L'Association France – POLOGNE – 4

 

 

1989

 

Le 9 novembre, le mur de BERLIN tombe; les frontières de l'Europe de l'Est s'ouvrent.

 

Depuis une année, en POLOGNE, se tient une "table ronde", à l'initiative du Général JARUZELSKI, et sous la pression de SOLIDARNOSC. J'en suis assidûment la progression. Lors d'un voyage que j'organise pour des enseignants, j'ai l'occasion d'assister, le lundi 3 avril, avec quelques membres du groupe, à l'une des dernières réunions "secrètes" (mais tout le monde sait où elle se tient, qui y est présent, et ce qu'on y fait… !) du groupe SOLIDARNOSC de BYDGOSZCZ.

 

1989 est donc une année de changements pour l'Association havraise, et marque le passage à une quatrième étape de son évolution.

 

En Février, accompagné de mon ami Jean LE GUEN, je me suis rendu à CRACOVIE, pour respirer l'ambiance et envisager les actions à venir. Nous avons été reçus chez Leszek KONARSKI, le Président local de POLOGNE-France. Le samedi 4 février, nous avons rendez-vous avec le Recteur de l'Académie d'Economie de CRACOVIE. Il nous suggère les trois orientations suivantes :

            1- permettre à des étudiants en Economie de s'initier aux méthodes modernes de gestion libérale.

            2- permettre à des professeurs de langue française de se recycler au vocabulaire de l'économie moderne.

            3- aider les Elus et les Fonctionnaires du Nouveau Régime à s'initier aux méthodes modernes de Gestion des Collectivités .

 

Ce seront les axes de notre orientation à partir de cet instant, auxquels s'ajoutera l'organisation de séjours linguistiques pour des Jeunes.

 

A noter, mais cela n'a rien changé à notre fonctionnement, ni à notre recrutement, que, depuis 1987, Edouard WIECZAK a passé la main, et que je suis devenu Président de l'Association France-POLOGNE du HAVRE, Edouard en étant le Vice-Président.

 

Depuis 1987 également, Colette SUCHET, nouvelle retraitée du Crédit Lyonnais, a offert ses services comme permanente. Elle est secrétaire du Bureau, et assure une permanence au local, situé 148 rue d'Etretat au HAVRE.

 

Le Bureau se compose de :

-         Jean-Paul BOULAND, Président

-         Edouard WIECZAK, Vice-Président

-         Colette SUCHET, Secrétaire et Permanente

-         Ginette LE PREVOST, Secrétaire-adjointe

-         Christiane TURPIN, Trésorière

-         Marcel et Simone BISSON, Expositions-Ventes d'Artisanat

-         Michèle MAUDUY, Présidente du Club Jeunes

 

Un tract que nous éditons cette année-là indique les possibilités qu'offre notre Association :

 

- échange de JEUNES (individuels, classes de Collège ou de Lycée, groupes de tous ordres ...)

- transport de COLIS familiaux … destination de la  POLOGNE

- réservation de places dans un BUS pour la POLOGNE

- ASSURANCE pour des Polonais séjournant en FRANCE

- ASSURANCE pour d'autres ressortissants des pays de l'Europe de l'Est

- ASSURANCE individuelle Voyages, valable dans le monde  entier

- recherche de CORRESPONDANTS polonais

- organisation de SEJOURS individuels ou collectifs, en Hôtel ou en Famille

- activités PHILATELIQUES

- possibilité de faire venir divers ARTISTES polonais (groupes de folklore, orchestre, groupes de rock, chorales...)

- invitation  de SPORTIFS, soit individuellement, soit en équipe, pour des manifestations en FRANCE.

Le CLUB JEUNES

 

Vers la fin de l'année 1988, nous décidons de créer, distinct de l'Association, mais cependant lié à elle, un CLUB-JEUNES FRANCE-POLOGNE, dans le double but :

1-     d'initier des jeunes Français à la pratique de la vie associative et de leur permettre de connaître la POLOGNE

2-    de permettre à des jeunes Polonais de rencontrer, soit chez eux, soit en FRANCE, des jeunes de leur âge.

