qui donc ressuscite, s'il ne s'agit pas de Lazare ?

 

 

 

 

SYMBOLISME des NOMS

 

 

BETHANIE                                       : La Maison du pauvre

 

JESUS                                               : DIEU libère (ou libéré par Dieu)

 

LAZARE (EL-EAZAR)                   : DIEU sauve (ou sauvé par Dieu) cf Luc 19,12-31

 

MARIE (MYRIAM)                         : Celle qui élève (prénom donné après coup à la sœur de MOISE, qui éleva l'enfant à la cour  de Pharaon)-  Le nom de la femme d'Amram était Jokébed… elle enfanta à Amram : Aaron, Moïse, et Miryam, leur soeur. (Nombres 26, 59).

 

MARTHE (martia)                     : La Belliqueuse – La Guerrière

 

THOMAS                                         : le Double (le Jumeau)

 


L'Histoire de (LAZARE) (MARTHE)

 

 

 

 

Ephèse – fin du premier siècle. La tradition nous dit que c’est dans cette ville que Jean aurait écrit son évangile. Ephèse était une grande ville à l’époque, célèbre par le Temple d’Artémis qui, chaque année attirait des dizaines de milliers de pèlerins. Une communauté de croyants à Jésus, Christ ressuscité, y avait été créée par Paul, dans les années 50. Cette communauté s’était développée, et, comme beaucoup d’autres, avait été atteinte de plein fouet,une première fois, par la persécution déclenchée par Néron dans les années 65-70; et une autre fois par celle de Dioclétien dans les années 80-90[1]. Si bien que, lorsque Jean rédige son témoignage, nombre de familles chrétiennes se posent de graves questions, auxquelles il se doit de répondre, et notamment celle-ci : Si Jésus est ressuscité, aucun problème ; mais si ce qu’on nous a dit n’est pas vrai, nos parents qui ont donné leur vie pour lui,  sont morts pour rien. Et que faire de nos frères qui ont renié leur foi au Christ sous la menace de la mort ? Faut-il les laisser dans les ténèbres du péché, hors de l’Eglise ?

 

Les membres des communautés chrétiennes pour lesquelles Jean écrit sont d’anciens Juifs (bien qu’étant de culture grecque). Ils connaissent ce que connaissent tous les Juifs, concernant les morts : après la mort, le principe vital de l’être humain va au séjour des morts, le Shéol, où il attend, dans une espèce de léthargie, la résurrection finale, à la fin du temps. Mais ces braves gens qui ont accepté de croire que Jésus est le Messie, qu’il a été mis à mort puis re-suscité à la vie par Dieu son Père, se disent que, si Jésus était vraiment l’Envoyé de Dieu, le Fils de Dieu, il aurait dû empêcher les persécutions, et établir son règne universel. Or il ne l’a pas fait. De même qu’il aurait dû, puisqu’il l’avait promis (« L’Esprit vous dictera ce que vous aurez à dire… ») affermir les frères tentés par le reniement. Alors ?

 

C'est ainsi que Jean, à l'attention de ses amis d'Ephèse, frappés par la persécution, et atteints par le doute, rapporte cette résurrection.

 

Jean est le seul des quatre évangélistes à rapporter ce récit, qu'on nomme habituellement : la "résurrection" de Lazare. En Matthieu 26,6, le complot des Grands-Prêtres contre Jésus, que Jean situe après le récit de Lazare, est rapporté après le discours sur le "jugement dernier" ("J'avais faim…"). En Marc 14,3 et Luc 22,1,  ce complot est rapporté après la Parabole du figuier.

 

Il y a donc fort à penser que ce récit est lui aussi symbolique…

Il reste à trouver de quoi …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte de l'Evangile de JEAN

 chapitre 11

 

INVRAISEMBLANCES, EXPLICATIONS et   QUESTIONS

Il y avait un malade, Lazare,

 

de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe. 

 

 

Marie était celle qui oignit le Seigneur de parfum et lui essuya les pieds avec ses cheveux; c'était son frère Lazare qui était malade.  Les deux soeurs envoyèrent donc dire à Jésus : "Seigneur, celui que tu aimes est malade." 

 

 

 

 

 

 

 

A cette nouvelle, Jésus dit: "Cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu: afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle."

 

 

 

Or Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare.

 

 

 Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore dans le lieu où il se trouvait; alors seulement, il dit aux disciples: "Allons de nouveau en Judée."  Ses disciples  lui dirent:  "Rabbi, tout  récemment les  Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas!"  Jésus répondit:

 

  "N'y a-t-il pas douze heures de jour?

  Si quelqu'un marche le jour, il ne bute pas,

  parce qu'il voit la lumière de ce monde;

  mais s'il marche la nuit, il bute,

  parce que la lumière n'est pas en lui."

 

 Il dit cela, et ensuite: "Notre ami Lazare repose, leur dit-il; mais je vais aller le réveiller."  Les disciples lui dirent: "Seigneur, s'il repose, il sera sauvé." Jésus avait parlé de sa mort, mais eux pensèrent qu'il parlait du repos du sommeil.  Alors Jésus leur dit ouvertement: "Lazare est mort,  et je me réjouis pour vous de n'avoir pas été là-bas, afin que vous croyiez. Mais allons auprès de lui!"  Alors Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples :

 

 

"Allons, nous aussi, pour mourir avec lui!"

