PARTAGE
et RENCONTRE
Itinéraire de ce qui pourrait passer pour un échec
J'écris la chronique des évènements tels que je les ai vécus, depuis mon arrivée à l'équipe nationale, et ma découverte du Mouvement national PARTAGE et RENCONTRE, en mai 2006, jusqu'à mon éviction en juin 2009. Je ne fais pas œuvre d'historien : je dis les évènements à partir de mon ministère de prêtre, tel que je l'ai vécu. Je ne fais pas non plus œuvre de polémiste. J'essaie de comprendre, afin d'aider à comprendre.
Jean-Paul BOULAND
PROLOGUE
Un bel après-midi d'Octobre
2005, je reçois un appel téléphonique de mon ami Christian GOURIO, du HAVRE. Il
me demande si, éventuellement, je serais disponible pour assurer l'aumônerie
nationale du Mouvement PARTAGE et RENCONTRE. Ce Mouvement, je le connais, car
il est bien implanté au HAVRE, et j'ai accompagné pendant plus de dix années
une des équipes de SAINTE ADRESSE. Je réponds : "A priori je suis
disponible, mais je désire que les choses sa fassent dans la clarté.
C'est-à-dire que l'équipe nationale proposera mon nom à l'Episcopat, qui en
référera à l'évêque du HAVRE, qui me consultera, et rendra sa réponse à l'Episcopat. En suite de quoi, on attendra
!".
Christian
GOURIO a participé, avec Marie son épouse, décédée en 2003, à l'équipe
nationale du Mouvement. J'avais beaucoup d'amitié pour eux deux, je l'ai
conservée à Christian. Il me passe son coup de fil chez d'autres amis, Robert
et Geneviève CAZAUX, du HAVRE, membres de l'équipe nationale du moment, que je
connais également pour avoir accompagné l'équipe de catéchumènes dont ils sont
responsables. Les CAZAUX m'invitent à venir en discuter un midi.
Le
5 novembre suivant, je me retrouve chez eux avec Christian. Ils me parlent du
mouvement, et surtout de Jean DEBRUYNNE qui en a assuré l'aumônerie nationale
pendant plus de vingt années. Ils me passent un CD de chants de la dernière
Rencontre nationale, et deux livrets de Jean DEBRUYNNE. Je leur dis que
j'accepte leur proposition, et qu'ils peuvent en faire part aux responsables
nationaux qui demeurent à VICHY. Ce qu'ils feront.
Quelques jours après, je rencontre Michel
GUYARD, "mon" évêque, à la Maison diocésaine du HAVRE. Je le préviens
que le Secrétariat de l'Episcopat va peut-être le consulter sur une éventuelle
proposition de nomination comme aumônier national.
Il
me dit, mi-figue mi-raisin, "PARTAGE et RENCONTRE, qu'est-ce que c'est
?".
Et
le 7 mars 2006, je reçois la lettre ci-dessus, accompagnée d'une note manuscrite
de Jean QURIS, du Secrétariat de l'Episcopat, m'indiquant que je peux dès
maintenant participer à l"équipe nationale.
Le
25 mars 2006, je suis de nouveau chez les CAZAUX, toujours avec Christian
GOURIO, et avec Christine et Gérard DEBOUT, de VICHY (Christine étant la
responsable nationale). Nous faisons connaissance. Ils me donnent le calendrier
prévu des rencontres de l'Equipe nationale… et vogue la galère !
1°
PARTIE : L'APPRIVOISEMENT
14
avril 2006 : Le mandat de Robert et de Geneviève CAZAUX
venant à expiration en Octobre, ils ont prévu leur remplacement, et sollicité
Jean-Pierre et Marie-José DELMULLE, de SAINT ETIENNE du ROUVRAY (45 kms de chez
moi). Ceux-ci ont donné leur accord de principe. Je les ai invités tous quatre
chez moi. Ils m'avoueront, longtemps après, que la première impression qu'ils
ont eue de moi n'était guère positive : il est vrai que je parais froid et
distant…
13
et 14 mai 2006
: Première participation à l'équipe nationale, au Centre International de
Séjour de PARIS, Boulevard Kellermann. J'y retrouve : Christine et Gérard
DEBOUT; Michèle LEMOUX, d'Angers, qui assure la trésorerie; Geneviève et Robert
CAZAUX, qui sont responsables du Journal du Mouvement, Jean-Paul et Marie-Anne
DAUTEL, de THIONVILLE; Jean-Claude et Annette ELVIRA, des Bouches du Rhône.
Tous des gens sympathiques, à première vue… et à seconde vue aussi ! Je
remarque que le travail de l'Equipe comporte deux grandes parties : la
préparation de la Rencontre nationale, qui aura lieu en Octobre, et la
composition du journal trimestriel. La réunion commençant par un regard sur la
vie des équipes dans les Régions, car ce sont leurs comptes-rendus qui
alimentent le journal, et qui permettent aux CAZAUX de préparer les fiches de
réflexion, qui paraissent chaque année dans le journal de Juillet. Christine
DEBOUT mène la réunion tambour battant, de sorte que pas un instant ne soit
perdu.
10
et 11 juin suivants : deuxième rencontre, même lieu. L'ordre du jour est le suivant :
|
1- Vie des régions 2- Compte-rendu week-end précédent 3- Journal d’octobre 2006 : en préparation : lecture des comptes-rendus transmis lors des divers week-ends et non exploités depuis juin 2005. - recherche de fils conducteurs - élaboration de la trame du journal 4 - Rencontre Nationale Vichy Octobre 2006 - bilan des retours de participation des régions : nombre, mode d’expression… - affinement du déroulé du week-end : - samedi : accueil, carrefours, intervenants, veillée, animation…. - dimanche : assemblée générale, célébration… - logistique : besoins matériels… - dossier presse - symbole de la Rencontre Nationale : objet souvenir ? - restauration : choix des menus - bilan des inscriptions 5 - Site Internet : choix des éléments pour alimenter le site ce mois |
Après la réunion, je note une première réflexion : "Dans ce Mouvement, tout me paraît être du ressort de l'Equipe nationale". Je connais en effet le mode de fonctionnement de l'A.C.I (dont j'ai été aumônier diocésain) et du M.C.C (dont j'ai été aumônier régional) : dans ces Mouvements, avant une Rencontre nationale ou un Congrès, on met en place une équipe de pilotage.
Et je note une deuxième réflexion connexe : "Dans ce Mouvement, la Rencontre nationale ayant lieu tous les deux ans, une grande partie de l'énergie de l'équipe nationale me paraît consacrée à sa préparation".
La suite me prouvera que c'est vrai, et je comprendrai pourquoi. C'est que les membres du Mouvement accordent beaucoup d'importance à cette Rencontre, au cours de laquelle, depuis plusieurs années, le Père DEBRUYNNE se produisait et mettait en scène avec talent jeu scénique de sa composition. En gros, cette Rencontre est une occasion de réunir 200, 300, 400 des 2000 membres pour deux jours de fête, autour d'un thème qui n'a aucun lien avec la réflexion de l'année, puisqu'il n'y a pas de thème annuel de réflexion. Je découvre également que l'un des grands moments de cette Rencontre est le partage des spécialités régionales, apportées par chacun. Tous accordent aussi une grande importance à l'animation des chants (un chant de la Rencontre est à chaque fois composé, dont la collection fournit comme le "folklore" du Mouvement, le plus connu étant "Avance au large et jette le filet") et à l'Eucharistie.
16 et 17 septembre 2006 - nous nous réunissons à THIONVILLE, chez les DAUTEL, pour préparer concrètement la Rencontre nationale proche, et répartir les responsabilités. Du compte-rendu de cette réunion, je relève ceci :
Une question se pose qui
en entraîne d’autres:
- Peut-on continuer comme
cela ?
- Faut-il changer la fréquence
des Rencontres Nationales ?
- Quels sont les risques
auxquels on s’expose ?
-Que faut-il inventer…proposer…comment ?
Il est trop tard pour soumettre des modifications de statut lors
de l’AG mais il y aura peut-être des échanges à ce propos.
Nous remettrons sans doute la question sur le tapis en Novembre.
C'est au cours de cette réunion que Michèle nous annonce que son état de santé ne lui permet plus de rester à l'Equipe nationale. Jean-Claude ELVIRA accepte de prendre la responsabilité des finances du Mouvement.
20 septembre 2006, je participe, à la Maison de la Conférence des Evêques de France, Avenue de Breteuil, à PARIS, à une réunion de tous les aumôniers nationaux de Mouvements, Services et Communautés. Nous sommes une bonne soixantaine. L'objectif de la réunion est de réfléchir à la question des Aumôniers nationaux : la diminution du nombre des prêtres a pour effet qu'il est de plus en plus difficile de trouver des prêtres acceptant d'assumer cette fonction, et de trouver des évêques qui acceptent de laisser partir un de leurs prêtres pour cette fonction.
L’évolution du nombre de prêtres en France a rendu
très difficile, ces dernières années, la nomination de prêtres comme aumôniers
nationaux des mouvements apostoliques ou spirituels. Des mouvements se trouvent
sans prêtre participant à leurs instances nationales, cela est particulièrement
dommageable lorsqu’il s’agit de mouvements de jeunes ou d’enfants.
Cette situation, parfois ressentie comme un manque
de confiance à l’égard de l’action apostolique des ces mouvements, reflète
davantage l’impossibilité de nombreux diocèses à pouvoir dégager, même pour un
temps partiel, un prêtre dont l’action apostolique sur le terrain est
primordiale.
Cette diminution de leur nombre a profondément modifié la manière d’exercer le ministère des prêtres au plan national des mouvements. Ce qui était travail d’une équipe de prêtres et qui manifestait, d’une certaine manière, la dimension collégiale du ministère, est devenu une mission vécue de manière isolée, ce qui augmente les réticences de certains prêtres à accepter ce genre de ministère national, surtout si c’est à temps complet.
Pour réfléchir, nous sommes répartis en carrefours de 10-15 personnes. Je fais ainsi connaissance avec les aumôniers du M.C.C, de l'A.C.G.F, de la J.O.C.F, du C.M.R, et le Père Michel POLLIEN, évêque auxiliaire de PARIS, qui a la responsabilité de suivre, pour l'Eglise de France, les Mouvements d'Action catholique générale. Au début de ce carrefour, comme il est habituel, nous nous présentons. Mon tour arrive : "Jean-Paul BOULAND, aumônier national de PARTAGE et RENCONTRE". Je remarque le regard dubitatif et interrogateur de mes collègues. Et je précise :"Je succède à Jean DEBRUYNNE". Et le Père POLLIEN de répondre : "Ah oui ! L'aumônier autoproclamé !". Je découvre d'un coup que le Mouvement que je représente est pratiquement inconnu des autres Mouvements, et que l'ancien aumônier national n'avait vraisemblablement jamais participé à aucune rencontre avec les autres aumôniers nationaux; de même que les responsables nationaux n'avaient jamais (ou il y a longtemps) rencontré les responsables nationaux des autres mouvements. Me revient alors en mémoire une réflexion entendue lors de ma première rencontre avec les responsables du Mouvement : "On a du mal à être reconnu par les évêques". Et je comprends mieux cette réflexion, mi-figue mi-raisin de Michel GUYARD: "PARTAGE et RENCONTRE, qu'est-ce que c'est ?".
14 et le 15 octobre 2006 - La
Rencontre nationale réunit 270 personnes au Palais du Lac à VICHY. Excellente
ambiance. Bonne réussite. Je note que je fais sensation en intervenant, pendant
l'Eucharistie, avant la Communion pour dire : " Rassemblés ici pour célébrer l'Eucharistie, nous
avons conscience d'être l'Eglise. Alors, quel que soit l'état de votre esprit,
quelle que soit votre situation, venez communier, venez recevoir le pain de vie".
Une bonne dizaine de couples viendront me dire, après la célébration,
combien cette parole les a libérés. Je réalise alors que le Mouvement a
certainement été, pour un certain nombre de personnes civilement divorcées et
remariées, un lieu d'accueil en Eglise. Et ce jour-là, je prends in petto la
décision de lancer un "chantier" sur ce thème, si les autres membres
de l'équipe nationale en sont d'accord.
Avant cela, le dimanche matin, a eu lieu l'Assemblée générale de l'Association. Longue, fastidieuse, formelle… mais indispensable. Qui se conclut par le scrutin pour remplacer les partants : Christine et Gérard DEBOUT, Geneviève et Robert CAZAUX. Les deux couples sont remplacés par un seul, de SAINT ETIENNE du ROUVRAY (donc à 45 kilomètres de chez moi) : Jean-Pierre et Marie-José DELMULLE, dont j'ai déjà parlé.
2°
PARTIE : Les PREMIERES ETAPES
10 et 11 novembre 2006 - C'est, à PARIS toujours, la
réunion "passage de relais" entre les partants et les arrivants. La
première partie de la journée du samedi est consacrée au passage des consignes
et des documents. Puis, vers 16 heures, Gérard et Christine DEBOUT partent,
accompagnés de Robert et Geneviève CAZAUX.
Restent alors Jean-Paul et Marie-Anne DAUTEL, Jean-Claude et Annette ELVIRA, Jean-Pierre et Marie-Jo DELMULLE, et moi-même.
Et les "administrateurs" élus par l'Assemblée générale se répartissent les postes de responsabilité à la tête de l'Association, et donc du Mouvement, car ce Mouvement, qui est un Mouvement d'Eglise, n'a pas d'autres statuts que ceux d'une Association 1901. Les administrateurs de l'Association sont donc, ipso facto, Equipe nationale du Mouvement : Jean-Pierre est élu Président, Marie-Jo secrétaire, Jean-Claude Trésorier, et Jean-Paul responsable du journal.
Au cours de la matinée du dimanche, nous envisageons l'avenir, en nous donnant un axe principal, qui sera notre slogan pour les deux années à venir : METTRE LE MOUVEMENT EN MOUVEMENT. Puis on parle journal, on parle finances, et les trois couples se répartissent la responsabilité chacun de plusieurs régions.
A la suite de cette rencontre, et avec l'accord de l'équipe, j'envoie un courrier électronique aux membres du Mouvement dont j'ai l'adresse, dans lequel je leur dis ceci :
Chers amis,
Le dimanche 15 octobre dernier, vous avez
participé à l'eucharistie de la Rencontre Nationale. Avant la communion, j'ai
prononcé ces mots : "Nous avons conscience d'être l'Eglise. Alors, quel
que soit l'état de votre esprit, quelle que soit votre situation, venez
communier, venez recevoir le pain de vie".
Après cette
eucharistie, quelques couples de personnes divorcées-remariées (entre 5 et 10),
sont venus me dire combien ces paroles les avaient touchés, et d'une certaine
manière, libérés.
J'en ai
parlé à notre dernière rencontre de l'Equipe nationale. Cela me donne à
réfléchir.
Les équipes "PARTAGE et RENCONTRE"
sont le lieu où se côtoient des personnes de milieux sociaux et culturels
différents, de sensibilités différentes, d'engagements différents, mais aussi
et surtout de situations familiales, conjugales et matrimoniales différentes.
En unissant nos
réflexions, nos suggestions, nos expériences; en permettant à ceux qui le
désirent de se rencontrer; peut-être pourrions-nous faire avancer quelque chose
dans notre Eglise.
Nous ne pouvons pas nous contenter de déplorer une situation qui
fait souffrir nombre de croyants, et qui en a amené un certain nombre à quitter
l'Eglise, bruyamment ou sur la pointe des pieds, déçus de n'avoir pas de
réponse à leurs questions.
Je vous invite donc à vous saisir de cette question dans vos réflexions en équipe, à en discuter; à mettre en commun, non seulement vos interrogations, mais aussi les réalisations concrètes dont vous avez connaissance, et vos propositions.
N'hésitez pas à inviter à vos réunions des
amis, non membres du Mouvement, mais concernés par ce problème. Envoyez les
comptes-rendus, par courrier électronique ou postal, à Jean-Paul DAUTEL et Marie-Anne THOMAS (sur ce thème comme sur
les autres d'ailleurs). Nous les ferons circuler, nous publierons les plus
signifiants.
13 et 14 janvier 2007 – La rencontre a lieu chez les Lazaristes, rue de Sèvres à PARIS. Au cours de cette réunion, trois questions sont proposées à la discussion :
1- changer d'imprimeur pour le journal, et passer chez BAYARD-SERVICE qui se propose, pour un coût inférieur de 25 % de tout prendre en charge, et de mettre à notre disposition une journaliste pour la mise en page. Le choix et la rédaction des articles restant de la responsabilité de l'Equipe nationale.
2- Organiser une Récollection en été pour les membres du Mouvement qui pourraient se rendre libres.
3-
Le Mouvement et le problème des personnes divorcées et remariées : Projet
d'une Rencontre : opportunité – si oui : où ? quand ? comment ? Nous
évoquerons longuement cette question,
car deux couples de l'équipe sur trois sont concernés. Nous sommes décidés à
faire quelque chose, mais nous ne savons pas encore quoi.
L'Equipe décide le principe du passage chez BAYARD-SERVICE. On décide, avant de prendre la décision finale, de rencontrer le directeur. On décide également d'organiser la Récollection.
Et on commence déjà à envisager la prochaine Rencontre nationale…
Nous célébrons ensemble l'Eucharistie le samedi soir. Célébration simple, mais fraternelle.
Nous décidons enfin de nous réunir la prochaine fois chez les DELMULLE, qui ont une maison assez grande pour recevoir deux autres couples et moi-même. Ainsi les frais d'une réunion seront diminués au moins de moitié. Ce qui soulagera les finances.
Au cours de cette réunion, on passe aussi en revue la vie des Régions, on prépare le Journal, on parle Finances.
Avant la prochaine rencontre, je décide d'entreprendre une recherche sur ce qui existe en France concernant les personnes civilement divorcées et remariées. Au cours de mes pérégrinations sur le Web, je tombe sur des documents produits par un certain Jean WERCKMEISTER, Professeur de Droit canonique à l'Université de STRASBOURG. Je décide de prendre contact avec lui. Il me paraît fort sympathique. Nous décidons de nous rencontrer un jour où il viendra à PARIS.

Cette rencontre a lieu le samedi 3 février 2007, rue Notre Dame des Champs, dans le 6° arrondissement de PARIS. Jean connaît parfaitement le sujet. Nous en parlons. Et nous tombons d'accord sur la possibilité d'une information à destination des aumôniers régionaux du Mouvement. Nous fixerons une date, après que j'en aurai entretenu les autres membres de l'Equipe nationale.