 

Ce Club réunit, dès le début, une douzaine de jeunes, garçons et filles. La première année leur permet de faire connaissance, et de réfléchir aux actions qui pourraient être menées. Les années suivantes voient plusieurs réalisations :

 

1990 : Voyage en POLOGNE

Zone de Texte:  
Les BIESZCZADY

Il a lieu du 4 au 18 juillet. La destination en est RZESZOW ( au sud- est de la POLOGNE, dans la région des BIESZCZADY. Une trentaine de jeunes y participent. Des excursions ont lieu à VARSOVIE, CRACOVIE, AUSCHWITZ. Sur place, grâce au Président local de POLOGNE-France, ils rencontrent d'autres jeunes. Des liens se créent…

 

1992 : Séjour linguistique

 

Ce séjour a été organisé en Octobre 1991, lors d'une rencontre de quelques responsables des Associations POLOGNE-France, que j'ai impulsée, et qui s'est tenue à WROCLAW.

 

Du 26 Avril au 3 Mai, une bonne vingtaine de jeunes y participent, originaires de Gdansk - Gdynia - Opole - Bydgoszcz - Pila. Patricia, une amie professeur de langue française pour des étrangers à l'Université, assure le suivi pédagogique. Les cours ont lieu au Lycée Jeanne d'Arc de SAINTE ADRESSE.

 

Le CLUB-JEUNES organisera encore deux autres séjours linguistiques.

AIDE à la FORMATION

 

Au retour de mon voyage où j'ai rencontré le recteur de l'Académie d'Economie de CRACOVIE, j'ai pris contact avec Antoine RUFENACHT, qui est alors Vice-Président du Conseil Général, afin de savoir si le Conseil Général serait d'accord pour aider au financement de stages pour des fonctionnaires polonais et pour le perfectionnement de professeurs de langue française dans les Académies d'Economie polonaises. Il m'a donné un accord de principe, qui se transformera ensuite en accord de fait.

 

Une première session de formation est organisée du 6 au 22 Janvier 1991. Elle concerne 30 élus locaux et fonctionnaires municipaux de GDANSK et de la région, venus se former à la Gestion municipale. La première semaine, les cours ont lieu à l'Université du HAVRE. Six communes du Département de la Seine Maritime ont accepté d'accueillir chacune quatre ou cinq personnes pour un stage pratique la deuxième semaine :  SAINTE ADRESSE, LE HAVRE, LILLEBONNE-GRAVENCHON, MONT SAINT AIGNAN, BOISGUILLAUME et FORGES LES EAUX. Les amis Polonais sont hébergés par des familles françaises.

 

Une deuxième session est organisée la même année, du 14 au 27 Janvier. Elle concerne 10 professeurs de langue française dans les Académies d'Economie de CRACOVIE, KATOWICE, POZNAN et WROCLAW.

 

Dans les années qui suivent, d'autres stages seront organisés : 3 pour les fonctionnaires – 2 pour les professeurs de langue française – 2 séjours linguistiques pour des jeunes Polonais. Je ne les cite que pour mémoire. Pourquoi ? Parce que, si c'est bien le Bureau de l'Association qui est organisateur,  et si j'en suis toujours le Président, j'ai délégué les responsabilités d'organisation et de gestion de ces séjours à Ginette LE PREVOST, Zygmund DUSZA (qui a rejoint le Bureau en 1993, et Michèle MAUDUY, pour les séjours linguistiques. Le travail de secrétariat et les relations avec la POLOGNE étant assurés par Colette SUCHET, assistée d'une secrétaire en Contrat-Emploi-Solidarité.

 

AU SECRETARIAT NATIONAL

 

De 1985 à 1991, j'ai participé aux instances nationales de l'Association. Ce qui signifie que chaque semaine, le Mercredi (parce que c'est un jour "creux" en paroisse), je me rendais à PARIS, partant le matin pour revenir vers 18 heures.