 

A son arrivée, Jésus trouva Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà.

 

 

Béthanie était près de Jérusalem, distant d'environ quinze stades.

 

 

Beaucoup d'entre les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère. Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.  Marthe dit à Jésus: "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.  Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera."  Jésus lui dit: "Ton frère ressuscitera" -"Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour."  Jésus lui dit:

  "Je suis la résurrection.

  Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra;

  et quiconque vit et croit en moi

  ne mourra jamais.

  Le crois-tu ?"

 

 Elle lui dit: "Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde."

 

 Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa soeur Marie, lui disant en secret: "Le Maître est là et il t'appelle."  Celle-ci, à cette nouvelle, se leva bien vite et alla vers lui.  Jésus n'était pas encore arrivé au village, mais il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe était venue à sa rencontre.  Quand les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et la consolaient la virent se lever bien vite et sortir, ils la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer.

 

Arrivée là où était Jésus, Marie, en le voyant, tomba à ses pieds et lui dit: "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort!"  Lorsqu'il la vit pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla.  Il dit: "Où l'avez-vous mis?" Ils lui dirent: "Seigneur, viens et vois."  Jésus pleura. 

 

Les Juifs dirent alors: "Voyez comme il l'aimait!"  Mais quelques-uns d'entre eux dirent: "Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas?"  Alors Jésus, frémissant à nouveau en lui-même, se rend au tombeau. C'était une grotte, avec une pierre placée par-dessus.  Jésus dit: "Enlevez la pierre!" Marthe, la soeur du mort, lui dit: "Seigneur, il sent déjà: c'est le quatrième jour."  Jésus lui dit: "Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?"  On enleva donc la pierre. Jésus leva les yeux en haut et dit:

 

  "Père, je te rends grâces de m'avoir écouté.

  Je savais que tu m'écoutes toujours;

   mais c'est à cause de la foule qui m'entoure  que j'ai parlé,

   afin qu'ils croient que tu m'as envoyé."

 

 Cela dit, il s'écria d'une voix forte: "Lazare, viens dehors!"  Le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage était enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit: "Déliez-le et laissez-le aller."

 

 Beaucoup d'entre les Juifs qui étaient venus auprès de Marie et avaient vu ce qu'il avait fait, crurent en lui.  Mais certains s'en furent trouver les Pharisiens et leur dirent ce qu'avait fait Jésus.  Les grands prêtres et les Pharisiens réunirent alors un conseil: "Que faisons-nous? Disaient-ils, cet homme fait beaucoup de signes. Si nous le laissons ainsi, tous croiront  en lui, et  les Romains viendront  et ils supprimeront notre Lieu saint et notre nation." Mais l'un d'entre eux, Caïphe, étant grand prêtre cette année-là, leur dit: "Vous n'y entendez rien. Vous ne songez même pas qu'il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière."  Or cela, il ne le dit pas de lui-même; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation - et non pas pour la nation seulement, mais encore afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés. 

 

 

 

 

 

 

 

Dès ce jour-là donc, ils résolurent de le tuer.  Aussi Jésus cessa de circuler en public parmi les Juifs; il se retira dans la région voisine du désert, dans une ville appelée Ephraïm, et il y séjournait avec ses disciples.

 

  Or la Pâque des Juifs était proche et beaucoup de gens montèrent de la campagne à Jérusalem, avant la Pâque, pour se purifier. Ils cherchaient Jésus et se disaient les uns aux autres, en se tenant dans le Temple: "Qu'en pensez-vous? Qu'il ne viendra pas à la fête?"  Les grands prêtres et les Pharisiens avaient donné des ordres: si quelqu'un savait où il était, il devait l'indiquer, afin qu'on le saisît.

 

 

 

- à ne pas confondre avec le lieu  du baptême de Jésus – la maison de Marthe et de Marie paraît connue.

- Jean ne racontera cette scène qu'au chapitre suivant (12,1-2)

 

- la seule fois, dans un récit évangélique, où il est dit de Jésus qu'il aime (verbe grec filein, qui désigne l'amour qui vient de l'homme, et non agapein, qui désigne l'amour du père pour ses enfants).

- cf Jn 9,3 : (à propos de l'aveugle-né): Jésus répondit: "Ni lui ni ses  parents n'ont péché, mais  c'est afin que soient manifestées en lui les oeuvres de Dieu".

 

 

- ici le verbe grec agapein

 

 

- Jésus reste sur place alors qu'il sait que Lazare est mal en point.

 

 

 

 

 

On attendrait de lire : s'il marche la nuit, il bute, parce qu'il ne voit pas clair…

 

 

 

 

 

 

- Thomas :(Didumos)  le Jumeau ? de qui… ? Plutôt le double…double sens…

 

- "avec lui" (double sens): avec Jésus, non pas avec Lazare.

- On croyait que l'âme quittait définitivement le corps le troisième jour. "le quatrième jour" signifie donc qu'il est bien mort.

