(Homélie pour le 3° dimanche de l'Avent – année C
– 13 décembre 2009)
Frères,
soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez
dans la joie.
Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.
Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance,
dans
l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos demandes.
Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer,
gardera votre coeur et votre intelligence dans le Christ Jésus.
Philippiens 4, 4-7
Les foules
demandaient à Jean le Baptiseur :
« Que devons-nous
faire ? »
Jean leur répondait
: « Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ;
et celui qui a de
quoi manger, qu'il fasse de même ! »
Des publicains
(collecteurs d'impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent :
« Maître, que
devons-nous faire ? »
Il leur répondit : «
N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
A leur tour, des
soldats lui demandaient : « Et nous, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit : «
Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde. »
Or, le
peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était
pas le Messie.
Jean s'adressa alors à tous :
« Moi, je vous
baptise avec de l'eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi.
Je ne suis pas digne
de défaire la courroie de ses sandales.
Lui vous baptisera
dans l'Esprit Saint et dans le feu.
Il tient à la main
la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé,
et il amassera le grain dans son grenier ;
quant à la paille,
il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. »
Par
ces exhortations et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne
Nouvelle.
(Luc 3, 10-18)
saint
PAUL : Frères soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le
redire : soyez dans la joie. Que votre sérénité soit connue de tous les hommes.
Le Seigneur est proche. Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance,
dans l'action de grâce priez et suppliez pour faire connaître à Dieu vos
demandes. Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu'on peut imaginer, gardera
votre coeur et votre intelligence dans le Christ Jésus." (Philippiens
4,4-7)
Moi
: Oh ! que voilà un excellent conseil ! " SOYEZ DANS LA JOIE " !
Toi
: C'est vite dit, mon cher Jean-Paul ! Mais viens-y donc, toi ! Viens voir ma
vie ! Viens voir les difficultés de mes enfants à l'école ! Viens voir les
tensions au sein de notre couple ! Et va donc dire cela à mon collègue qu'on
vient de mettre en retraite anticipée sans presque lui demander son avis ! Et
va donc dire cela à ma belle-sœur que son mari vient de quitter avec trois
enfants ! Et va donc dire cela, pendant que tu y es, aux Serbes et aux Albanais
du Kosovo ! aux malades du SIDA ! aux sinistrés du Bangladesh ! Etre heureux
avec toutes ces tuiles qui nous tombent sur la tête, c'est une plaisanterie,
j'espère ?
Moi
: Tu penses sans doute que ma vie à moi est un long fleuve tranquille, qui
court paisiblement de sa source à son embouchure, sans barrage, sans orage et
sans ombrage ? Que je ne me pose aucune question, ni sur moi-même, ni sur les
autres, ni sur le monde qui m'entoure ? Que j'aime tout le monde et que je suis
aimé de tous ? Que dans la communauté des croyants, tous filent le parfait
amour ? Que ma propre famille est un modèle d'unité ? Que je suis lisse, parfait
et inattaquable ? Sois sans crainte, ma vie ressemble à la tienne, et le monde
dans lequel j'évolue est tout à fait semblable au tien.
Toi
: Eh bien, justement, sois réaliste. Dans ce monde, il est impossible de vivre
dans la joie, à moins de se réfugier sur un petit nuage. Il est impossible
d'être heureux, tant que tous les hommes ne sont pas heureux.
Moi
: Le réaliste, vois-tu, c'est celui qui dit " les choses ne peuvent pas
continuer comme cela, ça ne peut pas durer ! Il faut que ça change ! Alors
mettons-nous à l'ouvrage !". Le réaliste, c'est Jean le Baptiseur,
disant aux gens qui venaient le trouver : Celui qui a deux vêtements, qu'il
partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse
de même !". Disant aux collecteurs des impôts romains :
"N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. Et aux militaires qui
pillaient les civils : "Ne faites ni violence ni tort à personne ; et
contentez-vous de votre solde.". Le réaliste, c'est celui qui se met
au travail sans attendre que les autres s'y soient mis avant lui. C'est Jésus
guérissant gratuitement ceux qui lui faisaient confiance, accueillant les
pauvres, et réintégrant les exclus dans la société civile, sans faire aucun
discours.
Toi
: Vois-tu, ce que tu me dis me rappelle le mythe des Danaïdes, ces femmes dont
la mythologie grecque nous raconte qu'elles furent condamnées à remplir, dans
le Tartare, un tonneau sans fond… Voilà deux mille ans que Jésus est venu, et
il y a toujours de la misère, des guerres et des catastrophes. Et il y en aura
jusqu'à la consommation des siècles… Le Royaume de Dieu, ça n'est pas pour
demain…
Moi
: Personne n'a jamais prétendu que le Royaume de Dieu, c'était la société sans
mal et sans misère. Personne n'a jamais prétendu non plus que le Royaume de
Dieu viendrait au terme des efforts des hommes, lorsque mal et misère auront
été éradiqués de la surface de la planète. La révélation majeure de Jésus, est
celle-ci : Le Règne de Dieu est au milieu de vous ! Alors, vois-tu,
lorsque tu as fait ce que tu peux pour faire advenir au milieu des hommes un
peu du Royaume de Dieu… Lorsque tu as fait ce que tu peux pour unir les hommes…
Lorsque tu as fait ce que tu peux pour mettre un peu de chaleur et de joie dans
le monde qui t'entoure…
…
dis-toi que le Bonheur, c'est ça… malgré tout !
Et
sois heureux… malgré tout !
Malgré
tout… sois dans la joie !
Jean-Paul
BOULAND