Chapitre 14

 

 

88 rue du Champ des Oiseaux à ROUEN – 2

 

 

 

Le 15 octobre 1957; j'étais définitivement de retour à ROUEN. Juste à temps pour assister au mariage de deux vieux copains : celui de Pierre QUEMENER, un ancien du Lycée (celui qui me parlait de "sa femme" en classe de 3°), le 16; et celui de Michel FLEURY, avec qui j'étais entré au Grand Séminaire en 1951, le 17.

 

Vers la fin de mon séjour en Algérie, j'avais écrit au Père Bernard ALIX, Supérieur du Grand Séminaire, pour lui renouveler mon désir d'être prêtre, et mon projet de reprendre le Grand Séminaire. J'ai oublié les termes précis de sa réponse; je sais seulement qu'elle m'avait satisfait.

 

De retour à ROUEN le 15 octobre, je montai donc dès le lendemain après-midi  au 88 rue du Champ des Oiseaux pour rencontrer le Père ALIX. Nous nous mîmes d'accord sur la date de mon retour, quelques jours plus tard.

 

Je reprenais donc le Séminaire… juste au moment où une furieuse épidémie de grippe tombait sur l'ensemble de la France, envoyant dans leur lit des centaines de milliers de personnes. Les écoles  fermaient leurs portes… le Séminaire les ferma aussi. Je recueillis chez mes parents mon copain Daniel DUPONT. Mais, à la maison, personne ne fut atteint !

 

Une quinzaine de jours plus tard, l'épidémie régressa, et la vie reprit un cours normal. Celle du Séminaire également.

 

Les copains avec lesquels j'étais entré en 1951, que j'avais laissés en 1953 pour mes deux années de stage, au moment où ils partaient pour leur Service militaire, et qui avaient persévéré dans leur projet d'être prêtre, étaient rentrés en 1955. Ils avaient deux années d'avance sur moi. J'intégrai donc un groupe entièrement nouveau : Claude BENARD, Yves GRANDGUILLOT, Michel JEANNE, Jean LARCHER, Jean LE GUEN, Marcel LE ROULLEY, Dominique LEROY, Dominique POUPEL, Robert RICHER, André ROBIAL, Raymond SCHMITT.

 

Le groupe des "3° année" avec quelques autres séminaristes

 

Nous avions tous le même âge, sauf  Robert RICHER. Il était né en 1911. Il avait fait carrière dans la Marine, d'où il était sorti avec le grade de Capitaine de vaisseau. Célibataire, il avait manifesté le désir d'être prêtre, et était entré  au Séminaire. Il y était parfaitement intégré, et vivait avec nous l'intégralité de la vie de séminariste.

 

Dès les premières semaines, je me liai d'amitié avec Yves GRANDGUILLOT, Jean LE GUEN et Marcel LE ROULLEY. Pourquoi eux ? Je n'en sais rien. Comme aurait pu le dire MONTAIGNE : "Parce qu'ils étaient eux, parce que j'étais moi".  Nous nous retrouvions souvent ensemble, dans la chambre de Marcel, qui possédait un excellent électrophone Grundig pour écouter les disques les plus récents, notamment les Concerti pour orgue de G.F. HAENDEL, que Marie-Claire ALLAIN venait d'enregistrer. Quand nous nous retrouvions chez moi, c'était pour boire un Nescafé. A l'époque, c'était encore interdit au Séminaire, mais j'avais appris en Algérie à braver les interdits, et à assumer mes responsabilités. Jean LE GUEN, quant à lui, avait appris à jouer de la guitare pendant son temps de service militaire, et nous chantions avec lui les premières chansons de BREL (Grand Jacques), de BRASSENS (Auprès de mon arbre), de Jacques DOUAI (File la laine)… Je me souviens qu'un jour, Jean LE GUEN ayant lu, dans une revue, une prospective sur la pratique religieuse en l'an 2000, me dit : "Tu te rends compte, on prévoit qu'en 2000, il n'y aura plus que 15 % de pratiquants réguliers !"...