10 et 11 février 2007 - Première rencontre de la nouvelle équipe à SAINT ETIENNE du ROUVRAY. Les ELVIRA ont une petite journée de voiture pour venir du Sud de la France. Les DAUTEL une grande demi-journée pour venir de l'Est. Les DELMULLE sont sur place. Quant à moi, mon déplacement dure au plus trois-quarts d'heure. Marie-Jo a mis dans le coup Béatrice VERDIN, une amie de PARTAGE et RENCONTRE, dont la maison est proche, qui assure sympathiquement l'intendance des deux journées. Jean-Pierre a sous la main tout le matériel : paper-board, ordinateur, video-projecteur…
La plus grande partie de la réunion est consacrée, comme d'habitude à passer en revue la vie des Régions, et à préparer le journal d'Avril.
Pour moi, j'annonce le thème de la Récollection qui a été prévue à l'abbaye de La Pierre Qui Vire, entre le 14 et le 18 août : La CONFIANCE. Je rends compte de ma rencontre avec Jean WERCKMEISTER. Les membres de l'équipe me donnent le feu vert pour réunir les aumôniers régionaux sur ce thème. Nous commençons également à envisager une réunion des responsables régionaux, qui pourrait se tenir à PARIS, le 18 novembre.
Nous participons à l'Eucharistie à la Chapelle sainte Thérèse du Madrillet, où je retrouve Jacques HAMEL, un de mes contemporains au Grand Séminaire de ROUEN, que je n'ai pas revu depuis… 45 ans! Il en sera de même chaque dimanche de réunion de l'Equipe nationale, nous participerons à l'Eucharistie dans l'une des églises ou chapelles de la paroisse.
L'après-midi du Dimanche est consacrée aux finances du Mouvement : comme ce n'est pas essentiellement de ma compétence, je retourne chez moi vers 15 heures. Ce sera ainsi à chaque réunion.

10 et 11 mars 2007 : L'ordre du jour comporte :
- Vie des Régions : les Rencontres régionales prévues.
- Voir maquette du journal d'Avril…choisir la photo de couverture
- Revoir la liste des rencontres régionales…présence de l'équipe nationale?
-
Préparation de la réunion des animateurs régionaux du 18 Novembre
- Rencontre
Nationale oct.-nov. 2008 : - Définir
le lieu de la rencontre - Définir un
thème et un fil rouge - Définir l'animation
Au cours de cette réunion, je ne me souviens plus quand, je fais
remarquer le poids d'une Rencontre nationale tous les deux ans. Mais je sens
que c'est un sujet délicat, sur lequel on pourrait établir un accord, mais
qu'on ne peut pas modifier sans l'aval d'une majorité des membres, car cela
risque de faire "causer dans les chaumières" !.
Disant "majorité", je dis du même
coup que, pour modifier quoi que ce soit d'un peu important dans ce Mouvement,
il faut, ou bien que l'Equipe nationale soit certaine que la modification sera
acceptée par l'ensemble des membres, ou bien, si elle n'en a pas la certitude,
réunir l'Assemblée générale, car il n'y a pas de structure statutaire
intermédiaire de décision. Dans tout autre Mouvement, c'est le Conseil national
qui est habilité à décider. Dans PARTAGE et RENCONTRE, c'est ou l'Equipe
nationale, ou l'Assemblée générale. Car la réunion de l'ensemble des
responsables régionaux qui forme, dans les autres Mouvements, le Conseil
national, n'a, dans PARTAGE et RENCONTRE, aucune existence statutaire. C'est
l'Equipe nationale qui la convoque, pour information et pour recueillir son
avis.
Le matin, pendant l'échange sur la vie des Régions, au cours duquel
nous lisons les comptes-rendus de réunions d'équipes qui nous parviennent, j'ai
fait remarquer que pratiquement tous les thèmes de réunion sont de type
philosophique : très peu sont en prise directe avec la vie et les
préoccupations des gens. C'est pourquoi j'ai composé quelques fiches de réflexion à partir de questions qui concernent
la vie quotidienne. Ces fiches paraissent à tous de nature à renouveler le
genre. Mais cela souligne un manque : les fondateurs du Mouvement n'ont pas
voulu de thème d'année. De plus le Mouvement ne sait pas trop quel est son
objectif. Tel qu'il me paraît, il se dit d'Action catholique, mais sans les
structures d'un Mouvement, sans la priorité donnée à l'échange sur la vie
concrète des membres, et sans encourager les membres à évangéliser. Et
pourtant, les gens tiennent à leurs réunions mensuelles, à leurs rencontres
régionales et, pour un bon nombre, à la Rencontre nationale. Ils tiennent aussi
à leur Journal, comme reflet de la vie des équipes un peu partout en France.
Nous commençons aussi à aborder le problème des équipes sans
accompagnateur spirituel. Tous rapportent que certaines équipes se dissolvent,
à la suite du départ du prêtre qui les accompagnait; que certaines autres, au
contraire, s'accommodent très bien de son absence. Je me fais la réflexion
(toujours in petto), que ce Mouvement est fragile.
14 et 15 avril 2007 :
Rien de particulier, ni dans mon souvenir ni dans mes notes, concernant
cette réunion.

11 et 12 mai 2007 :
J'ai été invité par les responsables de la Région Rhône-Alpes pour un Week-end
de réflexion : "VIVRE
L’AMOUR EN EGLISE - Malgré les
conflits, la mésentente, le divorce". Je suis accueilli le samedi midi à
CHAMBERY par Chantal SURPAS, qui a été naguère membre de l'Equipe nationale, et
qui a accepté de me loger chez elle. Nous partons l'après-midi pour l'Abbaye de
La Rochette. Avec Jean, un octogénaire extraordinaire, pétulant et pétillant de
jeunesse et d'enthousiasme.
Une bonne vingtaine de personnes participent à cette rencontre, dans un
cadre champêtre et savoyard.
J'ai préparé une intervention documentée sur le Mariage, en fonction de
l'entrevue que j'ai eue avec Jean WERCKMEISTER. Intervention un peu difficile à
suivre, je le reconnais, pour des gens qui ne sont ni théologiens, ni
biblistes, ni juristes, ni philosophes, mais auxquels on ne peut quand même pas
débiter de l'eau tiède.
10 et 11 juin 2007 : Le dimanche étant jour d'élections
législatives, je rentre chez moi le samedi soir, afin de pouvoir voter de bonne
heure le dimanche (selon l'habitude que j'ai prise depuis longtemps de voter
dès l'ouverture du Bureau de vote). Après quoi, je rejoins l'Equipe.
L'ordre du jour comporte plusieurs points :
- Revue de la maquette du premier nouveau journal : la décision de
changer d'éditeur a été prise depuis quelques mois, mais le journal de Juillet
sera le premier à être édité par BAYARD-SERVICE. A cette occasion un Comité de
rédaction a été mis en place, mais qui ne tiendra pas la distance, pour de
multiples raisons, dont l'importance pour l'Equipe nationale de garder la haute
main sur le journal.
- Choix du lieu de la Rencontre Nationale 2008. - Réflexion sur le
choix d'un thème : L'Equipe ne tient pas à garder VICHY comme lieu de la
Rencontre. On s'oriente vers le site de LA POMMERAYE, près d'ANGERS, où se sont
déjà tenues de précédentes rencontres. Je présente deux thèmes possibles : 1-
LE MONDE EST NOTRE MAISON – 2- ESPERER MALGRE TOUT. Après évocation de quelques
autres thèmes possibles, c'est le deuxième thème qui sera retenu, parce que
plus mobilisateur. Je présente également un projet de déroulement, qui sera, en
gros, suivi.
- Définir un programme d'actions pour
l'accompagnement spirituel: repérer, appeler, former, valider … : On décide de
consacrer un temps important de la future rencontre des Responsables régionaux
à cette recherche.
Comme lors des précédentes réunions, depuis
qu'elles se tiennent chez les DELMULLE, nous avons du temps le Samedi soir,
pour parler de tout et de n'importe quoi. Il nous arrive souvent de parler de
mariage et de divorce, et surtout de la réaction de tel ou tel prêtre…
14-18 août 2007 – Récollection à l'abbaye de La Pierre Qui
Vire.
C'est
la première fois qu'une telle Récollection est organisée par le Mouvement. J'ai
été surpris (à vrai dire pas tant que ça !) de la réflexion de quelques anciens
: "Jean-Paul, tu n'as pas à organiser des choses comme ça ! Si les gens
veulent des récos, ils peuvent en trouver dans leur paroisse ou ailleurs".
Les entendant, je me suis dit (toujours in petto) que, pour eux, le mot d'ordre
de l'aumônier devait être "Sois belle et tais-toi !". Mais, bien
qu'étant influents dans le Mouvement, ils ne sont pas la majorité. La preuve en
est que nous sommes 19 présents.
J'ai
choisi le thème : La CONFIANCE. Pour ne pas dire : La FOI. Là encore, je reste
égal à moi-même dans ma difficulté à aborder les choses simplement. C'est que
j'aime bien la sécurité : je crains de ne pas trop savoir quoi dire, et
d'ouvrir le robinet d'eau tiède, si je me laisse aller à suivre les
préoccupations des présents. Certains participants auront du mal à suivre.
Fort heureusement, l'abbaye et ses moines
fournissent un cadre extraordinairement propice à la réflexion et à la
contemplation; et le Morvan un cadre idéal pour des balades l'après-midi, dans
la verdure intégrale.
C'est ainsi que tel ou tel qui disait, le
premier jour, ne pas trop comprendre la vie monastique ni la prière des
psaumes, nous définissait en partant les moines comme "des
veilleurs". Belle définition. Deux nuits de suite, il s'était levé, pour
participer à l'Office des Vigiles à 2 heures du matin !
12 et 13 octobre 2007 – Je ne retiens de cette réunion que le
début de la recherche de nouveaux membres pour remplacer les DAUTEL et les
ELVIRA à l'Equipe nationale. Je me fais la réflexion (in petto, toujours) que,
dans les autres Mouvements, cette recherche est le fait du Conseil national qui
appelle. L'ensemble de la réunion tourne autour de la préparation du Journal de
Janvier, et de la Rencontre nationale d'Octobre 2008. Toujours avec beaucoup de
sérieux, et des "entre-classes" tout aussi sérieuses.
25 octobre 2007 – Je participe à ma deuxième rencontre des
aumôniers nationaux de mouvements, Avenue de Breteuil à PARIS, sur la place et
le rôle des aumôniers nationaux. Du compte-rendu de cette rencontre, je retiens
ceci :
Nous mettons l’accent sur la responsabilisation des laïcs dans
leurs mouvements, et cela au nom de leur baptême (éminente dignité des laïcs).
Les mouvements s’inscrivent bien dans cette lignée et pourtant il y a moins
d’évêques pour accompagner et cela est ressenti comme un éloignement .
Les mouvements de jeunes et d’enfants apportent une nuance à cette
expression « responsabilité de laïcs » et parleraient plus volontiers
de la responsabilité des membres du mouvement ou des « fidèles », ou
des « baptisés ». Les prêtres, en effet, avec les autres animateurs
assurent souvent une continuité dans des équipes qui tournent vite (ex. CGE),
et les statuts de certains mouvements accordent aux prêtres une pleine place
dans les instances de décision du mouvement.
- A propos de "vigilance
épiscopale". Ce mot peut entraîner une méfiance chez certains. Le mot
« veille » passe mieux et il faudrait le compléter par des mots qui
expriment l’attention, le soutien ; de plus, c’est un terme très
évangélique.... à condition de ne pas l’entendre, pour les évêques, comme dans
l’expression « écran en veille » !!!. Il faut souligner que la
vigilance comporte une mission d’encouragement.
La vigilance comporte une implication, mais aussi une distance, un
certain recul. La vigilance est celle des pasteurs. Il y a une dimension pastorale
du ministère d’aumônier, qui comporte donc les trois pôles : annonce,
conduite et sacrements. Il y a
également, auprès des mouvements, un rôle de communion avec toutes les autres
instances d’Eglise. Si la vigilance
c’est, d’une certaine manière « être garant », ce n’est pas seulement
garant de la vie des mouvements, mais aussi garant de l’évangile.
La
veille épiscopale met en lien avec l’Eglise… La vigilance est là pour promouvoir
la responsabilité des laïcs, pour soutenir le dynamisme missionnaire.
Cette définition de l'aumônier
national comme "veilleur" au nom des évêques est totalement méconnue
des responsables de PARTAGE et RENCONTRE. Ce n'est pas ainsi que mon prédécesseur
comprenait sa mission. Il se comportait davantage en "conseiller" ou
"accompagnateur" spirituel que comme signe visible de l'épiscopat au
sein du Mouvement. J'en reparlerai le moment venu.
10 et 11 novembre 2007 – J'ai été invité à participer à la
Rencontre régionale P.A.C.A. Elle a lieu à PETITE, un Centre diocésain du
Diocèse d'AIX en Provence.
Je suis reçu chez Dominique et
Hélène MINVIELLE, qui habitent une villa située pratiquement en bord de mer.
Mais je ne suis pas venu en vacances, ni pour faire du tourisme. Le repas du
samedi soir a lieu chez Louis-Michel et Françoise DUHEN. Et le lendemain matin,
nous prenons la route, pour rejoindre la vingtaine de participants à la
Rencontre. Ils m'a été demandé d'intervenir sur le thème "VIVRE LE MOMENT
PRESENT". J'ai tenu compte des remarques des Savoyards et des
Récollectants d'été. Mon intervention est plus simple. J'ai le sentiment
qu'elle passe bien. L'Assemblée est vieille. Mais peu importe. Les gens sont
intéressants, et intéressés. Et puis le thème est abordé à partir d'un échange
très concret sur leur vie de tous les jours. J'en reviens enthousiasmé.
3° PARTIE :
En pleine ACTION
1 janvier 2008 – Dans le journal de janvier 2008, je fais
part de trois "chantiers", dont le premier est la Rencontre
nationale; les deux autres étant ainsi expliqués :
Deuxième chantier - Les personnes divorcées et remariées : Dans le Mouvement, nombreux sont les couples dans cette situation. Ils souffrent, et nous avec eux, de la position apparemment intransigeante de l'Eglise vis-à-vis du divorce suivi d'un re-mariage. Il n'est pas possible que cela dure longtemps encore dans l'Eglise de FRANCE. Il doit y avoir un malentendu quelque part. Certes, ici ou là, des prêtres ou des diacres prennent des initiatives libérantes. Mais sans trop oser en parler. Presqu'en catimini. Cela ne résout rien. Et certaines audaces risquent même de retarder la solution.
Nous allons nous mettre au travail. Et poser sérieusement le problème, aidés par des spécialistes, juristes, canonistes, évêques. Constituer, dans les Régions, des groupes de réflexion et de proposition. Rencontrer d'autres groupes semblables dans d'autres lieux d'Eglise. Prendre le temps. Sans chercher d'abord des solutions, qui ne viendront qu'au terme d'une vraie réflexion.
Troisième chantier - Les aumôniers : Oui,
j'ai écrit "aumônier", car il semble que nous nous acheminions, au
sein des Mouvements de l'Eglise de France, vers deux appellations :
"aumônier" lorsqu'il s'agit d'un ministre ordonné (prêtre ou diacre),
et "accompagnateur spirituel", lorsqu'il s'agit de quelqu'un d'autre
(laïc ou religieuse).
Une équipe sur trois, dans le Mouvement n'a plus
d'aumônier, et n'a pas encore d'accompagnateur spirituel. Cela aussi ne doit
pas durer. Il faut nous mettre au travail. Réfléchir posément à ce qui peut
être fait. Le journal de Juillet 2007 a déjà abordé la question. Là aussi,
constituer, dans les Régions, des groupes de travail, qui posent bien le vrai
problème, sans anticiper la bonne solution. Nous en reparlerons.
13 janvier 2008 – La Rencontre des responsables régionaux a
lieu chez les Lazaristes, rue de Sèvres à PARIS.
C' est une excellente journée
d'échange, de consultation et de réflexion.
J'extrais ceci du compte-rendu :
A Partage et Rencontre la vie en équipe est
essentielle et souvent riche. Mais Partage et Rencontre ne serait pas ce qu'il
est, s'il n'avait une dimension nationale. Pour accéder à cette dimension, pour
la toucher du doigt, deux possibilités: les rencontres régionales et surtout la
rencontre nationale. C'est le temps fort de la vie du mouvement : indispensable
pour se ressourcer et se sentir animé, entraîné par une dynamique de groupe. Il
est encore une raison (obligatoire) de se réunir pour rendre compte et gérer
l'activité du mouvement : l'assemblée générale de l'association ¨Partage et
Rencontre.
L'assemblée des
responsables de régions a échangé et réfléchi à l'organisation de ces
rassemblements.
L'organisation des rencontres en région serait laissée à
l'initiative des équipes régionales concernées. Ce qui permettra de renforcer
la communication inter-Régions.
La prochaine assemblée générale serait extraordinaire
pour permettre le changement des statuts afin de porter la périodicité des AG
de 2 à 3 ans.
La périodicité de la RN (non statutaire) serait soumise
à l'approbation des membres après l'assemblée générale.
Le mandat des membres de l'EN n'est pas changé : 4 ans avec renouvellement partiel de l'EN tous les 2 ans.
C'est sur ce point que l'échange est le plus profond. Je les écoute, tous ceux qui sont là, exprimer leur foi, leur attachement à l'Eglise, leur désir qu'on les aide à grandir. C'est un moment, pour moi, extraordinaire. Le compte-rendu le résume ainsi :
66% des équipes ont un accompagnateur
spirituel. Pour le tiers restant les réactions varient du refus de se réunir sans accompagnateur
prêtre ou religieux, à l'intégration de la fonction d'accompagnateur à celle d'animation.
L'accompagnateur spirituel apprécie souvent
d'être considéré comme un membre à part entière de l'équipe.
Pour pallier le manque croissant de
disponibilité des prêtres, le recours à des diacres, des religieux ou des laïcs
formés, a été maintes fois évoqué.
Notre société est en quête de spiritualité
(les sectes en font leurs choux gras). Les aînés savent répondre à ce besoin.
Mais pour les plus jeunes, pas en âge mais dans la (re)découverte de la Parole,
comment les guider, les aider à répondre à leur besoin ?
Il y a là
une invitation à revoir le déroulement de nos rencontres d'équipes et
l'articulation: échange-réflexion sur un fait de vie/lecture de la Parole de
Dieu/Prière)
Je retiens et je note deux
éléments de réflexion :
1-
A cette réunion
un sondage a été opéré concernant la périodicité des rencontres nationales : la
majorité a voté pour 3 ans. Ce vote ne pouvait être qu'indicatif, puisque cette
Assemblée n'a aucune existence statutaire et donc aucun pouvoir décisionnel. On
en reparlera à la Rencontre nationale.
