Chapitre 3
53 rue
saint Patrice - 1
La
maison de la rue saint Patrice, au numéro 53, était une très vieille demeure du
XV° ou XVI° siècle, comme on en rencontre encore dans le centre de ROUEN. Une
façade, faite de pierres au rez-de-chaussée, et de colombages aux deux étages
supérieurs. Couverture en vieilles tuiles. Pour entrer, le visiteur devait au
préalable tirer sur la chaîne de la clochette. Il se trouvait alors dans un couloir,
qui débouchait sur une cour intérieure qui, jadis, avait été à l'air libre,
mais qu'on avait, un jour recouverte d'un châssis vitré, et où étaient
entreposées les échelles de l'entreprise. A droite en entrant, le
"bureau", qui, depuis longtemps n'en était plus un, car il n'y avait
pas de chauffage. Dans la cour, à droite, les W.C, qui avaient cette
particularité de n'avoir jamais besoin d'être vidangés, car ils se vidaient
dans une rivière souterraine qui se jetait dans la Seine. Au-dessus des W.C, un
bel escalier, aux marches de tommettes avec un belle grosse rampe en bois. Face
à l'entrée, l'atelier, qui était un véritable capharnaüm de "camions"
(c'est ainsi qu'on appelait les bidons de peinture), de verres à vitres et de
mastic, de rouleaux de papier peint, que mon père "rangeait" de temps
en temps, mais dans lequel il se reconnaissait très bien. Il y régnait,
lorsqu'il préparait sa teinte, une bonne odeur d'huile de lin et d'essence de
térébenthine. A côté de l'atelier, une
petite salle. Jouxtant cette salle, la cuisine avec le fourneau à charbon, dont
le tuyau sortait par le plafond pour déboucher directement, deux étages plus
haut, au-dessus du châssis vitré. Une ou deux fois par an, le feu prenait dans
ce tuyau; alors, calmement, nous prenions un broc d'eau, nous mentions dans le
grenier, sortions par le chêneau en zinc, et versions l'eau directement dans le
tuyau… A côté de cette cuisine, une grande salle dont les fenêtres donnaient
sur la rue.
En
sous-sol, il y avait une magnifique cave voûtée, dans laquelle on pénétrait par
deux trappes, l'une dans la cuisine, l'autre dans la petite salle. Là 'était
entreposé le charbon, qu'on faisait glisser dans la cave par un soupirail
ouvert sur la rue.
Au
premier étage, quatre chambres, deux au nord, deux au sud. Les deux du Nord,
qui donnaient sur la rue, je l'ai déjà dit, furent occupées par Madame LAURENT,
jusqu'à sa mort.
Au
deuxième étage, au nord, on trouvait un grenier. Et au sud, au-dessus des deux
chambres, deux mansardes.
Cette
vieille demeure rouennaise était magnifique. Mais… on n'y voyait jamais le
moindre rayon de soleil… sauf quelquefois le matin, vers 10-11 heures, par réverbération sur un vasistas de notre
voisin, et pour un petit quart d'heure. Cela avait au moins une conséquence
heureuse : l'été, il faisait frais !. Mais, pour ma mère, qui y passait toutes
ses journées, obligée d'être là pour recevoir les clients, que d'ennui ! C'est
pourquoi, lorsque mon père prit sa retraite définitive, en 1982 , ils
n'hésitèrent pas une seconde, et décidèrent ensemble de vendre la maison. Ce
qu'ils firent facilement. Ils déménagèrent alors pour une maison claire et
ensoleillée, à DEVILLE-LES-ROUEN.
Les
premières années, Madame LAURENT descendait chez nous en fin d'après-midi, et
nous faisions une partie de nain-jaune. Elle remontait ensuite avant le dîner.
