CELUI qu'on ATTENDAIT…. CELUI qui est VENU…
(Homélie pour la célébration du Baptême du Christ –
10 janvier 2010)
Le
peuple venu auprès de Jean Baptiste était en attente, et tous se demandaient en
eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie. Jean s’adressa alors à tous :
« Moi, je vous baptise avec de l’eau ;
mais il
vient, celui qui est plus puissant que moi.
Je ne
suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales.
Lui vous
baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. »
Comme tout le peuple se faisait baptiser et que Jésus priait, après avoir été
baptisé lui aussi,
alors le
ciel s’ouvrit. L’Esprit Saint descendit sur Jésus, sous une apparence
corporelle,
comme une colombe.
Du ciel une voix se fit entendre :
« C’est toi mon Fils : moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. »
(Luc 3, 15-16 et 21-22)
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e que l'Eglise pense de
Jésus de Nazareth a été depuis longtemps élaboré, mis au point et condensé dans
ce résumé, qu'on appelle la "Profession de Foi", qu'on le nomme
Symbole des Apôtres ou Symbole de Nicée-Constantinople. Ce n'était pas encore
le cas au premier siècle. Les communautés de croyants s'étaient créées autour
d'un homme, qui avait été converti par le message d'un ancien disciple de
Jésus, et qui rassemblait autour de lui, bon gré mal gré, un certain nombre de
nouveaux adeptes, auxquels il avait transmis le même message. En cette époque
de tradition orale, où rien n'avait encore été mis par écrit, chaque communauté
se faisait son opinion à elle, on dirait aujourd'hui sa propre théologie, sur
la personne de Jésus. C'est d'ailleurs pourquoi Matthieu, Marc, Luc et Jean
rédigèrent, chacun de son côté, entre les années 70 et la fin du siècle, un
récit destiné à résumer et illustrer, pour autant qu'il serait possible, la vie
et le message de Jésus. Il faudra encore plusieurs siècles, et de nombreuses
recherches, plus ou moins erratiques pour que l'Eglise parvienne à une doctrine
commune. Nous trouvons trace de quelques-unes de ces démarches hésitantes, dans
l'évangile de ce jour.
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our certains, Jean est
plus grand que Jésus, puisqu'il a subi, lui, une mort
"traditionnelle" de prophète, victime d'Hérode, et non pas la mort
honteuse du rebelle sur la croix. Jean est donc le Messie, le fameux "Fils
d'Homme" qui doit venir inaugurer la fin des temps.
A ceux-là, Luc répond
par des paroles qu'il met directement dans la bouche de Jean : Moi, je
vous baptise avec de l'eau. Mais un plus fort que moi s'en vient: je ne suis
pas digne de dénouer les cordons de ses sandales. Lui, il vous baptisera dans
le Saint Souffle Spirituel et le feu. .. Jésus est bien le Messie, l'homme de
la fin des temps, objet de l'espérance du peuple depuis deux siècles. Mais ce
Messie n'est pas venu tel qu'on l'attendait. C'est un Messie humble,
vulnérable.
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our d'autres, Jésus
vient de Dieu, cela ne fait aucun doute, mais il est Dieu avant toute chose.
Son incarnation n'est qu'une manière de dire. Il n'était pas vraiment un homme.
Il n'a pas vraiment et véritablement souffert. Il n'est pas réellement mort. Et
donc sa résurrection n'est qu'une manière de dire le rang qui l'égale à Dieu.
A ceux-là, Luc répond
par la mise en scène du baptême. Si Jésus avait eu conscience d'être Dieu, il
ne serait pas abaissé devant Jean pour recevoir de lui le baptême de
purification en signe de conversion.
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our beaucoup, depuis que
les Romains occupent tout le Bassin méditerranéen, depuis que tous les citoyens
de l'Empire sont tenus de se prosterner devant la statue de l'Empereur, le ciel
est fermé, comme si Dieu avait abandonné son peuple.
A ceux-là, Luc répond :
Or, après que tout le peuple ait reçu le baptême, –Jésus,
baptisé, est en prière– le ciel s'ouvre…signifiant ainsi que, grâce à Jésus,
véritable intermédiaire entre l'humanité et la divinité, la communication est
rétablie, et que chacun peut "être uni à la divinité de celui qui a
pris notre humanité".
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our d'autres encore,
Jésus n'est qu'un homme. Certes un homme extraordinaire, mais un homme comme
les autres. Ce qui le différencie des autres, c'est qu'il a été adopté par Dieu
après sa mort, ce qui fait dire qu'il a été re-suscité à la vie de Dieu.
A ceux-là, Luc répond : le Souffle
Spirituel descend sur Jésus, sous l'apparence physique d'une colombe. Une voix
vient des cieux: Tu es mon fils; moi, aujourd'hui, Je t'ai engendré. Jésus est
bien Fils de Dieu.
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'autres se demandent si
Jésus est bien le Messie, objet de l'espérance du peuple au long des deux
derniers siècles.
A ceux-là, Luc répond : Une voix vient des cieux: Tu es mon
fils; moi, aujourd'hui, Je t'ai engendré. La formule rituelle du sacre des
rois, qu'on s'obstinait à chanter dans le Temple de Jérusalem, même et surtout
depuis qu'il n'y avait plus de roi à régner sur Israël.
Jean-Paul
BOULAND