 

Le corps professoral du Séminaire avait changé. Le Supérieur en était, je l'ai déjà évoqué, le Père Bernard ALIX. Il avait été supérieur d'un Collège, et jouissait, dans le clergé diocésain, d'une réputation flatteuse, qu'il savait entretenir. Le Père MALANDRIN était toujours Directeur. Je retrouvai aussi le Père AUZOU, professeur d'Ecriture Sainte. J'en parlerai bientôt. Le Père Michel VOINCHET enseignait la Théologie  morale. C'était un rescapé des Camps de la mort. Un brave type. Un saint prêtre. Un homme totalement désintéressé. Originaire de la Bourgeoisie rouennaise, il avait découvert le Monde ouvrier et en était marqué. Il était professeur un peu malgré lui. Le Père Jean LABIGNE enseignait la Théologie des Sacrements. De la petite bourgeoisie rouennaise, il venait de découvrir lui aussi le Monde ouvrier. Mais il était trop homme de l'Eglise pour moi. Je crois pouvoir dire que nous nous sommes toujours méfié l'un de l'autre. Le Père Pierre CHOQUET, frais émoulu de Rome, avait la charge de la Théologie dogmatique. Ordonné prêtre en 1954, il avait été vicaire à la paroisse saint Patrice (ma paroisse) jusqu'en 1957. Je le connaissais donc un peu. C'est à lui que je demandai de m'aider dans ma progression spirituelle, (on disait à l'époque : choisir comme Père spirituel).

 

La première entrevue que nous eûmes ensemble, Pierre CHOQUET et moi, me parut très bizarre, et hors du temps. Je revenais d'Algérie, où j'avais vécu tout ce que j'ai dit aux deux chapitres précédents. Or, en 1957, venait de paraître en France l'ouvrage d'Henri ALLEG "La Question", sur la torture en Algérie. La Presse d'opinion en avait parlé, et il n'était question que de cela dans les milieux intellectuels. La première réflexion que Pierre CHOQUET me fit fut celle-ci : "Tu as peut-être été témoin de torture en Algérie. Il faudrait donc voir si tu n'as pas encouru de peine de suspense ou d'interdit, dont il faudrait demander à Rome de te relever…!". Je ne comprenais rien. J'étais dans un autre monde. Dans un monde où la première chose à faire était de se confesser. Ce que je fis, puisqu'il me demandait de le faire. Au terme de la confession, je n'avais encouru aucune peine canonique. Pas besoin de recours. J'étais en règle avec l'Eglise. Ouf !…

 

Arriva le premier cours d'Ecriture sainte, après quatre années d'absence.

 

J'ai déjà parlé de Georges AUZOU dans un chapitre précédent. Je l'avais quitté en 1953 commençant des recherches personnelles. Je le retrouvais quatre année plus tard. Il avait bien avancé dans ses recherches. Il avait aussi pris de l'assurance. Il se trouvait que le thème de ce cours devait aborder la question des Anges… Et il parla. Ce qu'il disait semblait n'étonner personne. Mais moi, cela me tourneboula complètement. Les Anges, dont l'existence pour moi ne faisait aucun doute (à vrai dire, je n'y avais jamais beaucoup pensé) étaient descendus en flamme. C'était, disait-il,  simplement une manière de parler. Bref, je comprenais que les Anges n'existaient pas. D'un seul coup, mon Ciel s'était vidé…

 

J'allai donc voir le Père AUZOU, pour lui en parler, et lui dire qu'après quatre années d'absence, l'atterrissage était assez raide ! Plutôt que d'entreprendre de me convaincre de la justesse de ses propos, il me raconta sa progression, que je résume ainsi : "Lorsque j'ai commencé mes recherches, j'ai senti que tout basculait. Je suis donc allé trouver Monseigneur l'Archevêque pour lui demander de me relever de ma charge de professeur. Il m'a alors répondu que, non seulement il ne me relevait pas, mais qu'il m'ordonnait de continuer". Il me faisait ainsi comprendre que, de même que l'Archevêque lui faisait confiance, je pouvais moi aussi lui faire confiance, car il savait d'expérience combien l'étude peut parfois être décapante. Je repartis rasséréné.