Nous
vivions les années de reconstruction de la France après la guerre. Il y avait
du travail. Mon père fut plusieurs fois sollicité pour des chantiers de
reconstruction. Mais c'était un homme qui avait conscience de ce qu'il pouvait
faire, et de ce qu'il ne pouvait pas faire. C'est pourquoi il préféra rester
petit et durer, plutôt que devenir une grande entreprise, avec le risque de
péricliter. Il opta donc rapidement pour le statut d'artisan : il fonctionnait
avec un compagnon, pas plus, et un apprenti, qu'il formait, et débauchait au
terme de la formation, après deux ou trois ans. Il se contenta toute sa vie
d'une clientèle restreinte, mais fidèle, car on savait qu'il travaillait bien,
et qu'il était honnête.
Notre
vie était parfaitement réglée. Le matin, mon père se levait à 6 heures 30. Il
faisait réchauffer une tasse de café sur la cuisinière à gaz. Lorsqu'il faisait
froid, il cassait du petit bois avec la hachette et allumait la cuisinière à
charbon. Il mettait en route le café. Puis il passait par la boîte aux lettres,
y prenait le journal, et allait aux W.C. Il en sortait vers 7 heures 5 ou 7
heures 10. Il montait me réveiller. Je savais que j'avais intérêt à me lever
tout de suite, car il ne serait pas remonté. Pendant que je faisais ma
toilette, et me préparais, il se passait un coup de gant de toilette sur le
visage (il se rasait tous les deux jours, et toujours en fin de journée). Puis
il préparait le petit déjeuner pour ma mère, et le lui portait au lit. Quand je
descendais, je le trouvais à table, prenant son petit déjeuner. Il me servait,
ou je me servais moi-même, nous déjeunions sans dire un mot. A 7 heures 30, il
partait au travail. Et moi-même, à 7 heures 40, je partais au Lycée.
Ma
mère se levait vers 8 heures. Elle déjeunait. Puis se mettait au ménage jusque
vers 11 heures.
Chaque
lundi matin, jusqu'à ce qu'elle eut une machine à laver le linge, elle faisait la
lessive à la main. C'est-à-dire qu'elle prenait la lessiveuse, mettait le linge
dedans, puis l'emplissait d'eau, y
mettait la lessive, et la posait sur la cuisinière. Lorsqu'elle put avoir un
trépied à gaz, elle fut un peu soulagée de n'avoir plus à monter cette charge.
Quand l'eau bouillait, elle se répandait sur le linge, par un conduit intérieur
terminé par une pomme d'arrosoir. Pendant ce temps, elle préparait le baquet,
avec la planche et la brosse en chiendent . Lorsqu'un temps suffisant s'était écoulé,
elle descendait la lessiveuse, mettait le linge dans le baquet plein d'eau
chaude, le frottait sur la planche avec la brosse, le rinçait, et allait
l'étendre. C'était exténuant ! Si bien qu'elle fut tout étonnée, le jour où ils
purent acheter une machine, de la facilité avec laquelle le travail se faisait
tout seul.
Il
y avait le jour des vitres, le jour de la cire, le jour du ménage en grand dans
les chambres. Et jusque vers 1947, et l'entrée de mon frère à l'école, il lui
fallait s'occuper du petit.
A
11 heures, elle faisait "un brin de toilette", comme elle disait, et
s'habillait. Car elle était restée jusqu'à cette heure en robe de chambre.
C'est ainsi qu'elle recevait les clients, lorsqu'il s'en présentait le matin.
Vers 11 heures 15, elle allait faire les courses. Tous les commerçants étaient
à moins de cinq minutes à pied de la maison. Si bien que, revenant vers 11
heures 45, le repas pouvait être prêt pour 12 heures 30.
Mon
père était rentré à 12 heures, et lisait son journal ou regardait le courrier.
