Nous l'avons aimée. Elle nous a aimés.

 

Marcelline est morte à près de 40 ans.

Elle était véritablement membre de notre communauté paroissiale.

Elle était joyeuse de vivre.

 

 

Quel est donc le contenu du Message de Jésus Christ ? Et qu'est-ce que la Tradition de l'Eglise du Christ ? Et qu'est-ce qu'une Communauté chrétienne ? Pour répondre à ces interrogations, aucun besoin de cours théorique, aucun besoin de recourir à la théologie, nous avons vu Marcelline vivre devant nous, et cela nous suffit pour aujourd'hui. Marcelline en effet, et elle n'est heureusement pas seule, est pour moi le témoignage de ce que le Message du Christ, intelligemment mis en oeuvre, avec l'aide d'une Communauté chrétienne, peut apporter au monde.

 

Elle a grandi dans une famille, qu'on peut dire chrétienne, ce qui ne signifie pas qu'elle était parfaite; une famille où la foi faisait partie de l'héritage commun, où l'Evangile était transmis, non seulement en paroles mais en actes, où on faisait partie d'une paroisse comme d'un pays, où on apprenait à prier, non seulement à demander, mais aussi à remercier. Pour avoir ainsi éduqué Marcelline, Madame JACQ, nous vous disons Merci !

 

Elle a intériorisé le Message du Christ au plus profond d'elle-même, et avec Bernard, elle l'a transmis à ses enfants, toujours avec l'aide et le soutien d'autres croyants : l'équipe d'Aumônerie du Lycée, les membres du Centre de Préparation au Mariage, la Communauté chrétienne de Saint ANDRE et notre ami disparu Raymond HARDY. Et les témoignages que nous avons entendus au début de cette célébration disent assez combien Bernard et Marcelline faisaient partie de notre paysage familier.

 

Ce Message du Christ, elle a voulu le vivre discrètement, dans le respect des consciences de chacun, dans son milieu professionnel de l'Enseignement public, et vous, les instits qui êtes ici, vous l'avez aimée et elle vous a aimés, comme elle aimait les enfants et son métier.

 

Elle désirait que sa maison soit ouverte, et elle y est parvenue, tout en sachant entretenir la nécessaire intimité familiale.

 

Cela dit, elle n'était pas parfaite. Comme nous elle avait ses points faibles. Mais la sainteté n'est pas la perfection.

 

Le saint, le second extrait de l'Evangile de Mathieu, que nous avons entendu, disait " le Juste ", je le dis souvent, c'est celui qui tâche d'ajuster son désir sur le désir de son Dieu, comme le Christ. Celui qui, rencontrant quelqu'un qui est dans le besoin, ne fera pas de discours et ne réunira pas une commission, mais apportera simplement le soulagement qu'il est en mesure d'apporter. Le saint, qu'il reconnaisse Dieu dans le Christ ou ne le reconnaisse pas, qu'il soit blanc ou qu'il soit noir, riche ou pauvre, c'est celui qui, tout simplement, s'efforce de vivre en homme, et fait en sorte que l'humain soit respecté en tout homme. Le saint, le juste, c'est celui qui reconnait en l'autre son frère, son semblable, c'est celui qui met ou qui remet l'homme debout, et qui vit lui-même debout. Etre saint, c'est être solidaire. Etre saint, c'est aimer !

 

Nous l'avons aimée. Elle nous a aimés. C'est le souvenir que nous gardons de Marcelline. C'est de cela que nous rendons grâces à notre Dieu.

 

Jean-Paul BOULAND