Le CROYANT, peint en
VEILLEUR.
(Homélie pour le 1° dimanche de l'Avent – année B - 30 novembre 2008)
Jésus parlait à
ses disciples de sa venue :
« Prenez garde,
veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment.
Il en est comme d'un homme parti en voyage : en quittant sa maison,
il a donné tout pouvoir à ses serviteurs,
fixé à chacun son travail, et recommandé au portier de veiller.
Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le
soir ou à minuit,
au chant du coq ou
le matin.
Il peut arriver à l'improviste et vous trouver endormis.
Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »
(Mc 13, 33-37)
Nous attendons quoi ?...
Les enfants attendent Noël. Ils écrivent déjà au Père Noël pour passer
commande de ce qu’ils désirent, et qu’ils découvriront, émerveillés, au pied du
sapin, ou dans la cheminée. Ils font des efforts pour être bien sages, bien
travailler à l’école, rendre service, afin d’être trouvés dignes de recevoir ce
qu’ils désirent. Ils préparent aussi leur cœur pour accueillir Jésus et la joie
de Noël. Jésus, le fils de Dieu venu jusqu’à nous, dont ils déposeront le
santon dans la crèche. Jésus, le divin petit, le divin enfant ! NOEL, fête des
fêtes pour les enfants. Attente de NOEL : espérance d’un désir.
Quant à nous, adultes, nous attendons aussi Noël. Depuis quelques mois,
nous avons prévu le budget, afin de ne pas être pris au dépourvu lorsque la
fête arrivera. Prévu également le programme et le déroulement des festivités,
le réveillon, le menu du repas du midi et la place de chacun à table, les
cadeaux aux uns et aux autres. Et nous nous préparons intérieurement à célébrer
la venue du Fils de Dieu en notre monde. Célébration de la Réconciliation.
Célébration de la nuit. Messe du jour. Notre désir à chacun, c’est que la fête
soit la plus réussie et la plus belle possible. Attente de NOEL, préparation
active. Attente de NOEL : espérance d’un désir.
Mais si nous n’attendions et n’espérions que cela, ce qui déjà ne serait
pas si mal, il nous manquerait l’espérance de l’essentiel.
NOEL. Fête du Verbe incarné. Après avoir, à maintes reprises et sous
maintes formes, parlé jadis aux Pères par les prophètes, Dieu, en ces jours qui
sont les derniers, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses,
par qui aussi il a fait les siècles. Resplendissement de sa gloire, effigie de
sa substance, ce Fils qui soutient l'univers par sa parole puissante, ayant
accompli la purification des péchés, s'est assis à la droite de la Majesté dans
les hauteurs, (Lettre aux Hébreux 1.1-3). NOEL, Dieu nous rejoint. “Nous
sommes unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité” (Prière de
l’offrande des dons à l’Eucharistie). Notre foi, notre confiance va vers Celui
qui a pris notre chair, qui est venu en notre monde, qui a pris notre chemin,
qui est devenu l’un de nous, comme nous. Notre foi nous disait déjà qu’en nous
était inscrite l’Icône de Dieu. Que notre responsabilité était de la révéler
aux autres, et de la chercher dans les autres. Notre foi nous dit aujourd’hui
que dans le monde est inscrit le Règne de Dieu. Que notre responsabilité est de
le révéler au monde, et de le chercher dans le monde.
Nous sommes la religion de l’INCARNATION et de la REDEMPTION. Nous croyons que Dieu a “pris chair humaine”
et est devenu l’un de nous. Nous devons croire de même et par voie de
conséquence, que le but ultime de notre existence est de nous laisser prendre
par Dieu. De nous laisser faire selon
le désir de Dieu. Que le but ultime de notre action dans le monde, de notre vie
personnelle, professionnelle, familiale, associative, politique... est de
diviniser le monde. De faire le monde selon le désir de Dieu.
Entre la main de l’artisan et la matière, il y a l’outil. L’artisan,
c’est le Seigneur. La matière, c’est le monde des hommes, la création tout
entière. Et nous ne sommes que l’outil. Mais sans l’outil, l’artisan ne peut
rien faire. Et la matière reste brute. Notre travail dans le monde, c’est le
travail de Dieu.
Nous sommes au sixième jour de la création. Le jour de la transformation
du monde. Et nous attendons le jour où, grâce à Dieu et grâce à nous, ce monde
transformé deviendra transparent à l’Amour. Ce sera le septième jour. Et Dieu
sera Tout en tous.
Quand donc viendra ce jour ? Dans le cours de l'Histoire ? ou Hors du
cours de l'Histoire ? Nul ne le sait. Sa venue est de l'ordre de l'Espérance.
Si vous regardez le monde tel qu'il est, et les hommes tels qu'ils sont,
vous ne pouvez qu'attendre la venue de ce septième Jour, pas encore là.
Mais si vous savez regarder le monde et les hommes avec les yeux de la
foi, dans la confiance à l'Esprit de Dieu, vous verrez par moment, comme des
fulgurances de ce septième Jour, comme des flashes du Règne de Dieu déjà
là.
Quoi qu'il en soit, veillons et ESPERONS !
Jean-Paul BOULAND