 

Un a-parte concernant mes finances.

 

J'avais fait 27 mois de service militaire, d'Août 1955 à Octobre 1957. Mais la durée légale restait fixée à 18 mois. Ce qui avait pour conséquence que les appelés, maintenus au-delà de cette durée légale, recevaient une solde équivalente à celle des militaires d'active du même grade. Cela avait été mon cas en Mars 1957, coïncidant, à peu de choses près, avec ma nomination au grade de sous-lieutenant de réserve. Je recevais chaque mois 80.000 Francs (il s'agit, bien entendu, des anciens francs, d'avant 1961). J'avais pu ainsi, sur place acheter un bon appareil-photo et un récepteur de radio à piles, et économiser quelques 300.000 Francs. Revenu en France, après m'être payé un gros magnétophone, j'avais gardé le reste. Chaque mois, je tirais 5.000 Francs sur mon compte; cela me permit ainsi de ne pas trop pressurer mes parents.

 

 

Le Père Michel VOINCHET

Je n'ai aucun souvenir précis des cours de théologie. Ils étaient ce qu'ils étaient. Je les suivais sans aucun mal. Seul Georges AUZOU m'intéressait. Non pas pour ses cours. Mais pour ses digressions. Notamment lorsqu'il partait de l'histoire du Peuple de Dieu, pour aborder la politique de l'Etat d'Israël. Sa parole était celle d'un homme qui peu à peu se libérait. A de certains moments, il était passionnant.

 

En Juin 1958, les copains avec lesquels j'étais entré au Séminaire en 51 furent ordonnés prêtres : Gérard ANDRIEU, Jean-Pierre BULTEL, Jean DELACROIX, Daniel DUPONT, Paul FLAMENT, Jacques HAMEL, Bernard OBOT et Bernard VAULTIER. Michel ANQUETIL, Michel FLEURY, et Michel FRANCOIS avaient pris une autre orientation en cours de route.

 

A la rentrée scolaire de cette année-là, cinq séminaristes du diocèse d'EVREUX nous rejoignirent : Robert JEAN, Pierre NICOLAS, Claude CHANTELOUP, et deux autres dont j'ai oublié le nom. Leur Grand Séminaire venait d'être fermé et les élèves répartis entre celui de ROUEN et celui de CAEN. Notre groupe de trois (Yves, Jean et Marcel) agrégea bientôt Pierre NICOLAS, avec qui nous nous découvrîmes des accointances.

 

Nous fûmes envoyés dans quelques paroisses pour la catéchèse des enfants. Avec Yves GRANDGUILLOT, nous fîmes ainsi la connaissance de la paroisse saint JEAN EUDES, dans le Quartier des Sapins, à ROUEN.

 

Le curé en était le Père Joseph HUAULT. Ouvert, sympa, il avait 51 ans, et sa pastorale avait la faveur, à la fois des paroissiens et des autorités du Diocèse. Yves et moi préparions ensemble la leçon de chaque semaine. Nous rencontrions les enfants, et, de temps en temps, le curé passait voir. Ce fut pour moi une expérience très positive. Nous réfléchissions d'abord à deux en profondeur sur le sujet de la leçon, pour ensuite voir avec quels mots et quels moyens pédagogiques nous pourrions répercuter cela auprès des enfants.

 

 

 

Pendant mes années d'absence, la Cathédrale de ROUEN, enfin reconstruite; avait été rendue au culte. Les offices s'y déroulaient donc de nouveau. Nous étions tenus d'assurer la messe chaque dimanche matin. Les Vêpres… ça dépendait !

