Dans les années 1920, pour
compenser les pertes de la 1° Guerre mondiale en vies humaines, la FRANCE avait
fait appel à des Polonais pour travailler dans les mines et dans la Métallurgie.
C'est ainsi que des dizaines de milliers de Polonais vinrent en FRANCE, et en
particulier au HAVRE (à l'Usine SCHNEIDER entre autres). Beaucoup rentreront en
POLOGNE en 1935-1936, chassés par la vague xénophobe.
Le
22 Juillet 1944, MOSCOU reconnaissait le Gouvernement polonais de LUBLIN, mis
en place par des Communistes, avec la participation de Juifs rescapés des camps
de la mort. Un mois auparavant, le 25 Juin : Frédéric JOLIOT-CURIE avait créé
l'Association France-POLOGNE comme Association d'Amitié entre FRANCE et
POLOGNE.
En 1949, se créa l'Association ODER-NEISSE, proche du
Parti Communiste Français, pour la défense et le maintien de la frontière
germano-polonaise. Lors de
sa dissolution, cette Association rejoindra l'Association FRANCE-POLOGNE. Son
Secrétaire Général deviendra Secrétaire Général de FRANCE-POLOGNE. A partir de
cette époque, l'Association Nationale FRANCE-POLOGNE fonctionne comme
Association d'Amitié avec la POLOGNE Populaire.
En 1975, à l'occasion d'un
concert de l'Ensemble national polonais " MAZOWSZE ", invité par la
Ville du HAVRE, un Comité havrais de l'Association FRANCE-POLOGNE se crée, à
l'initiative de proches d'André DUROMEA, Maire communiste du HAVRE, comme
Amicale des Polonais du HAVRE. Le Président, André MILLET, est l'un de ses amis.
Le samedi 24 avril 1976, il organise une réunion
publique à la salle Ambroise Croizat du HAVRE. Je m'y rends, et je décide d'y adhérer, afin de connaître et de
faire connaître la POLOGNE. J'ai découvert la POLOGNE une première fois lorsque
j'y suis allé avec mes parents pour le mariage (manqué) de mon frère en mars
1972. J'y suis retourné en Septembre de la même année avec Yves GRANDGUILLOT.
J'ai découvert un pays agréable, malgré les restrictions de toutes sortes, et
des gens charmants (le charme slave !…).
Le lundi 10 mai suivant, je participe à une première réunion de quelque chose qui pourrait être le Bureau, mais qui n'a pas encore de nom, car tout repose sur le Président, qui réunit de temps en temps quelques amis (pas toujours les mêmes) pour prendre les décisions. D'ailleurs, la seule décision consiste à fixer chaque année la date d'une grande collation ( 200-250 personnes ) en début d'année, avec chaque fois la présence d'un représentant du Consulat Général de POLOGNE à PARIS. Le Président profite de cette rencontre pour encaisser les cotisations. L'argent récolté sera utilisé à financer la collation de l'année suivante…
… Mais, le dimanche 13
décembre 1981, ouvrant ma radio tôt le matin, j'entends que le Général
JARUZELSKI vient de prendre le pouvoir en POLOGNE, à la faveur d'un coup
d'Etat. Dans les jours qui suivent, tous les Français apprennent que la POLOGNE
est en proie à une crise politique et économique grave : les meneurs de SOLIDARNOSC
sont emprisonnés, les magasins sont vides, la population manque de tout….
Dans la semaine, je me
rends chez le Président, qui ne semble pas troublé par la situation des
Polonais de POLOGNE. Je lui propose d'organiser une collecte de médicaments et
de nourriture. Je sens qu'il n'en voit pas l'utilité, mais cependant il n'ose
pas refuser.
En
février, il démissionne. Un nouveau Bureau, formé de personnes sensibles à la
situation économique et humaine en POLOGNE, et sans relation avec aucun parti
politique, est élu par une nouvelle Assemblée générale. Le Président en est
Edouard WIECZAK, marié à Jeanine, père de Vincent et de Benoît, professeur de
menuiserie au C.A.T du Bâtiment. Ils deviendront pour moi de vrais amis. J'en
suis Vice-Président. J'ai fait signe à Michèle, qui a accepté d'y entrer : elle
est Secrétaire. Alain NANCY, un ami protestant en est le Trésorier. André
MILLET y est également. Mais il le quittera rapidement. Première décision :
Aider la POLOGNE.Deuxième décision : les finances devront être transparentes.
Troisième décision : les réunions auront lieu chez Jeanine et Edouard.
