Nul n’est prophète dans son pays !
(Homélie pour le 14° dimanche ordinaire – Année B – 5 Juillet 2009)
Jésus est parti pour son pays, et ses disciples le
suivent.
Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue.
Les nombreux auditeurs, frappés d'étonnement, disaient
:
« D'où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui
lui a été donnée,
et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José,
de Jude et de Simon ?
Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? »
Et ils étaient profondément choqués à cause de lui.
Jésus leur disait : « Un prophète n'est méprisé que dans son pays, sa famille
et sa propre maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ;
il guérit
seulement quelques malades en leur imposant les mains.
Il s'étonna de leur manque de foi.
Alors il parcourait les villages d'alentour en
enseignant.
(Marc 6, 1-6)
Nul
n’est prophète dans son pays ! Combien de personnes peuvent avoir prononcé ces paroles
un jour ou l’autre sans trop savoir qu’elles venaient directement de
l’évangile.
Une chose est certaine, il n’y a à peu près personne qui n’ait, à un moment donné, expérimenté la vérité de ces paroles devenues proverbe.
J’ai retenu trois courtes histoires qui vont illustrer comment aujourd’hui encore les propos de Jésus sont d’actualité.
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1 |
- Un garçon, qui était partiellement sourd, revint de l’école avec une note qui suggérait à ses parents de le retirer de l’école parce qu’ il était trop stupide pour apprendre. Lorsque la mère a lu la note, elle a dit: “Mon fils, Tom, n’est pas trop stupide pour apprendre. Je vais lui enseigner moi-même.”
Quand Tom est mort, plusieurs années plus tard, le peuple américain lui a rendu hommage en éteignant, pendant une minute, toutes les lumières que Tom avait inventées. Le vrai nom de Tom était Thomas Edison, l’ inventeur de l’ampoule électrique, du phonographe, et détenteur de plus d’un millier de brevets
d’ inventions
Les critères que nous prenons pour évaluer les personnes sont souvent très subjectifs et aléatoires. Pour ses professeurs, Thomas Edison n’était qu’un enfant sourd; il était donc trop stupide pour apprendre. Ils n’ont pu découvrir son potentiel.
Les gens de Nazareth non plus, n’ont pas reconnu le “potentiel” de Jésus. Puisqu’ il n’était qu’un charpentier, il ne pouvait pas être le Messie. Pour accueillir l’autre, et surtout pour accueillir Dieu qui vient toujours de façon surprenante, un regard qui va plus loin que les apparences et la surface est nécessaire.
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2 |
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Une histoire semblable est arrivée aussi à Paride Taban. C’était un jeune
chrétien du Soudan. I l s’était enfui de son pays lorsqu’une terrible
persécution religieuse a éclaté en 1960 et il avait trouvé refuge en Ouganda.
Pendant qu’ il séjournait en Ouganda, il étudia pour devenir prêtre et fut
ordonné.
Lorsque la situation du Soudan se calma, c’est en tant que Père Taban qu’ il retourna dans son pays et fut nommé dans une paroisse de la région de Palotaka. Mais les habitants de la paroisse n’arrivaient pas à croire que Paride était un prêtre. Ils n’avaient jamais vu de prêtre noir; tous les prêtres qu’ ils connaissaient étaient blancs et ils leur donnaient des médicaments et des vêtements. Le jeune Père Taban, lui, était de la tribu de Madi et n’avait rien à leur donner. Il était aussi pauvre qu’eux. Il était un dès leurs, il ne pouvait donc pas être prêtre.
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3 |
- Un jour une chinoise invita une anglaise à une promenade dans la montagne.
Les deux femmes escaladèrent une longue pente. Parvenues au sommet, elles virent que les nuages les enveloppaient de toute part.
-Mais, il n’y a rien à voir ici ! dit l’anglaise.
-C’est justement ce que je voulais vous montrer, dit la chinoise.
Il nous arrive de côtoyer nos proches comme cette anglaise, avec le regard du : « Il n’y a rien à voir ici. ! » Ce fut l’attitude des contemporains de Jésus. La beauté est parfois simple question d’ajustement du regard.
Lorsque
Dieu a pris le visage de l’un des leurs pour se faire connaître et montrer son
amour, les Juifs, en particulier les habitants de Nazareth, n’ont pas cru que
c’était lui. Les Juifs ne pouvaient pas
croire que Dieu puisse se faire si proche d’eux.
Qu’en est-il de nous?
Croyons-nous vraiment que Dieu nous rejoint dans notre condition humaine?
Croyons-nous vraiment que Jésus de Nazareth est pour nous, dans notre vie le Fils de Dieu?
Croyons-nous vraiment que notre Église continue la présence et la mission de Jésus de nous révéler le Père ?