 

- Un stade : 185 m. à Athènes - 15 stades = 2775 m.

 

 

 

 

- Elle sait que Jésus, en mettant en œuvre les dons de guérisseur qu'il tient de Dieu, aurait pu sauver son frère.

 

 

- Cette réflexion de Jésus ne concerne pas la vie de Lazare, qui est mort, mais celle de  Marthe, qui est vivante.

 

 

- Jean met ici dans la bouche de Marthe la profession de foi qu'on retrouvera en Jean 20,31.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

- la seule fois dans un récit évangélique, où il est dit que Jésus pleure.

- verbe grec filein

 

 

 

 

 

- lorsqu'il sera question de la résurrection de Jésus, la pierre sera déjà roulée.

 

 

 

 

 

 

- Comment un mort peut-il sortir ainsi enveloppé et aveuglé ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ephésiens 1,9-10 :  Il nous a fait connaître le mystère de sa volonté, ce dessein bienveillant   qu'Il avait formé en lui par avance, pour le réaliser quand les temps seraient accomplis : ramener toutes choses sous un seul Chef, le Christ, les êtres célestes comme les terrestres.

 

 

 

 


NOTES sur le RECIT de (LAZARE) (MARTHE) (Jean 11)

 

 

 

Pour qu'il y ait récit, il faut :

1-      un état initial                         2- une transformation                      3- un état final

Le récit, dit de la "résurrection de Lazare", est composé de quatre étapes, délimitées chacune par un déplacement. Nous accompagnerons chacune de ces étapes du "carré sémiotique" de GREIMAS.

 

1- Première étape : "au-delà du Jourdain"

 

1- Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe.  Marie était celle qui oignit le Seigneur de parfum et lui essuya les pieds avec ses cheveux; c'était son frère Lazare qui était malade.  Les deux soeurs envoyèrent donc dire à Jésus : "Seigneur, celui que tu aimes est malade."  A cette nouvelle, Jésus dit: "Cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu: afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle."Or Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare.

  2- Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore dans le lieu où il se trouvait; alors seulement, il dit aux disciples: "Allons de nouveau en Judée."  Ses disciples  lui dirent:  "Rabbi, tout  récemment les  Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas!"  Jésus répondit:  "N'y a-t-il pas douze heures de jour?  Si quelqu'un marche le jour, il ne bute pas,  parce qu'il voit la lumière de ce monde;  mais s'il marche la nuit, il bute,  parce que la lumière n'est pas en lui." Il dit cela, et ensuite: "Notre ami Lazare repose, leur dit-il; mais je vais aller le réveiller."  Les disciples lui dirent: "Seigneur, s'il repose, il sera sauvé." Jésus avait parlé de sa mort, mais eux pensèrent qu'il parlait du repos du sommeil.  Alors Jésus leur dit ouvertement: "Lazare est mort,  et je me réjouis pour vous de n'avoir pas été là-bas, afin que vous croyiez. Mais allons auprès de lui!"  Alors Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples :

"Allons, nous aussi, pour mourir avec lui!"

3- A son arrivée, Jésus trouva Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà. Béthanie était près de Jérusalem, distant d'environ quinze stades.

 

 

Deux soeurs

 

information Lazare malade

 

Jésus

 

 

 

 

amitié

 

messager

 

menaces

 

2- Deuxième étape : arrivée à BETHANIE

 

1- Beaucoup d'entre les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère. Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.  Marthe dit à Jésus: "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.  Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera."  Jésus lui dit: "Ton frère ressuscitera" -"Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour." 

2- Jésus lui dit:  "Je suis la résurrection.  Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra;  et quiconque vit et croit en moi  ne mourra jamais.  Le crois-tu ?" Elle lui dit: "Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde." Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa soeur Marie, lui disant en secret: "Le Maître est là et il t'appelle." 

3- Celle-ci, à cette nouvelle, se leva bien vite et alla vers lui.  Jésus n'était pas encore arrivé au village, mais il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe était venue à sa rencontre.  Quand les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et la consolaient la virent se lever bien vite et sortir, ils la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer.

 

 

(Dieu ?)

 

Confiance (Foi)

 

Marthe

 

 

 

 

(amitié ?)

 

Jésus

 

Savoir

3- Troisième étape : déplacement de Marie

 

1- Arrivée là où était Jésus, Marie, en le voyant, tomba à ses pieds et lui dit: "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort!"  Lorsqu'il la vit pleurer, et pleurer aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla.  Il dit: "Où l'avez-vous mis?" Ils lui dirent: "Seigneur, viens et vois."  Jésus pleura.  Les Juifs dirent alors: "Voyez comme il l'aimait!"  Mais quelques-uns d'entre eux dirent: "Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas?" 

2- Alors Jésus, frémissant à nouveau en lui-même, se rend au tombeau. C'était une grotte, avec une pierre placée par-dessus.  Jésus dit: "Enlevez la pierre!" Marthe, la soeur du mort, lui dit: "Seigneur, il sent déjà: c'est le quatrième jour."  Jésus lui dit: "Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?"  On enleva donc la pierre. Jésus leva les yeux en haut et dit:  "Père, je te rends grâces de m'avoir écouté.  Je savais que tu m'écoutes toujours;   mais c'est à cause de la foule qui m'entoure  que j'ai parlé,   afin qu'ils croient que tu m'as envoyé." Cela dit, il s'écria d'une voix forte: "Lazare, viens dehors!" 