 

Je retrouvais là le Secrétaire national, Alex KRAKOWIAK, ainsi que son épouse Léo, tous deux salariés à plein temps (Léo prendra sa retraite en 1989). Passaient aussi le Trésorier national, Simon WAWSZCZYK, et Jacques HENNEQUIN, ancien proviseur, retraité, qui était responsable de la revue "Peuples amis". J'avais une estime particulière pour Jacques. Comme les trois autres amis, il avait été (peut-être était-il encore) membre du Parti Communiste. Mais c'était un humaniste, pas un idéologue. Au cours de l'année 1989, il fut atteint par un cancer du poumon. Il me téléphona deux ou trois fois pour me parler de sa vie, de ce qu'il avait réalisé, de sa maladie, de sa famille :"Parce que tu es prêtre ", me dit-il. Il mourut, je crois, au cours de l'année 1991.

 

J'ai passé beaucoup de temps au Secrétariat National. Je ne le regrette pas. Ce ne fut pas du temps perdu. J' ai pu inscrire quelques réalisations intéressantes à mon actif :

 

-         mettre en place une assurance pour des Polonais qui désiraient séjourner en France. Dans l'Ancien régime polonais en effet, lorsqu'une personne obtenait son passeport et le visa de l'Ambassade de France, elle souscrivait (en monnaie polonaise = monnaie de singe) une assurance obligatoire avant de partir. Mais cette assurance ne répondait pas en cas de sinistre dans un Pays de l'Ouest. En 1985, l'Association France-POLOGNE de BOURGES avait accueilli des Polonais, l'un d'eux était mort en France. L'Association avait dû trouver 32.000 francs pour rapatrier son corps en POLOGNE. Après un appel d'offre auprès de plusieurs Compagnies, je trouvai un agent d'Assurances des SABLES D'OLONNE, qui accepta de couvrir les risques. Comme le Trésorier national ne voulait pas prendre en charge ce type de compte, je me chargeai de le gérer directement, à partir du Secrétariat havrais, grâce à Colette SUCHET. En 1190, après l'ouverture des frontières, je transformai cette assurance en garantie pour tous les ressortissants de l'Europe de l'Est, en créant une Association France-EUROPE de l'EST.

-         Réaliser deux Séminaires de concertation entre les Comités français de l'Association FRANCE–POLOGNE, et les Comités polonais de l'Association POLOGNE-France. L'i=un en POLOGNE, dans les Sudètes; l'autre au HAVRE. C'est ce qui me valut de faire la connaissance d'Halina SKIBNIEWSKA, Présidente de l'Association polonaise. Elle était en retraite, après avoir urbaniste, et avoir participé à la reconstruction de VARSOVIE. C'était une ancienne résistante. Dans les années noires, 1981-1983, elle avait obtenu la libération de plusieurs membres de SOLIDARNOSC emprisonnes.

-         Réaliser la mise sur pied de trois séminaires de formation pour les membres des Associations locales.

-         Organiser et animer plusieurs réunions du Comité National (la rencontre des responsables locaux).

-         Créer un service Informatique au Siège national.

-         Participer à l'organisation de deux Congrès nationaux de l'Association et  les animer : à MONTLUCON et à LILLE.

 

Mais je ne parvins pas à modifier sensiblement les orientations profondes de l'Association. Je me trouvais avec de vieux militants du P.C, qui n'avaient absolument pas envie de changer quoi que ce soit. C'est pourquoi je démissionnai avec fracas lors de la Réunion d'un Comité National en Juin 1991, déclarant que je ne voulais plus être le chrétien-alibi au sein d'une organisation communiste.

 

A la dernière  réunion du Secrétariat National qui suivit, je maintins ma démission, malgré la demande d'Alex que je la reprenne. Simon WAWSZCZYK, qui avait un sérieux "coup dans l'aile", après son repas du midi qu'il avait généreusement arrosé, déclara alors : "Nous voilà débarrassés d'une belle pourriture !". Il parlait de moi.  Nous n'avions jamais sympathisé. Sa vie personnelle et sa vie professionnelle ne cadraient pas avec mes convictions… ! Mais Alex me dit qu'il me regretterait. Je crois que c'était vrai. Car c'était un vrai militant. Et un honnête homme.

