VOCATION
de SAMUEL…
VOCATION
de JEAN-PAUL…
(Homélie pour le 2° dimanche
ordinaire – année B – dimanche 18 janvier 2009)
1 Le
jeune Samuel servait donc Yahvé en présence d'Eli. Yahvé appela: "Samuel,
Samuel!"
Il
répondit: "Me voici!" et il courut près d'Eli et dit: "Me voici,
puisque tu m'as appelé" -- "Je ne t'ai pas appelé, dit Eli;
retourne te coucher."
Il alla se coucher. Yahvé recommença
d'appeler: "Samuel, Samuel!" Il se leva et alla près d'Eli et dit:
"Me voici, puisque tu m'as appelé"
--
"Je
ne t'ai pas appelé, mon fils, dit Eli; retourne te coucher." Samuel ne
connaissait pas encore Yahvé et la parole de Yahvé ne lui avait pas encore été
révélée. Yahvé recommença d'appeler Samuel pour la troisième fois. Il se leva
et alla près d'Eli et dit: "Me voici, puisque tu m'as appelé."
Alors
Eli comprit que c'était Yahvé qui appelait l'enfant et il dit à Samuel:
"Va te coucher et, si on t'appelle, tu diras:
Parle,
Yahvé, car ton serviteur écoute", et Samuel alla se coucher à sa place. Yahvé
vint et se tint présent.
Il
appela comme les autres fois: "Samuel, Samuel" , et Samuel répondit:
"Parle, car ton serviteur écoute."
Samuel grandit. Yahvé était avec lui et ne
laissa rien tomber à terre de tout ce qu'il lui avait dit.
( 1 Samuel
3, 3-10,19)
Le
lendemain, Jean se trouvait de nouveau au même endroit avec deux de ses
disciples.
Fixant
son regard sur Jésus qui marchait, il dit: " Voici l'agneau de Dieu.
"
Les
deux disciples, l'entendant parler ainsi, suivirent Jésus. Jésus se retourna
et,
voyant qu'ils s'étaient mis à le suivre, il leur dit: " Que cherchez-vous
? "
Ils
répondirent: " Rabbi-ce qui signifie Maître-,où demeures-tu ? " Il
leur dit: " Venez et vous verrez. " Ils allèrent donc, ils virent où
il demeurait et ils demeurèrent auprès de lui, ce jour-là;
c'était
environ la dixième heure.
André,
le frère de Simon-Pierre, était l'un de ces deux qui avaient écouté Jean et
suivi Jésus.
Il va
trouver, avant tout autre, son propre frère Simon et lui dit:
" Nous avons trouvé le Messie! "
-ce qui signifie le Christ. Il l'amena à Jésus.
Fixant
son regard sur lui, Jésus dit: " Tu es Simon, le fils de Jean;
tu seras appelé Céphas " -ce qui veut dire Pierre.
Jean 1, 35-42
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L |
'histoire de l'appel du petit Samuel me fait penser à la
mienne, le côté merveilleux en moins, peut-être parce que, le jour de ma
première communion, on m'avait offert la reproduction d'un tableau célèbre
illustrant la scène rapportée aujourd'hui… (voir ci-contre)
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A |
i-je été appelé directement par l'Eternel ? Je n'en ai pas
conscience… ou plutôt je n'ai pas conscience d'un appel direct, de bouche à
oreille. Si l'on peut parler d'un appel du Seigneur, ce fut un appel indirect,
qui remonte aux tout premiers âges de mon existence. Je n'ai pas souvenir
d'avoir jamais eu un autre projet que d'être prêtre…

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C |
ertes, mes parents, comme beaucoup de parents à l'époque
de ma jeunesse, désiraient avoir un fils prêtre : ils envisageaient cela comme
un honneur (peut-être pourrait-on parler d'un désir de promotion sociale ?). Et
puis, il y avait déjà un précédent dans la branche maternelle de ma famille :
un de mes oncles était au Séminaire, qui fut ordonné prêtre lorsque j'avais
douze ans, et qui mourut l'année suivante… mais sans faire naître en moi le
projet de le remplacer.
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L |
'année où je devais entrer en classe de sixième, mes
parents venaient de s'endetter afin de pouvoir racheter l'entreprise artisanale
dans laquelle mon père avait travaillé comme ouvrier. Il n'était donc pas
question de m'inscrire dans un établissement privé, où les études coûtaient
cher. Pas question non plus de m'inscrire au Petit Séminaire, où mes études
auraient pû être financées par un quelconque bienfaiteur. Ce que mes parents
refusaient absolument… afin de n'avoir de merci à dire à personne…! J'entrai
donc en sixième au Lycée Corneille de ROUEN.
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E |
t je poursuivis mon projet, en poursuivant mes études,
mais sans en parler à mes camarades de classe, ni à mes copains scouts, ni à
mes copains de la paroisse. Pourquoi ? Parce que je n'étais pas absolument
certain que ce projet soit le meilleur pour moi. Mes parents voyaient bien mes
hésitations, mais ne m'en parlaient pas.
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A |
la fin de la classe de
Terminale, je fus collé à la session de Juin du Baccalauréat (j'avais fait du
théâtre je m'étais initié au Jazz avec des copains, et n'avais donc travaillé
que modérément…). Un jour, le curé de la paroisse, qui connaissait mon projet,
vint trouver mes parents, la bouche en cœur
: "Alors, Jean-Paul entre au Grand Séminaire ?" –
"Oui, mais seulement s'il est reçu au bac en Septembre !" - "Et
s'il n'est pas reçu ?" – 'Eh bien, il redoublera !" – "Mais s'il
perd la vocation ?' – "Ce sera la preuve qu'elle n'était pas très solide
!". Il était déçu. Mais je fus reçu. J'entrai donc au Séminaire. Mais
à 17 ans à peine, j'étais bien jeune. J'y suivis les deux années de premier
cycle. Puis on m'envoya mûrir mon projet comme professeur dans deux
établissements catholiques, l'un à AUMALE, l'autre au HAVRE. Avant de partir au
Service militaire.
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L |
'épreuve du Service militaire et de la guerre d'Algérie
devaient être décisives. Car elles m'amenèrent à me poser bien des questions,
sur les hommes, sur le monde, sur la politique et sur moi-même. Et un beau
jour, un mois avant d'être libéré, j'écrivis au supérieur du Grand Séminaire
pour lui dire que je désirai y rentrer, et que j'étais maintenant certain de
l'appel du Seigneur.
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R |
estait, après les trois dernières années, à attendre et à
entendre l'appel de l'Eglise, qui est toujours, dans un projet vocationnel, le
test décisif. C'est ainsi que, le 29 juin 1960, je fus ordonné prêtre.
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P |
oint final ? Que non pas ! Car, depuis lors, il reste,
jour après jour, à renouveler l'engagement à la fidélité et au service;
c'est-à-dire à répondre à l'appel de l'Eternel, toujours à travers les
médiations humaines, et en étant amené à prendre des décisions parfois
pénibles.
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M |
ais au fait, mon histoire, est-ce qu'elle ne serait pas
aussi, grosso modo, votre histoire?
Jean-Paul
BOULAND