3- Le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage était enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit: "Déliez-le et laissez-le aller." Beaucoup d'entre les Juifs qui étaient venus auprès de Marie et avaient vu ce qu'il avait fait, crurent en lui.  Mais certains s'en furent trouver les Pharisiens et leur dirent ce qu'avait fait Jésus

 

 

Père

 

Vie

 

Lazare

 

 

 

 

 

Foule

 

Jésus

 

Quelques Juifs

 

 

4- Quatrième étape : à JERUSALEM, au Sanhédrin.

 

1- Les grands prêtres et les Pharisiens réunirent alors un conseil: "Que faisons-nous? Disaient-ils, cet homme fait beaucoup de signes. Si nous le laissons ainsi, tous croiront  en lui, et  les Romains viendront  et ils supprimeront notre Lieu saint et notre nation."

2- Mais l'un d'entre eux, Caïphe, étant grand prêtre cette année-là, leur dit: "Vous n'y entendez rien. Vous ne songez même pas qu'il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple et que la nation ne périsse pas tout entière."  Or cela, il ne le dit pas de lui-même; mais, étant grand prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation - et non pas pour la nation seulement, mais encore afin de rassembler dans l'unité les enfants de Dieu dispersés. 

3- Dès ce jour-là donc, ils résolurent de le tuer.  Aussi Jésus cessa de circuler en public parmi les Juifs; il se retira dans la région voisine du désert, dans une ville appelée Ephraïm, et il y séjournait avec ses disciples.

  Or la Pâque des Juifs était proche et beaucoup de gens montèrent de la campagne à Jérusalem, avant la Pâque, pour se purifier. Ils cherchaient Jésus et se disaient les uns aux autres, en se tenant dans le Temple: "Qu'en pensez-vous? Qu'il ne viendra pas à la fête?"  Les grands prêtres et les Pharisiens avaient donné des ordres: si quelqu'un savait où il était, il devait l'indiquer, afin qu'on le saisît.

 

 

(Dieu ?)

 

mort

 

Jésus

 

 

 

Caïphe

Grands-prêtres et

Pharisiens

 

Jésus se cache

 

Le carré sémiotique correspondant à cette étape  fait apparaître que Jésus va être mis à mort, par les Grands-Prêtres et les Pharisiens, au nom de leur conception de Dieu. Apparemment, c'est la négation de la conception de Dieu selon Jésus… La résurrection mettra les pendules à l'heure…

 

 

 


STRUCTURE du RECIT de l'Histoire de (LAZARE) (MARTHE)

 

 

 

La MARCHE vers (le) (la) MORT

 

 

 

Il y avait un malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe

 

Marie était celle qui oignit le Seigneur de parfum et lui essuya les pieds avec ses cheveux; c'était son frère Lazare qui était malade.

 

Les deux soeurs envoyèrent donc dire à Jésus : Seigneur, celui que tu aimes est malade.

 

A cette nouvelle, Jésus dit : cette maladie ne mène pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu afin que le Fils de Dieu soit glorifié par elle. Or Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare.

 

Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore dans le lieu où il se trouvait; alors seulement il dit aux disciples : Allons de nouveau en Judée.

 

Ses disciples lui dirent : Rabbi, tout récemment, les Juifs cherchaient à te lapider, et tu retournes là-bas !

 

Jésus répondit : N'y a-t-il pas douze heures dans le jour ? Si quelqu'un marche le jour, il ne bute pas, parce qu'il voit la lumière de ce monde; mais s'il marche la nuit, il bute, parce que la lumière n'est pas en lui.

 

Il dit cela, et ensuite : notre ami Lazare repose, leur dit-il, mais je vais aller le réveiller. Les disciples lui dirent : Seigneur, s'il repose, il sera sauvé.

 

Jésus avait parlé de sa mort, mais eux pensèrent qu'il parlait du repos du sommeil.

 

Alors Jésus leur dit ouvertement : Lazare est mort, et je me réjouis de n'avoir pas été là-bas, afin que vous croyiez. Mais allons auprès de lui.

 

Alors Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples : Allons nous aussi, et mourons avec lui.

 

A son arrivée, Jésus trouva Lazare dans le tombeau depuis quatre jours déjà.

 

Béthanie était près de Jérusalem, distant d'environ quinze stades.

 


Du SAVOIR au CROIRE – du CROIRE au VOIR

 

 

Beaucoup d'entre les Juifs étaient venus auprès de Marthe et de Marie pour les consoler au sujet de leur frère.

 

Quand Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.

 

Marthe dit à Jésus : Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l'accordera.

 

Jésus lui dit : Ton frère ressuscitera. Je sais, dit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour.

 

Jésus lui dit : Je suis la Résurrection. Qui croit en moi, même s'il meurt, vivra. Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Le crois-tu ?

