JE CROIS A LA RESURRECTION DE LA CHAIR

(Homélie pour les Obsèques de Georges EBRAN et de son fils François EBRAN

Eglise d’YPORT – Vendredi 28 janvier 2011)

 

 

 

Que dire de la mort, sinon qu’elle est l’issue normale de tout ce qui vit ?

Que dire aussi de la mort, sinon qu’on n’en choisit pas normalement le jour et l’heure ?

Que dire de plus de la mort, sinon qu’elle crée une impression d’injustice :

Pourquoi lui et pas moi ?

Pourquoi lui et pas un autre ?

Pourquoi justement aujourd’hui où tout semblait bien aller ?

 

Que dire encore de la mort, sinon qu’elle laisse un sentiment d’arrachement,

Qui ne se comblera jamais ?

Et qu’il va falloir vivre maintenant avec cette boule au creux de l‘estomac.

 

Que savons-nous de ce qui se passe après la mort ?

 

De science certaine, nous ne savons rien.

De science certaine, moi, prêtre, je ne sais rien.

Rien de plus que vous.

Comme vous, j’ai vu partir des êtres chers, des parents, des amis, des copains.

Comme vous, j’ai en permanence cette boule au creux de l’estomac.

Certes, j’ai rencontré tel ou tel qui a failli mourir, qui s’est vu mourir,

 Qui a fait ce qu’on nomme une « expérience de mort imminente » (le long tunnel, la lumière…), mais qui n’est pas réellement mort,

sinon, il ne m’aurait rien raconté.

Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui est revenu à la vie, après avoir été réellement mort.

 

Je ne dirai donc que ce que je crois.

Je ne dirai donc que ma conviction.

Comme mon témoignage.

Sans chercher le moins du monde à vous l’imposer.

 

Et ma conviction, elle s’enracine dans l’Evangile.

 

Et l’Evangile me parle d’un certain Jésus qui aurait été re-suscité à la vie par-delà la mort.

Et l’Eglise m’invite à proclamer chaque dimanche :

Je crois à la résurrection de la chair.

 

Serait-ce donc que Jésus aurait repris son corps

Et continué de vivre sur terre après avoir été vu mort ?

Serait-ce donc que Georges et François vont se lever

Et reprendre leur place parmi nous ?

 

Certes non !

La mort de François et de son père est malheureusement bien réelle.

Tout comme celle de Jésus fut bien réelle,

Physiquement, cliniquement, scientifiquement.

 

Mais j’ai fait mienne la conviction des amis de Jésus,

Que ce qui constituait le plus profond de sa personnalité,

Que l’Esprit qui l’animait lorsqu’il faisait route avec eux,

Que la relation qu’il avait établie avec eux,

Avait survécu à la séparation de la mort.

 

Voilà pourquoi j’ose proclamer :

Je crois à la résurrection de la chair.

 

Je crois que les liens que vous avez tissés avec François

Je crois que les liens que vous avez tissés avec Georges,

Tout ce qui était en eux, et qui est passé en vous ;

Tout ce qui constituait l’essentiel de leur personnalité ;

L’amour qui animait profondément leur existence ;

Tout cela continue de vivre.

Et cela, c’est éternel ;

C’est par-delà le monde et le temps,

Par-delà le visible et l’apparent.

Cela est la vie éternelle.

 

Là est la vraie consolation.

 

Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même,

Que Dieu notre Père, qui nous a aimés

Et nous a donné par sa grâce une consolation éternelle et une bonne espérance,

Console vos cœurs et vous affermisse pour faire et dire ce qui est bien et bon !

(2 Thessaloniciens 2, 16-17)

 

 

 

Jean-Paul BOULAND