 

Le Père LABIGNE, qui avait la responsabilité de la Liturgie à la Cathédrale, me demanda un jour si j'accepterais d'animer, avec quelques autres, les chants à la messe. Cela aussi fut une expérience positive : participer au choix des chants, les répéter, se tenir face à l'assemblée, animer cette assemblée, aider chacun et chacune à prier.

 

Pendant les grandes vacances, j'avais repris ma place de moniteur-chef à la colo de SIERVILLE, toujours avec l'Abbé WIERING. Ce que j'ai déjà eu l'occasion de dire il y a quelques chapitres continuait de se vérifier. Expérience, là aussi, positive.

 

Au mois de Juin 1959, eut lieu l'Ordination au sous-diaconat. Je n'ai rien dit, parce que je n'ai rien retenu, des étapes intermédiaires : Portier et Lecteur, Exorciste et Acolyte. Ces étapes ne nous engageaient pas de manière définitive. Alors qu'en demandant à être ordonné sous-diacre, nous savions que nous ferions "le" pas qui nous engagerait dans le célibat (on disait chasteté) pour la vie. Au cours de la célébration en effet, avant la prière sur les ordinands, chacun était invité à avancer d'un pas, "le" pas symbolique. Nous nous posions tous des questions sur nous-mêmes et sur la voie dans laquelle nous allions nous engager. Les responsables du Séminaire s'en posaient également à notre sujet. C'était l'époque où la psychanalyse était rendue accessible à tous. C'est ainsi que le Père ALIX inventa d'envoyer ceux au sujet desquels il ne voyait pas bien clair, consulter le Père BERNAERT, un Jésuite psychanalyste. Au terme, certains furent admis à l'ordination, on demanda à d'autres d'attendre l'année suivante. D'autres enfin quittèrent le Séminaire. Je n'ai jamais bien compris pourquoi les responsables se défaussaient ainsi de leur responsabilité sur un tiers. Peut-être me disais-je que, si cela m'était arrivé…

 

Vers le mois de Juin 1959, mon père se mit à souffrir d'ostéomyélite. Cette maladie l'immobilisa pratiquement toute une année. Il dut subir au moins cinq opérations successives à la Clinique de la Croix rouge, rue Bourg l'Abbé à ROUEN. A cette époque les artisans ne bénéficiaient pas de la protection sociale. La moindre maladie équivalait donc à une catastrophe financière. Fort heureusement, il avait alors un ouvrier qui continua, avec l'aide de ma mère, à faire fonctionner l'entreprise, comme il put. Mais un jour où je descendis à la maison, j'y rencontrai une des cousines d'YPORT, Marie. Ma mère lui avait écrit pour lui demander si elle ne pourrait pas lui prêter 100.000 Francs. Et la cousine était là, avec l'argent. Ma mère m'expliqua alors qu'il n'y avait plus d'argent à la maison, qu'elle n'avait pas voulu m'en parler, pour ne pas m'affoler. La cousine repartit. Les ennuis s'arrangèrent.

 

A la rentrée de 1959, Le Père LABIGNE nous proposa, à Pierre NICOLAS et à moi-même, de participer à l'animation liturgique de la paroisse sainte MADELEINE à ROUEN. Le curé en était le Père BRISMONTIER, ancien professeur au Grand Séminaire (où il n'avait laissé aucun souvenir… sauf celui d'une énorme incapacité pédagogique). Ce n'est donc pas lui, mais son vicaire, l'Abbé Jean COUTARD, qui avait pris l'initiative de créer une des premières équipes liturgiques du diocèse de ROUEN. Pierre et moi avions la responsabilité de diriger la Maîtrise paroissiale, et de préparer avec des laïcs les célébrations liturgiques. Après mon ordination au Diaconat, qui eut lieu en Décembre, c'est là que j'eus l'occasion de célébrer mon premier baptême et de prêcher en public pour la première fois.