2-
On a évoqué le
désir des jeunes d'une plus grande spiritualité. Mais à ce jour où j'écris ces
lignes (2009), rien n'a encore pu être fait.
Ce qu'il y a de commun entre ces
deux points : le fait que l'équipe nationale est obligée de tenir compte de
l'avis de ce qu'elle croit être le plus grand nombre (c'est-à-dire les
personnes qui se font entendre), puisque l'Assemblée générale ne peut être
réunie qu'au moment de la Rencontre nationale, et qu'il n'y a aucune autre instance
décisionnelle.
22, 23 et 24 janvier 2008 – Ce Week-end, l'Assemblée générale de
l'APSECC (Association Protection Sociale Et Caisse des Cultes), dont je fais
partie, est convoquée au Centre Omnisports de VICHY. J'ai téléphoné auparavant
à Robert MIGNOT, ancien Président national, et dont la voix est écoutée, lui
demandant s'il peut m'héberger la nuit du Jeudi 21 au Vendredi 22. Comme il est
d'accord, je fais une halte, sur la route de BRETTEVILLE à VICHY, chez Charles
et Geneviève FORE, des anciens du Mouvement, qui habitent ORLEANS, et qui
étaient membres de la toute première Equipe nationale de PARTAGE et RENCONTRE.
Comme ce sont des gens ordonnés, ils ont conservé des archives du Mouvement,
qu'ils acceptent de me confier, et que je consulterai une fois revenu chez moi.
Le soir, Robert MIGNOT a invité
les deux équipes locales à me rencontrer. J'ai droit à une "volée de bois
vert" de la part de quelques membres présents, anciens pour la plupart.
Ils ne comprennent pas qu'on ait changé d'éditeur pour le journal, et sont
persuadés que BAYARD SERVICE nous impose des articles. Lorsque je leur dis que
certains des membres jeunes du Mouvement ont le désir d'une spiritualité plus
affirmée, ils me répondent :"S'ils veulent de la spiritualité, ils
n'ont qu'à aller chez les Charismatiques !".
L'échange
est vif. Néanmoins, à la fin de la rencontre, l'un des présents, nouveau venu
dans son équipe, déclare : "Je me posais des questions sur le
Mouvement. Mais je viens de découvrir qu'il est vivant ! Alors je reste
!"
30 janvier 2008 – J'ai invité Christian GOURIO chez moi. En
effet, j'ai retrouvé, dans les documents que les FORE m'ont confiés, une
"Charte" du Mouvement. Elle est datée "Printemps 1975",
c'est-à-dire du tout début. C'est un document fondateur, mais qui aurait besoin
d'être actualisé. J'ai téléphoné à Jean-Pierre DELMULLE, pour lui demander son
accord pour le faire. Il me l'a donné. Je rédige donc un projet, et c'est de ce
projet que nous discutons, Christian et moi. Nous le modifions ensemble.
9 et 10 février 2008 – L'ordre du jour indique : Une bonne heure pour JPB - des racines du mouvement à la charte
2008.
Pourquoi cette "bonne heure pour JPB " ? C'est que j'ai lu les
textes que les FORE m'ont remis, et que j'y ai découvert des
"trésors". Cette "bonne
heure" est donc destinée à nous remémorer l'historique du Mouvement.
Ensuite de quoi, je proposerai la mise à jour de la "Charte", que
nous avons faite, Christian et moi.
Je donne lecture aux membres de l'Equipe de
quelques extraits d'interventions dès premières années du Mouvement :
LE PARTAGE : QUELLES
STUCTURES ?
1975 : Intervention du Père LISSARAGUE, du Comité épiscopal de la Famille et des Communautés
" Vous ne voulez pas de structures ? C'est un faux problème. On ne
parle de structures que lorsqu'elles gênent.
Quand elles ne gênent pas on y pense pas, elles aident à vivre. Si on
entend par structure un quadrillage du terrain, une structure autre est à trouver,
peut-être par pôles d'attraction, autour de pôles constitués par des hommes,
des foyers, des équipes ? Mais il faut que ces structures soient toujours au
service du partage.
II y a un partage qui peut se réaliser au niveau du
diocèse, les Evêques ne savent pas très bien ce que vous faites, ils savent
qu'il y a quelque chose qui se passe, ils voudraient comprendre! Il me paraît
important que vous trouviez votre place,
que les Evêques comprennent ce que vous essayez de faire".
1978 – Intervention du Père Jean
MOUSSE, Aumônier national du Mouvement des Cadres Chrétiens.
"C'est ici qu'apparaît le second problème, plus
profond, que j'ai senti hier en vous écoutant. C'est celui du contenu du travail du mouvement. Ce qui définit un mouvement, en effet,
ce n'est pas son organisation, c'est son contenu. De même ce qui définit une entreprise, ce n'est pas son organigramme,
c'est son produit. L'organigramme suit le produit, et non pas le contraire.
L'A.C.M.S.S. s'intéresse au monde sanitaire et social.
L'A.C.I. s'intéresse au milieu indépendant; l'A.C.O. au monde ouvrier. Qu'est-ce
qui donne un contenu à Partage et Rencontre ? – Il vous faut définir quel
contenu humain vous entendez donner à votre
travail commun. D'autres mouvements ont choisi : la femme, un milieu, l'industrie et l'économie, la médecine,
la police. Et vous ? De quoi voulez-vous parler sérieusement ? De quelle réalité humaine ?
Une question: faisons-nous un mouvement de pratiquants, croyants et incroyants, ou un mouvement de croyants, pratiquants ou non pratiquants? Partage et
Rencontre semble avoir choisi la deuxième formule. Il me
semble que c'est la bonne. Mais ce
n'est pas confortable pour les rapports avec
l'institution qui elle, par définition, regroupe les pratiquants, croyants ou non. Un esprit, des moyens, une organisation A partir de
problèmes du monde actuel qu'il reste à définir et dans un esprit de foi
conforme au message évangélique, il s'agirait donc, dans un mouvement
regroupant des croyants, mais pas nécessairement
des pratiquants, de travailler ensemble.
1979 – Intervention du Père MOLIN, Secrétaire de l'Episcopat.
«Partage
et Rencontre» n'a pas dix ans d'existence et six ans seulement de vie sous cette appellation.
C'est
court. Son origine est marquée par une certaine contestation
de l'organisation de
l'Action catholique. De ce fait, «Partage et Rencontre» a peu de structures,
et c'est peut-être à la limite de la prudence pour son existence même".
Ces trois textes m'ont aidé à préciser le
"péché originel" de PARTAGE et RENCONTRE :
-
l'absence d'objectif précis,
-
l'absence de structures décisionnelles statutaires intermédiaires entre le national et le
local, par contestation de la méthode des Mouvements d'Action catholique,
-
et une prise de distance par rapport à la Hiérarchie de l'Eglise.
Disant "péché originel", je ne porte bien
sûr aucun jugement moral, je dis simplement que les fondateurs, issus de la
mouvance Mai 68, n'ont peut-être pas vu tout l'enjeu d'un Mouvement
d'évangélisation, et ont structuré PARTAGE et RENCONTRE comme une Association
selon la Loi de 1901. Je relève, à la première page de la Charte de 1975, ce
paragraphe (dans l'encadré ci-dessus) :
Dès
le départ nous avons fait le choix de construire notre mouvement, non
à partir de directives venues de la hiérarchie ou d'états-majors,
mais en lisant - à travers la vie de centaines d'équipes - ce qui leur
semble être commun, ce vers quoi elles semblent aller, glanant
et recueillant le meilleur de chacune... tenant compte aussi de leur lenteur et
leur piétinement. C'est l'ensemble de leurs traces qui
formera le chemin.
D'autres chemins sont
possibles, d'autres les prendront. Nous croyons que l'Esprit est à l'œuvre dans toutes ces communautés qui cherchent et se cherchent et nous n'avons pas à lui
imposer nos canaux.
Ajouter à cela que le
Mouvement a de très petits moyens financiers, et qu'il ne peut pas supporter
plus d'une réunion de l'Equipe nationale par mois. Alors que les autres
mouvements, qui ont leur siège à PARIS, peuvent se permettre de réunir leur
équipe nationale plus de huit fois dans l'année; leur Conseil national 1 ou 2
fois; les Commissions se réunissant à leur propre rythme; de même que les
aumôniers à tous les échelons.
Je donne lecture aux amis
de l'E.N du projet de Charte, afin que nous puissions réfléchir à partir d'un
document précis, quitte à le transformer de fond en comble. Les amis de
l'équipe étant pris de court, ils le lisent simplement, proposant d'y consacrer
une autre réunion, lorsqu'ils l'auront davantage intériorisé.
28 mars 2008 – Ce vendredi, réunion des quelques aumôniers régionaux du Mouvement, rue Vaneau, à PARIS, avec Monseigneur Michel POLLIEN et Jean WERCKMEISTER. Nous sommes 9. Cela ne paraît pas beaucoup, mais les Régions n'ont pas toutes un aumônier, et certains n'ont pas pu venir. Voici le compte-rendu que j'en ai fait pour le journal :
Le vendredi
28 mars dernier, les aumôniers régionaux du Mouvement se sont retrouvés 30 rue
Vaneau à PARIS, avec le Père Michel POLLIEN, évêque délégué aux Mouvements
d'Action Catholique Générale, afin d'entamer le travail de réflexion sur les
deux chantiers du Mouvement. Cinq régions étaient représentées. Deux aumôniers
étaient excusés.
Le matin, ils ont entendu Jean WERCKMEISTER, professeur de Droit canonique à l'Université de STRASBOURG, et ont discuté avec lui de la théologie, de la législation canonique et de la politique de l'Eglise concernant le Mariage, le Divorce et les personnes civilement divorcées et civilement remariées. Ce fut, de l'avis de tous, passionnant et extrêmement instructif. L'échange s'est terminé par une dernière question, posée par Jean WERCKMEISTER avant de partir : L'Eglise va-t-elle continuer à affirmer sa doctrine, et à maintenir sa position sur le Mariage, ou bien va-t-il falloir nous habituer au divorce ? La réponse n'est pas aussi évidente qu'on pourrait le penser spontanément. Il appartient maintenant aux équipes régionales de se saisir de cette question et des autres concernant le problème. Peut-être prévoir une rencontre au niveau national... ou autre chose... ? Quoi qu'il en soit, ne pas continuer à déplorer un état de fait pour lequel nous pouvons peut-être quelque chose.
L'après-midi, l'échange a porté sur les
accompagnateurs spirituels, et le problème des équipes qui n'en ont plus. Tous
sont d'accord sur l'importance de leur présence au sein des équipes, à la fois
membre à part entière et différent des autres membres. La conclusion qui en a
été tirée est que, là encore, il appartient d'abord aux équipes régionales de
se saisir de la question, en sachant que des membres du Mouvement ont déjà
suivi une formation, au sein de leur diocèse, à l'accompagnement spirituel. En
sachant également qu'une formation spécifique, légère bien entendu, pourrait
être organisée au sein de PARTAGE et RENCONTRE.
Reste maintenant à susciter des aumôniers dans les Régions qui n'en ont pas... Cela, c'est un autre problème, mais c'est aussi un vrai problème.
Pour cette réunion, comme pour la Récollection, tel "ancien" m'a demandé : "Jean-Paul, une question : l'équipe nationale est-elle d'accord pour que tu organises cette réunion ?"…
9 et 10 mars 2008 – La réunion tourne autour de deux axes, le troisième étant le compte-rendu que je fais de la rencontre des aumôniers régionaux. Je dois préciser ici, d'ailleurs, qu'en dehors des réunions constituées, nous échangeons nombre de courriers électroniques, que je ne puis reproduire ici, mais qui permettent de nous informer mutuellement des initiatives prises par les uns et par les autres (j'en ai conservé 210 dans ma boîte). Les deux axes sont donc :
1- le projet de Charte : chacun l'a lu, nous le discutons, nous le modifions… et puis nous nous disons que nous ne pouvons pas faire davantage. Il est du ressort de l'Assemblée générale (de l'Association, je rappelle !) de l 'adopter ou de la refuser.
2- la préparation directe de la Rencontre nationale
a. Revue de l'organigramme général: répartition des carrefours, intervenants extérieurs, des animations des régions, de la veillée, etc…
b. Revue en détail des tâches et "choses" à prévoir ou ne pas oublier autour du schéma de déroulement de la RN exemple: dans le schéma de déroulement de la RN si on prévoit de 14h à 16h30 un carrefour; il faut prévoir la présentation du carrefour, la répartition en groupes, le temps d'aller sur les lieux de carrefour , d'en revenir , etc. Exercice à faire à la lumière des expériences antérieures.
11 avril 2008 – (extrait du compte-rendu rédigé par Jean-Pierre) :
Jean Pierre et Marie-Jo, avec Jean-Paul
ont assisté à Paris, à une rencontre des équipes nationales des mouvements
d'action catholique générale (VEA, MCR, ACGF, et P&R ). Une réunion de
présentation entre mouvement organisée par Mgr POLLIEN….très conviviale et très
intéressante. Prise de conscience que les responsables des autres mouvements
rencontrent les mêmes difficultés que nous et les partager ensemble, fut un
point très positif, et réconfortant !
Le thème abordé dans cette
soirée : "dans le titre d'Action catholique…nous retrouvons-nous dans
cette appellation?"
Une
prochaine réunion est prévue pour le 14
Nov. 2008 sur le thème: " quels sont les moyens modernes que nous
pourrions proposer à nos jeunes membres ?"
Il serait bon d'y réfléchir en E.N en septembre…à mettre à l'ordre
du jour.
Jean-Pierre et Marie-Jo en reviennent enthousiasmés : ils ont découvert l'Eglise (avec un grand E), au niveau national. Ils ont découvert aussi ce que sont les mouvements d'action catholique. Ils ont créé des liens avec les autres responsables nationaux.
Et, puisque je parle d'eux, j'en profite pour
dire l'admiration et l'amitié que j'ai pour eux : ils ne se montent pas du cou,
ils connaissent leurs limites. Mais ils ont un sens énorme de l'ouverture aux
autres, et de leur responsabilité de responsables nationaux. Ils ont rencontré,
depuis le début de leur mandat, nombre d'équipes et de responsables, un peu
partout en France. De plus ils ont une foi toute simple, mais très solide, qui
a fait ses preuves dans les épreuves qu'ils ont subies l'un comme l'autre. Ils
sont en pleine découverte de l'Eglise. Bien souvent, lorsqu'ils manifestent
quelque lassitude, je leur dis (ou leur écris) : "Rassurez-vous, il y a
une vie après PARTAGE et RENCONTRE !".
12 et 13 avril 2008 – La réunion tourne autour de la Rencontre nationale à organiser. Le lieu en est fixé : ce sera LA POMMERAYE près d'ANGERS. Une équipe de bénévoles locaux va se mettre en place. Nous décidons que la prochaine rencontre de l'E.N se fera sur place.
Nous commençons à remettre en cause la convocation d'une Assemblée générale extraordinaire, comme il en avait été question à la réunion des responsables régionaux. Je sens que Jean-Pierre redoute les remous que pourrait causer cette convocation. Encore une fois, je me rends compte que, l'équipe nationale étant seule à décider de tout, et étant peu nombreuse, les décisions ne sont pas faciles à prendre. Je constate d'ailleurs que les premières équipes nationales comportaient une vingtaine de membres, représentant les grandes régions. Par manque d'argent, on a réduit le nombre des membres, mais on n'a pas créé de structure intermédiaire représentative. Autre aspect du "péché originel" du Mouvement !
17, 18 et 19 mai 2008 – La réunion a été fixée en Anjou, et prévue pour durer trois jours. Nous sommes reçus chez Michèle LEMOUX, à BEL AIR de COMBREE. Je loge dans l'un des presbytères de la paroisse, qui est vide de tout occupant, et dont les pièces principales sont utilisées comme lieux de réunions. Il est très bien entretenu. Impression bizarre d'une Eglise "qui fout le camp !" (je le dis tel que je l'ai pensé sur place). Chaque matin, comme je me lève de très bonne heure, je rejoins les autres en faisant très volontiers quatre kilomètres de marche à pied, au soleil levant. Il fait beau. Pas trop chaud. Formidable !
Le dimanche 18, après l'Eucharistie dans l'église du village (laquelle a été amputée de la nef, par manque de fidèles), nous nous rendons à LA POMMERAYE, sur le site de la future rencontre nationale, dans le village-vacances "Les Jardins d'Anjou". Nous y retrouvons les amis de la région, qui ont accepté de donner un coup de main pour la préparation matérielle. Je n'ai rien de bien particulier à en dire. Je participe. Tout se prépare pour le mieux. Mais que d'énergie dépensée par les membres de l'Equipe nationale ! Cela vaut un beau coup de chapeau.
14 et 15 juin 2008 – La Rencontre
nationale approche ! La plus grande partie de la réunion est donc consacrée à
sa mise au point. J'avais proposé un projet de déroulement, qui a été approuvé,
après quelques modifications, et qui sera mis en œuvre. Mais il faut tout
prévoir de façon concrète, depuis le plus spirituel jusqu'au plus petit point
matériel. Nous avons, grâce à sa fille, que j'ai connue au HAVRE, pris contact
avec le Général Philippe MORILLON, qui est aussi en famille avec l'un des
responsables régionaux du Mouvement. Il a accepté de témoigner de son action en
Bosnie, dans le cadre du thème "ESPERER MALGRE TOUT".
Il faut également continuer la recherche de couples qui accepteront de remplacer les DAUTEL et les ELVIRA à l'équipe nationale, et qui seront proposés au vote de l'Assemblée générale. Les DELMULLE ont déjà pris des contacts, mais avec réponse négative jusqu'alors. Je me dis que cette "pèche à la ligne" de responsables nationaux est bizarre, mais qu'elle existe peut-être dans d'autres mouvements.
Il ne reste pas beaucoup de temps pour réfléchir à l'animation du Mouvement en général. Nous reparlons du projet de Charte, mais en disant que l'Equipe ne peut pas prendre de décision avant son renouvellement. Il reviendra à l'équipe suivante d'y réfléchir, et éventuellement de décider.
12, 13 et 14 septembre 2008 – La Rencontre nationale est proche. Je relève l'ordre du jour de notre réunion :
1. Préparation des carrefours:
2. Recensement des arrivées en
train et organisation des navettes (nb
de personnes par horaire)
3. organiser les hébergements
chez l'habitant
4. Répartition des inscrits
dans les hébergements
5.
Réfléchir ensemble à nos interventions, répartition des tâches, etc.

Il s'agit donc de points extrêmement précis, matériels, et qui exigent qu'on y passe du temps, afin que les participants participent avec profit.