 

Elle lui dit : Oui Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, qui vient dans le monde.

 

Ayant dit cela, elle s'en alla appeler sa soeur Marie, lui disant en secret : Le Maître est là et il t'appelle. Celle-ci, à cette nouvelle, se leva bien vite et alla vers lui.

 

Jésus n'était pas encore arrivé au village, mais il se trouvait toujours à l'endroit où Marthe était venue à sa rencontre.

 

Quand les Juifs qui étaient avec Marie dans la maison et la consolaient la virent se lever bien vite et sortir, ils la suivirent, pensant qu'elle allait au tombeau pour y pleurer.

 

Arrivée là où était Jésus, Marie, en le voyant, tomba à ses pieds et lui dit : Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. Lorsqu'il la vit pleurer, et aussi les Juifs qui l'avaient accompagnée, Jésus frémit en son esprit et se troubla. Il dit: Où l'avez-vous mis ?

 

Ils lui dirent : Seigneur, viens et vois. Jésus pleura. Les Juifs dirent alors : Voyez comme il l'aimait ! Mais quelques-uns d'entre eux dirent : Ne pouvait-il pas, lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, faire aussi que celui-ci ne mourût pas ?

 

Alors Jésus, frémissant à nouveau en lui-même, se rend au tombeau. C'était une grotte,  une pierre placée par-dessus. Alors Jésus dit : Enlevez la pierre ! Marthe, la soeur du mort, dit : Seigneur, il sent déjà, c'est le quatrième jour.

 

Jésus lui dit : Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ?

 

On enleva donc la pierre.

 

Jésus leva les yeux en haut et dit : Père je te rends grâce de m'avoir écouté. Je savais que tu m'écoutes toujours; mais c'est à cause de la foule qui m'entoure que j'ai parlé, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé.

 

Cela dit, il cria d'une voix forte : Lazare, viens dehors. Le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandelettes, et son visage enveloppé d'un suaire. Jésus leur dit : Déliez-le et laissez-le aller.

 

Beaucoup d'entre les Juifs qui étaient venus auprès de Marie et avaient vu ce qu'il avait fait crurent en lui. Mais certains  s'en furent trouver les Pharisiens et leur dirent ce qu'avait fait Jésus.

 

 

PROGRAMMATION d'une MORT

 

 

 

 

 

 

 

Les grands-prêtres et les Pharisiens réunirent alors un conseil : Que faisons-nous ? disaient-ils, cet homme fait beaucoup de signes.

 

Si nous le laissons ainsi, tous croiront en lui, et les Romains viendront, et ils supprimeront notre Lieu Saint et notre nation.

 

Mais l'un d'entre eux, Caïphe, étant grand-prêtre cette année-là, leur dit : Vous n'y entendez rien, vous ne songez même pas qu'il est de votre intérêt qu'un seul homme meure pour le peuple, et que la nation ne périsse pas tout entière.

 

Or cela, il ne le dit pas de lui-même, mais, étant grand-prêtre cette année-là, il prophétisa que Jésus allait mourir pour la nation, et non pas pour la nation seulement, mais encore afin de rassembler dans l'unité‚ les enfants de Dieu dispersés.

 

Dès ce jour-là, donc, ils résolurent de le tuer. Aussi Jésus cessa de circuler en public parmi les Juifs; il se retira dans la région voisine du désert, dans une ville appel‚e Ephraïm, et il y séjournait avec ses disciples.

 

Or la Pâque des Juifs était proche et beaucoup de gens montèrent de la campagne à Jérusalem, avant la Pâque, pour se purifier. Ils cherchaient Jésus et se disaient les uns aux autres, en se tenant dans le Temple : Qu'en pensez-vous ? Qu'il ne viendra pas à la fête ?

 

Les grands-prêtres et les Pharisiens avaient donné des ordres, si quelqu'un savait où il était, il devait l'indiquer, afin qu'on le saisît.

 


SAINT AUGUSTIN QUARANTE-NEUVIÈME TRAITÉ: (Chap. XI, 1-54.)

 

DEPUIS L'ENDROIT OÙ IL EST DIT: «OR IL Y AVAIT UN MALADE NOMMÉ LAZARE»,

JUSQU'À: «IL S'EN ALLA DANS LE PAYS QUI EST PRÈS DU DÉSERT,

DANS LA VILLE QUI EST APPELÉE EPHREM,

ET LÀ IL DEMEURAIT AVEC SES DISCIPLES».

(Chap. XI, 1-54.)

