Il s'est offert
(Homélie pour le Dimanche de la Passion – année A –
16 mars 2008)
Ce jour où Jésus pénètre dans Jérusalem monté sur
un ânon, c'est une émeute. Qui donc l'a fomentée ? Qui l'a organisée ? Aucun
rédacteur des récits évangéliques n'en dit rien, mais c'est bel et bien une
émeute. Matthieu, Marc, Luc et Jean nous rapportent les slogans criés par la
foule : Hosanna au fils de David ! -
Béni soit notre roi ! - Hosanna,
c'est-à-dire Sauve-nous ! – Fils de David !, c'est-à-dire le Messie. - Notre
roi. C'est-à-dire le roi des Juifs. Et le plus étonnant, c'est que Jésus,
pour la première fois, qui sera aussi la dernière, se laisse prendre. Quand il entra dans Jérusalem, toute la ville
fut agitée. "Qui est-ce?" Disait-on,
et les foules disaient: "C'est le prophète Jésus, de Nazareth en
Galilée." (Matthieu 21, 10-11). Jusqu'alors il avait refusé
de céder à la pression populaire : Mais
Jésus, sachant qu'on allait venir l'enlever pour le faire roi, se retira à
nouveau, seul, dans la montagne. (Jean 6,15
Et Jésus persiste et signe : Jésus entra dans le Temple
et se mit à chasser ceux qui vendaient.
Il leur disait: " Il est écrit: Ma maison sera une maison de
prière; mais vous, vous en avez fait une caverne de bandits. ". (Luc
19, 45-46). S'attaquer au Temple, même si c'est pour en chasser les marchands
qui y ont établi boutique, c'est s'attaquer à la Maison de Dieu, c'est le
sacrilège par excellence aux yeux des Pharisiens et des prêtres. Jésus le sait.
Jésus le fait quand même! En toute connaissance des conséquences auxquelles il
peut s'attendre. Et Luc poursuit : Les grands prêtres et les scribes
cherchaient à le faire périr, et aussi les chefs du peuple; mais ils ne trouvaient pas ce qu'ils
pourraient faire, car tout le peuple, suspendu à ses lèvres, l'écoutait.
Ils ont peur de réactiver l'émeute de la veille. Ils attendent leur heure.
Et leur heure, ce sera l'heure de Judas, l'heure du Prince
des Ténèbres..
Judas, l'homme au poignard, le "sicaire",
Iscarioth nous dit-on, comme si on n'osait pas dire que Judas était un Zélote,
un terroriste infiltré dans la bande de Jésus (comment ? nul ne le sait, car
Jésus ne l'a pas appelé !). Terroriste infiltré, peut-être repenti, mais resté
dans la main des autorités, qui vont l'utiliser afin qu'il les mène jusqu'à
Jésus. On lui promet trente pièces d'argent, c'est-à-dire une misère,
l'équivalent d'un ou deux mois de salaire; certainement parce qu'on juge que
l'opération ne vaut pas plus. On désire donner une bonne leçon à Jésus, après
quoi on le relâchera et on aura la paix. C'est du moins ce qu'ils disent à Judas. Et Judas les mène de nuit
jusqu'au mont des Oliviers où Jésus se cache, depuis quelques jours,
peut-être depuis le jour de l'émeute. La suite, on la connaît.
On connaît la suite ? Est-ce si sûr ?
Théoriquement, le cas de Jésus, agitateur religieux
partisan du retour aux sources, relevait du Sanhédrin, le Conseil suprême
chargé de régler les affaires religieuses. Et le principal chef d'inculpation
contre Jésus relevait du Sanhédrin : Il a dit qu'il était Fils de Dieu !