 

C'était la grande époque des débuts de l'Action Catholique Ouvrière. Des militants ouvriers se réunissaient, échangeaient sur les événements de  leur vie et sur le rapport de ces évènements avec l'Evangile. C'est en participant à quelques réunions, à GRAND QUEVILLY et sur la paroisse saint GERVAIS de ROUEN, que je découvris les réalités du Monde ouvrier, ainsi que  la foi et l'action militante de ces hommes et de ces femmes, car les équipes étaient formées de foyers et de célibataires. A vrai dire, ce n'était pas absolument nouveau pour moi. Mon père avait été ouvrier, avant de devenir artisan. et j'avais accompagné ma mère lorsqu'elle allait faire des ménages pendant la guerre. Mais le monde changeait, la condition des travailleurs aussi. Et surtout, la Ligue Ouvrière Chrétienne, à laquelle mes parents avaient appartenu pendant la guerre, était une organisation de forme encore cléricale, dirigée par les prêtres; alors que l'A.C.O, née dans les années 1950, était une organisation sur le modèle des organisations ouvrières, dirigée par des laïcs.

 

De cours en cours, de réunion en réunion, d'animation en animation, je m'avançai vers l'Ordination. Elle eut lieu le mercredi 29 juin 1960, à la Cathédrale de ROUEN. Je n'en ai gardé aucun souvenir précis. J'étais dans un état second. Je me regardais être ordonné. Impression extrêmement bizarre. La mémoire me revient simplement au moment où, après la célébration, chacun rejoint sa famille dans l'une des chapelles latérales de la Cathédrale. Mes parents sont là, ils s'agenouillent devant moi, et je leur donne une première bénédiction…

 

Le lendemain, jeudi 30, je célébrai ma toute première messe à l'Institution REY, Boulevard de la Marne, où mon  père travaillait régulièrement, et où mon frère avait été élève dans son enfance.  Le Vendredi 1 juillet, ce fut au Monastère des religieuses d'Ernemont, dans le bas de la route de Neufchâtel.

 

Le dimanche 3, c'est à l'église saint Patrice, à 10 heures, que je célébrai ma première messe solennelle. Mes parents avaient tenu au cérémonial des félicitations, à la fin de la messe. Je n''y étais pas favorable, mais ma mère m'avait convaincu :"Tu ne te rends pas compte que beaucoup de nos clients seront là. Nous les avons invités. Il faut absolument qu'ils puissent venir te serrer la main !". La messe terminée, je pris la parole pour remercier tous les présents d'être venus, et je terminai, bien évidemment, par un merci particulier à mes parents. Dans la foule de ceux qui défilèrent, il y avait Maître LAGARDE, notre voisin d'en-face, Avocat à la Cour : "Félicitations, Monsieur l'Abbé, me dit-il, un jeune prêtre qui sait parler, c'est rare :".

 

Je célébrai encore deux premières messes solennelles. L'une à SIERVILLE, où je faisais la Colonie de vacances depuis dix années, le 17 juillet. Et la deuxième, le lundi 15 août, à saint JACQUES de DIEPPE, où l'Abbé LECOLE, qui était à saint PATRICE, lorsque j'étais entré au Séminaire, était curé.

 

Auparavant, le Père ALIX nous avait rencontrés, chacun séparément, pour nous demander nos désirs concernant notre premier poste. Je lui avais exprimé deux désirs : ne pas être nommé à ROUEN, où j'étais trop connu, et ne pas être professeur.

 

Dans la lettre qui me rejoignit pendant les vacances, l'Archevêque me nommait professeur à l'Institution saint JOSEPH du HAVRE. Je me consolai, en me disant que l'Eglise faisait mieux que l'Armée. En effet, avant de partir au service militaire, j'avais choisi le Service de santé en Allemagne… et je m'étais retrouvé dans les Zouaves, au Maroc !

 

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