 

2. Nous lisons crans l'Evangile que trois morts ont été ressuscités par le Seigneur, et ce n'est assurément pas sans raison; car les oeuvres du Seigneur ne sont pas seulement des actions, elles sont aussi des signes. Si donc elles sont des signes, outre qu'elles ont un côté admirable, elles nous indiquent certainement aussi quelque chose de caché à nos yeux. Mais trouver ce que signifient ces actions offre parfois plus de difficulté que de les lire ou de les entendre. Nous écoutions avec admiration, comme en présence d'un grand miracle étalé à nos regards, lorsqu'on nous lisait dans l'Évangile de quelle manière Lazare a été ressuscité. Si nous y réfléchissons, par une opération bien plus admirable de Jésus-Christ, tout homme qui croit ressuscite: et si nous reportons notre attention sur tous ceux qui meurent, et si nous pensons au genre de mort le plus lamentable, celui qui pèche se fait mourir. La mort du corps, tout homme la craint, et la mort de l'âme, bien peu la redoutent. Pour la mort du corps, qui, sans aucun doute, doit arriver un jour, tous cherchent à l'empêcher de venir: c'est là tout leur travail. Il travaille à ne pas mourir, l'homme qui doit mourir, et l'homme qui doit vivre éternellement, ne travaille pas à ne point pécher, et lorsqu'il travaille à ne pas mourir, il s'occupe inutilement: car ce qu'il fait ne peut servir qu'à différer l'heure de la mort et non à l'éloigner tout à fait. Si, au contraire, il voulait ne pas pécher, il n'aurait pas tant de peine et il vivrait éternellement. Oh! si nous pouvions exciter les hommes et nous exciter nous-mêmes avec eux à aimer la vie permanente autant qu'ils aiment cette vie fugitive! Que ne fait pas l'homme tombé en danger de mort? En voyant le glaive suspendu sur leur tête, plusieurs ont livré ce qu'ils avaient en réserve pour assurer leur vie. Quel est celui qui n'aurait pas tout donné pour n'être pas frappé? Et après cet abandon peut-être a-t-il été frappé. Quel est celui qui, pour vivre, ne consentirait pas à l'instant à perdre ce qui le faisait vivre, préférant une vie de mendiant à une prompte mort? Quel est celui à qui l'on a dit: Embarque-toi, si tu ne veux pas mourir, et qui a hésité? Quel est celui à qui l'on a dit: Travaille, si tu ne veux pas mourir, et qui a été paresseux ? Ils sont bien légers les ordres que Dieu nous donne pour nous faire obtenir une vie éternelle, et nous négligeons de lui obéir! Dieu ne te dit pas: Sacrifie tout ce que tu as, pour vivre pendant un temps bien court, et accablé de soucis; mais il dit: Donne aux pauvres une partie de ce que tu as, si tu veux vivre toujours et à l'abri de toute peine. Ils sont notre condamnation, les amateurs de cette vie temporelle qu'ils n'ont ni quand ils veulent, ni aussi longtemps qu'ils le veulent, et nous ne nous condamnons pas nous-mêmes, nous qui nous montrons si paresseux, si lâches à ne quérir la vie éternelle, que nous aurons si nous le voulons, et que nous ne perdions jamais quand nous l'aurons. Et cette mort que nous craignons tant, nous la subirons malgré nous.

 

 3. Si donc le Seigneur par sa grâce et sa miséricorde infinie ressuscite nos âmes pour nous garantir de la mort éternelle, nous devons bien le comprendre, ces trois morts qu'il ressuscita dans leurs corps signifient quelque chose, et ils figurent la résurrection des âmes qui se fait par la foi. Il a ressuscité la fille du chef de la synagogue lorsqu'elle était encore étendue dans sa demeure (1); il a ressuscité le jeune fils de la veuve qu'on portait déjà hors de la ville (2); il a ressuscité Lazare enseveli depuis quatre jours. Que chacun examine l'état de son âme: si elle pèche, elle meurt; le péché, c'est la mort de l'âme. Mais quelquefois on pèche en pensée. Ce qui est mal t'a causé du plaisir. Tu as consenti, tu as péché. Ce péché t'a donné le coup de la mort; mais la mort est à l'intérieur, parce que la mauvaise pensée ne s'est pas réduite en acte. Voulant montrer qu'il ressusciterait cette âme, le Seigneur ressuscita cette jeune fille qui n'avait pas encore été portée dehors, mais qui gisait sans vie dans sa demeure, indiquant par là un péché caché. Toutefois, si tu ne t'es pas borné à consentir à la mauvaise pensée, mais qu'en outre tu aies fait le mal, tu as transporté le mort en dehors des portes; tu es dehors, et tu es emporté mort. Cependant le Seigneur ressuscita aussi ce mort et le rendit à sa mère qui était veuve. Si tu as péché, fais pénitence; et le Seigneur te ressuscitera et te rendra à l'Église, ta mère. Le troisième mort est Lazare. Il y a un genre de mort bien cruel: on l'appelle la mauvaise habitude; car autre chose est de pécher, autre chose est de contracter l'habitude du péché. Celui qui pèche et qui se corrige aussitôt, revient bien vite à la vie; comme il n'est pas encore enlacé par l'habitude, il n'est pas encore enseveli. Mais celui qui a l'habitude de pécher est enseveli, et l'on dit de lui avec raison: Il sent mauvais. Car il commence à avoir une mauvaise réputation, qui se répand autour de lui comme une odeur insupportable. Tels sont tous ceux qui s'accoutument aux crimes, qui sont perdus de moeurs. Tu lui dis: N'agis pas ainsi; est-ce qu'il t'entend, celui que la terre étouffe, que la corruption a déjà gagné et qui est écrasé sous le poids de l'habitude? Et cependant, même ce dernier, Jésus-Christ est assez puissant pour le ressusciter. Nous avons connu, nous avons vu, et nous voyons tous les jours des hommes qui, renonçant à une habitude criminelle, vivent ensuite beaucoup mieux que ceux qui les reprenaient. De tels hommes peut-être te faisaient horreur. Vois la soeur même de Lazare (si toutefois c'est elle qui couvrit de parfums les pieds du Seigneur, et les essuya avec ses cheveux après les avoir arrosés de ses larmes), cette soeur de Lazare fut plus avantageusement ressuscitée que son frère. Elle fut délivrée du poids énorme de ses habitudes criminelles. C'était en effet une pécheresse célèbre, et d'elle il a été dit: «Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu'elle a aimé beaucoup (1)». Nous en voyons beaucoup, nous en avons connu beaucoup qui ont été ainsi ressuscités; que personne ne désespère, ruais que personne ne se laisse aller à la présomption. Si le désespoir est un mal, la présomption en est aussi un. Evite le désespoir et ne choisis point ce qui pourrait te donner de la présomption.