Je revenais moi-même à 12 heures 10. Pendant le repas, nous parlions bien sûr,
mais surtout nous écoutions Radio-Luxembourg : Sur le banc… La famille Duraton…
Le crochet radiophonique… Le tribunal (avec le lampiste Leguignon ! ). A 13
heures 30, mon père repartait. Moi aussi. L'après-midi était plus calme pour ma
mère. Ce qui lui donnait la possibilité d'aider mon père dans son travail. Il
est souvent arrivé à mon père de rapporter à la maison des volets; que ma mère
grattait, ponçait, rebouchait, y passait deux couches de peinture, pendant que
mon père peignait la façade d'une maison.
Je
revenais du Lycée vers 16 heures 30. Je goûtais, et me mettais à mes devoirs.
Jamais, pendant sept années, je n'ai travaillé après le repas du soir. Il
aurait peut-être mieux fallu certains jours…!
Mon père rentrait à 18 heures, "cassait une croûte", comme il
disait, et entreprenait d'établir des devis, ou de rédiger des factures.
Nous
dînions vers 20 heures, après la partie de nain-jaune avec Madame LAURENT. Le
repas terminé, ma mère prenait de l'eau au bain-marie dans la bassine. Elle
lavait la vaisselle, que mon père essuyait. Et toute la famille était au lit
pour 21 heures 30. Plus tard, bien plus tard, lorsque mes paren,ts eurent la
télévision, ils regardèrent les émissions du soir, mais mon père s'endormait
devant le poste. S'il ronflait, ma mère le secouait. Il montait alors se
coucher.
Le
dimanche, le programme était différent, bien entendu. Mon père se levait à son
heure habituelle, et faisait tout comme d'habitude, sauf qu'il allait chez le
boulanger nous chercher des croissants.
Et nous déjeunions ensemble. La "grande toilette " faite, je
m'habillais "en dimanche". Je partais à 9 heures 45, pour la messe de
10 heures. Mes parents partaient pour arriver tout juste à l'heure. Une fois
rentrés à la maison, ma mère se mettait à la cuisine. Mon frère jouait, je
lisais, ou je m'ennuyais (j'ai toujours aimé le délicieux ennui du dimanche !),
mon père s'affairait à bricoler. A midi et demi, nous nous mettions à table,
pour un bon repas, avec de la belle vaisselle. J'ai gardé le souvenir de
gnocchis, de soufflé au fromage, de rôti de bœuf cuit à point. Le dessert,
c'était souvent des gâteaux achetés chez le pâtissier. Ah les bonnes grosses
meringues ! L'après-midi, j'allais aux Vêpres, pendant que ma mère faisait la
vaisselle, et que mon père écoutait le match de foot à la radio, commenté, cela
va de soi, par Georges BRIQUET… Ensuite de quoi, nous allions nous promener
dans les rues de ROUEN, au hasard. Rentrées vers 17 heures, c'était la
collation. Puis une partie de quelque chose : dames, nain jaune, petits
chevaux… Et ma mère préparait le dîner,
que nous prenions vers 20 heures. Ensuite, au lit les enfants !
Lorsque je
suis né, le jeune frère de ma mère, Gaston, était au Petit Séminaire. En 1941,
il entra au Grand Séminaire, et fut ordonné prêtre le 29 juin 1946. Je n'ai
aucun souvenir de son ordination. Le seul souvenir que j'aie est celui du repas
qui suivit sa première messe à LINDEBEUF. Mes grands-parents avaient installé
une tente dans leur jardin, pour recevoir toute la famille. Je pense que le
menu était celui qu'on servait toujours dans les fêtes de famille du Pays de
Caux : une Entrée, un plat de poisson, de la volaille, un gigot de mouton avec
des flageolets, le fromage, le gâteau de Moka; vin rouge, vin blanc, café,
pousse-café, rincette, sur-rincette, gloria et coup-de-pied au cul (on nommait
ainsi les quatre petits verres de Calvados qu'on servait à la fin du repas),
avec les cigarettes et les cigares. Après le dessert et avant le café, chacun
devait pousser sa chansonnette. Mon grand-père entonnait "Ma
Tonkinoise", mon oncle René "Le Credo du paysan", mon père
"Le mauvais garçon", ma mère "Du gris que l'on prend dans ses
mains", et mon oncle Gaston "C'était un soir sur les bords de
l'Yser". J'ai gardé un souvenir pénible de ces repas de famille, où nous
étions relégués, nous les enfants, à une table à part, et d'où nous ne pouvions
sortir qu'à la fin du repas.