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Cette année-là, j'anime une Filière de la Formation permanente
œcuménique sur "Economie et Foi", avec un jeune pasteur de l'Eglise
Réformée du HAVRE, Etienne PETITMANGIN. Le vendredi 22 janvier, je le
rencontre, et ensemble, nous nous mettons d'accord pour organiser cette
collecte. Le samedi 13 février, nous réunissons une bonne centaine de personnes,
au siège de l'Eglise Réformée, 55 rue René Coty. Auparavant, nous nous sommes
renseignés sur ce qui manque le plus là-bas. Et nous lançons une collecte en
argent, pour acheter des médicaments; et en nature, notamment des lits et du
matériel que l'Hôpital du HAVRE se propose de donner. La presse locale
répercute notre demande, ainsi que certaines paroisses. Je rencontre Jean-Pierre GERBER, transporteur, membre du M.C.C. |
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Il
accepte de mettre gratuitement à notre disposition un camion de 40 tonnes, avec
un chauffeur, pour opérer le transfert.
Et
le samedi 6 mars, nous nous retrouvons à plusieurs pour charger le camion, qui
part en fin de matinée. Nous lui avons assigné comme destination l'Evêché de
GDANSK. Le chauffeur nous racontera à son retour qu'arrivé à l'entrée de
GDANSK, il a demandé à des policiers où se trouvait l'Evêché. "Suivez-nous !", ont-ils répondu. Et
ils l'ont conduit directement au dépôt de la Police, où ils l'ont gentiment
aidé à se débarrasser de son chargement ! Raté !
L'aventure
du camion détourné nous a servi de leçon. Etienne et moi décidons de
recommencer l'opération, mais en allant directement sur place, à WOLA
KALINOWSKA, près de CRACOVIE, où habitent les parents de ma belle-sœur. Cette
fois-ci nous emportons de la nourriture et des vêtements collectés par nous.
J'ai emprunté la fourgonnette TOYOTA de Philippe GLACET. Et Raymond SAVOYE,
directeur de RENAULT-Sandouville, qui habite SAINT AUBIN ROUTOT, où je suis
curé depuis deux années, nous a prêté, malgré l'opposition du Syndicat C.G.T de
l'Usine, une fourgonnette TRAFIC.
Le
dimanche après Pâques, 18 avril 1982, à 15 heures, nous partons à quatre avec
les deux véhicules : mon frère, deux membres de l'Eglise Réformée, et moi-même.
Nous arrivons sur place le lendemain vers 15 heures. Nous faisons halte chez
les beaux-parents de mon frère. Sa belle-mère nous dit que la situation est
catastrophique : "pire que pendant la
dernière guerre !". Ils manquent de tout, et ce qu'ils trouvent
est de mauvaise qualité.
Nous
allons alors chez le curé, qui a été averti de notre arrivée. Nous lui
demandons où nous pouvons décharger nos camionnettes. " Laissez ! Je vais téléphoner à l'école
!". Il téléphone à l'école. Aussitôt des gamins arrivent et déchargent les
véhicules. Pendant ce temps, nous sommes entrés dans le presbytère. "Vous voulez manger quelque chose ?", demande
le curé. "Non, merci, répond
mon frère, ma belle-mère vient de nous dire
que vous n'avez rien. Gardez donc ce que vous avez. Nous avons apporté de quoi
manger". – "Ne vous en faites pas, répond le curé, actuellement il n'y a que deux catégories de gens qui
ont de quoi manger : les communistes et les prêtres !". Et il
aligne sur la table : du pain, du jambon, du pâté, de la viande, du thé, du
café… Mon frère nous dit en sortant qu'il a vu sur la table de la chambre du
curé, la quête du dimanche : elle était conséquente ! C'est ainsi que je commence à prendre conscience de la puissance
de l'Eglise catholique en POLOGNE. Déjà, la toute première fois que j'y étais
allé, en mars 1972, entrant dans l'église Sainte ANNE de CRACOVIE, j'avais été
frappé par la posture d'un homme à genou sur le dallage : genou gauche en
terre, les deux bras posés sur le genou droit, dans la position du serf, jadis,
devant son seigneur. Et je m'étais fait intérieurement cette remarque :" Tout se passe comme si l'Eglise et le Parti
s'entendaient, dans ce pays, pour maintenir les habitants à genou
!". Nous reprenons la route le jeudi 22. Parvenus au poste-frontière entre
la POLOGNE et l'Allemagne de l'Est, une surprise nous attend. On nous fait
passer à la désinfection : nous laver
les mains au formol, et passer nos chaussures dans un bassin contenant de l'eau
et du formol… Nous n'avons jamais compris pourquoi. Le vendredi 23, nous sommes de retour au HAVRE à 11 heures 30.