 

LAZAROS

1

ν δ τις σθενν, Λζαρος π Βηθανας, κ τς κμης Μαρας κα Μρθας τς δελφς ατς.

2

ν δ Μαριμ λεψασα τν κριον μρ κα κμξασα τος πδας ατο τας θριξν ατς, ς δελφς Λζαρος σθνει.

3

πστειλαν ον α δελφα πρς ατν λγουσαι, Κριε, δε ν φιλες σθενε.

4

κοσας δ ησος επεν, Ατη σθνεια οκ στιν πρς θνατον λλ’ πρ τς δξης το θεο, να δοξασθ υἱὸς το θεο δι’ ατς.

5

γπα δ ησος τν Μρθαν κα τν δελφν ατς κα τν Λζαρον.

6

ς ον κουσεν τι σθενε, ττε μν μεινεν ν ν τπ δο μρας·

7

πειτα μετ τοτο λγει τος μαθητας, γωμεν ες τν ουδααν πλιν.

8

λγουσιν ατ ο μαθητα, αββ, νν ζτουν σε λιθσαι ο ουδαοι, κα πλιν πγεις κε;

9

πεκρθη ησος, Οχ δδεκα ρα εσιν τς μρας; ἐάν τις περιπατ ν τ μρ, ο προσκπτει, τι τ φς το κσμου τοτου βλπει·

10

ἐὰν δ τις περιπατ ν τ νυκτ, προσκπτει, τι τ φς οκ στιν ν ατ.

11

τατα επεν, κα μετ τοτο λγει ατος, Λζαρος φλος μν κεκομηται, λλ πορεομαι να ξυπνσω ατν.

12

επαν ον ο μαθητα ατ, Κριε, ε κεκομηται σωθσεται.

13

ερκει δ ησος περ το θαντου ατο. κενοι δ δοξαν τι περ τς κοιμσεως το πνου λγει.

14

ττε ον επεν ατος ησος παρρησίᾳ, Λζαρος πθανεν,

15

κα χαρω δι’ μς, να πιστεσητε, τι οκ μην κε· λλ γωμεν πρς ατν.

16

επεν ον Θωμς λεγμενος Δδυμος τος συμμαθητας, γωμεν κα μες να ποθνωμεν μετ’ ατο.

17

λθν ον ησος ερεν ατν τσσαρας δη μρας χοντα ν τ μνημείῳ.

18

ν δ Βηθανα γγς τν εροσολμων ς π σταδων δεκαπντε.

19

πολλο δ κ τν ουδαων ληλθεισαν πρς τν Μρθαν κα Μαριμ να παραμυθσωνται ατς περ το δελφο.

20

ον Μρθα ς κουσεν τι ησος ρχεται πντησεν ατ· Μαριμ δ ν τ οκ καθζετο.

21

επεν ον Μρθα πρς τν ησον, Κριε, ε ς δε οκ ν πθανεν δελφς μου·

22

[λλ] κα νν οδα τι σα ν ατσ τν θεν δσει σοι θες.

23

λγει ατ ησος, ναστσεται δελφς σου.

24

λγει ατ Μρθα, Οδα τι ναστσεται ν τ ναστσει ν τ σχτ μρ.

25

επεν ατ ησος, γ εμι νστασις κα ζω· πιστεων ες μ κν ποθν ζσεται,

26

κα πς ζν κα πιστεων ες μ ο μ ποθν ες τν αἰῶνα· πιστεεις τοτο;

27

λγει ατ, Να, κριε· γ πεπστευκα τι σ ε Χριστς υἱὸς το θεο ες τν κσμον ρχμενος.

28

Κα τατα εποσα πλθεν κα φνησεν Μαριμ τν δελφν ατς λθρ εποσα, διδσκαλος πρεστιν κα φωνε σε.

29

κενη δ ς κουσεν γρθη ταχ κα ρχετο πρς ατν·

30

οπω δ ληλθει ησος ες τν κμην, λλ’ ν τι ν τ τπ που πντησεν ατ Μρθα.