Gaston
fut nommé vicaire à la paroisse saint ETIENNE d'ELBEUF. Jeune prêtre, il était
plein d'idéal, et se voulait proche des petites gens. L'hôpital étant sur le
territoire de la paroisse, le vicaire en était de fait l'aumônier. Il se donna
dès le début à fond à cette tâche. C'est ainsi qu'il contracta une phtisie,
celle qu'on nommait "galopante", et qui l'emporta en six semaines. On
l'inhuma le 22 juin 1947. Il avait été prêtre moins d'une année !
J'étais
allé le voir peu de temps avant sa mort. Il se savait condamné par cette
maladie, qui était alors incurable, et qu'on soigne très bien aujourd'hui. Ce
qui m'avait surpris chez lui, c'était son sourire. Mes parents se rendirent à
ELBEUF après sa mort, mais ne voulurent pas que je les accompagne. Je me
souviens que, de retour à la maison, mon père pleurait. Il mit la main sur mon
épaule, et me dit simplement : "Mon garçon !". Et je me mis à
pleurer avec lui.
Dès
la nomination de Gaston à ELBEUF, Georgette, une cousine s'était proposée pour
l'y accompagner et tenir la maison. La connaissant bien, Gaston avait accepté.
Son mari, qui était marin, avait été tué à TRONSOE, en Norvège, en 1940. Son
fils, Marcel, avait été brûlé vif en 1944, à 12 ans, sur la plage d'YPORT, où
elle demeurait. Et voilà que, trois années après, elle subissait encore un
deuil. C'était une femme "en béton", burinée par le travail et les
peines, mais d'un optimisme à toute épreuve. Elle n'était jamais allé à
l'école, et ne savait ni lire ni écrire… mais elle savait compter ! Elle avait
de plus une mémoire absolument infaillible. Je l'ai constaté plusieurs années
après. Lors que j'ai commencé mes recherches généalogiques, je suis allé la
voir, et l'ai interrogée sur tous les membres, présents et passés de la
famille. Elle répondait à mes questions "en temps réel", du tac au
tac. J'ai pu vérifier ensuite, consultant les archives à la Préfecture de ROUEN
ou à la Mairie d'YPORT, qu'elle n'avait commis aucune erreur. Après la mort de
Gaston, elle rentra à YPORT, et trouva un emploi dans une saurisserie de
harengs.
Je
parle peu de mon frère, et pourtant il était bel et bien là. Mais il avait huit
années de moins que moi, si bien que nous eûmes deux existences séparées. Comme
si j'étais resté le fils unique que j'avais été avant sa naissance.
J'avais été enfant de
chœur à l'église saint GERVAIS. Tout naturellement, je fus enfant de chœur à
l'église saint PATRICE.
L'église se trouvait dans la rue que j'habitais, à une centaine de mètres de la maison. C'était, c'est toujours un très bel édifice, du XV°-XVI° siècle, avec des vitraux magnifiques. Pas très grande, elle est très sombre, cernée qu'elle est de près par les maisons qui l'entourent.