 

Après le déménagement de la rue Marbeuf, dans l'année 1987, l'Association nationale fut un moment hébergée par l'Association FRANCE-TCHECOSLOVAQUIE, près de la Bastille. Puis elle trouva un trois pièces, du côté de la Nation. Avant d'obtenir un local social par la Ville de PARIS, rue de Flandres, dans le 19°.

 

Enfin, en 1992, un Comité National décida de la dissoudre en tant qu'Association nationale, pour la faire renaître en "Fédération France-POLOGNE". A ce Comité National, j'avais proposé que l'Association FRANCE-EUROPE de l'EST rachète le passif, et  héberge FRANCE-POLOGNE. Mais je reconnais que je n'avais pas su argumenter, et que, profondément, je n'en avais pas très envie. Car il aurait alors fallu trouver un "modus vivendi" entre LE HAVRE et PARIS.

 

L'Association France-POLOGNE du HAVRE décida alors de se transformer en 3Association FRANCE-POLOGNE LE HAVRE"et continua ses actions de formation et de partenariat avec la POLOGNE, dont il a déjà été question.

 

La situation en POLOGNE évoluant, nous cessâmes ces actions en 1995. Le CLUB-JEUNES décida de se dissoudre cette même année. Nous fûmes contraints de vendre, très mal, le local de la rue d'Etretat. Puis, l'année suivante le local de la rue de Neustrie.

 

Nous décidâmes de dissoudre notre Association lors d'une Assemblée générale tumultueuse, en Décembre 1996, personne ne s'étant présenté pour la reprendre. Les candidats éventuels étaient effrayés par les dettes que nous avions, sans envisager qu'elles seraient réglées par la vente de notre local. Mais certains décidèrent de relancer une nouvelle Association à but uniquement culturel.

 

Quand tout fut terminé, j'envoyai le courrier suivant aux 60 adhérents :

 

L’Association FRANCE-POLOGNE LE HAVRE est officiellement dissoute…

Nous avons vendu le siège social de la rue de Neustrie (50.000 francs), et le magasin de la rue d’Etretat (30.000 francs) : tous frais payés, toutes factures acquittées, toutes dettes remboursées, nous allons pouvoir verser la somme d’environ 6000 francs à la Fédération FRANCE-POLOGNE de PARIS, ainsi que l’a décidé l’Assemblée générale de dissolution tenue l’année dernière.

Certes, je regrette de n’avoir pu continuer les actions que l’Association avait entreprises, avec votre si sympathique soutien, votre générosité, et votre dévouement à la cause de l’amitié entre Français et Polonais. Mais je n’avais plus le temps, les autres amis du Bureau non plus : il était donc nécessaire de tirer un trait.

Certes, je regrette aussi les non-dits, les mal-dits, les ragots et les calomnies qui ont été répandues sur moi-même et sur les amis du Bureau. C’est malheureusement le lot de tous les responsables !...

Certes, je regrette aussi que les amis polonais du HAVRE nous aient tellement fait défaut au moment où leur patrie avait besoin de leur concours, mais j’apprends avec satisfaction que certains ont rejoint la nouvelle association.

 Certes je regrette encore que les membres du Bureau de FRANCE-POLOGNE LE HAVRE et leurs proches aient été tenus soigneusement à l’écart de la nouvelle association, alors qu’il aurait pu être constructif de travailler ensemble, les uns avec leurs compétences, les autres avec leurs connaissances.

Mais, tout cela est terminé. La page est tournée. Je tenais cependant, avant de fermer le livre, à mettre les choses au point, comme je l’ai déjà fait oralement avec tel ou telle.

Merci aux amis. Bonne route à la nouvelle association. Je suis à sa disposition si un jour elle a besoin de moi... car un peu de mon cœur  est toujours en POLOGNE.

Longue vie à l’amitié sincère et désintéressée entre Français et Polonais.

 

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