La
situation ne s'améliore pas en POLOGNE. L'état de guerre pèse sur les Polonais.
Nous décidons d'organiser un nouveau convoi. L'année précédente, j'avais fait
la connaissance du concessionnaire Citroën du Boulevard François 1°, qui
demeure à SAINT AUBIN ROUTOT. Mais, en 1982, il a été muté à BREST. Je lui
téléphone pour lui demander s'il accepterait de nous prêter une fourgonnette.
Sa réponse est positive. Mais il faut aller la chercher sur place. 500
kilomètres aller le jeudi 12 août, 500 kilomètres retour, le vendredi 13. Et je
reviens avec un "Tube", une fourgonnette tôlée, qui trépide de
partout et fait un bruit pas possible, mais qui marche bien.
Nous
sommes six à embarquer le mercredi 18 août, dans trois véhicules, dont le
"Tube" : Annette ZMUDA, une amie de l'Association, qui parle
couramment le polonais, un ami à elle; Jacques LECROQ, un ami de SAINT AUBIN,
et Marie-Claude BOIDIN, une amie de l'A.C.I et de la Formation permanente;
Michèle et moi-même. Nous avons trois adresses où nous devons faire escale.
Nous passons d'abord deux jours pleins à SWIDNICA, au Sud-Ouest de la POLOGNE,
chez un cousin d'Annette. Et le Jeudi 19 à 11 heures, nous débarquons une
partie de notre cargaison dans une Maison d'enfants. La directrice nous offre
d'abord un gâteau avec du thé et du café. Nous nous apprêtons à partir lorsque
des gens viennent mettre la table, et apporter des plats pour le repas. Malgré
nos dénégations, il nous faut rester. Ce n'est pas fini ! Rentrés chez les
cousins, ils ont préparé le repas… qu'il nous faut avaler. Puis nous allons
rendre visite à un ami d'Annette, où, là aussi, on a préparé pour nous un repas
! Et il fait une chaleur épouvantable ! Jamais les plantes vertes de la maison
n'ont été arrosées avec autant de verres de vodka ! Ces braves gens n'ont pas
grand'chose pour eux-mêmes; mais lorsqu'ils attendent des hôtes, ils
économisent afin de pouvoir recevoir dignement. Un dicton polonais prétend
"qu'un hôte à la maison, c'est Dieu
chez soi !".
Le
samedi 21, nous sommes à WOLA KALINOWSKA, chez les parents de ma belle-sœur.
Nous n'avons pas contacté le curé, mais les responsables de la commune. A peine
sommes-nous arrivés que nous voyons une foule humaine de près de deux cents
personnes se précipiter sur nos pauvres fourgonnettes. Je suis tellement ému
que je pars seul pleurer dans un coin. J'ai honte pour ces pauvres gens obligés
de mendier, parce qu'ils n'ont plus rien. Nous logeons à six dans une seule
pièce. J'ai demandé au beau-frère de mon frère, qui est présent s'il serait
possible, le soir de rencontrer des gens du village, afin de parler avec eux. A
la nuit tombante, une vingtaine
d'hommes arrivent. Nous restons dehors pour parler, car le voisin des
beaux-parents de mon frère est membre de la Milice : pendant tout le temps que
durera l'entretien, il ne cessera de passer et de repasser devant la maison
avec sa moto. La conversation est intéressante. Les gens parlent librement.
Mais, après une heure d'entretien, le plus ancien fait signe que c'est fini. Et
les bouteilles de vodka sortent. Michèle se souvient encore de la cuite qu'elle
prit ce soir-là…
Le
dimanche 22, nous nous rendons à CRACOVIE,
où nous faisons connaissance avec une jeune étudiante qui parlait très
bien le français : Ewa BARANOWSKA. Elle nous fait connaître des copains à elle,
avec qui elle distribue des tracts la nuit, clandestinement. Le lundi 23, nous
allons à l'hôpital de TARNOW. Le mardi
24, Ewa nous a obtenu un rendez-vous avec l'un des responsables du ZNAK, qui
édite le seul journal catholique : TYGODNYK PODZECHNY.
Le
mercredi 25, nous allons à AUSCHWITZ (OSWIECIM).
Le
jeudi 26, la POLOGNE célébrait de sixième centenaire du monastère de JASNA
GORA, à CZESTOCHOWA. Nous y sommes. C'est du délire. Il y a là au moins deux
millions de personnes: on se porte littéralement. Michèle, qui mesure 1 mètre
55, s'est placée devant Jacques, qui lui "fait un rempart de son corps"
avec son mètre quatre-vingt cinq.