Nous avons appris que le Général MORILLON sera à GAZA au moment de la Rencontre. Jean-Pierre et Christian GOURIO ont donc fait le déplacement à SAUMUR, chez lui, pour enregistrer son témoignage en vidéo. Il sera projeté à la Rencontre, et marquera les participants.
4°
PARTIE : Vers l'AFFRONTEMENT
11 et 12 octobre 2008 – C'est la RENCONTRE NATIONALE. Nous sommes sur place dès le Vendredi matin, afin de tout mettre en place avec les amis locaux, qui ont accepté d'aider l'E.N… Dès le soir, arrivent une majorité des participants. Le solde arrivera le samedi matin. Nous serons plus de 300 pour la Rencontre.
Nous avons prévu de tenir l'Assemblée générale le samedi matin, afin qu'elle ne dure pas trop longtemps. Jean-Pierre la mène à la perfection. Sauf au moment d' aborder la question de la périodicité de la Rencontre (2, 3 ou 4 ans). Là, je sens qu'il redoute les réactions des "anciens", s'il appuie trop sur la périodicité de trois années, que l'Assemblée des responsables régionaux avait proposée en Janvier. Il bute sur les mots, il emploie des phrases compliquées. Bref, il n'est pas à l'aise. Quelqu'un propose d'opérer un sondage immédiat parmi l'Assemblée : 90% se déclarent pour conserver la périodicité de deux ans. Je me dis (toujours in petto) : à quoi sert donc de réunir les responsables régionaux ?
A la fin de l'Assemblée, Jean-Pierre propose la candidature de Jean-Pierre et Nicole POURCELOT, et de Philippe et Marie RIALLAND pour remplacer Jean-Claude et Annette ELVIRA et Jean-Paul et Marie-Anne DAUTEL. L'Assemblée, par son vote, les élit membres de l'E.N.
Les carrefours se déroulent bien.
Le dimanche matin, j'ai proposé à l'Equipe d'intervenir avant l'Eucharistie sur la question des personnes civilement divorcées et remariées. Vous trouvez ce texte en annexe.[i]
Cette intervention déclenchera, après le retour chacun chez soi, des réactions parmi certains anciens, qui y verront un recul de ma part par rapport à ce que j'avais dit deux années auparavant :
1-
Nous avons l'impression, et cela a été
exprimé ici où là, que J.P Bouland se situe véritablement en aumônier, en
directeur de conscience, et nous ne sentons pas l'intervention faite avant
l'Eucharistie, comme une réflexion commune de l'Equipe Nationale.
2-
Aux propos ouverts et accueillants pour tous lors de
la célébration en 06 à Vichy succède, en 08, un discours distinctif. Pourquoi
cette intervention ? Pourquoi un discours aussi développé sur les divorcés
remariés à ce moment de la RN? Certes, il aborde la ligne de l’Eglise mais
pourquoi une telle initiative lors de la RN ? à un moment où l’échange
n’était pas possible. Cette intervention, si elle se voulait faire le point sur
les réflexions de l’EN à propos du thème des divorcés remariés, aurait mérité à
tout le moins une introduction pour situer le contexte et en préciser
l’objectif. Au mieux, elle aurait dû faire l’objet d’un temps d’échanges, de réaction
du public et donc la situer à un autre moment que le dimanche matin avant la
célébration……
L’EN n’a
sans doute pas mesuré la portée de cette intervention.
La
position de JPB en 08 est ressentie plus en prise avec la ligne officielle,
moins ouverte, l’invitation à l’Eucharistie n’est pas spontanée. Quel est son
véritable positionnement ? Certains membres, concernés par la situation,
ont été blessés par ces propos.
PR doit
rester un Mouvement accueillant et ouvert à tous.
Cet
évènement est un élément complémentaire qui amène à réfléchir quant à
l’orientation de PR.
3- Suite à
l’intervention de Jean-Paul Bouland avant l’Eucharistie à La Pommeraye, nous
avons constaté que les paroles prononcées ont heurté de nombreuses personnes.
Aussi, nous vous demandons s’il serait possible, dans le prochain journal,
d’expliciter cette intervention et d’en préciser le but ? D’autre part, il
nous semble très important que Partage et Rencontre, équipes de base, équipes
régionales et équipe nationale, se préoccupe de promouvoir (en lien avec
d’autres mouvements d’action catholique générale) la réflexion sur les
divorcés/remariés, sujet devenu crucial quand on sait qu’aujourd’hui un mariage
sur deux se termine par un divorce.
4 - En ce qui concerne ton intervention, au sein de PARTAGE ET RENCONTRE, je l'ai fort appréciée, comme beaucoup d'autres je l'espère. Je suis prête à travailler sur ce problème avec toi et d'autres membres de P ET R, si mes moyens me le permettent. Sous quelle forme ? Comment envisages-tu ce travail ?.
Je reviens de cette Rencontre
- avec la conviction que le Mouvement PARTAGE et RENCONTRE est bien vivant, bien que vieillissant (mais ne le suis-je pas, moi aussi ?).
- Convaincu également qu'il est difficile de faire évoluer quoi que ce soit dans ce Mouvement, puisqu'il faut l'accord de la majorité des présents à l'Assemblée générale de l'Association. A cette occasion, me revient en mémoire que je me suis étonné, dans l'une des dernières réunions de l'E.N, qu'il n'existe aucun moyen de vérifier que les membres présents à l'A.G sont bien à jour de leur cotisation; et que les absents ne peuvent déléguer leur pouvoir de vote à personne. Il m'a été répondu que nous sommes entre nous, nous nous connaissons, nous nous faisons confiance.
- Convaincu enfin que la prochaine Rencontre aura bien lieu dans deux années, en 2010, avec tout ce que cela implique pour le travail de l'Equipe nationale.
16 octobre 2009 : je
trouve, dans ma boîte à lettres électronique, ce courriel enthousiaste de
Marie-Jo et Jean-Pierre DELMULLE : Les mèls d'après RN affluent, plutôt
positifs et sympathiques!! J'espère que vous êtes tous bien
rentrés.......regonflés vous aussi par (n'ayons pas peur des mots) cette
réussite, même si nous sommes conscients des imperfections !
Je trouve un autre courriel, de
Philippe RIALLAND : Nous n'avons pas eu beaucoup l'occasion de nous parler
pendant le week-end à La Pommeraye et nous ressentons Marie et moi l'envie et
le besoin d'une rencontre avec toi pour mieux nous connaître mutuellement.
Bien sûr, nous allons nous
retrouver le week-end du 9/10 et 11 Novembre mais en attendant cette date, et
si ton emploi du temps le permet , c'est avec plaisir que nous t'invitons à
passer une soirée nantaise ( y compris
le gîte bien sûr !)
Bien amicalement
29 octobre 2009 – Je reçois un courriel de Daniel BOY, de CARQUEFOU (près de NANTES), qui à répondu à un courriel reçu d'autres membres, d'Auvergne, et qu'il transfère, quelques jours après, aux nouveaux membres de l'équipe nationale :
Nous sommes
entrés à Partage et Rencontre, en 1975, parce que cela représentait pour nous,
sur le seuil de l’Eglise, un
Mouvement indépendant. C’était un
lieu d’expression libre , souple et non directif, ouvert à Tous, animé par des laïcs à tous les niveaux, appuyé par un animateur
spirituel..
Depuis Vichy 2006 des signes montrent que les
principes fondateurs de P et R se délitent. On constate un mouvement dirigé par
l’aumônier national , un journal qui n’est plus l’expression des
équipes de base et une hiérarchisation des
membres (ceux qui sont accueillis et les
autres…)
Aussi Partage et Rencontre est-il banalisé, car sur la ligne officielle, dans le concert des mouvements d’action Catholique.
Je retrouve dans ce texte ce que j'ai déjà nommé " le péché originel" de PARTAGE et RENCONTRE, expression de la "contestation" de Mai 68, fort bien exprimé : - mouvement INDEPENDANT - hors de l'Action catholique - hors de la ligne OFFICIELLE - l'aumônier national n' étant que l'animateur SPIRITUEL, qui "appuie" l'action des laïcs.
Avant la visite que nous avons
fixée au 30-31 octobre, j'envoie ce courriel aux RIALLAND : J'ai reçu, comme
vous, le courriel de Daniel BOY. En gros, il m'accuse de manipuler l'Equipe
nationale, et il accuse l'Equipe nationale de se laisser manipuler. C'est donc
une bonne chose que nous puissions nous rencontrer, au moment où vous intégrez
cette Equipe. Vous avez eu raison de me faire signe. Nous allons avoir de
quoi parler...
30 et 31 octobre 2008 –Un tour de TGV PARIS-NANTES aller – Un tour de TGV NANTES-PARIS retour. Et le tout se conclut en 24 heures. La soirée chez Philippe et Marie se passe à discuter longuement: du Mouvement, de moi, de leur famille, de la mienne, de leurs joies, de leurs difficultés… Au cours de la conversation, je leur dis que mon projet, pour le Mouvement, est de "l'ancrer dans l'Eglise", ainsi que je l'ai dit aux aumôniers qui étaient présents à la Rencontre nationale.
Le vendredi matin, avant de me déposer à la gare, Marie, très gentiment, me fait faire, en deux heures, un tout petit tour d'une très grande ville… Sur la route du retour, je note que je suis satisfait de cette entrevue, tout en me demandant si elle n'est pas venue à la suite du courriel précédent…
2 novembre 2008 –
J'adresse ce courriel à Marie-Jo et Jean-Pierre DELMULLE : Après ma rencontre avec Philippe et Marie RIALLAND, et les quelques
heures de conversation que nous avons eues, je pense qu'il serait
bien : 1- de préciser les objectifs de l'Equipe nationale pour les deux années
à venir 2- de revoir le règlement intérieur intégré aux Statuts : Philippe
et Marie ont été très étonnés que pas une fois ce texte ne fasse référence, ni
au MOUVEMENT, ni à l'EGLISE; et ne parle que d'Association. 3- de mettre
au clair le projet de CHARTE du Mouvement destiné à être proposé au futur
"Conseil National".
Ma conclusion de ce court séjour chez eux : Vous avez fait une bonne pioche... Le cru 2008 de l'E.N devrait être de qualité !
8 novembre 2008 – Je
reçois ce courriel de Gérard et Christine DEBOUT, précédents responsables
nationaux, adressé aux membres, anciens et nouveaux, de l'Equipe nationale : Aux propos ouverts et accueillants pour tous lors de la
célébration en 06 à Vichy succède, en 08, un discours distinctif. Pourquoi
cette intervention ? Pourquoi un discours aussi développé sur les divorcés
remariés à ce moment de la RN ? Certes, il aborde la ligne de l’Eglise
mais pourquoi une telle initiative lors de la RN ? à un moment où
l’échange n’était pas possible. Cette intervention, si elle se voulait faire le
point sur les réflexions de l’EN à propos du thème des divorcés remariés,
aurait mérité à tout le moins une introduction pour situer le contexte et en
préciser l’objectif. Au mieux, elle aurait dû faire l’objet d’un temps d’échanges,
de réaction du public et donc la situer à un autre moment que le dimanche matin
avant la célébration……
L’E.N
n’a sans doute pas mesuré la portée de cette intervention.
La
position de JPB en 08 est ressentie plus en prise avec la ligne officielle, moins
ouverte, l’invitation à l’Eucharistie n’est pas spontanée. Quel est son
véritable positionnement ? Certains membres, concernés par la situation,
ont été blessés par ces propos.
PR
doit rester un Mouvement accueillant et ouvert à tous.
Cet
évènement est un élément complémentaire qui amène à réfléchir quant à
l’orientation de PR.
Courant
2007, nous avons fait part, par écrit, à chacun des membres de l’EN de nos
interrogations face à l’évolution qui semblait se dessiner alors à PR :
personnalisation du fonctionnement de l’EN, journal gagnant sur la forme et la
présentation mais perdant son âme de bulletin de liaison et d’expression des
équipes de base….. Malheureusement, l’avenir a confirmé nos craintes.
L’arrivée
de nouveaux membres à l’EN est l’occasion de se repositionner sur l’orientation
du Mouvement, la place de chaque membre dans l’EN. Nous comptons sur l’EN pour
relayer l’esprit PR. Soyons confiants et encourageons les à développer cet
esprit, celui qui nous a séduits.
Je leur réponds : Je reconnais n'avoir jamais varié, depuis mon
ordination au ministère presbytéral, dans ma manière d'être prêtre. Je
suis, non pas un homme d'église, mais l'Homme de l'Eglise... ou alors je ne
peux pas me dire prêtre dans l'Eglise. Un certain nombre de membres de PetR
sont "sur le seuil", il est vrai, et je le reconnais et m'en réjouis
bien volontiers. et je dis que notre mission commune est de les inviter à
entrer. Je suis, moi, pleinement DANS l'Eglise. Je prends l'Eglise comme elle
est, en faisant tout pour qu'elle devienne toujours plus fidèle au message du
Christ. Elle me prend comme je suis, un peu atypique, un peu inclassable (une
amie sociologue me disait un jour : "Toi, dans l'Organisation, tu es le
marginal sécant!".
Ils me répondront le
11 novembre : Nous te remercions
pour ces précisions. Elles enrichissent notre réflexion. Il nous
semble effectivement important d'apporter des précisions lors du prochain
journal. L'intervention à la RN mérite d'être plus
explicitée, pour aider les uns et les autres à avancer sur ce thème
douloureux encore pour beaucoup de membres de nos équipes. L'un des atouts
de PR est de pouvoir échanger en vérité, en confiance avec un esprit
constructif, c'est avec cet esprit que nous avons fait part de notre ressenti
à l'EN.
9 et 10 novembre 2008 –
La journée du dimanche 9 est consacrée au passage de consignes entre partants et arrivants. C'est une journée fort chaleureuse et amicale. Le repas du midi a été préparé par Béatrice VERDIN, qui nous reçoit chez elle. Le soir, nous dînons dans un restaurant chinois, au bord de la voie rapide qui mène à l'autoroute.
Le lendemain matin, après le petit déjeuner,
nous faisons nos adieux aux DAUTEL et ELVIRA. Un peu émus, car nous étions
devenus amis, et sans doute le resterons-nous.
Puis la première réunion de la nouvelle équipe commence. Par la répartition des fonctions d'abord :
- Jean-Pierre DELMULLE est nommé Président
- Philippe RIALLAND Trésorier
- Marie RIALLAND Secrétaire
- Jean-Pierre POURCELOT Responsable de la Communication
- Marie-Jo DELMULLE Secrétaire adjointe
La journée se déroule dans une excellente
ambiance. Mon impression est excellente. Les nouveaux sont pleins de bonne
volonté de bien faire. Nous nous donnons un slogan mobilisateur : ALLEZ VERS…
Mais j'ai noté une réticence lorsque j'ai évoqué le travail déjà accompli avec la précédente équipe; les projets que nous avons faits, et qui restaient à mettre en œuvre; les relations avec l'Eglise; le projet de Charte…
… si bien qu'au retour, j'envoie à tous ce courriel :
De retour de cette première réunion de la
nouvelle équipe nationale, j'ai le sentiment d'avoir participé à une rencontre
de très grande qualité, où nous étions entre gens conscients de leur
responsabilité, et au cours de laquelle les échanges ont été extrêmement
sérieux, denses, réfléchis et spirituels. Une réunion excellente en tous
points.
C'est peut-être (c'est certainement) à cause
de cela que je me pose la question des relations de PARTAGE et RENCONTRE avec
l'Eglise (non pas l'Eglise-Institution, mais l'Eglise-Communion de Communautés
de croyants), et donc de la présence d'un prêtre comme signe de communion avec
l'Eglise universelle, auprès de l'Equipe nationale.
Je crois que l'Equipe nationale n'est pas que
l'équipe animatrice des réflexions des membres du Mouvement, et
l'équipe réceptrice des comptes-rendus de leurs réflexions. Elle est
surtout le cœur, le signe visible de la communion des équipes (locales et
régionales) entre elles. Elle est "chargée de mission". Elle a la
responsabilité de rappeler aux membres des équipes leur mission issue de
l'Evangile, qui est la mission de tout baptisé : rendre les gens heureux
et le monde vivable. Et la responsabilité de les encourager à mettre en oeuvre
cette mission, en s'entr'aidant les uns les autres au sein des
équipes. Notre slogan "ALLEZ VERS" le dit fort bien.
Je suis intimement persuadé que si le
Mouvement ne s'affirme pas vraiment et ouvertement comme Communauté
d'Eglise, s'il reste dans le vague de l'indécision, si "l'esprit PARTAGE et
RENCONTRE"
n'est qu' une espèce de culture d'entreprise, et non pas d'abord et avant
tout l'Esprit du Christ, ce Mouvement survivra encore quelques temps
comme Association de Secours mutuel, avant de disparaître peu à peu, par
incapacité d'attirer qui que ce soit en fonction d'un projet enthousiasmant.
Je suis également intimement persuadé que les
membres les plus jeunes du Mouvement (nous savons qu'il y en a, même s'ils
n'étaient pas à LA POMMERAYE) attendent cela des
responsables : qu'ils les encouragent à être "témoins du Christ
ressuscité".
Car, plus que jamais le Christ a besoin
de témoins dans le monde. Et le monde a besoin de lumière.
C'est pourquoi je pense nécessaire
que nous nous mettions d'accord sur une "profession de foi" ,
une "déclaration d'intention" de l'Equipe nationale, qui
oriente son action et qui fasse le point pour l'ensemble des équipes du
Mouvement.
Quant à moi, je vais continuer à réfléchir.
Sans savoir où cela me mènera. Mais dans l'Espérance... malgré tout !
13 novembre 2009 –
Jean-Pierre et Nicole POURCELOT envoient ce courriel aux amis de l'E.N : Nous avons vécu un premier temps très fort
ensemble et nous avons déjà ouvert des pistes et redéfini notre priorité "
ALLEZ VERS " dans la JOIE, avec ENTHOUSIASME en essayant de rayonner
de BONHEUR.
En quelque sorte, les principales manifestations de l'esprit de
notre mouvement, esprit qu'il nous appartient d' affiner voire
de redéfinir à partir de nos convictions, de celles très fortes et très
prégnantes de Jean-Paul, mais aussi en tenant compte des critiques
fussent-elles maladroites ou excessives émanant des équipes de locales.
17 et 18 janvier 2009 – Le programme prévu par Jean-Pierre DELMULLE prévoit :
-
Suite aux courriels : de JPB au lendemain de notre 1ère
réunion de travail et aux suggestions de Jean-Pierre POURCELOT de réflexions
sur l'identité du mouvement, et le rôle de l'EN, nous développerons nos
propositions… et nous en profiterons pour relire (ou redéfinir) à la lumière de
notre positionnement la charte du mouvement
-
Chantier divorcés remariés.
