Les MOUVEMENTS

 

 

 

Au cours de ma vie active, j'ai eu la chance de pouvoir "accompagner des Mouvements", c'est ainsi qu'on qualifie habituellement la fonction du prêtre qu'on nomme également "aumônier".

 

-         1961-1975 – aumônier de la 2° Compagnie du HAVRE des Guides de France

-         1961–1979 – aumônier de trois Equipes Enseignantes ( Instituteurs et Institutrices de l'Enseignement public)

-         1965-1975 – aumônier diocésain des Guides de France

-         1971-2005 – aumônier de plusieurs équipes du Mouvement des Cadres Chrétiens

-         1972-1985 – aumônier de plusieurs équipes de l'Action Catholique des Milieux Indépendants (A.C.I)

-         1975-1990 – aumônier diocésain du Mouvement des Cadres Chrétiens

-         1975-1990 – aumônier diocésain du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement

-         1975-1985 – aumônier diocésain de l'Action Catholique des Milieux Indépendants (A.C.I)

-         1982-1990 – aumônier régional (Normandie) du Mouvement des Cadres Chrétiens

 

Zone de Texte:  
17 juin 1979 – CAEN – Rencontre nationale de l'A.C.I en Région


 Je dis bien "j'ai eu la chance" : car c'est ainsi que j'ai pu vérifier, et, par la suite, cela a eu beaucoup d'incidences sur l'organisation pastorale des paroisses dont j'ai été nommé curé :

 

-         que l'Eglise n'est pas cette organisation lourde et monolithique que beaucoup croient qu'elle est. Il m'est arrivé de comparer l'Eglise à une Entreprise transnationale. C'est assez souvent ainsi qu'elle apparaît à ceux de l'extérieur. C'est aussi de cette manière qu'on a le sentiment qu'elle fonctionne. Mais, vue de l'intérieur, et en prenant encore pour comparaison l'Entreprise,  l'Eglise est à la fois une et multiple. Exemple ?

     

o       lorsqu'en 1971, j'ai été amené à accompagner une équipe du M.C.C, c'est simplement à la suite d'une communication téléphonique du responsable de cette équipe me demandant si j'accepterais de l'accompagner.

o       lorsqu'en 1975, je suis devenu aumônier diocésain du M.C.C, c'est par une nomination officielle de l'Evêque du HAVRE

o        lorsqu'en 1982, je suis devenu aumônier régional de ce Mouvement, c'est à la suite d'un appel de l'équipe régionale (formée de responsables de toute la Normandie), avec l'accord de l'Evêque du HAVRE, et après information aux autres évêques de Normandie.

o       En revanche, lorsqu'en 1975, l'Evêque du HAVRE a voulu créer un Comité diocésain du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement (C.C.F.D), il m'a demandé de contacter des laïcs susceptibles de l'animer.

 

-         que le pouvoir dans l'Eglise n'est pas tout entier centralisé entre les mains des Evêques. A partir du moment où le Mouvement a reçu l'agrément de l'Evêque du Diocèse ou de la Conférence épiscopale nationale, les responsables laïcs de ce Mouvement ont tout loisir de définir les objectifs, les structures, les finances  et les personnes au service de ces objectifs et de ces structures.

 

C'est ainsi, ayant participé de très près au fonctionnement de l'Association nationale FRANCE-POLOGNE, que j'ai découvert que dans l'Eglise, ça ne marche pas si mal qu'on veut bien le dire !

 

La structure de ces Mouvements est, grosso modo, la même que celle de tous les Groupes, Associations, Syndicats et Partis d'ampleur nationale. A la base, une unité locale (de quartier, paroissiale, d'affinités…). Au niveau diocésain, un Comité composé de représentants des unités locales. Au niveau national, un Comité composé de représentants des Comités diocésains, et une Equipe nationale composée de membres élus par le Comité national.

 

Deux exceptions cependant pour deux des Mouvements que j'ai accompagnés : le M.C.C, qui a ajouté une Equipe régionale, intermédiaire entre le Diocésain et le National; et le C.C.F.D, dont le Comité diocésain, comme le Comité national, est formé de représentants de plusieurs Mouvements.

 

Jusque vers les années 1990, on trouvait un prêtre à chaque niveau, du simple niveau local jusqu'à l'équipe nationale. La diminution du nombre des prêtres, ajoutée à leur vieillissement progressif, a eu pour conséquence que, peu à peu, des laïcs, issus des Mouvements, sont devenus, avec l'accord des évêques, les "conseillers spirituels" des équipes et des Comités diocésains. Tant que j'ai été aumônier diocésain ou régional du M.C.C, ou diocésain de l'A.C.I, le besoin ne s'est pas fait sentir; mais on le sentait, bien évidemment, venir. François BEAU, mon successeur au M.C.C a eu cette responsabilité de la mise en place de conseillers spirituels laïcs.

 

Sur mon expérience dans ces Mouvements, tous comptes faits, je n'ai pas grand'chose à dire, bien que ce fût très intéressant. Ce que je retiens en tout premier, ce sont les rencontres au niveau national : les sessions d'aumôniers et les Comités nationaux entre autres.

 

Quelques souvenirs en vrac :

 

-         Au cours d'une session nationale d'aumôniers de l'A.C.I, vers 1985, un prêtre du Diocèse de LILLE me demande : "Comment faites-vous au HAVRE, pour préparer l'an 2000 ? – "… ! … Qu'est-ce que tu veux dire ? – Ben, qu'est-ce que vous faites pour préparer le moment où il n'y aura pas assez de prêtres ? – Oh, tu sais, au HAVRE, on y est déjà !.

-         En rencontre d'aumôniers A.C.I de la région apostolique Nord, mon ami Pierre CHEVAUCHERIE, lui aussi du Diocèse de LILLE, nous raconte : "La semaine dernière nous avons organisé une rencontre pour les Chefs d'Entreprise. On s'est donné un mal fou, on a envoyé 500 invitations, il n'est venu que 50 personnes". – Et alors ?", lui dis-je. – "C'est un nombre ridicule" – "Tu sais, si on faisait la même chose au HAVRE, on serait très content d'en avoir 10 !".

-         Toujours en A.C.I, mais en Comité national, après l'élection présidentielle de 1981 et la victoire de François MITTERRAND, une femme de la Bourgeoisie du Nord, nous dit : "Personnellement, je suis assez à l'aise au point de vue financier, mais néanmoins j'ai voté à gauche… Vous allez me demander  pourquoi ?… C'est parce que je ne pourrai jamais partager ce que j'ai, alors je préfère que l'Etat augmente mes impôts pour repartager ensuite". Ce raisonnement ne rencontra pas l'assentiment général, bien sûr, mais traduit bien la préoccupation de certains chrétiens à l'époque.

-         En Comité national M.C.C, toujours en 1981, réflexion d'une femme : "J'ai l'impression qu'au M.C.C, les hommes ont voté à droite, et leur femmes à gauche !". Une autre : "J'ai comme l'impression que nos époux licencient les ouvriers, et que nous créons des associations pour les prendre en charge !".