LE VISAGE DU SEIGNEUR
PERE INFINI A L'AMOUR INFINI
(Obsèques d'Elisabeth GRIFFIN - Cathédrale
NOTRE DAME du HAVRE - 9 Juin 1998)
Pour lire les circonstances de la mort
d'Elisabeth, cliquer sur ce lien :
Je cherche
le visage du Seigneur...
Le visage
du Seigneur,
c'était le visage d'Elisabeth enfant courant dans la campagne,
heureuse de vivre, et faisant la joie de
ses parents.
Mais ce fut aussi ce même visage couvert de larmes
pleurant la mort de sa maman.
Je cherche le visage du Seigneur...
Le visage
du Seigneur,
c'était le
visage d'Elisabeth étudiante, les yeux et la tête pleins de projets pour demain,
envisageant de se spécialiser dans une profession
qu'elle se préparait à exercer.
Mais c'était aussi ce même visage
inquiet d'un avenir pour tous incertain.
Je cherche le visage du Seigneur...
Le visage du Seigneur, ce fut enfin le visage d'Elisabeth humiliée, torturée, violée, assassinée.
Le visage
du Seigneur,
c'est le
visage de tout homme, de toute femme, et de tout enfant :
Et Dieu créa l'homme à
son image, à l'image de Dieu Il le créa, homme et femme Il le créa...
Le visage du Seigneur, c'est tout
particulièrement le visage du pauvre rejeté,
de l'innocent persécuté, du mal innocent.
Mais où
donc Dieu était-il en ce jour fatal du supplice d'Elisabeth ?
Frères et sœurs en humanité qui êtes ici, et
vous frères et sœurs qui partagez ma foi,
ne cherchez pas, croyez moi : II n'était ni au-dessus, ni
à-côté, ni en dehors,
II n'était
pas indifférent,
II était
Elisabeth suppliciée.
Vous êtes
le corps du Christ... et chacun de vous pour sa part est un
membre de ce Corps...
et le corps du Christ est le corps de Dieu...
Ce que vous faites au plus petit
d'entre les miens, c'est à moi que vous le faites...
Ce que
vous n'avez pas fait au plus petit d'entrés
les miens, c'est à moi que vous ne l'avez pas fait.
En défigurant
le visage de cette jeune femme, c'est le visage de Dieu qu'on défigurait.
Voilà pourquoi
je pense et j'affirme que personne sur terre
n'a le pouvoir de pardonner ce crime
véritablement impardonnable.
Seule Elisabeth aurait pu le faire, si elle
en avait eu le temps,
comme le Christ avant de rendre le dernier
soupir :
Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.
Son père et sa famille peuvent, s'il en ont le désir et surtout le
courage,
pardonner le mal qui leur a été fait à eux personnellement;
ils ne peuvent pas pardonner le mal qui a été fait à celle
qu'ils aimaient,
à sa place.
Le mal a été infini, car une vie a été
reprise par qui n'en avait aucun droit,
le pardon ne peut donc être qu'infini;
seul Dieu peut pardonner, et nul autre à sa place...
et je ne suis pas dans le secret de Dieu...
Mais ce n'est ni l'heure ni le lieu du désir de vengeance.
L'heure est aux pleurs, et l'heure est à
l'Espérance.
Ce qu'Elisabeth a été devant vous qui
l'avez connue et aimée,
l'amour qu'elle vous a donné,
tout cela ne meurt pas.
Mais il y a plus : Notre Espérance est dans ce Père infini à l'amour infini
qui n'a pas fait la mort,
et qui pleure la mort des enfants.
Notre Espérance est dans ce Père infini à
l'amour infini
qui, je le crois, a accueilli son enfant au
jour de son supplice,
…et les justes s'en iront au bonheur
éternel !
Notre Espérance réside dans la conviction qui est celle des
croyants ici rassemblés :
Elisabeth est vivante,
de la vie de tous ceux que le Père infini à l'amour infini a
re-suscités à Sa vie.
Il est grand le Mystère de la Foi !
Jean-Paul BOULAND