-
Accompagnement spirituel et Formation (en ligne)
Dès le début de la réunion, Philippe et Marie
RIALLAND demandent qu'on n'aille pas trop vite, et que les "restants"
laissent aux "arrivants" le temps de s'acclimater. Je me dis qu'ils ont raison, puisque
l'Equipe nationale est le seul organe de direction du Mouvement. Je fais
remarquer d'ailleurs, que la même question se posera en Novembre 2010 lorsque
les remplaçants des DELMULLE entreront en fonction.
De l'échange qui suit, je note ceci, qui est au compte-rendu de cette réunion : "Nous croyons que PetR est bien un mouvement d’Eglise, de croyants qui s’interrogent. Nous pensons que l’évangile est bien au centre de nos rencontres". Et je note également qu'il ne suffit pas de se dire "mouvement d'Eglise" pour l'être ipso facto. Il y a là un manque dans notre nouvelle équipe : les nouveaux ne me paraissent pas connaître l'Eglise de l'intérieur. C'est important lorsqu'on est en responsabilité nationale, mais je note que ce n'est pas un obstacle majeur pour des gens qui auraient le désir de participer.
Nous échangeons sur la nature et le fonctionnement habituel d'un Mouvement d'Action catholique, qui donne priorité à la vie, et qui met la Parole de Dieu en référence à cette vie. Ce qui signifie concrètement que chaque rencontre d'équipe consiste normalement en un partage de la vie quotidienne et concrète de chacun des membres. A cela, Philippe RIALLAND m'objecte : "Mais la vie, on en parle après la réunion ! La réunion doit porter sur un thème de réflexion". Me revient alors en mémoire cette réflexion qu'il m'avait faite, lorsqu'avec Marie, ils m'avaient reçu chez eux, à NANTES : "J'ai vu que les statuts faisaient référence à la Justice sociale. Il me semble que c'est un peu politique !".
Sur le compte-rendu de cette réunion du 18 janvier, je lis : A propos de sujets d’actualité (conflit israélo-palestinien par ex), pas de textes sur le sujet directement , nous sommes un mouvement apolitique. C'est la pensée de Marie et Philippe RIALLAND. C'est pourquoi ils sont très réticents à entrer dans la collégialité du C.C.F.D.
Rentré chez
moi, je prends la décision de préciser ma position pour la prochaine réunion,
qui est en réalité celle de l'Eglise. Je pense déjà à mon mandat d'aumônier
national, qui viendra à expiration en Septembre prochain.
Et le 16 février, j'envoie ce
courriel à Jean-Pierre : Je te demande de prévoir une bonne heure, en
début de notre réunion d'E.N, pour une importante communication, dont je ne
dévoilerai la teneur qu'au moment venu. Vous devez bien vous douter que c'est à
la suite des deux dernières réunions que je situe cette demande d'intervention.
7 février 2009 – Je réunis à PARIS, chez les Lassalliens, rue de Sèvres, les membres du Mouvement qui ont accepté de former un groupe de réflexion sur les personnes civilement divorcées et remariées. Sont venues : Marie-Thérèse DURANTE et le P. Philippe GUERIN (aumônier régional), de la région PACA; François RICHARD, diacre, et aumônier régional de la région Centre; Guy CHAZEAU, d'Auvergne; Michèle LEMOUX, des Pays de la Loire; le P. Pierre EMPROU, de NANTES; Jean-Pierre DELMULLE, et moi-même. Avec Jean WERCKMEISTER, qui nous entretient du Mariage, du Divorce, des questions canoniques…
De l'avis de tous, réunion passionnante.
Sachant que je suis plus ou moins sur siège éjectable, je demande (naïvement) à François RICHARD s'il accepte de prendre la responsabilité du groupe. Il accepte.
28 février
et 1 mars 2009 – L'ordre du jour prévoit :
08h30 Intervention
de JPB - Echanges sur le sujet.
Jean-Pierre ouvre la réunion,
puis me donne la parole. Je lis alors ce texte, qui pour moi, doit être une
base de discussion, sinon pour aujourd'hui, du moins pour les réunions qui
viennent, et nous amener à bien préciser si oui ou non, notre Mouvement EST
d'Action catholique, avec tout ce que cela comporte, ou bien s'il est un
Mouvement de chrétiens qui réfléchissent sur la vie, auquel cas il est libre de
se déterminer comme il l'entend :
Chers amis,
Voici peut-être l'une de mes dernières interventions
comme aumônier national du Mouvement "PARTAGE et RENCONTRE". Tout
dépendra de la suite que vous voudrez bien lui donner.
Lorsqu'en 2005, des membres du Mouvement m'ont demandé si, éventuellement, j'accepterais d'assurer l'aumônerie nationale du Mouvement, j'ai répondu : Je suis d'accord… mais je demande que les choses se fassent comme elles doivent se faire dans un Mouvement d'Eglise. L'équipe nationale proposera mon nom à la Conférence épiscopale, qui consultera mon évêque, qui me consultera à son tour, qui donnera sa réponse à PARIS, qui donnera sa réponse à l'Equipe nationale. Après une rencontre avec les responsables nationaux de l'époque, ceux-ci ont décidé de proposer ma candidature au secrétaire de la Conférence des Evêques. C'est ainsi que j'ai reçu nomination officielle de la-dite Conférence épiscopale, pour un mandat de trois ans, à dater du 1 septembre 2006.
Pourquoi ai-je désiré que les choses se passent ainsi ? Parce que je suis prêtre, en communion avec l'évêque du diocèse du HAVRE, lui-même en communion avec les autres évêques, eux-mêmes en communion avec l'évêque de Rome. Parce que l'Eglise du Christ, l'Eglise catholique, est une COMMUNION de COMMUNAUTES. Parce que toute responsabilité dans cette Eglise est une mission particulière, un ministère particulier pour permettre cette Communion, qui s'inscrit dans la Mission universelle "d'annoncer aux païens l'insondable richesse du Christ" (Ephésiens 3,8) et qui s'enracine dans le désir de Jésus-Christ : "Que tous soient Un, comme Toi, Père, Tu es en moi, et comme moi, je suis en Toi" (Jean 17, 21).
D'autre part, après avoir cheminé, comme conseiller spirituel, avec une équipe du HAVRE pendant une bonne dizaine d'années, sans trop me soucier de l'ensemble du Mouvement, je pensais que le Mouvement était un Mouvement d'Eglise, c'est-à-dire une communauté de croyants en communion avec les autres communautés de croyants de l'Eglise de France.
Enfin, depuis une bonne cinquantaine d'années, j'ai l'expérience de plusieurs Mouvements, qu'il m'a été donné d'accompagner comme prêtre :
- la J.O.C.F, au niveau d'une équipe, pendant une dizaine d'années
- la J.E.C, au niveau fédéral, pendant une quinzaine d'années
- les Guides de France, au niveau diocésain, pendant une quinzaine d'années
- le C.C.F.D, au niveau diocésain, pendant une vingtaine d'années
- l'A.C.G.F, au niveau d'une équipe, pendant une vingtaine d'années
- l'A.C.I, au niveau diocésain, pendant une quinzaine d'années
- le M.C.C, au niveau de plusieurs équipes, puis aux niveaux diocésain et régional (Normandie) depuis 1972
- le Catéchuménat, au niveau de plusieurs équipes, pendant une quinzaine d'années.
Or, maintenant que je connais le Mouvement PARTAGE et RENCONTRE de l'intérieur, dans ses origines et dans son fonctionnement, je m'y sens très mal à l'aise, car je constate que :
-
Il n'existe aucune Charte apostolique, aucun autre
texte fondateur du Mouvement, que les statuts de l'Association qui porte le nom
de PARTAGE et RENCONTRE.
- Les buts statutaires de cette Association sont définis ainsi (article 2) :
a-
De grouper des
personnes de tous âges, de toutes situations, professions, confessions ou
nationalités.
b-
De favoriser la
recherche d’une éducation permanente de ses membres par des moyens appropriés.
c-
De mettre à la
disposition de ses membres les moyens pédagogiques et culturels nécessaires à
cet effet.
d-
A partir de faits
concrets, de promouvoir une plus grande justice sociale sur le plan local,
régional, national ou international.
- Il n'est fait aucune référence ni à la foi en Jésus-Christ, ni à la Mission de l'Eglise, ni à la Communion avec d'autres Communautés d'Eglise. Bien au contraire ces statuts présentent l'Association comme a-confessionnelle, laïque.
-
Depuis sa création, le Mouvement prétend fonctionner uniquement
à partir d'équipes locales et d'une équipe nationale, sans programme d'année ni
mot d'ordre d'aucune sorte. L'échelon régional n'existe que comme organe de
liaison et de communication, selon les modalités fixées par le Règlement
intérieur joint aux Statuts (article 5) :
·
Susciter,
diffuser et faire connaître PARTAGE & RENCONTRE par tous moyens appropriés.
·
Assurer la
communication entre les équipes de la région.
·
Assurer la
communication avec l’Equipe Nationale.
·
Susciter et
organiser, dans le ressort de l’Unité Locale des rencontres et des réunions ou
toutes autres manifestations en relation avec le but de l’association.
·
Recueillir et
transmettre à l’Equipe Nationale les demandes d’adhésions et les cotisations.
·
Appliquer et
faire appliquer les statuts et règlements établis par l’Association.
-
Le ministère
de Communion n'est donc pas vécu dans ce Mouvement. D'un point de vue
organisationnel, c'est un Mouvement mou, invertébré. Du point de vue spirituel
et pastoral, c'est un Mouvement sans objectif missionnaire.
Après avoir déploré et critiqué, je voudrais
dire quelques convictions et proposer quelques pistes, en fonction de ma
responsabilité de prêtre au service du Mouvement, et pour servir la Communion.
- Dans un Mouvement d'Eglise, l'équipe nationale est le lieu et le lien de la Communion. Elle est investie d'une responsabilité pastorale. Mais elle ne peut pas l'assurer seule. Elle doit mettre en place des lieux intermédiaires, des interfaces, des structures et des signes.
- En tout premier, il est extrêmement urgent de reconnaître officiellement à l'échelon régional une Mission de Communion entre les équipes locales.
- Il est tout aussi urgent de donner au Mouvement une Charte, une Constitution, différente des Statuts de l'Association, et qui affirme vraiment son caractère apostolique, ainsi que sa Mission d'évangélisation de la vie quotidienne de ses membres, et de Communion avec les autres structures de l'Eglise de France (Mouvements, Services et Paroisses). Elle sera le Signe de cette Communion.
-
Il est tout aussi urgent d'instituer la réunion des
Délégués régionaux en Conseil National du Mouvement, chargé d'infuser
l'enthousiasme jusqu'au cœur de chacune des équipes, et de participer à
l'élaboration des décisions qui engagent la vie du Mouvement. Ce Conseil
national sera la structure et le moyen de la Communion.
- Il est indispensable que le Mouvement soit présent ou représenté dans toutes les instances de l'Eglise de France, où on le sollicite : rencontres diverses au niveau national, présence à la collégialité du CCFD…
Il s'agit donc
d'un véritable virage à prendre, pour que le Mouvement, pour sa part, soit
fidèle à la Mission de l'Eglise, reçue du Christ. Je suis disposé à accompagner
l'Equipe nationale, si elle pense qu'il faut prendre ce virage, et si elle
décide de solliciter de l'Episcopat le renouvellement de mon mandat.
Le ciel vient de leur tomber sur la tête !
Ils s'attendaient à quelque chose, mais pas à cela. Et d'entrée de jeu, Marie prend ce texte comme un diktat, refusant d'entrer en dialogue, et fermant toute perspective. Certes, je reconnais que ce texte est dur à entendre, que le ton que j'ai employé, et qui est le mien, peut paraître un peu dur. J'essaie d'expliquer ce que j'entends par "mouvement mou et invertébré". Les autres essaient de discuter, de m'interroger, me disant que j'y vais un peu fort, qu'il ne fallait pas dire les choses comme cela. Après une bonne heure de discussion tendue, Marie, bouillant d' indignation (feinte ou réelle ?…) s'adresse alors aux autres : "Nous ne pouvons pas continuer la réunion dans cette ambiance de suspicion. Si nous voulons travailler efficacement, je propose que Jean-Paul ne reste pas, sinon il va nous mettre des bâtons dans les roues". Le déjeuner de midi est proche. Je le prends avec eux. Après quoi, je rentre chez moi. Marie-Jo, très gênée, me demande : "Tu reviens demain ?" – "Il ne faut pas trop pousser, dis-je, vous m'avez demandé de partir pour être tranquilles. A mon âge, je sais ce que je dois faire".
11 mars 2009 – J'ai demandé rendez-vous au Père Michel POLLIEN, qui me reçoit ce jour à 11 heures chez lui, Avenue Denfert-Rochereau à PARIS. Je désire simplement, comme c'est normal, et que je l'ai toujours fait depuis que je suis prêtre, rendre compte à "mon" évêque de la mission qu'il m'a confiée. Il m'écoute. Je lui remets les documents nécessaires à son "discernement". Je lui dis mon attachement au Mouvement et à l'Eglise, et la difficulté que j'éprouve à lier les deux. Je lui propose de rencontrer l'équipe nationale après la rencontre des responsables régionaux, le 28. Il en accepte le principe. Et je rentre chez moi.
17 mars 2009 – A la suite d'un projet de questionnaire envoyé par Philippe RIALLAND, destiné à l'assemblée des responsables régionaux, j'envoie ce courriel aux membres de l'Equipe nationale :
S'il m'est
permis de réagir au questionnaire de Philippe…
"Allez
dans le monde entier, de toutes les nations faites des disciples, leur apprenant
à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous, jusqu'à
la fin des temps" (Matthieu 28, 19-20).
C'est cette parole du
Christ qui fonde notre "Allez vers".
Si nous, responsables du
Mouvement, rappelons à nos amis l'urgence de cet "Allez vers", ce
n'est pas pour faire vivre le Mouvement, ce n'est pas pour faire vivre
l'Eglise, c'est pour permettre à tous les hommes, vers qui nous sommes envoyés,
de vivre, de vivre bien, de vivre heureux.
Parmi les critères
que l'Eglise propose aux Mouvements, tirés de l'Encyclique de JEAN-PAUL II sur
"Les fidèles laïcs", n'oublions pas les deux derniers :
-L’accord et la coopération avec le but
apostolique de l’Eglise, qui est « l’évangélisation et la sanctification des hommes, et la
formation chrétienne de leur conscience, afin qu’ils soient en mesure de
pénétrer de l’esprit de l’Evangile les diverses communautés et les
divers milieux »(115)[1]. Dans cette perspective, à toutes les formes
d’association des fidèles laïcs et à chacune d’elles on demande qu’elles soient
animées d’un élan missionnaire qui en
fasse des instruments toujours plus actifs d’une
nouvelle évangélisation.
-L’engagement à
être présents dans la société humaine pour le service de la dignité intégrale de
l’homme, conformément à la doctrine sociale de l’Eglise. En ce sens, les
associations de fidèles laïcs doivent devenir des courants vivants de participation
et de solidarité pour créer des conditions plus justes et plus fraternelles
à l’intérieur de la société.
Certes, le
Mouvement doit s'étoffer. Il ne doit pas "recruter", mais être
appelant. Chaque équipe doit être le lieu où chacun encourage et est encouragé
à découvrir et re-découvrir la Bonne Nouvelle. Notre mission est d' imaginer
des chemins, à partir des désirs et des attentes de nos contemporains.
Marie-Jo me répond : Tout simplement j'adore ton texte...J'adhère pleinement ! ça c'est du JP Bouland... Mon Dieu faites qu'ils le reconnaissent!!!! Bon sang tu nous fais du Partage et Rencontre à fond ! Nous, on le savait ! allez continue......haut et fort encore et encore !
21 et 22 mars 2009 – Le couple DELMULLE participe à une rencontre des responsables nationaux de Mouvements autour du thème "La Parole de Dieu". Elle est ainsi présentée :
"Le sens de la rencontre s'inscrit dans la dynamique
de l'Église et sa volonté de remettre la Parole de Dieu au centre. Il s'agit
aussi de redécouvrir comment les mouvements, en soutenant les réflexions
personnelles, sont les lieux de l'annonce de la foi et invitent à en
témoigner".
Les deux jours de la rencontre nationale des mouvements s'articulent autour de la parabole de la vigne véritable de l'Évangile de St Jean (15, 1-4). « Nous souhaitons d'abord proposer un temps d'intériorisation pour accueillir la Parole de la Dieu. Dans un deuxième temps, nous vivrons une expérience d'Église dans la diversité, avec une ouverture sur l'international », explique le P. QURIS. Soixante-douze responsables de mouvements ont déjà participé aux cinq réunions préparatoires. La Parole a été lue et accueillie dans les différents mouvements, comme une source de vie à partager. Le P. QURIS souligne encore : « Nous voulons redynamiser les mouvements qui ont tendance à se croire les oubliés de l'Église. Nous pouvons travailler ensemble et nous entraider pour vivre la mission. »
Ils en reviennent enthousiasmés. Ils ont découvert, diront-ils à la Rencontre du Week-end suivant, l'importance de la Parole de Dieu, et désirent partager cela avec le plus grand nombre.
Le 24 mars, Marie RIALLAND
nous adresse ce courriel : Bonsoir, Philippe s'est exprimé mais je réagis à
la réponse de Jean-Pierre POURCELOT; je pense que cette petite rencontre avec
Mgr POLLIEN est bienvenue et pourra nous apporter quelques informations
et éclaircissements en particulier sur la place du mouvement dans l'Eglise tout
à fait d'actualité. Nous pensions même le suggérer à Marie-Jo et Jean-Pierre
DELMULLE avant de recevoir ce courrier. Donc je suis tout à fait
"pour"cet échange avant de l'envisager éventuellement avec d'autres.
Bonsoir à tous.
27
et 28 mars 2009 – Nous retrouvons à PARIS, à la Paroisse saint
Jean-Baptiste de Grenelle, les responsables régionaux. Cette rencontre a été
prévue non pas pour consulter, mais simplement pour informer : sur le slogan : ALLEZ VERS (un carrefour
d'échange y sera consacré) – sur le projet de Triptyque de présentation du
Mouvement - sur le chantier des divorcés-remariés, - sur les accompagnateurs
spirituels.
Je ne retrouve pas le dynamisme de la rencontre 2008. L'Assemblée me paraît intéressée, mais assez passive. Si l'Esprit souffle, son souffle est ténu. Philippe fait un excellent topo sur le slogan "ALLEZ VERS", pour lancer des carrefours sur ce thème.
