DES TALENTS !

 

Bernard était médecin cancérologue à l'Hôpital du HAVRE..

Il s'est tué en moto.

 

 

 

Bernard PATRICOT a quitté le temps. Il est entré dans votre intemporalité. Il ne vivra plus maintenant que par et dans votre mémoire. Terminés les projets d'avenir avec lui ! Ne subsistent que les impressions, les souvenirs, les regrets, les remords peut-être !

 

Vous le voyez dans son activité professionnelle, au Centre Hospitalier, à Médecins sans Frontières ou à Médecins du Monde, attentif aux malades, à tous les malades. Homme de contacts et de terrain  plutôt qu'homme de gestion. Il méprisait l'argent dans la relation médecin-malade. Il n'était pas l'homme des budgets et des bilans, pas assez peut-être à la place qu'il occupait. Mais ne demande-t-on pas trop à un Chef de service ? Gérer en même temps la santé des malades et les conflits inter-personnels, recevoir les familles et les sécuriser, participer aux Séminaires de Formation, diriger, animer, prévoir, redresser... et tout cela dans le même temps, en sauvegardant son équilibre personnel et en étant présent à sa famille... c'est peut-être à cela qu'on reconnaît les grands patrons... mais il faudrait être un surhomme pour tout faire et tout faire bien !

 

Vous le voyez dans sa vie de famille. S'efforçant d'être proche de vous, ses enfants, et regrettant de ne pas l'être davantage. Comme tout père de famille, se posant des questions sur votre éducation. Et vous lui donnez le plus beau témoignage que des enfants puissent donner de leur père : vous en êtes fiers ! Bonté ! Amour ! C'est par ces deux mots que vous résumez le souvenir qu'il vous laisse.

 

Bernard PATRICOT  a quitté le temps. Il est entré dans l'éternité de Celui que nous appelons Dieu faute de bien le connaître. Nous ne savons pas les relations qu'il entretenait en direct avec ce Dieu que nous, les croyants, nommons Notre Père. Nous savons simplement que ce qui l'intéressait en tout homme et en lui-même, c'était cette part d'intelligence, d'esprit, cette capacité de relations, d'amour que nous, les croyants, nommons l'image de Dieu en nous : Et Dieu créa l'homme à son image. A l'image de Dieu Il le créa. Homme-Femme il le créa. Pour moi, il était, sans le savoir peut-être, comme beaucoup d'entre vous je pense, un " chercheur de l'Absolu " un " chercheur de Dieu ".

 

Sa naissance, son éducation l'avaient doté de possibilités, de facultés, de capacités, de " talents " qu'il n'a pas enterrés, mais qu'il a, au contraire, fait fructifier, pour un mieux-être des hommes : Tout cela est bien, bon et fidèle serviteur, tu as été fidèle en peu de choses, sur beaucoup je t'établirai, viens donc te réjouir avec ton maître !

 

Jean-Paul BOULAND