31

ο ον ουδαοι ο ντες μετ’ ατς ν τ οκίᾳ κα παραμυθομενοι ατν, δντες τν Μαριμ τι ταχως νστη κα ξλθεν, κολοθησαν ατ, δξαντες τι πγει ες τ μνημεον να κλασ κε.

32

ον Μαριμ ς λθεν που ν ησος δοσα ατν πεσεν ατο πρς τος πδας, λγουσα ατ, Κριε, ε ς δε οκ ν μου πθανεν δελφς.

33

ησος ον ς εδεν ατν κλαουσαν κα τος συνελθντας ατ ουδαους κλαοντας, νεβριμσατο τ πνεματι κα τραξεν αυτν,

34

κα επεν, Πο τεθεκατε ατν; λγουσιν ατ, Κριε, ρχου κα δε.

35

δκρυσεν ησος.

36

λεγον ον ο ουδαοι, δε πς φλει ατν.

37

τινς δ ξ ατν επαν, Οκ δνατο οτος νοξας τος φθαλμος το τυφλο ποισαι να κα οτος μ ποθν;

38

ησος ον πλιν μβριμμενος ν αυτ ρχεται ες τ μνημεον· ν δ σπλαιον, κα λθος πκειτο π’ ατ.

39

λγει ησος, ρατε τν λθον. λγει ατ δελφ το τετελευτηκτος Μρθα, Κριε, δη ζει, τεταρταος γρ στιν.

40

λγει ατ ησος, Οκ επν σοι τι ἐὰν πιστεσς ψ τν δξαν το θεο;

41

ραν ον τν λθον. δ ησος ρεν τος φθαλμος νω κα επεν, Πτερ, εχαριστ σοι τι κουσς μου.

42

γ δ δειν τι πντοτ μου κοεις· λλ δι τν χλον τν περιεσττα επον, να πιστεσωσιν τι σ με πστειλας.

43

κα τατα επν φων μεγλ κραγασεν, Λζαρε, δερο ξω.

44

ξλθεν τεθνηκς δεδεμνος τος πδας κα τς χερας κειραις, κα ψις ατο σουδαρίῳ περιεδδετο. λγει ατος ησος, Λσατε ατν κα φετε ατν πγειν.

45

Πολλο ον κ τν ουδαων, ο λθντες πρς τν Μαριμ κα θεασμενοι ποησεν, πστευσαν ες ατν·

46

τινς δ ξ ατν πλθον πρς τος Φαρισαους κα επαν ατος ποησεν ησος.

47

συνγαγον ον ο ρχιερες κα ο Φαρισαοι συνδριον, κα λεγον, Τ ποιομεν, τι οτος νθρωπος πολλ ποιε σημεα;

48

ἐὰν φμεν ατν οτως, πντες πιστεσουσιν ες ατν, κα λεσονται ο ωμαοι κα

ροσιν μν κα τν τπον κα τ θνος.

49

ες δ τις ξ ατν Καϊφας, ρχιερες ν το νιαυτο κενου, επεν ατος, μες οκ οδατε οδν,

50

οδ λογζεσθε τι συμφρει μν να ες νθρωπος ποθν πρ το λαο κα μ λον τ θνος πληται.

51

τοτο δ φ’ αυτο οκ επεν, λλ ρχιερες ν το νιαυτο κενου προφτευσεν τι μελλεν ησος ποθνσκειν πρ το θνους,

52

κα οχ πρ το θνους μνον λλ’ να κα τ τκνα το θεο τ διεσκορπισμνα συναγγ ες ν.

53

π’ κενης ον τς μρας βουλεσαντο να ποκτενωσιν ατν.

54

ον ησος οκτι παρρησίᾳ περιεπτει ν τος ουδαοις, λλ πλθεν κεθεν ες τν χραν γγς τς ρμου, ες φραμ λεγομνην πλιν, κκε διτριβεν μετ τν μαθητν.

55

ν δ γγς τ πσχα τν ουδαων, κα νβησαν πολλο ες εροσλυμα κ τς χρας πρ το πσχα να γνσωσιν αυτος.

56

ζτουν ον τν ησον κα λεγον μετ’ λλλων ν τ ερ στηκτες, Τ δοκε μν; τι ο μ λθ ες τν ορτν;

57

δεδκεισαν δ ο ρχιερες κα ο Φαρισαοι ντολν να ἐάν τις γν πο στιν μηνσ, πως πισωσιν ατν.

 

 



[1] La tradition chrétienne présente Domitien (empereur de 81 à 96) comme le deuxième empereur qui persécuta l'Église. Ce n'est pas tout à fait exact.

Les historiens Dion Cassius et Suétone rapportent que Domitien fit rechercher les citoyens "qui vivaient comme des Juifs".

À ce moment - nous ne sommes que moins de vingt ans après l'écrasement de la révolte juive de Menahem, et son écrasement à Massada),  il s'agissait sans doute plus de rechercher des activistes juifs (sympathisants zélotes), infiltrés au plus haut niveau de l'administration ou de la magistrature que de "persécuter une religion", une notion par ailleurs fort étrangère au droit romain.

http://www.empereurs-romains.net/emp12.htm