Le dimanche après-midi, nous avons invité Michel POLLIEN. Il se trouve qu'il est ce jour-là à cette paroisse, où il donne une conférence de Carême. Son déplacement est donc minime ! Il écoute, il réagit… gentiment… épiscopalement.
La rencontre terminée, une réunion de l'E.N a été prévue avec Michel POLLIEN, à la suite des "évènements" du 28 février. Il interroge l'Equipe : "Comment définissez-vous votre Mouvement?".Immédiatement, Philippe répond : "C'est une Association !". Un peu interloqué, Michel POLLIEN fait un développement sur la différence entre Associations civiles 1901 et Associations de fidèles dans l'Eglise, sur la différence entre ces Associations de fidèles et les Mouvements. Puis un échange commence à s'instaurer…
… mais Marie est en effervescence. Elle explose : "Je voudrais bien que Jean-Paul s'explique !". Je lui réponds, approuvé par Michel POLLIEN, que ce n'est pas pour cela que nous sommes réunis. Alors elle entre dans une crise de nerfs terrible, éclate en sanglots, quitte la salle, et part. Marie-Jo se propose d'aller la trouver. Philippe l'en dissuade.
Le calme revenu, Michel POLLIEN propose à l'équipe de préparer un texte de présentation du Mouvement (une Charte… tiens, j'ai déjà entendu parler de cela !), et de venir un jour le lui présenter.
Marie est revenue. Avant de partir, je vais la trouver et lui dis : "Marie, si je t'ai choquée, pardonne-moi, mais je n'en avais pas l'intention". Elle me jette un regard dur… et je pars.
16 et 17 mai 2009 – Réunion à laquelle je ne peux pas participer (c'était prévu depuis longtemps), car c'est ce samedi soir qu'est donnée à sainte CLOTILDE de PARIS la Passion que j'ai écrite et que Jean LEGOUPIL a mise en musique.
C'est à cette réunion que l'équipe met au point le texte à présenter à l'épiscopat, et que Jean-Pierre me fera parvenir, accompagné de ce mot : En espérant que ça passe !
Qui sommes nous ?
Un mouvement de chrétiens en
Eglise:
- ouvert à tous,
- croyants ou en recherche,
- pratiquants ou non,
- sans distinction d'âge,
- de situation ou de milieu.
Que proposons-nous ?
- un lieu de partage et de rencontre convivial,
- un espace pour échanger, s'enrichir avec d'autres à la lumière de l'Evangile et cheminer dans notre foi,
- une invitation à vivre et à témoigner de Jésus-Christ dans notre vie de tous les jours.
- « Aller vers ... »: proposer à d'autres ce chemin et participer ainsi à la mission de l'Eglise.
Je réponds :
Un mouvement d'action catholique générale :
1- réunit des personnes de tous milieux, de tous âges, de toutes professions,
2- ayant en commun le désir
a. de chercher Dieu à travers Jésus-Christ
b. de travailler, dans l'Esprit de Jésus-Christ, à l'évangélisation de leurs semblables, c'est-à-dire à leur bonheur; et au progrès de l'humanité.
3- Ce désir commun est formalisé dans une (Déclaration) (Profession de foi) (Charte) du Mouvement
Au service de cet objectif, ses moyens sont :
1- la réunion d'équipe, constituée d'une dizaine de personnes, qui comprend :
2- la révision de vie régulière en équipe, au cours de laquelle
chacun peut dire aux autres membres tel ou tel événement vécu par lui,
pour y discerner la part de péché, la présence de l'Esprit, et l'appel du Seigneur,
et chercher ensemble comment répondre à cet appel
a. la méditation de la Parole de Dieu et la prière
3- Les équipes d'une même Région sont animées par un Responsable régional élu
4- Les responsables régionaux forment le (Comité) (Conseil) national, qui se réunit deux ou trois fois par an, et qui prend toutes les décisions concernant la vie du Mouvement
5- L'ensemble est animé par une Equipe nationale, dont les membres sont élus par les membres du Conseil national
6- Des commissions (permanentes ou ponctuelles) peuvent être crées pour suivre ou faire avancer tel point particulier
7- Le Mouvement publie un journal périodique
8- Des rencontres sont organisées :
a. Au niveau régional
b. Inter-régional
c. National
27 mai 2009 – J'écris à Michel POLLIEN cette lettre, que je lui transmets par courriel :
Suite du feuilleton PARTAGE et RENCONTRE :
Je n'ai pas pu participer à la dernière rencontre (16-17
mai) de l'Equipe nationale, étant à PARIS ce week-end là pour
l'audition à Sainte Clotilde, de La Passion que j'ai écrite.
Jean-Pierre DELMULLE m'a transmis le texte auquel ils ont
abouti, et qu'il se proposait de te faire parvenir, conformément à la demande
que tu avais adressée.
Ma réaction a été franchement négative, car c'était comme
une coquille vide. Une dizaine de lignes, en style télégraphique, sans aucun
souffle... comme un pensum dont ils se seraient acquitté.
Nous nous sommes rencontrés tous les deux, avons longuement
discuté, sur le texte, sur l'Equipe, sur le Mouvement, sur nous-mêmes.
Suite à notre entretien, Jean-Pierre a revu le texte, et en
a produit une nouvelle mouture qu'il se propose d'envoyer aux membres de l'E.N.
D'autre part, j'ai rencontré Michel GUYARD,
avec qui nous avons échangé. Il m'a dit que tu l'avais mis au courant du texte
que je t'ai confié, et que j'avais lu à l'Equipe nationale… Me disant : A
mon avis, tu poses les bonnes questions !
… Ce Mouvement est à un moment critique de sa courte
histoire. Son péché originel (Fédération d'équipes informelles, sans structures
intermédiaires statutaires entre les équipes de base et l'équipe nationale - ce
qui entraîne la solitude cette Equipe nationale dans les décisions à prendre -
sa marginalité de plus de vingt années par rapport à l'Episcopat) est en train
de le dévitaliser. Il faut réinsuffler du Souffle, du Dynamisme dans ce
Mouvement. Les membres les plus jeunes n'attendent que cela.
14 et 15 juin 2009 – La date de la rencontre a été modifiée. Initialement prévue le samedi 13 et le dimanche 14, elle a été repoussée au dimanche 14 et lundi 15. Or, je dois célébrer l'Eucharistie à FECAMP le Dimanche soir (et aucun prêtre ne peut me remplacer), et j'ai des rendez-vous au HAVRE le lundi 15. Je ne peux donc pas participer à la réunion ("Vous avez dit Bizarre ?…").
Jean-Pierre m'en fera un compte-rendu téléphonique, fort embarrassé au demeurant . Qui se résume en une phrase unique : "L'Equipe a décidé de ne pas demander le renouvellement de ton mandat !". Autrement dit : Je suis viré !
Le 19 juin, j'envoie un courriel aux membres de l'équipe :
Jean-Pierre m'a fait un rapide compte-rendu de la réunion
du Week-end dernier. Je l'en remercie profondément. Le moins que je puisse dire
est que ce qui s'est dit à cette réunion, et qui me concernait, m'attriste
profondément (ce n'est pas une simple manière de dire, mais un sentiment très
profond) ! De même que m'avait profondément attristé la
réaction devant le texte que je présentais en
Février, de refuser de le considérer comme une base d'échange
entre nous.
Une Communauté d'Eglise, unie par la Foi, l'Espérance, et
surtout la Charité doit être capable de regarder vers l'avenir avec les
yeux, les oreilles et surtout le cœur ouverts. Nos propres susceptibilités
doivent s'effacer devant la responsabilité que nous portons ensemble d'un Corps
à construire. Que pourront dire les membres du Mouvement lorsqu'ils apprendront
qu'il y a des dissensions graves au sein de leur Equipe nationale, au point
qu'au sein de cette équipe, certains demandent le départ de l'Aumônier
national ? Que répondrez-vous à ceux qui vous ont élus, et à qui vous
devez des comptes? Dans une Association 1901, de tels faits justifieraient
la réunion d'une A.G extraordinaire. Il n'est bien sûr pas question d'en
arriver là. Et, de toutes façons, je n'en ai pas les pouvoirs.
Une crise a été déclenchée au sein de l'Equipe
nationale. Il faut la dénouer. Je vous rappelle la conclusion de mon article du
journal d'Avril : Ne
nous demandons pas ce que l'Eglise doit changer pour devenir ce que nous
désirons qu'elle soit, mais ce que nous devons changer en nous pour assurer
avec elle le bonheur de nos semblables.
Des démissions sont peut-être à envisager. Il est certain que nous ne
pouvons pas attendre la réunion de Septembre. C'est pourquoi j'ai demandé à
Jean-Pierre la réunion d'URGENCE de l'Equipe nationale, un samedi prochain à
PARIS, entre deux trains (c'est-à-dire de 10 heures 30 à 14 heures 30) avant la
dispersion des vacances.
Je suis bien conscient de la gêne que cela pourra vous
occasionner. Mais l'Episcopat attend une réponse de NOUS (et pas seulement de
VOUS) à la question posée par le P. POLLIEN.
20 juin 2009 – Jean-Pierre DELMULLE m'envoie par courriel la dernière rédaction du texte qu'il se propose de remettre au P. Michel POLLIEN :
Le
Mouvement Partage et Rencontre s'est fixé pour objectif d'apporter aux hommes et aux femmes qu'il
réunit un espace d'amitié, de joie et de convivialité, source de réelle
confiance, dans laquelle ils pourront échanger en vérité sur des faits de leur
vécu pour progresser dans la foi et devenir personnellement et collectivement
témoins du Christ et messagers de sa bonne nouvelle, là où ils vivent.
En cela Partage et Rencontre participe à la
mission d'Évangélisation de l'Eglise.
Un Mouvement ouvert à tous croyants (pratiquants ou non ), non-croyants,
sans distinction d'âge, de situation et de milieu, en recherche, désireux de rencontrer
l'autre dans sa différence, source de remise en question et d'enrichissement
spirituel, chacun acceptant la
confrontation de sa vie à la Parole de Dieu, telle qu'elle nous est
révélée par Jésus-Christ.
Son
organisation et son fonctionnement:
-
des équipes locales, lieux de partage et de rencontre.
-
l’équipe,
constituée d'une dizaine de personnes, assume seule l’organisation de ses
réunions et de sa vie interne
-
à partir de
faits de vie ou de société, la réflexion
s'enrichit du partage de tous à
la lumière de la Parole de Dieu, et
permet à chacun de grandir, de cheminer dans la foi et de s'ouvrir aux autres
-
la rencontre se conclut habituellement par un texte
ou une prière, préparée par l'un des membres de l'équipe
-
l'Équipe se réunit en général une fois par mois, chez l’un
ou l’autre de ses membres; elle est si possible accompagnée par un prêtre, un
diacre, un religieux ou une religieuse. L’un des membres de l’équipe assure la
conduite de la réunion et veille à ce que chacun puisse s’exprimer
-
le thème de la réunion peut être choisi en commun
ou proposé à l’avance par le membre qui reçoit, un compte-rendu est établi et
envoyé à l'Equipe nationale.
-
des équipes régionales
o
elles sont
composées au minimum d'un animateur, d'un trésorier
o
elles sont
chargées de l'animation de la région.
o
elles assurent
la liaison entre les équipes locales et l'équipe nationale
o
elles sont en
relation avec l'Eglise sur le plan local.
-
une équipe nationale
-
elle est
composée de bénévoles élus par l'ensemble des membres.
-
elle anime le
mouvement et organise les rencontres au niveau national
-
elle
définit les grandes orientations du
Mouvement en consultation avec les responsables régionaux
-
elle est accompagnée par
un aumônier,
-
elle assure le lien
avec l’Eglise et les autres mouvements
-
elle rédige un journal
trimestriel «Partage et Rencontre», reflet de la vie du Mouvement,
Il est un vecteur de réalisation de l'objectif du Mouvement.
-
Le mouvement est un lieu d'ouverture et
d'échange. Il organise notamment:
o
des
rencontres régionales et inter-régionales, accueillantes aux personnes extérieures
o
la rencontre
nationale, qui permet des
échanges enrichissants entre les régions et à chacun de vivre un temps fort et
de prendre conscience de la dynamique du Mouvement.
Quelques jours après, il m'informe qu'une réunion est fixée le jeudi 2 juillet à 10 heures 30, chez les Lazaristes, rue de Sèvres, à PARIS. Après quoi, il se rendra chez le Père POLLIEN pour lui présenter le texte de présentation du Mouvement. Il me précise que Philippe a insisté pour l'accompagner.
2 juillet
2009 – J'arrive à 10 heures 35 (léger retard du train). Atmosphère tendue.
Philippe RIALLAND est seul. Marie, son épouse, n'est pas là. Nicole POURCELOT
s'adresse à moi en me disant "Vous". Jean-Pierre DELMULLE ne sait pas
comment commencer. Manifestement, il n'est vraiment pas à son aise ! Je propose
timidement de voir ensemble le texte de présentation du Mouvement, qui doit
être remis l'après-midi au P. POLLIEN. Philippe rétorque :"On n'est pas
là pour cela !" - "Pour quoi donc ?" - "Pour que tu t'expliques".
Or je n'ai rien à expliquer, puisque ce sont eux qui ont pris la décision de
m'exclure. Ou plutôt puisque c'est lui, Philippe, qui a poussé les autres à
prendre cette décision. Marie-Jo intervient alors pour m'expliquer le pourquoi
de cette décision, mais manifestement, elle n'y croit pas. Simplement, elle
tient à ne pas se désolidariser de Philippe. Jean-Pierre POURCELOT bredouille
quelques explications très embarrassées. Je précise quand même que tout ce que
j'ai dit et fait, c'est par fidélité à la mission reçue de l'Episcopat, en tant
que "veilleur" (voir plus haut, à propos de la rencontre des
aumôniers nationaux). Un échange s'engage alors entre Philippe et moi sur ce qu'il attend de l'aumônier national :
"Je n'attends pas qu'il soit un veilleur, mais l'accompagnateur
spirituel de l'Equipe, qu'il nous encourage, qu'il nous soutienne".
Autrement dit, le prêtre dans l'équipe nationale doit être comme
l'accompagnateur spirituel de l'équipe de base. Etre là, écouter, et ne rien
faire. Et peu importe ce que pensent les Evêques. Me revient en mémoire le
courriel de Daniel BOY, du 17 octobre. Face à cette impossibilité de dialogue,
et à ce qui me paraît être un coup soigneusement préparé, je me lève : "J'ai
été remercié des Restos du cœur, il y a trois ans. Mais, après tout, peut-être
n'avais-je rien à y faire. Aujourd'hui, c'est un Mouvement d'Eglise qui me
signifie mon congé. Et pourtant j'ai conscience de n'avoir pas failli à ma
mission de prêtre. C'est la première fois que cela m'arrive. C'est dur à avaler
! Au revoir !".
Et je sors. Il est 11 heures 32.
Fin de ma mission.
Il fait chaud. Le soleil brille sur PARIS !
Jean-Paul BOULAND
Je téléphone aussitôt à Michel POLLIEN pour lui faire part de mon éviction.
Je recevrai quelques jours après copie de la lettre aux responsables régionaux. Je note que ce n'est pas du tout le style habituel de Jean-Pierre DELMULLE. J'imagine (sans beaucoup d'effort à faire !) qu'elle a été écrite par Philippe RIALLAND. J'apprendrai par la suite qu'il l'a rédigée dans le train qui le ramenait vers NANTES… puis envoyée à Jean-Pierre DELMULLE, qui l'a signée, pour ne pas se désolidariser de Philippe. La voici :
Cette lettre a un caractère particulier
d’abord parce qu’elle va vous parvenir au plein cœur de l’été, ensuite et
surtout par son contenu.
En effet, nous tenions à vous informer en
priorité de la décision que nous avons prise de ne pas solliciter de
l’Episcopat le renouvellement du mandat de Jean-Paul Bouland. Il avait été
nommé aumônier de Partage et Rencontre le 1er Septembre 2006 pour un
mandat de 3 ans éventuellement renouvelable.
Vous pensez bien que cette décision n’a pas été
facile à prendre, nous avons longuement réfléchi et demandé l’avis de plusieurs
personnes , prêtres et laïcs appartenant au mouvement, pour nous éclairer et
nous donner toutes les chances de faire le bon choix , celui qui préserve
la spécificité du mouvement et assure son avenir.
Les raisons de notre choix sont les
suivantes :
1- Une très grande difficulté à travailler
ensemble
2- Une analyse divergente de ce qu’est le mouvement
aujourd’hui
3- Un désaccord sur certaines orientations importantes
à donner
4- Une conception différente de la place et du rôle de
l’accompagnateur spirituel du mouvement
Nous informerons tous les membres dans le
journal d’Octobre et nous laisserons bien sûr à Jean Paul la page de l’aumônier
pour qu’il s’exprime directement à tous s’il le souhaite. Nous le
remercierons aussi et sincèrement pour le travail accompli pendant son
mandat et pour ce qu’il a apporté à l’équipe nationale et au mouvement.
Cette décision est un constat d'échec
mais nous devons maintenant aller de l'avant. Afin d'aider Monseigneur
POLLIEN qui suit Partage et Rencontre pour l’Episcopat français, nous
sommes déjà en recherche d’un nouvel accompagnateur. Nous comptons aussi sur
vous pour nous faire des propositions (prêtres ou diacres) de vos régions.
Nous sommes bien sûr à votre disposition
pour écouter vos réactions, vous donner d’autres explications si
nécessaire et répondre à toutes vos interrogations.
Après avoir lu cette lettre, je
fais la remarque qu'elle me donne raison sur la nécessité d'une instance
nationale de décision dans le Mouvement. En effet, si le Mouvement s'était doté
d'un Conseil national, formé des Responsables régionaux, et doté du pouvoir de
décision, c'est lui qui aurait été consulté, et non pas quelques
"copains". A preuve, ce courriel que l'intéressé m'a transmis après
l'avoir envoyé aux responsables nationaux : "Chers amis de l'Equipe
nationale, je lis dans votre lettre que vous avez demandé l'avis de plusieurs
personnes, prêtres et laïcs appartenant au mouvement, pour vous éclairer...
J'aurais aimé donner mon son de cloche et je suis pour le moins surpris d'avoir
été écarté de cette consultation! Démocratiquement vôtre."
CONCLUSION
L'analyse de ce qu'il m'est arrivé, m'a permis de comprendre que la cause profonde ne revient pas aux membres de l'Equipe nationale, même si tel ou tel a semblé prendre plaisir à appuyer là où ça fait mal.