C'est le blasphème par excellence. Joint à l'attaque contre le Temple, le
sacrilège par excellence, cela faisait deux chefs d'inculpation pouvant
entraîner la mise à mort par lapidation. Mais les chefs des prêtres vont saisir
une autre occasion, qui leur permettra de se garder les mains pures : Jésus
s'est dit le Messie, c'est-à-dire le Roi des Juifs, car il s'est laissé
acclamer comme Roi le jour de l'émeute. Et ils vont le faire condamner par
Pilate. Une belle astuce : on va transmuer l'inculpation pour motif religieux
en inculpation pour motif politique !
Pour Pilate, c'est une affaire somme toute mineure. Jésus
n'a pas l'air dangereux. Il ne menace pas la sécurité publique. En tout cas pas
autant que le terroriste qu'on a arrêté le jour de l'émeute : Barabbas ! Et
Pilate, qui pourtant n'est pas un tendre, n'a pas du tout envie d'envoyer Jésus
à la croix. Les chefs des prêtres et les membres du Sanhédrin ameutent alors
une foule, et lui font réclamer la mort pour Jésus et la libération pour
Barabbas. Pour la troisième fois,
Pilate leur dit: "Quel mal a donc fait cet homme ? Je n'ai rien trouvé en
lui qui mérite la mort. Je vais donc lui infliger un châtiment et le
relâcher." Mais eux insistaient à
grands cris, demandant qu'il fût crucifié, et leurs clameurs allaient
croissant. Alors Pilate décida que leur
demande serait satisfaite. Ainsi donc Pilate ne condamne pas Jésus à mort.
Il le livre aux chefs des Juifs, en leur fournissant les hommes et le matériel
nécessaires à la mise en croix.
Ce n'est pas le peuple Juif qui a réclamé la mort de Jésus, mais quelques personnes poussées par les chefs des prêtres et des membres du Sanhédrin. Pilate n'a pas obtempéré à la demande de condamnation des responsables, pour lesquels il n'avait que mépris. Et, pour bien affirmer son mépris, il fait apposer cet écriteau ridicule sur la croix : Jésus de Nazareth Roi des Juifs…
En fin de compte, c'est Jésus lui-même qui s'est laissé faire. Il s'est offert.
Mais on n'aurait gardé aucun souvenir de sa passion et de
sa mort s'il n'avait pas été rendu à la vie par Celui qu'il nommait son Père,
et si l'Histoire du monde n'en avait pas été bouleversée par ceux et celles qui
ont cru à cette résurrection. Jésus, pour nous, est plus que Spartacus, que Ben-Hur,
que Jeanne d'Arc et d'autres encore. Beaucoup plus !
C'est parce qu'ils croient qu'il a été re-suscité à la vie par-delà la mort, que plus d'un millier d' adultes, un peu partout en France, seront baptisés Samedi prochain, lors de la Vigile pascale, célébrant la résurrection du Christ. Ils deviendront nos frères et nos sœurs.
Jean-Paul BOULAND
par
Paul BRETTEVILLE
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Horizontalement
1
Calvaire en Hébreu – Initiales d'un Frère
prêcheur 2
Cette hérésie a motivé le premier Concile 3
Gai participe – Banque européenne – Tient chaud 4
Inspecteur général – Pour transporter (pluriel) 5
Cinquième chez les Grecs – Stop 6
Révèle les arcanes 7
Faubourg de Carthage – Personnel 8
A moi – Préposition 9
On peut se le monter – Grand-prêtre des Juifs 10 Dans
le Val-de-Marne – En Corée du Sud 11 A
renié Jésus - Début de soudure en
désordre |
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Verticalement
1 Mont en Samarie – Avance en mer 2 Père de l'Eglise – Ceinture nipponne 3 Mesure jaune – Petite tige 4 Le dallage en hébreu – Métal précieux 5 Poids d'or – Fin d'infinitif – Conseil national
de la Résistance |
6 Hors service – Sodium – Planches 7 Mesurent l'intensité d'un courant – Pas
beaucoup 8 Une ruse en désordre – Echarpe des
sacrificateurs juifs 9 Récipient en désordre 10 Il a livré Jésus pour être crucifié – Saint
normand |
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