L'ESPOIR ET L'ESPERANCE : Les disciples d'EMMAUS
(Homélie pour le jour de
PAQUES – 12 AVRIL 2009)
Ils avaient cheminé des
années avec Lui.
Ils l'avaient admiré
purifiant les lépreux,
Guérissant les malades,
réanimant les morts,
Pardonnant les péchés et chassant
les démons.
Ils avaient cheminé des
années avec Lui.
Ils l'avaient entendu
proclamer le bonheur
Et la Libération pour les
emprisonnés,
L'Amour et la Justice et
la Terre nouvelle.
Ils avaient cheminé des
années avec Lui.
Ils avaient mis en Lui tout
leur espoir humain,
Et tout leur idéal, car
Il leur avait dit :
C'est bientôt
qu'adviendra la Règne de mon Père.
Et puis un Vendredi
d'orage et de tonnerre,
Trois croix s'étaient
dressées, et la sienne au milieu.
Et l'agonie du Fils avait
été la leur,
Car ils l'avaient vu
mort... irrémédiablement.
Sa mort était la mort de
leurs espoirs humains.
Avaient-ils donc rêvé ?
Ils ne comprenaient plus !
Mais le troisième jour,
quelqu'un croisa leur route.
- " Pourquoi ces
mines tristes et cet air affligé ? "
- " Notre Espérance
est morte et mort notre idéal.
Se serait-il trompé ?
Nous aurait-il trompés ? "
- " Hommes de peu de
foi, vous n'avez rien compris ! ".
C'est alors qu'il reprit
avec eux l'aventure
De ces années passées. Il
relut l'Ecriture,
Et leur ouvrit les yeux,
et ils le reconnurent.
Oui, le Crucifié était
ressuscité,
Et avec Lui la mort
venait d'être vaincue.
Ils comprirent enfin
qu'ils avaient confondu
La vertu d'Espérance avec
l'espoir humain.
C'est ainsi qu'il en va
de nos petites vies !
Tu passes des années à
bâtir des projets,
A tout imaginer, le
présent, l'avenir,
Les lendemains radieux et
la Terre nouvelle.
Et tu investis tout dans
un espoir humain.
Puis un jour, terrifié,
te surprend la tempête,
Qui t'emporte inconscient
et te laisse blessé.
Et tu touches le fond, le
fond du désespoir,
Pourtant, ce jour enfin
peut surgir l'Espérance.
Si alors tu refuses la
résignation,
Si tu te lèves enfin, si
tu reprends la route,
Peut-être quelque part,
Il te rencontrera.
Mais tu mettras du temps à
croire en Sa Présence !
Peu à peu, pas à pas, Il
reprendra ta vie,
Comme un bon artisan il
retissera tout,
Tu verras enfin clair, tu
Le reconnaîtras,
Mais comme en un
brouillard, car il te manquera
De manger à Sa table,
ensemble avec ses frères,
Qui sont aussi tes
frères, invités comme toi.
Et c'est en partageant le
vin, le pain de vie,
Que tes yeux s'ouvriront
définitivement.
Et c'est Lui qui pourra
révéler l'Espérance
Née du matin de Pâques,
et qui dormait en toi,
L'Espérance plus forte
que tout espoir humain,
Capable de combler les
attentes cruelles.
Car pour nous, le
sais-tu, tu portes l'Espérance !
Jean-Paul BOULAND