Nos DEVOIRS envers les ENFANTS
(Homélie pour le 27° dimanche du temps
ordinaire – année B – 4 octobre 2009)
Un
jour, des pharisiens abordèrent Jésus et pour le mettre à l'épreuve, ils lui
demandaient :
"Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ?"
Jésus dit : "Que vous a prescrit Moïse ?"
Ils lui répondirent : "Moïse a permis de renvoyer sa femme
à
condition d'établir un acte de répudiation."
Jésus répliqua : "C'est en raison de votre endurcissement qu'il a formulé
cette loi.
Mais, au commencement de la création, il les fit homme et femme.
A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère, 8 il s'attachera à sa femme,
et tous deux ne feront plus qu'un.
Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu'un.
Donc, ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas !"
De retour à la maison, les disciples l'interrogeaient de nouveau sur cette
question.
Il leur répond : "Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre
est coupable d'adultère envers elle.
Si une femme a renvoyé son mari et en épouse un autre, elle est coupable
d'adultère."
On présentait à Jésus des enfants pour les lui faire toucher ;
mais les disciples les écartaient vivement.
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit :
"Laissez les enfants venir à moi. Ne les
empêchez pas,
car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
Amen, je vous le dis : Celui qui n'accueille pas le royaume de Dieu
à la manière d'un enfant, n'y entrera pas."
Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.
Parlons donc des enfants et de leurs droits.
Et parlons de nos devoirs envers eux.
Reprenant les paroles du Christ les
concernant, il est essentiel de dire que, pour le croyant, avant d'être un
petit homme ignorant des vérités de la Foi, et qu'il s'agit de catéchiser, L'ENFANT
EST SACREMENT, ICONE DE DIEU, c'est-à-dire Don de Dieu, signe privilégié de
l'amour du Père pour l'ensemble de l'Humanité. Les adultes chrétiens ont
d'abord à recevoir cet amour de Dieu de la part des enfants, avant de leur
donner quoi que ce soit, serait-ce le Baptême. Et cela, qui est vrai de tous
les enfants, l'est encore bien davantage des enfants handicapés ou défavorisés,
quelle que soit la nature et l’origine de leur handicap, et quel que soit le
foyer dans lequel ils voient le jour.
Pour ce qui concerne le Sacrement du
BAPTEME, il faudrait pouvoir tenir compte, là où elle est en question, de la
liberté actuelle et future de l'enfant. Or la LIBERTE ne consiste pas à faire
ce que l'on veut, c'est-à-dire, ainsi que le dit le langage courant, n'importe
quoi; la LIBERTE consiste à pouvoir choisir la meilleure voie afin de se
réaliser comme être humain, c'est-à-dire pour le croyant, comme ICONE de DIEU.
C'est pourquoi j'ose dire que le petit enfant de parents croyants, a DROIT
AU BAPTEME, car on voit mal pourquoi ses parents le priveraient de ce DON
de DIEU, qu'ils estiment bon pour eux-mêmes afin de se réaliser dans la
fidélité à Dieu. De même, on voit mal au nom de quel principe, théologique ou
pastoral, un prêtre le lui refuserait. En revanche, j’ose également dire que
l'enfant d'une famille non croyante a
le droit qu'on respecte la non-Foi chrétienne de ses parents, même si
nous croyons profondément que Dieu l'aime, et si nous désirons manifester à
tous cet amour de Dieu.
Tout enfant baptisé a DROIT A
L'EUCHARISTIE, c'est indubitable. Mais il faudrait, ici ou là, mettre la
pratique en accord avec la théorie, tout comme pour le Baptême. Car, pourquoi
refuser la communion à des enfants de familles croyantes et pratiquantes, et la
proposer à d'autres, de famille non ou mal croyantes, et, en tous cas, non
pratiquantes ? C'est en effet une pratique traditionnelle de décider que tous
les enfants catéchisés feront leur Première Communion à tel âge, ou en telle année de catéchisme. Or, un enfant de 3
ans, de famille chrétienne, a bien plus droit à participer pleinement à
l'Eucharistie, qu'un enfant de 10 ans, qui n'a jamais vu ses parents communier,
qui ne le demande pas, ou plutôt qui ne le demandera que parce qu'on le lui
suggérera. Il nous faut peut-être revoir, en ce domaine, notre notion
d'égalité.
La question de la MESSE : Les enfants ne
sont pas, je l'ai déjà dit plus haut, des petits hommes, ou des adultes en
réduction. Il faut bien sûr, les INITIER aux Sacrements, à la PRIERE, à la
pratique d'une VIE CHRETIENNE, mais EN ENFANTS. Il faut donc être à l'écoute de
leur langage, afin de leur révéler une PAROLE qui les aide à grandir. Etre à
l'écoute également de leur manière de prier, afin d'organiser avec eux des
célébrations, y compris eucharistiques, au cours desquelles ils pourront
réellement exprimer leur vie et leur foi, et qui sera, peut-être l'occasion
pour les adultes qui y participeront de se reposer les questions essentielles.
Dans telle paroisse où existent de telles célébrations, trois ou quatre fois
dans l'année, j'ai entendu cette réflexion de la part des Anciens :
"D'habitude, on demande aux enfants de venir à notre Messe, aujourd'hui,
c'est nous qui avons participé à la leur".