Nous
rentrons au HAVRE le samedi 28. Le mardi 31 et le mercredi 1 septembre, je
ramenai le "Tube" à BREST.
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L'église sainte MARIE à CRACOVIE |
Entre les voyages, la collecte continue : vêtements, alimentation,
argent. Je décide, avec l'accord du Bureau de l'Association, de repartir
pendant les vacances de Pâques. Mais, afin de mieux cerner les besoins, et
pour nous trouver un point de chute, j'effectuerai un voyage préliminaire
avec Michèle du lundi 14 au vendredi 18 février 1983. Nous sommes reçus chez
des amis d'Ewa à CRACOVIE. Au retour, Edouard nous déclare qu'il est disposé
à nous accompagner avec Thérèse, sa sœur. Il pourront ainsi voir leurs
cousins de BYTOM. Au début du mois de Mars, René HEBERT, un ami du M.C.C me demande s'il
est possible qu'il vienne avec nous, avec sa femme et ses trois enfants. J'en
fais part à Ewa, au téléphone, qui me dit qu'il n'y aura pas de problème. Et
le lundi 4 avril, lendemain de
Pâques, nous partons avec deux fourgonnettes, conduites l'une par Edouard et
Thérèse, l'autre par Michèle et moi-même. Nous arrivons tard le soir à BYTOM,
dans la famille d'Edouard et Thérèse, d'où nous repartons le lendemain pour CRACOVIE.
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La
famille HEBERT (René et Geneviève, Bénédicte, Pierre et Cyrille) nous rejoint
avec leur voiture particulière. Nous faisons halte à une station-service, afin
de faire le plein de carburant. Il y a là une magnifique Mercedes, conduite
par… un prêtre accompagné de deux religieuses. A cette époque, le carburant
était rationné… apparemment pas pour tout le monde ! Nous déchargeons notre
cargaison chez les Sœurs Bernardines de CRACOVIE, qui tiennent un Etablissement
pour adultes handicapés. Ewa nous fait rencontrer une nouvelle fois des
étudiants, qui nous racontent leurs luttes. Nous sommes logés par une famille
de la banlieue, qui habite un pavillon. Ils sont si discrets et si gentils que,
les deux matins où nous y serons, il n'y aura aucun problème de salle de bain
!… Au retour, Thérèse et Edouard s'arrêtent chez leurs cousins de BYTOM. Les
HEBERT rentrent à la vitesse de leur véhicule, qui est normale. Et Michèle et
moi revenons à la vitesse de notre fourgonnette, qui est moins rapide…le samedi
matin.
A la réunion du Bureau de l'Association qui suit notre retour, je lance l'idée d'acheter une camionnette, afin de pouvoir assurer plus facilement et plus rapidement l'aide humanitaire. Les membres du Bureau ayant donné leur accord, je consulte, dans les jours qui suivent, les petites annonces de la Presse havraise.
C'est ainsi que, le mercredi 5
mai, avec Edouard WIECZAK, nous allons prendre livraison d'une fourgonnette
C.35 d'occasion à la Société MERIEL, 65 rue Gustave Nicolle au HAVRE. Je crois
me souvenir que le prix d'achat était de 18.000 francs. J'obtiens la carte
grise le lendemain jeudi, et je ramène le véhicule chez moi à SAINT AUBIN
ROUTOT, car il a besoin d'un sérieux coup de propre.
Un ami d'Edouard, Paul HAUGUEL,
qui est garagiste, et membre de l'Association, accepte de se charger
gratuitement de son entretien. Ce qui, par la suite, nous sera d'un grand
secours…
Nous
sommes six : Annette et un ami; Claude et Marie-Claude; Michèle et moi. Nous
avons deux fourgonnettes, dont le C.35. J'ai pris ma voiture personnelle, pour
nous permettre de nous déplacer plus facilement sur place. Michèle la conduira.
Ce voyage en effet est destiné à apporter une aide, mais aussi de mieux
connaître la POLOGNE et les Polonais. En voici le déroulement et les étapes,
tels que je les retrouve dans mon agenda, au mois de juillet de cette année
1983.
Dimanche
17 – départ dans l'après-midi.
Lundi
18 – 20 heures : arrivée à SWIDNICA, un village situé à proximité de WROCLAW.
Notre voyage a duré plus de vingt-quatre heures, à cause du C.35, qui a perdu
du gazole à partir de l'entrée en POLOGNE.
Mardi
19 – 10 heures : dépôt de vêtements à la Maison de quartier du village.
