vivre devant les autres

(Homélie pour la célébration du Saint Sacrement – année A - 25 mai 2008)

 

Moi, je suis le pain qui est vivant, celui qui est descendu du ciel.

Si quelqu’un mange de ce pain il vivra pour l’éternité.

Le pain que je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde.

Les Juifs se disputent entre eux en disant:

Comment celui-ci peut-il nous donner sa chair à manger?

Jésus leur dit: Amen! Amen! je vous le dis:

Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et ne buvez pas son sang,

vous n’avez pas vie en vous.

Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle.

Et moi je le ressusciterai au dernier jour.

Car ma chair est vraie nourriture et mon sang est vraie boisson.

Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.

Comme le Père qui est vivant m’a envoyé, et comme je vis par le Père,

ainsi qui me mange, celui-là vivra aussi par moi.

Tel est le pain descendu du ciel:

non pas comme les ancêtres ont mangé et ils sont morts.

Qui mange ce pain vivra pour l’éternité.

Jésus dit ces choses alors qu’il enseignait dans une synagogue à Capharnaüm.

Jean 6,51-58

 


"Manger la chair… Boire le sang …". Serions-nous donc en plein cannibalisme ? Si j'en crois leur réaction, c'est ce que semblent croire les Juifs dont il est ici question.

 

J

ean situe ce récit à Capharnaüm. Une grande foule s'est rassemblée autour de Jésus. Après avoir enseigné longuement, Jésus a organisé un grand repas où les pains ont été multipliés pour nourrir la foule. Et celle-ci a été enthousiasmée à la vue du signe qu'il venait d'opérer:«Celui-ci est vraiment le Prophète, celui qui doit venir dans le monde.» Mais Jésus, sachant qu'on allait venir l'enlever pour le faire roi, se retira à nouveau, seul, dans la montagne (Jn 6,14-15). Le lendemain, la foule est encore là, et Jésus va tenter d'expliquer son action de la veille.

 

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our tenter de comprendre le dialogue entre les Juifs et Jésus, il est utile de donner quatre précisions.

 

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a première, c'est de nous rappeler ce que représente le repas dans la Bible. Manger à la même table, c’est manifester l’unité de ceux qui mangent ensemble. Puisqu’on puise ensemble à la même source de vie, mangeant la même nourriture, ceux qui partagent un unique pain, deviennent un seul Corps, comme le dira Paul : Puisqu’il y a un seul pain, nous sommes tous un seul Corps car tous nous participons à ce pain unique (1 Co 10,17). Cette ré-union dans le repas se vivait spécialement au Temple, lors des sacrifices de communion. On offrait un animal. Le sacrificateur l'immolait. Il faisait brûler la part qui revenait à Dieu. Et ceux qui l'avaient offert,  le mangeaient tous ensemble en signe de communion avec Dieu.

 

L

a seconde, c'est de savoir que les Grecs distinguaient dans l'être humain trois composantes : le principe matériel, physique, constitué de la chair et du sang (en grec : sarx); le principe spirituel, psychique, (en grec: pneuma); et l'union de l'un et de l'autre (en grec : swma), que nous nommerions "personnalité".  

 

L

a troisième, c'est de nous rappeler le début du premier chapitre de l'évangile de Jean, où celui-ci définit Jésus comme "Parole de Dieu" : Au commencement était la Parole, et la Parole était auprès de Dieu, et la Parole était Dieu lui-même… Et la Parole est devenue chair, elle a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, cette gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité". (Jean1,1-2,14).

 

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a quatrième, c'est de nous rappeler le chapitre 20 du Livre de l'Exode, lorsque, sur le Sinaï, Moïse reçoit les "dix paroles" de la part de Dieu. Ce que nous nommons les dix commandements, et qui, plutôt que des ordres que Dieu donnerait à son Peuple, sont le Code de bonne conduite du Peuple-témoin de Dieu au milieu des peuples.

 

S

i nous lions ensemble ces quatre précisions que je viens de rappeler, le sens du texte de Jean peut mieux nous apparaître.