La cause première et, pour ainsi dire, unique est celle-ci : refusant, à la fondation du Mouvement, toute structure statutaire autre que les équipes de base et l'Equipe nationale; et tous autres statuts que ceux de l'Association PARTAGE et RENCONTRE, les "pères fondateurs" n'ont jamais précisé :
- quelle était la relation organique du Mouvement avec l'Episcopat, tout en affirmant bien fort que le Mouvement est "Mouvement d'Eglise", sans préciser la signification de cet attribut.
- que ce Mouvement était un Mouvement d'Action catholique générale, alors que l'Episcopat, constatant la séparation de PARTAGE et RENCONTRE d'avec VIVRE ENSEMBLE L'EVANGILE AUJOURD'HUI, a classé ces deux Mouvements dans la même rubrique : Action catholique générale, et les a considérés comme tels.
- qu'un prêtre serait envoyé au sein de cette Equipe nationale pour y représenter l'Eglise hiérarchique. Au contraire, ils ne veulent pas, mon aventure le prouve, que l'aumônier national ait ce statut. Ils ne désirent qu'un accompagnateur. Mais que signifie donc "Accompagnateur" ? et quel est son statut officiel ? Et quel est son mode de désignation : par cooptation des membres ou par nomination de l'Episcopat ? La seule référence au Père Jean DEBRUYNNE n'explique rien, qui a commencé sa mission par nomination de l'Episcopat, et l'a poursuivie par cooptation répétée.
Cela a pour conséquence que
- le Mouvement fonctionne comme une fédération d'équipes informelles
- l'Equipe nationale, et l'Assemblée générale de l'Association PARTAGE et RENCONTRE, sont seules habilitées à définir ce qui est bon pour le Mouvement
- le Mouvement n'a jamais pu évoluer, et ne pourra jamais évoluer tant qu'il ne se sera pas donné des statuts et les structures d'un Mouvement d'Eglise.
- l'aumônier national n'a aucun pouvoir, même pas ceux qui lui sont délégués par l'Episcopat.
- enfin, et surtout, l'Equipe nationale actuelle a laissé se mettre en place une instance occulte, constituée des Anciens Responsables nationaux, hostile à toute évolution. J'ai tout fait pour m'y opposer, mais on n'en a pas tenu compte. C'est cette instance, informelle mais bien réelle, qui a été consultée par ceux que je gênais, et qui voulaient absolument mon départ.
Tout ce qui précède était déjà rédigé, lorsque j'ai reçu ce courriel de mon ami Robert MIGNOT, l'un des "pères fondateurs" du Mouvement, qui rédigea les statuts de l'Association PARTAGE et RENCONTRE en 1980 :
"… quand tu
t'autoproclames Aumônier, ou que tu joues le rôle de.... alors là, mon Ami, pour moi, tu n'es plus
Partage et Rencontre (celui auquel je crois et que j'ai tellement savouré en
Equipe Nationale avec Jean DEBRUYNNE).
Tu
comprends mieux le vocable pour lequel je me battrai toujours : ACCOMPAGNATEUR
!
Pour
moi, Partage et Rencontre n'est pas Mouvement d'action catholique, mais
Mouvement d'Eglise : Quelle dimension !
A ce titre, il a toujours été
"trublion" dans l'Eglise et c'est une de ses forces, même si je fus
le premier à "obtenir" la présence d'Evêques et de hauts responsables
aux Rencontres Nationales. J'ai encore dans l'oreille Bernard HOUSSET disant,
en pleine AG : "Enfin un mouvement qui ne sent pas la naphtaline!".
Ce P & R là est alors, et alors seulement, porteur de germes pour mon
Eglise!.... ".
Je lui réponds :
Réfléchissant sur ce qu'il m'est arrivé, j'ai compris exactement ce que tu dis, et que personne ne m'avait jamais dit, sinon je n'aurais jamais accepté de mission dans PARTAGE et RENCONTRE :
1- La Conférence des Évêques de FRANCE pense que PARTAGE et RENCONTRE est un Mouvement d'Action Catholique générale, alors que tu me dis, et tu sais de quoi tu parles : "Pour moi, Partage et Rencontre n'est pas Mouvement d'action catholique, mais Mouvement d'Eglise".
2- Objection Votre Honneur : Je ne me suis pas autoproclamé Aumônier. La dite Conférence des Évêques de FRANCE m'a nommé "Aumônier national" de ce Mouvement (cf. lettre de nomination), alors que le Mouvement ne désire qu'un "accompagnateur spirituel". Mais que demande-t-on à cet Accompagnateur? La référence à Jean DEBRUYNNE n'explique rien.
Cela dit,
- Je persiste à dire et à redire : L'époque actuelle est radicalement différente de celle de la fondation de Partage et Rencontre. L'Eglise de 2009 n'est plus celle de 1979. Les jeunes ne sont plus les mêmes. Ils ne contestent plus le présent. Ils redoutent l'avenir.
- "Trublion dans l'Eglise" : crois-tu vraiment que Partage et Rencontre trouble qui ou quoi que ce soit dans l'Eglise aujourd'hui ?
- Il n'y a jamais eu "décision de quelques prélats" dans l'élection des responsables des Mouvements. Simplement, dans l'Eglise de France, lorsque les responsables nationaux changent, ils en avertissent l'Évêque-référent de la Conférence Épiscopale : je n'ai pas l'impression que cela ait jamais été fait à Partage et Rencontre, mais je dis cela sans en avoir aucune preuve, donc je puis me tromper.
Moralité : Il est bon pour le Mouvement que je le quitte. Mais il serait bon pour le Mouvement de s'expliquer une bonne fois avec l'Episcopat, pour lever ces ambiguïtés, et prendre la liberté qu'il revendique.
Autrement dit, nous avons vécu pendant trois années dans le malentendu et l'équivoque.
Cela dit, je ne regrette rien, et surtout pas de vous avoir connu, ton épouse Michèle et toi.
Début Novembre 2009 – Je reçois, comme tous les membres du Mouvement, la revue avec un mois de retard…
Je lis, à la "page de l'aumônier", le texte suivant :

19 novembre 2009 – Je reçois cette lettre d'une équipe de l'Ouest de la France, copie de celle qui a été envoyée à l'Equipe nationale :
Mesdames et messieurs
les membres de l'équipe nationale,
DONNONS DU SENS A NOTRE MOUVEMENT !
Nous sommes une équipe
qui se réunit tous les mois sous l'égide de Partage et Rencontre :
« Mouvement
d'action catholique générale des hommes et des femmes se réunissant pour
échanger sur des faits de vie et sur les problèmes de notre temps sous le regard de
l'Evangile. »
Notre équipe est
marquée par la diversité des situations de vie de ses 12 membres :
•
Professionnelle : actifs ou retraités,
•
Familiale ; mariés, divorcés seuls ou remariés, célibataires,
•
Age, culture, origine sociale divers...
•
Croyant, non croyant, pratiquant ou non, en recherche,
•
11 laïcs et 1 prêtre
•
Ancienneté dans le mouvement : de 15 ans à 1 an
Pour notre rencontre
du mois de Novembre, Marie-Noëlle avait adressé à chacun de nous le thème de
réflexion suivant : « La Patience », s'inspirant de la fiche éditée dans le n° 151 de la
revue du mouvement. Entre temps nous avons reçu la revue n° 152 de Partage et
Rencontre, dont le titre invite à la dynamique, à l'action : « Ensemble donnons du sens à nos vies. »
Accueillis et réunis
chez Marie-Noëlle, elle nous informe que Marie-Thérèse ne peut pas se joindre à nous
ce soir, mais souhaite informer l'équipe qu'elle a été profondément choquée
par la lecture dans la revue de la Page de l'aumônier : L'Equipe nationale
vous informe... ( il fallait oser le faire...).
15 lignes pour
annoncer le non renouvellement du mandat de l'aumônier national, Jean Paul BOULAND,
appelé par le mouvement et nommé par le conseil permanent des Evêques en accord
avec l'Evêque du Havre Monseigneur Michel Guyard en 2006.
Sentiment partagé à
l'unanimité des 11 participants à ta réunion, nous en faisons, alors, notre
nouvel ordre du jour.
Nous ne pouvons pas
nous satisfaire de votre communiqué :
« La communication
était très difficile .Plus fondamentalement, des divergences importantes sur
l'identité, le fonctionnement, les orientations du mouvement et sur le rôle et la place de
l'aumônier ne nous permettaient plus de travailler ensemble...Nos
réflexions et notre décision ont toujours été sous-tendues par la volonté d'être au
service du mouvement, de préserver sa spécificité et sa pérennité ».
> La communication était très difficile :
Est-ce l'arbre qui
cache la forêt, un prétexte pour éviter de traiter de l'essentiel ? Nous avons plutôt
remarqué que les articles du Père dans notre revue sont riches, variés, pertinents,
audacieux ; ils témoignent d'un attachement profond à son ministère, à
l'Eglise, à la vie des hommes et des femmes de notre temps, à la Vie. Les témoignages de prêtres,
de diacre, dans la revue Partage et Rencontre, sont pour nous signe
d'ouverture et de volonté de laisser communiquer (La tarte « Tatin » et la parole
de Dieu ; Trente-trois ans à Partage et Rencontre ; Prendre le temps de se
rencontrer ; Le témoignage de François Richard divorcés-remariés...) Nous sommes adultes et
responsables, membres d'un mouvement où le parler vrai est une valeur, un
fondement, et nous l'attendons de notre équipe nationale. Laissons la langue de
bois à d'autres. Nous voulons comprendre. Donnez l'exemple d'un mouvement
accueillant tout le monde.
> Des divergences importantes :
Un argument peu
convaincant, qui est parfois signe d'un manque de courage pour justifier un départ et
ménager ceux qui restent ; comme nous le constatons trop souvent dans le monde
d'aujourd'hui.
1. L'identité du mouvement
La plaquette du
mouvement est-elle caduque, l'édito et les articles de la revue n° 147 le sont ils
aussi ?
Rien dans les écrits
du Père ne nous permet de discerner une dissidence et de comprendre votre
décision. Quel signe, quel témoignage ou quel exemple d'un mouvement accueillant
tout le monde, voulez-vous donner, et plus particulièrement aux nouveaux ?
D'autres
interrogations apparaissent :
Quelle est l'identité
du mouvement, qui la définit, qui la fait évoluer pour prendre en compte
toutes les sensibilités présentes au sein de Partage et Rencontre ?
Quels sont les
fondamentaux, les intuitions, les objectifs ? Comment se concrétisent les
divergences dont vous parlez ?
2. Le fonctionnement du mouvement
Pour ne rien vous
cacher, il nous apparaît bien flou dans la situation évoquée. Sur quels faits
repose votre décision ?
Si la place et le
besoin d'une équipe nationale n'est pas remise en cause, en revanche, son rôle et
son action font l'objet de questionnement : quoi, pourquoi, comment ?
N'est-il pas temps de réfléchir collectivement, à la lumière de nos trente ans, aux
moyens dont a besoin le mouvement pour s'adapter à notre temps et éviter
les propositions sans lendemain, pour exemple, le responsable région de
la communication ?
3. Orientations du mouvement
Relisons le CR de
l'assemblée générale dans Rencontre et
Partage n° 149 : « Quelles ont été nos
réalisations, ... trois chantiers ont été mis en œuvre. »
# La place des
divorcés remariés
Le Père Jean Paul est
un acteur déterminant et positif. Sa contribution, ses articles dans la revue
montrent sa réelle implication pour cette cause (cf. la page de l'aumônier de la revue
n°145). Quel gâchis que de "se priver, sans raison apparente, d'un prêtre, qui au
sein du
mouvement, est engagé au service des hommes et des femmes en souffrance
parce que divorcés-remariés !
# L'accompagnement spirituel des équipes
Le Père Jean Paul
montre son souci pour cette fonction au sein des équipes, (cf. la page de l'aumônier de
la revue n°145). Pourquoi se priver sans raison apparente, encore, d'un prêtre qui est
engagé au service
des hommes et des femmes en attente de formation, en attente de nourriture,
pour vivre pleinement le « ensemble donnons du sens à nos vies
... nous savons aussi que notre foi donne du sens et qu'un éclairage
est nécessaire pour y voir plus clair, c'est l'Evangile qui nous sert de phare
»
Ce sujet est plus que
jamais au cœur de notre mouvement. En effet, des équipes sont privées d'aumônier,
alors pourquoi et comment assurer l'accompagnement spirituel, le partage de la
Parole de Dieu, des équipes ? Est-ce avec des laïcs formés ?
#. La vie du mouvement
Aller vers les autres,
développer l'esprit du mouvement, aller vers l'extérieur, aller vers les jeunes :
OUI, mais quel sacré chantier ! Votre décision est un obstacle à cette
dynamique ; comment proposer de participer au mouvement si...
4. Le rôle et la place de l'aumônier
Un sujet sensible sur
lequel nous aimerions connaître le point de vue de l'équipe nationale au regard
de sa récente décision concernant l'éviction du père Jean Paul.
> Etre au service du mouvement, préserver
sa spécificité et sa pérennité : La discussion, la confrontation sont source de
progrès, aussi sachons les faire vivre dans notre mouvement, elles sont source
de pérennité et d'ouverture sur le futur.
En résumé, votre
communiqué lapidaire, compte tenu de l'importance du sujet, ne révèle-t-il pas
une crise d'identité du mouvement,
une peur d'affronter
des chantiers déterminants, une difficulté à se positionner dans l'Eglise ? Avez-vous l'intention
d'accorder un droit de parole ou de réponse, dans notre revue, à l'aumônier remercié ?
Nous avons accueilli
et analysé votre décision avec l'expérience et les compétences de membre d'équipe
Partage et Rencontre, avec l'information dont nous disposons. Nous attendons de
vous de la transparence sur cette décision pour comprendre, pour garder notre
confiance et renouveler notre adhésion à Partage et Rencontre.
Conscients de la
difficulté de votre responsabilité et de votre mission, nous souhaitons apporter
une contribution à la construction de notre mouvement.
Nous vous laissons
l'initiative de faire part de nos interrogations à l'ensemble du mouvement.
Fraternellement
20 novembre 2009 – Je réponds :
Bonjour à vous
Je reçois ce Jeudi 19 votre lettre collective, consécutive à mon éviction
de l'Equipe nationale.
Si vous me le permettez, je
vous donnerai deux conseils :
1- Ne mettez pas en cause l'Eglise et sa Hiérarchie (vous ne le faites
d'ailleurs pas) : il s'agit de la seule réaction de deux couples sur trois (le
troisième n'a pas osé se désolidariser)mal à l'aise dans l'Egliseet qui veulent
faire du Mouvement leur chose.
2- Une rencontre
nationale est programmée, je crois, pour Octobre 2010 : il faudra la préparer.
Faites tout votre possible pour y aller et tout votre possible pour alerter
d'autres équipes sur la nécessité de répondre aux excellentes questions que
vous posez.
21 novembre 2009 – Je reçois ce courriel :
Bonjour
père Jean-Paul,
Je vous envoie ces quelques mots pour vous
exprimer ma déception par rapport à ce qui s'est passé dans l'équipe
nationale de "PARTAGE et RENCCONTRE"! Je m'en explique: En consultant
votre site, je me réjouissais de constater que le mouvement prenait enfin une
impulsion nouvelle, qui était celle d'ancrer "Partage et Rencontre"
dans une pastorale pour aujourd'hui! Le fait que notre mouvement soit en totale
perte de vitesse en Alsace n'est pas grave, mais ce qui l'est c'est qu'il ne
peut plus être signe pour tous ceux qui sont encore en recherche dans notre
EGLISE! Je comprends d'autant moins cette réaction de l'Equipe Nationale de
Partage et Rencontre, que nous étions plusieurs dans les Communautés de
Paroisses à reprendre courage grâce à cette évolution ! Je fais encore partie
d'une équipe locale du mouvement, après avoir été responsable départemental, et
le vais transmettre ma position à tous ceux que je connais.
Si une
rencontre avec d'autres qui adoptent la même façon de voir ,devait avoir
lieu ,je pense que j'y participerai! Naturellement, je suis tout à fait
d'accord avec vous pour que cela soit exposé au-delà de la seule sphère de
l'équipe nationale en 201O!
Membre d'Equipe d'Animation Pastorale
dans ma Communauté de Paroisses
26
novembre 2009 – Je reçois ce courriel d'un ami aumônier dans le
Mouvement :
Samedi, je vais à une
rencontre des animateurs de la région… Tu penses bien que je ne pourrai passer
sous silence ton éviction par l'équipe nationale. J'ai fait un copier/coller de
certains extraits pris sur ton site où tu t'expliques longuement. Je compte
bien m'en servir. Je suis vraiment étonné qu'ils ne t'ont pas permis de
t'expliquer dans le dernier N° de novembre. Ca n'est pas "La page de
l'aumônier" mais la page "à propos de l'aumônier". En tous cas,
merci d'avoir osé soulever les questions que je me pose depuis longtemps sur la
place du mouvement dans l'Eglise. Merci pour ton ministère au sein du mouvement
!
27 novembre 2009 – Je reçois, en communication, cette lettre adressée aux responsables nationaux :
à l’équipe nationale
J’ai reçu, il y a quelques semaines, le numéro de rentrée de la
revue Partage et Rencontre. Auparavant, parce que mon adresse Internet figurait
dans les fichiers de Jean-Pierre Bouland, j’avais reçu par courriel la
« page de l’aumônier » qui ne devait pas paraître dans la revue.
Cette page et le site personnel de J.-P. Bouland m’ont permis de comprendre, du
point du vue de leur auteur, les différen(ds)(ces) qui ont amené à son
écartement du mouvement. J’attendais de lire dans la revue le point de vue de
l’équipe nationale. J’ai été déçu.
J’ai trouvé, sous le titre « L’équipe nationale vous
informe », plutôt un refus d’information. Parler de domaines de
« divergences importantes » sans les expliquer, c’est décider de
laisser les adhérents de Partage et Rencontre dans l’ignorance du débat. Ce que
je regrette fort, au vu des questions soulevées par J.P. Bouland.
Sans doute celui-ci avait-il eu du mal à trouver sa place en
succédant au poétique et prophétique Jean Debruynne. J.-P. Bouland a paru plus
prêtre que prophète. Sans doute avait-il - je le soupçonne à la lecture des
événements qu’il relate lui-même – une forte personnalité, ce qui peut rendre à
certains moments une collaboration difficile. Et cela a visiblement laissé des
traces de rancune au sein de l’Equipe nationale, pour que celle-ci
« garde(…) en mémoire les services rendus par Jean-Paul à notre
mouvement » sans lui adresser le moindre remerciement. Mais je me demande
aussi s’il ne paye pas d’avoir touché le mouvement là où ça fait mal, en soulevant
des questions qu’on préfère ne pas poser.