L'après-midi, un ami d'Annette entreprend d'inspecter le C.35. Il découvre la
cause de la panne : l'un des injecteurs est fêlé. Il en démonte un de sa
moissonneuse-batteuse, et le fixe sur le camion.
Mercredi
20 – 10 heures : Nous laissons une fourgonnette vide sur place, ainsi
qu'Annette et son ami. Départ. Arrivée à CRACOVIE à 17 heures. Nous sommes
reçus par une famille amie d'Ewa, dans les faubourgs de la ville.
Jeudi
21 – 16 heures : visite de l'Hôpital de NOWA HUTA, en banlieue de la ville.
Claude AUGUSTIN NORMAND, qui nous accompagne, est étudiante en médecine. Elle
est atterrée en constatant le peu de moyens dont disposent les médecins.
Ce
jour-là, veille de la Fête nationale, nous apprenons par la radio, la levée de
l'état de guerre, instauré le 13 décembre 1981.
Vendredi
22 – le matin : visite du cimetière juif. L'après-midi, entrevue avec le curé
du villa de SASPOW (2.000 habitants, où demeurent les parents de ma
belle-sœur). Il nous dit que son principal souci est d'agrandir son église… et
que le principal souci des responsables du Séminaire de CRACOVIE est de mettre
des lits superposés dans les dortoirs, pour faire face à l'afflux des
candidats…
|
Samedi 23 – 10 heures : rencontre avec le directeur d'un établissement
hospitalier où sont soignées des personnes atteintes par le cancer. Dimanche 24 : Messe à l'église des Franciscains de CRACOVIE. Lundi 25 : visite du camp d'extermination d'AUSCHWITZ. Départ de
Claude, qui est tenue de rentrer au HAVRE. Mardi 26 – 10 heures : Départ pour LUBLIN. Au début de l'année, après un compte-rendu de voyage paru dans la
presse havraise, Ewa, une jeune polonaise de LUBLIN, arrivée en France
l'année précédente, a pris contact avec moi. Elle m'a demandé si je pouvais
lui rapporter son service de table, qui est chez sa mère. C'est pourquoi nous
y allons. Nous arrivons sur place à 6 heures. Halina, la mère d'Ewa habite un
petit appartement de 36 m2. Nous y dormirons deux nuits… un peu à l'étroit.
Heureusement, il fait beau et chaud : je dormirai sur mon lit de camp planté
sur le balcon… Mercredi 27 – nous visitons la ville de LUBLIN, et sommes reçus par
une amie d'Halina. Jeudi 28 – 10 heures : Départ pour VARSOVIE, où nous arrivons en début
d'après-midi. |
Le Christ ressuscitant (église des Cisterciens à NOWA HUTA) |
Nous
sommes logés dans un studio, au 9° étage d'un immeuble en bordure d'un grand
boulevard… bruit… chaleur… Le jeune couple qui occupe ce studio est allé se
réfugier chez les parents de l'un d'eux, afin que nous soyons bien.
Vendredi
29 – Nous nous rendons au Bureau de la Milice, afin d'obtenir la prolongation
de nos visas. Pas de problèmes.
L'après-midi,
nous visitons le Parc LAZIENKI.
Samedi
30 : Nous visitons le matin le château de WILANOW, et assistons l'après-midi à
un récital de piano au Parc LAZIENKI, par une chaleur étouffante.
Dimanche
31 – Messe à l'église Saint WOJTEK. Visite l'après-midi de la Ville de
VARSOVIE.
Lundi
1 Août – Départ pour SWIDNICA, où nous arrivons à 17 heures.
Mardi
2 août : départ à 15 heures. Entrée en République fédérale d'Allemagne,
nouveaux ennuis d'injecteur. Et nous n'avons rien pour réparer. Nous
continuons, tout en perdant régulièrement du carburant.
Mercredi
3 – arrivée au HAVRE à 20 heures.
Dans
les jours qui suivent, racontant notre voyage et la péripétie de l'injecteur,
je prends conscience tout à coup que la cause de nos malheurs réside dans
l'état de l'autoroute d'Allemagne de l'Est. Entre BERLIN et la POLOGNE en
effet, l'autoroute n'a pas été refaite depuis HITLER : elle est constituée de plaques
de béton, jointes par des bandes de bitume. Lorsque le camion roule, il enfile
les joints de bitume les uns après les autres : tac-tac…tac-tac…tac-tac…
provoquant des vibrations dans le moteur… Paul HAUGUEL effectuera une sérieuse
réparation. Nous n'aurons plus d'ennuis par la suite.