En ces années-là, il y avait environ 6.000 habitants dans le quartier. Et, pour assurer le service paroissial, un curé et un vicaire, à quoi il faut ajouter une petite communauté de trois religieuses, qui assuraient les soins dans un dispensaire pas très loin de la maison. En 1944, le curé était l'Abbé LETHUILLIER, un de ces prêtres qui avait été "moderniste" (voir le chapitre sur le Lycée), et qui, après le retour en grâce, avait été nommé à la cure de saint PATRICE par l'Archevêque de ROUEN, Monseigneur Pierre PETIT de JULLEVILLE. Il était ami avec l'Abbé SERY, l'aumônier du Lycée Corneille. Le vicaire était l'Abbé Claude MICHAUX. C'était un tout nouvel ordonné. Par la suite, il devint professeur à la Maîtrise saint EVODE, la Maîtrise de la Cathédrale. Chaque dimanche, il y avait trois messes le matin. La première, qui était la "messe de communion" (car on ne communiait pas à la Grand'Messe) était célébrée à 8 heures. La grand'messe était à 10 heures. Et la dernière messe était à 11 heures 45. Mes parents la nommaient la "messe des purgés" ! L'après-midi, les vêpres étaient chantées à 14 heures 30. Elles étaient suivies des Complies, et du Salut du Saint Sacrement.
J'ai
toujours aimé chanter, et j'ai le privilège, non pas d'avoir une jolie voix,
mais au moins de chanter juste. C'est ainsi que le premier dimanche, j'étais
dans le chœur pour les Vêpres, et je chantais allègrement les psaumes latins,
que je commençais déjà à connaître. M'entendant, le sacristain vint me
chercher, m'emmena dans la sacristie, et me fit répéter le "Jube",
c'est-à-dire l'antienne d'introduction aux Complies. Je l'appris, et, le moment
venu, j'allai devant la stalle de Monsieur le Curé entonner : Jube, Domne,
bénedicere.
Le dimanche de l'Epiphanie, à saint PATRICE, il y avait une coutume, qui remontait, je pense au Moyen-Age. A part la fonction de prêtre, qui était exercée par un prêtre, toutes les autres fonctions étaient exercées par des enfants : diacre, sous-diacre et chantres. La paroisse possédait des dalmatiques et des chapes adaptées à la taille d'enfants de 10-12 ans. Je connais encore pratiquement par cœur le propre grégorien de la fête de l'Epiphanie…
De temps en
temps, à l'invitation de ma mère, et lorsque je n'avais pas cours à huit
heures, j'allais servir la messe en semaine. J'ai le souvenir d'une église
pratiquement vide, froide, peu éclairée, pour tout dire sinistre, et d'une
messe basse sans participation des quelques fidèles présents.
Grandissant,
je quittai la soutane rouge des enfants
de chœur pour la soutane noire des grands clercs. Et je devins thuriféraire.
Ca, c'était quelque chose. Nous étions huit thuriféraires, chacun avec notre
encensoir en argent. Et, à la grand'messe, nous faisions des figures : en trois
lignes (3-2-3), ou en croix 5, 3), en alternant le balancement de nos
encensoirs.
Entre
1944 et 1951, j'ai connu deux curés : l'Abbé LETHUILLiER, dont j'ai déjà parlé;
et l'Abbé LECOLE. Celui-ci était un brave homme, mais complètement coincé :
"raide comme la justice", disait mon père. Lorsqu'il était
assis, son dos ne touchait pas au dossier de son siège, et ses deux mains
étaient croisées sur ses genoux, qu'il tenait rapprochés. J'ai connu aussi deux
vicaires. René CHALOT, avait une mère possessive à l'extrême (quand on entrait
au presbytère, il fallait prendre les patins…!). Un beau jour, on apprit qu'il
avait quitté le ministère (on disait alors qu'il avait défroqué). Pierre
PANCHOUT, qui lui succéda, et qui connaît actuellement une fin de vie
extrêmement pénible, était un type extraordinaire, qui prenait la foi et le
message chrétien au sérieux. Un véritable modèle pour nous, les jeunes, qui
l'approchions. Le départ de René CHALOT, et l'arrivée de Pierre PANCHOUT
coïncidèrent avec mon entrée au Grand Séminaire.