 

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es Pharisiens et les Scribes, qui étaient des spécialistes de la Loi, s'efforçaient de mieux comprendre de jour en jour, afin de mieux les appliquer, toutes les obligations et tous les interdits de la Torah, la Loi. Ils la "ruminaient" jour après jour, afin de mieux l'assimiler. Cet acte était pour eux véritablement analogue à l'acte de la manducation, nécessaire à l'alimentation du corps. On retrouve cela dans les paroles adressées à Jean dans l'Apocalypse (10, 8-9) :  "Va prendre le petit livre ouvert dans la main de l'Ange debout sur la mer et sur la terre." Je m'en fus alors prier l'Ange de me donner le petit livre; et lui me dit: tiens, mange-le; il te remplira les entrailles d'amertume, mais en ta bouche il aura la douceur du miel."

 

J

ean présente Jésus à ses disciples comme la nouvelle Loi, qui vient "accomplir", réaliser parfaitement la Torah, la Loi juive. Nous nous souvenons de cette parole de Jésus dans l'évangile de Matthieu :"Je ne suis pas venu abolir la Loi, mais la réaliser parfaitement". (Matthieu 5,17). Dorénavant, pour être un parfait témoin de Dieu au milieu des hommes, il n'est pas besoin d'appliquer parfaitement la Loi, il suffit d'assimiler parfaitement la personnalité de Jésus, au point de devenir semblable à Lui. "Manger la chair, boire le sang du Fils de l'Homme", c'est transformer sa propre personnalité en celle du Fils de l'Homme.

 

I

l ne s'agit donc pas, dans ce texte, de manger la matière du corps, ce qui serait répugnant. Il ne s'agit pas non plus de vivre simplement dans l'esprit du Christ, ce qui ne serait déjà pas si mal. Il s'agit en vérité, pour chacun, pour chacune, "d'endosser la personnalité du Christ", de vivre devant les autres comme Jésus vivait devant ses contemporains.

 

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e qui était vrai pour les disciples de Jean l'est toujours pour nous. Souvenons-nous de ce que disait Paul aux Corinthiens :"Vous êtes le Corps du Christ, et chacun de vous en est un membre". (1 Corinthiens 12). Souvenons-nous encore de cet encouragement de Paul aux Philippiens :  Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus:  Lui, de condition divine,  ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu.  Mais il s'anéantit lui-même,    prenant condition d'esclave,  et devenant semblable aux hommes. S'étant comporté comme un homme,  il s'humilia plus encore, obéissant jusqu'à la mort, et à la mort sur une croix! Aussi Dieu l'a-t-il exalté  et lui a-t-il donné le Nom qui est au-dessus de tout nom, pour que tout, au nom de Jésus, s'agenouille, au plus haut des cieux, sur la terre et dans les enfers, et que toute langue proclame, de Jésus Christ, qu'il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. (Philippiens 2, 5-11)

 

 

Jean-Paul BOULAND


 

 

 

MOTS CROISES du SAINT SACREMENT

Par Paul BRETTEVILLE

 

 

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Horizontalement

 

1- L'Eucharistie l'est par excellence

2- Thomas en était originaire au 13° siècle – Crimes

3- S'enroulent – Crie comme une bête en forêt

4- Surnom du monstre du Loch – Furent grandes au Déluge

5- Pronom familier – Célèbre Compagnie d'Assurances – Cours primaire

6- Produit du ver – Compréhensible

7- Entourèrent

8- Grande assemblée – Accompagne la manière – Consonnes de fusée

9- Etendue d'eau – Dominicain – Cri du Christ en croix

10- Né – Seul

11- Furent ouverts – Demi mouche

Verticalement

 

1- Ce Sacrement l'est – De la tribu de Juda

2- A base d'eau – Coup sans retour

3- Bases – Voix céleste

4- Vin d'Alsace – Métal précieux

5- Mise en réserve – Cru

6- Deux points – Rythme actuel

 

 

7- Première venue de la côte – Fleuve franco-belge – Allez phonétique

8- Conjonction – Ne peuvent pas mordre

9- La loi sans H – Partie de la Bible – Le gros est le plus important

10 – Possessif pluriel – On nomme ainsi Jésus Christ

11- Elles sont neutres – Double voyelle

 

 

 

Solution des MOTS CROISES de la TRINITE

 

 

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