Le premier reproche que j’aie entendu le concernant portait sur son
intervention, avant une messe, à propos des divorcés. Ce que j’ai lu de son
discours ne m’a pas semblé venir d’un « godillot » de l’institution
cléricale, mais d’un homme d’Eglise qui cherchait moins à transmettre un mot
d’ordre qu’à appeler dignement les
personnes à faire un choix en leur rappelant que l’instance ultime était leur
propre conscience. Son tort, en l’occurrence, était de dire tout haut ce que
beaucoup font tout bas.
Mais justement, avoir eu le courage de poser au grand jour, dans un
« mouvement d’action catholique », le scandale (je pèse mon mot) de
la façon dont l’institution ecclésiale traite les divorcés, lui a permis de
lancer une réflexion nationale sur ce problème. De cela en particulier, je lui
suis reconnaissant. J’ai apprécié, et apporté ma pierre au chantier en
envoyant, au début de l’année 2009, à J.-P. Bouland (et à l’occasion à mon
évêque) un texte de réflexions personnelles à partir de textes bibliques (qui,
au passage, me situe loin des « godillots » des canonistes). La fin
du mandat de J.-P. Bouland dans le mouvement y sonne sans doute le glas de ce
débat. Nous perdons une occasion de faire avancer l’Eglise : elle bénéficierait
davantage de dialogues, fussent-il âpres, entre laïcs et clercs, que du
clair-obscur de la situation actuelle où des fidèles et des prêtres
contreviennent, en conscience mais en douce, aux règles en vigueur.
Même si j’en fais partie depuis au moins une dizaine d’années, je
connais mal le mouvement Partage et rencontre : je ne le connais qu’à
travers le prisme de ma petite équipe locale, qui n’est pas nécessairement
représentative de l’ensemble, et à travers ce qui se dégage des pages de la
revue. Mais j’ai l’impression que ma difficulté à définir Partage et rencontre
ne vient pas seulement de cette connaissance très partielle. Elle vient aussi
de ce que le mouvement est assez indéfini, de par la volonté même de ses
membres. On y vit dans une ambiance de cathos soixante-huitards (Je connais un
peu : j’en suis) pour qui l’ « interdit d’interdire » plane
toujours sous forme d’une crainte d’être embrigadé. Bien qu’il se définisse
comme mouvement d’action catholique (c’est écrit page 15), Partage et rencontre
ne se veut pas mouvement de militants purs et durs, puisqu’il tient à
accueillir en son sein, à côté des fidèles convaincus, tous les porteurs de
doutes ou de situations en délicatesse avec le droit canonique. C’est
d’ailleurs ce côté ouvert qui me fait adhérer sans réticence: je ne me
sentirais pas à l’aise au milieu d’un groupe pur et dur d’intransigeants. Pour
autant faut-il que notre mouvement soit mou ?
Si j’ai bien compris les propos de J.-P. Bouland sur son site, ses
principaux soucis étaient bien de clarifier l’identité et le fonctionnement du
mouvement. Et pourquoi craindre de se demander si Partage et rencontre
fonctionne bien, dans ses équipes locales et dans ses liens avec l’Eglise en
France, comme un mouvement d’action catholique ?.. quand on s’y rencontre
autour de thèmes plutôt que de faits pour une révision de vie, quand on
fonctionne éventuellement sans aumônier ni conseiller spirituel, quand on
revendique l’apolitisme pour ne pas entrer dans la collégialité du CCFD… Poser
ces questions, et bien d’autres, n’obligera pas nécessairement à se faire
mettre au pas par la hiérarchie : Partage et rencontre peut se justifier
par sa spécificité, même si elle ne rentre pas dans des cadres prédéfinis.
L’inconvénient probable serait surtout que le débat entre nous et avec
l’institution ecclésiale clarifie les orientations de l’ensemble et de
chacun ! Et je crois que nous aurions à y gagner : en vieux
soixante-huitard, à force de ne pas vouloir être dirigé, je me demande
finalement si mon plus grand risque n’est pas d’errer sans direction.
Alors, bien sûr, oui, « ensemble donnons du sens à nos
vies », et d’abord à notre mouvement qui paraît en avoir bien besoin quand
on lit dans sa revue une page de l’aumônier qui n’est pas une page d’aumônier,
mais où les auteurs ont bien du mal à pardonner à l’(ex)aumônier ; une
page intitulée La prière dont les deux textes sont de belles réflexions qui se
tiennent sur le seuil de la prière sans oser franchir la porte…
Même si la page 15 de la revue nous autorise à pousser « un
coup de gueule », je demande par avance pardon à ceux que ma lettre
pourrait offenser : je sais que la critique est aisée et que l’art est
difficile, et que je n’ai pas l’art d’atténuer comme il faudrait la virulence
de certains propos. Mais j’aurais vécu comme une démission de ne pas vous
exprimer ce que je pense et ressens. Je vous prie de considérer que cette
lettre est une contribution à notre commune recherche de sens.
Je précise que c’est une contribution personnelle, que je
communique à mon équipe locale de Partage et rencontre (dont les membres me
donneront leur réaction à notre prochaine réunion) mais que nous n’avons pas
élaborée en commun. J’en transmets aussi une copie à Jean-Pierre Bouland :
c’est une façon pour moi de lui exprimer ma reconnaissance.
17 janvier 2010 : Je reçois ce courriel, qui est en rupture totale avec les précédents. Et qui montre que, pour certains membres du Mouvement, dès le début, je n'étais guère en odeur de sainteté :
SOYEZ DES ARTISANS DE PAIX...............
Nous sommes profondément navrés de lire votre prose sur
votre site. Comment un prêtre peut-il faire tant de mal en publiant ce qu'ont
pu dire les uns et les autres, citant les noms...........
Vous continuez à semer la zizanie en publiant des mail qui
vous ont été adressés par les uns ou les autres après votre éviction......
Nous pensons tous les deux que l'Equipe Nationale aurait
dû voir dès le début que l'esprit de notre mouvement et votre point
de vue était incompatibles....
Merci maintenant de laisser en paix ce mouvement qui
continuera son bonhomme de chemin, car si à votre avis il ne DIT pas assez
l'Eglise, ce mouvement la VIT....... PROFONDEMENT
Mais il s'agit de l'Eglise de Jésus Christ dont il
est la tête....
Vous n' avez ni le monopole du cœur, ni la
prétention d'être TOUTE L'EGLISE a vous tout seul
Une autre fois, choisissez un autre mouvement
qui correspond mieux à vos aspirations
Que Dieu vous bénisse
23 janvier 2010 : Je reçois communication de cette lettre envoyée par une équipe à l'équipe nationale :
23/12/2009
Aux membres de l'Equipe nationale
C'est avec surprise et peine que
nous avons appris les circonstances du non renouvellement de J P BOULAND, aumônier de Partage et
Rencontre.
En effet, il nous semble étonnant
que quelques personnes puissent prendre, en toute confidentialité, une aussi grave décision. La réponse à cette
interrogation, pourrait être contenue dans les statuts de ce mouvement. Mais où sont-ils ? Les
représentants des régions n'auraient-ils pas pu être consultés ?
Sur le principe, le renvoi d'un prêtre nous pose la question
du statut de celui-ci au sein du mouvement. En effet, le prêtre, ministre ordonné, consacré, est la figure
du Christ au milieu du monde. Si l'on demandait à changer de curé ou d'évêque
lors de chaque différent avec lui, il n'y aurait plus d'Eglise.
Dans ce contexte de tension, le groupe de …. a ressenti une
certaine volonté d'étouffer le malaise : aucune explication
claire ni place faite à l'aumônier dans la revue d'octobre, ce qui ne semble pas correspondre à l'esprit
d'ouverture, d'échange et de partage porté par le mouvement. Aussi, le groupe de … , ne cautionne t-il pas des actes qui ne sont pas
cohérents avec les paroles dites,
ou avec l'Evangile.
L'équipe PARTAGE ET RENCONTRE de ….
, reste vigilante quant aux décisions prises par
l'Equipe Nationale, et espère obtenir
quelques éclaircissements.
Dans l'attente de vous lire,
Nous vous adressons nos cordiales salutations.
26 janvier 2010 : Je reçois communication de ce courriel expédié à l'équipe nationale :
Bonjour Jean-Pierre,
Ancien de l'équipe de … (plus de
35 Ans dans Partage et Rencontre) je voudrais vous faire part de mon profond écœurement
sur les échanges "Amis Lecteurs" dans le dernier journal.
Comment expliquer ces propos.. quand on a pas laissé notre aumônier
s'exprimer sur sa page, comme il en avait été convenu au départ.
J'ai lu cette page de l'aumônier ,et elle n'aurai en aucun cas du
alimenter une polémique, bien au contraire car cela indiquait plutôt un
"PARTAGE" des valeurs de l'évangile et une "RENCONTRE" vers
tous les hommes de bonne volonté.
Et je suis d'autant plus peiné, car je suis "CROYANT" mais non
pratiquant.
Ce n'est pas avec de tels procédés qu'on arrivera à l'UNITE du
mouvement.
Je propose donc que l' EQUIPE NATIONALE fasse "AMENDE
HONORABLE" et publie la page de l'aumônier.(conflit échec malentendu)
Merci de prendre en compte ma proposition, et avec le soutien de mon
équipe, souhaitons à "PARTAGE ET RENCONTRE" Bon vent.........
[i] INTERVENTION à la RENCONTRE NATIONALE précédant la célébration de l'EUCHARISTIE
"Heureux les invités au repas du Seigneur !".
Dans quelques minutes, nous allons ensemble célébrer l'EUCHARISTIE. Auparavant, je désire intervenir sur quelques points de ma responsabilité, en rapport avec votre participation à cette célébration.
Je commence en enfonçant une double porte ouverte, pour affirmer une double évidence :
-
nous sommes tous différents les uns les autres…
-
mais tous ensemble, nous formons un seul Mouvement.
Et j'enchaîne sur une autre évidence : les évêques de France font confiance aux responsables de PARTAGE et RENCONTRE pour tout ce qui concerne la vie interne du Mouvement : le recrutement, les équipes, les structures, le mode de fonctionnement… Et les responsables du Mouvement n'exigent des membres aucun certificat de baptême, aucun billet de confession, aucun certificat de mariage.
Cela dit, j' aborde, avec quelque gravité, quatre points particuliers :
1- Il y a peut-être parmi nous des amis non baptisés, donc non membres de l'Eglise du Christ, mais qui croient que Christ est ressuscité, ou qui sont en recherche d'un Absolu, d'un Idéal qui donne sens à leur vie. Je leur dis : Au nom de l'Eglise, je vous invite à la célébration. Allez-vous y participer ? Viendrez-vous ou non communier ? Vous êtes adultes, responsables, vous ferez ce que vous jugez bien, en conscience.
2- Il y a peut-être parmi nous des amis, également en recherche d'absolu, d'idéal, qui ne se reconnaissent pas membres de l'Eglise catholique, bien que faisant partie de notre Mouvement. A eux, je dis : si vous reconnaissez la valeur de l'Eucharistie que nous célébrons, je vous invite à y participer.
3- Il y a aussi les personnes en situation matrimoniale en désaccord avec la règle officielle de l'Eglise. Le 14 septembre dernier, devant les évêques réunis à LOURDES, Benoît XVI déclarait à propos du Mariage : Depuis plusieurs décennies, des lois ont relativisé en différents pays sa nature de cellule primordiale de la société. Souvent, elles cherchent plus à s'adapter aux mœurs et aux revendications de personnes ou de groupes particuliers, qu'à promouvoir le bien commun de la société. L'union stable d'un homme et d'une femme, ordonnée à la construction d'un bonheur terrestre grâce à la naissance d'enfants donnés par Dieu, n'est plus, dans l'esprit de certains, le modèle auquel l’engagement conjugal se réfère… Ici, dans notre Mouvement, sans cesser d'affirmer la valeur du mariage, nous acceptons les couples qui demandent à nous rejoindre, sans leur demander aucun certificat. Et, pour ce qui concerne leur participation à l'Eucharistie qui va suivre, je leur dis simplement tout de suite ce que je dirai tout à l'heure : "Heureux les invités au repas du Seigneur"!.
4-
Enfin, il y a les personnes civilement divorcées et
remariées. Je serai plus long sur ce point, qui va plus loin que l'Eucharistie
que nous allons célébrer. Parlant d'elles, lors de la même réunion, Benoît XVI
déclarait, et je tiens à préciser qu'il s'adressait aux évêques de France, et
parlait donc avant tout de la situation de l'Eglise en France : Une question particulièrement douloureuse est
celle des divorcés remariés. L'Église, qui ne peut s'opposer à la volonté du
Christ, maintient fermement le principe de l'indissolubilité du mariage, tout
en entourant de la plus grande affection ceux et celles qui, pour de multiples
raisons, ne parviennent pas à le respecter. On ne peut donc admettre les
initiatives qui visent à bénir des unions illégitimes. L'Exhortation
apostolique Familiaris consortio a indiqué le chemin ouvert par une pensée
respectueuse de la vérité et de la charité.
L'un
des chantiers prioritaires de notre Mouvement, définis par l'Equipe nationale,
est justement celui des personnes civilement divorcées et remariées. Sur ce point particulier, le
28 mars dernier, j'ai invité les aumôniers régionaux à une rencontre avec le
Père Michel POLLIEN, l'évêque qui accompagne les Mouvements d'Action Catholique
Générale, autour du Père Jean WERCKMEISTER, Professeur de Droit canonique à
STRASBOURG. Entre autres choses, celui-ci nous a dit :
Lorsque des catholiques allemands, italiens,
espagnols ou américains demandent le divorce civil, ils s'adressent en même
temps aux autorités religieuses (les Officialités) pour faire déclarer
l'invalidité de leur mariage. Lorsque les catholiques français demandent le
divorce, ils ne font pas une deuxième démarche. Pourquoi ? Cela vient du fait
que, pendant tout le XIX ° siècle, les Officialités n'existaient pas en France,
parce que Napoléon 1° n'avait pas voulu de juridiction parallèle à la
juridiction civile. C'est ainsi que, dans les départements français
concordataires (l'Alsace et la Moselle), tous les prêtres sont payés par
l'Etat, sauf le prêtre responsable de l'Officialité (l'Official). Il faut
encore rappeler que le divorce, institué le 20 septembre 1792, supprimé le 8
mai 1816, ne fut rétabli qu'en 1884.
En France, aujourd'hui encore, les
Officialités ont beaucoup de mal à exister. Les gens ne les connaissent pas.
Alors qu'en d'autres pays, l'Allemagne, l'Espagne, les Etats-Unis, l'Italie,
les Officialités sont de véritables administrations. L'immeuble du diocèse de
NEW YORK, au centre de Manhattan, comporte 30 étages, dont un étage est réservé
à l'Officialité, qui occupe 30 employés à temps plein. S'ajoute à cela qu'en
France, jusqu'en 1975, pour divorcer, il fallait trouver des torts à l'un des
deux. Alors que pour les Officialités, il n'y a pas besoin de rechercher les
torts de l'un ou de l'autre…
… En France, on compte environ 35 millions
de catholiques, pour 95 diocèses métropolitains, et 9 à l'Outremer : il y a 300 procès devant les Officialités
chaque année (moyenne : 3 par diocèse). Aux Etats-Unis, on compte environ 64
millions de catholiques, pour 194 diocèses : il y a 30.000 procès devant
les Officialités chaque année (moyenne : plus de 150 par diocèse) ! Et
les Américains ne divorcent civilement pas plus que les Français.
Quant aux
résultats, au niveau du Monde entier, le taux de déclaration d'invalidité du
lien conjugal par les Officialités diocésaines, est supérieur à 90 %. Les 10 %
restant peuvent s'adresser à la Rote romaine, qui, généralement, reconnaît
l'invalidité de la moitié des cas présentés. On peut donc dire que 95 % des
demandes aboutissent à une déclaration d'invalidité. Mais il faut préciser que
ceux qui présentent une demande sont ceux qui tiennent à l'aspect religieux. (fin de
citation)
Ainsi donc, une bonne part de la
souffrance des catholiques français civilement divorcés et remariés trouve son
origine à la fois dans l'Histoire de la France, et dans la structure de
l'appareil ecclésial français. Il me paraît donc important, essentiel et
urgent que les évêques de France
mettent en place, chacun dans son diocèse, une officialité digne de ce
nom, avec du personnel, bénévole ou rétribué, en nombre suffisant. De même,
les catholiques français doivent être avertis que l'Eglise met à leur
disposition une juridiction (qui n'est pas un tribunal) afin de discerner avec
eux l'état canonique du lien conjugal (et non pas la responsabilité de chacun).
L'Eglise de France va-t-elle accepter longtemps encore que sa mission
d'évangélisation (catéchèse, préparation aux sacrements, accueil des familles
en deuil, animation liturgique, solidarité, pastorale des malades, pastorale
familiale, communication, gestion financière…) soit assurée par un nombre
importants de personnes civilement divorcées et remariées, alors qu'elle leur
interdit officiellement de participer à la communion eucharistique ? Si, ce
qu'à Dieu ne plaise, un beau matin, toutes les personnes civilement divorcées
et remariées qui occupent un poste de responsabilité dans l'Eglise de France,
quittaient toutes ensemble cette responsabilité, que deviendrait l'Eglise de
France ?…
Je suis persuadé, et je ne suis
heureusement pas seul, que le Mouvement PARTAGE et RENCONTRE peut être un
relais d'opinion efficace, s'il s'en donne les moyens, et si ses membres en
ont la volonté. Il est impensable que nous continuions à déplorer une situation
que nous pouvons peut-être contribuer à changer. Aucun temps d'échange n'a été
prévu sur ce thème pendant cette Rencontre, mais on peut envisager une
rencontre de quelques personnes
intéressées par cette réflexion, afin de faire ensemble une proposition au
Mouvement, et d'établir une stratégie commune. Celles et ceux qui le désirent
pourront en parler avec moi, entre la célébration et le repas.
Quoi qu'il en soit, pour ce qui
concerne votre participation ou votre communion à l'eucharistie de cette
Rencontre, comme à toutes celles auxquelles vous participez, comme à tous les
actes de votre vie, rappelez-vous ces deux principes de Morale fondamentale :
1- de soi, toute volonté qui n'obéit pas à la conscience, que celle-ci soit droite ou dans l'erreur, est toujours mauvaise. (St THOMAS d'AQUIN – mort en 1274 - Somme théologique – I-IIae – Qu 5).
2- «Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle». (L'impératif catégorique de KANT – 1724-1804)
Ces deux principes se combinant en un principe
unique : Le critère ultime de moralité de vos actions, c'est votre
conscience !
Jean-Paul
BOULAND