1- Dans
les INSTANCES de DECISION ecclésiales, les enfants n'ont pas souvent leur
place, et encore moins la parole. Or, s'ils sont baptisés, s'ils participent à
la Catéchèse, s'ils manifestent un certain souci de l'annonce de la Bonne
Nouvelle à leurs frères, il y a là toutes raisons de les y intégrer, de leur
donner la Parole, et de tenir compte de leurs avis. Quelle est par exemple,
dans nos Communautés paroissiales, la place faite aux enfants dans les divers
organes de réflexion ou de décision, et notamment dans les Conseils pastoraux ?
2- Les
responsables des Eglises, s'ils veulent
être crédibles dans leur lutte pour la reconnaissance des droits des enfants
partout dans le monde, doivent d'abord "balayer devant leur porte",
et veiller à la reconnaissance des droits des enfants à l'intérieur même de
leurs communautés chrétiennes. Cela fait partie de la fonction prophétique de
l'Eglise, qui pourrait être, ici comme en d'autres occasions, une espèce de
"laboratoire social expérimental".
3- Il
est tout aussi évident que les Chrétiens, qui ont pour ambition de collaborer à
la venue du Règne de Dieu dans le monde, se doivent d'être présents là où
s'élaborent et se réalisent une législation et des structures pour les enfants,
afin de pouvoir contribuer à leur mise en place dans le respect des droits des
enfants, et de pouvoir témoigner de leur expérience préalable dans ce domaine,
au sein de leurs Eglises.
4- Enfin,
dans leur lutte pour le Développement intégral (= de tout homme et de tous
les hommes - Paul VI - Populorum progressio ), les Chrétiens doivent avoir
à cœur de soutenir les projets et les réalisations où des enfants sont en jeu,
car ils sont notre avenir !
Jean-Paul BOULAND
Après avoir mûrement pesé toutes ces raisons, la
Sacrée Congrégation des Sacrements, réunie en assemblée générale, le 15 juillet
1910, pour supprimer définitivement les abus signalés, et afin que les enfants
s'approchent de Jésus-Christ dès leur jeune âge, vivent de sa vie et y trouvent
protection contre les dangers de corruption, a jugé opportun d'établir pour
être observé partout, la règle suivante sur la Première Communion des enfants :
I. L'âge de discrétion, aussi bien pour la communion
que pour la confession, est celui où l'enfant commence à raisonner,
c'est-à-dire vers sept ans, soit au-dessus soit même au-dessous. Dès ce
moment commence l'obligation de satisfaire au double précepte de la confession et
de la communion.
II. Pour la première confession et la Première
Communion, point n'est nécessaire une pleine et parfaite connaissance de la
doctrine chrétienne. L'enfant devra cependant ensuite continuer à apprendre
graduellement le catéchisme entier, suivant la capacité de son intelligence.
III. La connaissance de la religion requise dans
l'enfant pour qu'il soit convenablement préparé à la première Communion est qu'il
comprenne, suivant sa capacité, les mystères de la foi, nécessaires de
nécessité de moyen, et qu'il sache distinguer le pain eucharistique du pain
ordinaire et corporel, afin de s'approcher de la Sainte Table avec la dévotion
que comporte son âge.
IV. L'obligation du précepte de la confession et de
la communion, qui touche l'enfant, retombe sur ceux-là surtout qui sont
chargés de lui, c'est-à-dire les parents, le confesseur, les instituteurs
et le curé. C'est au père ou à ceux qui le remplacent, et au confesseur qu'il
appartient suivant le Catéchisme romain, d'admettre l'enfant à la Première
Communion.
V. Qu'une ou plusieurs fois par an, les curés aient
soin d'annoncer et d'avoir une communion générale des enfants, et d'y admettre
non seulement les nouveaux communiants, mais les autres qui, du consentement de
leurs parents ou de leur confesseur, comme on l'a dit plus haut, auraient déjà
pris part à la Table Sainte. Qu'il y ait pour tous quelques jours de
préparation et d'instruction.
VI. Ceux qui ont charge des enfants doivent mettre tous leurs soins à les faire approcher très fréquemment de la Sainte Table après leur Première Communion, et, si c'est possible, même tous les jours, comme le désirent le Christ Jésus et notre Mère la Sainte Église ; qu'on veille à ce qu'ils le fassent avec la dévotion que comporte leur âge. Que ceux qui ont cette charge se rappellent aussi le très grave devoir qui leur incombe de veiller à ce que les enfants assistent aux leçons publiques de catéchisme, sinon qu'ils pourvoient autrement à leur instruction religieuse.
VII. La coutume de ne pas admettre à la confession
ou de ne jamais absoudre les enfants qui ont atteint l'âge de raison est tout à
fait à réprouver. Les Ordinaires auront donc soin de la faire disparaître
totalement en employant même les moyens du droit.
VIII. C'est un abus tout à fait détestable que de ne
pas donner le Viatique et l'Extrême-Onction aux enfants parvenus à l'âge de
raison et de les enterrer suivant le rite des tout-petits. Que les Ordinaires
reprennent sévèrement ceux qui n'abandonneraient pas cet usage.
Ces décisions des Éminentissimes Cardinaux de la
Sacrée Congrégation, Notre Saint-Père le Pape Pie X, dans l'audience du 7 août,
les a toutes approuvées, et a ordonné de publier et promulguer le présent
décret. Il a prescrit, en outre, à tous les Ordinaires, de faire connaître ce décret
non seulement aux curés et au clergé, mais encore aux fidèles auxquels on devra
le lire en langue vulgaire, tous les ans, au temps pascal. Quant aux
Ordinaires, ils devront, tous les cinq ans, rendre compte au Saint-Siège, en
même temps que des autres affaires de leur diocèse, de l'exécution de ce
décret.