Ne nous désolons pas. L'Eglise se renouvelle.

(Homélie pour le 4° dimanche de PAQUES – 3 mai 2009 – Journée de prière pour les Vocations)

 

Jésus disait aux Juifs : « Je suis le bon pasteur, le vrai berger.

 Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire, lui, n'est pas le pasteur, car les brebis ne lui appartiennent pas :

s'il voit venir le loup, il abandonne les brebis et s'enfuit ; le loup s'en empare et les disperse.
Ce berger n'est qu'un mercenaire, et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.

Moi, je suis le bon pasteur ; je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent,

comme le Père me connaît, et que je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis.
J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie :

celles-là aussi, il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix :

 il y aura un seul troupeau et un seul pasteur.
Le Père m'aime parce que je donne ma vie pour la reprendre ensuite.
Personne n'a pu me l'enlever : je la donne de moi-même.

J'ai le pouvoir de la donner, et le pouvoir de la reprendre :

 voilà le commandement que j'ai reçu de mon Père. »

(Jean 10, 11-18)

 

 


L

orsqu'on consulte les statistiques du nombre des prêtres en France (cf. tableau ci-contre), on constate que l'année 1877  représente un sommet, qui n'a jamais été dépassé, et à partir duquel la courbe n'a fait que décroître jusqu'aujourd'hui. 56143 en 1877 – 42000 en 1950 – 36000 en 1975 – 20523 en 2006. Ce qui représente une chute de plus de 60 % en 130 ans, pour une augmentation de la population de près de 60 %.

 

F

Année

Population

de la France

Nombre

de Prêtres

1877

37 000 000

56 143

1904

40 000 000

55 096

1950

41 829 000

42 000

1965

48 758 000

41 000

1975

52 699 000

36 000

1990

58 171 000

32 267

1991

58 459 000

31 564

1992

58 74500

30 909

1993

58 995 000

30 199

1994

59 210 000

29 503

1995

59 419 000

28 694

1996

59 624 000

27 810

1997

59 831 000

27 200

1998

60 047 000

26 598

1999

60 348 000

26 043

2000

60 751 000

25 353

2001

61 182 000

24 251

2002

61 616 000

23 542

2003

62 042 000

22 855

2004

62 445 000

21 637

2005

62 818 000

20 381

2006

63 400 000

20 523

2007

63 573 000

20 277

Cliquer ici

ace à ces chiffres, je constate, chez les chrétiens, deux réactions habituelles :

 

1-                  Ou bien ils cherchent les causes de cette diminution, pour déplorer la situation actuelle, la dureté des temps, la perte des valeurs… et ils en restent là, à pleurer et  se lamenter ..

2-                 Ou bien ils cherchent ce qu'il faudrait faire pour voir la courbe remonter (ordonner prêtres des hommes mariés, ou des femmes – ou bien, au contraire, revenir à la Tradition pure et dure – ou bien encore, faire venir des prêtres de pays où il y en a encore en nombre…).

 

M

ais, en fin de compte, tout cela est stérile, et n'aboutit à rien. Car on oublie une étape, à mon avis, essentielle.

 

M

a conviction est qu'il faut prendre acte que cette situation de crise est PROVIDENTIELLE, qu'elle ne concerne pas seulement la diminution du nombre des prêtres, mais affecte toutes les composantes de la société française en général,  et, plus largement, toutes nos sociétés développées, et opérer un véritable DISCERNEMENT.

 

S

i nous croyons que l'Esprit du Seigneur est à l'œuvre dans notre Eglise, dans notre monde et dans notre Humanité, nous devons reconnaître en conséquence que cette situation exige qu'on la regarde telle qu'elle se présente à nous, pour tenter d'y discerner les SIGNES que le Seigneur nous adresse à travers elle, et quel est son DESIR. Autrement dit, il ne s'agit pas seulement de poser le problème, comme s'il n'était qu'un simple problème, dont il faudrait trouver la solution; mais d'analyser, dans la foi et la prière, les données de ce problème.

 

A

ux XII° - XIII° siècles, les responsables des églises particulières, je veux parler des évêques, avaient bien davantage de raisons que nous, aujourd'hui, de se désoler, lorsqu'ils assistaient au départ d'hommes jeunes vers les nouveaux monastères, créés par de jeunes hommes qui se nommaient François d'Assise, Dominique de Guzman, ou Bernard de Clairvaux; qu'ils voyaient des milliers de chrétiens y affluer chaque dimanche, et aux grandes fêtes, alors que les églises des paroisses tombaient en ruines, et que les vocations de prêtres se faisaient rares. Et pourtant, c'est à partir de ces Ordres nouveaux que l'Eglise reprit des forces, et que l'évangélisation progressa.

 

A

 la fin du XVIII° siècle, alors que le Clergé français était divisé : Haut-Clergé proche du Pouvoir royal, Bas-Clergé proche du Peuple; les uns vivant dans l'opulence et les autres dans la misère; lorsque le nombre des prêtres diminuait gravement, que les abbayes se vidaient de leurs moines; et que commençait la tourmente révolutionnaire; l'Eglise de France semblait en grand péril. Et pourtant, le XIX° siècle vit l'Eglise progresser de nouveau, de nouvelles Congrégations apparaître, avec de nouvelles formes de spiritualité et de liturgie.

 

A

ujourd'hui, l'Eglise de France est riche de près d'un million de catéchistes, de plusieurs centaines de milliers d'animateurs en tous les domaines : liturgie, pastorale des malades, gestion financière et immobilière… A quoi il faut ajouter les centaines de milliers de membres des Mouvements divers (Action catholique, Spiritualité…) et des Communautés nouvelles. Jamais, dans l'Histoire de l'Eglise catholique en France, il n'y a eu autant de personnes au service de l'évangélisation. Dans la dernière nuit pascale, près de 3000 baptêmes d'adultes ont été célébrés.

 

G

ardons l'ESPERANCE. Ne nous désolons pas. L'Eglise se renouvelle. Dans nos pays occidentaux, elle semble en perte de vitesse. Dans beaucoup de pays du monde, elle progresse. Certes, l'Eglise d'aujourd'hui n'est plus l'Eglise d'hier. Et l'Eglise, demain, sera encore fort différente. Mais ce qui seul importe, c'est que l'Eglise continue, pour encourager les croyants à travailler au bonheur des hommes, et célébrer la gloire de l'Eternel !

 

V

ous dites que l'Eglise manque de prêtres ? Et si elle manquait de chrétiens heureux et convaincus ?

 

Jean-Paul BOULAND

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

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